L'école "catholique" ne veut pas évangéliser

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Un article de La Manche libre montre l’évolution de l’école catholique, titrant “la culture chrétienne remplace le caté“. On y trouve les propos navrants de l’évêque, Mgr Stanislas Lalanne, qui reconnaît que l’Eglise a totalement renoncé à orienter ou même influencer les courants d’opinion, elle se contente d’adapter les projets éducatifs de façon à satisfaire les aspirations de tous – quel suivisme désespérant ! La phrase de Claude Berruer, du service national de l’enseignement catholique, est aussi caractéristique :

Nous ne voulons pas rogner notre spécificité catholique, mais nous avons une mission éducative plus large

Plus large que catholique, qui signifie universel ? C’est la super religion démocratique ? Contacté par Riposte catholique, le directeur diocésain de l’Enseignement catholique dans la Manche contredit cet article :

on ne remplace pas le catéchisme par la culture chrétienne et religieuse. Notre souhait est de proposer une culture religieuse et chrétienne à tous les élèves et pour ceux qui sont dans une démarche de foi, le catéchisme. Il n’est pas question d’imposer le catéchisme à tout le monde. La connaissance des religions, elle, fait partie des instructions officielles de l’Education nationale au 1er degré.

A la question «l’assistance au catéchisme ne devrait-elle pas être obligatoire dès lors qu’on inscrit ses enfants dans le privé?», M. Cousquer me répond qu’«on peut témoigner de sa foi, pas imposer aux élèves de rentrer dans une démarche de foi». Sauf que l’assistance obligatoire au catéchisme ne signifie pas « imposer » une démarche de foi aux élèves… mais la proposer justement.

De fait, l’enseignement catholique assume aujourd’hui deux modes de transmission du christianisme :

  • la culture chrétienne qui ne requiert pas la foi (qu’est-ce que ce christianisme ? Qu’y a-t-il de plus radicalement anti-évangélique qu’un christianisme sans foi ?)
  • la catéchèse, uniquement optionnelle (elle-même profondément malade), qui requiert la foi. La foi est donc fondée sur un choix conscient de l’homme et non plus sur la volonté divine de se révéler.

L’Eglise catholique se contente d’être une proposition qui offre du sens sur le « grand marché éducatif », ce qui veut dire qu’on a renoncé à contester le modèle de société relativiste où l’éducation est livrée au libéralisme sans frein, détachée de la notion de vérité. Il s’agit d’un christianisme sans foi, ce qui fait mieux apparaître le caractère incroyablement anti-évangélique (et anti-paulinien) de la dite culture chrétienne. Ce que le Seigneur Jésus demande, ce n’est que la foi, au plus grand des pécheurs, au moins « cultivé » de tous les hommes. Il suffit de croire en sa puissance divine. Mais ceux  qui vacillent dans leur foi en Lui, il ne craint pas de les mettre au pied du mur en leur disant : « voulez vous partir vous aussi ? » (Jean 6). En aucun cas le Seigneur ne fait une proposition alternative adaptée au choix du cheminant. La plus grande ignorance de « culture », le plus grand péché ne coupent pas de la miséricorde de Jésus. L’absence de foi, si.