Les bureaucrates de la catéchèse nient la crise du catéchisme

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Depuis 1950, l’ISPC (Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique), dépendant de l’Institut catholique de Paris, apporte sa contribution à l’étude des conditions de la mission d’évangélisation. L’ISPC est un lieu de formation des cadres de la catéchèse en France et dans le monde et lieu de recherche et d’expertise pour l’accompagnement de la responsabilité catéchétique des évêques et de leurs diocèses. En clair : C’est LE lieu où les évêques envoient former leurs cadres. C’est le centre de production de matière grise en pastorale catéchétique.

Or, dans un La Croix du vendredi 11 février, est annoncé le colloque des 60 ans de l’ISPC, du 15 au 18 février sur le thème : « la catéchèse et le contenu de la foi ». Le directeur de l’ISPC, François Moog, écrit dans un article intitulé « une opposition stérile » :

la vitalité actuelle de la catéchèse française est trop facilement masquée par deux types de préjugés. Le premier est l’image poussiéreuse de la catéchèse véhiculée par ceux qui n’ont pas été témoins de son extraordinaire renouvellement depuis quinze ans sous l’impulsion des évêques français. Il suffit de lire le Texte National pour l’orientation de la catéchèse en France ou de se souvenir de l’élan suscité par Ecclesia 2007 pour dépasser cette désagréable impression. Le deuxième préjugé marque plus profondément le paysage ecclésial français et feint d’opposer les tenants d’une catéchèse doctrinale, qui proposent une annonce explicite de l’Evangile, et les tenants d’une catéchèse de l’expérience, qui sont supposés promouvoir un enfouissement devenu illisible

Cette déclaration, hallucinante quand on connaît le désastre qu’est la catéchèse en France, appelle deux remarques :

1. parler de « extraordinaire renouvellement depuis quinze ans sous l’impulsion des évêques français » pour la catéchèse, cela relève d’une doctrine de parti, en décalage total avec l’expérience des parents et des catéchistes. Véritable déni : il n’est que de voir les chiffres d’enfants catéchisés. Mais les théoriciens du parti n’aiment pas se confronter aux chiffres.

2. l’opposition entre les tenants d’une « catéchèse doctrinale » et d’une « catéchèse de l’expérience » serait un « préjugé », une « impression », une « feinte ». Non, l’opposition existe bel et bien dans la réalité. Le service national et les services diocésains sont les premiers à entretenir l’opposition de façon polémique. A nier que l’opposition existe dans la réalité, on est encore dans le déni, la vision abstraite et irénique de la bureaucratie parisienne. L’opposition est réelle. Benoit XVI en a parlé souvent : « Les catéchistes ne sont pas de simples communicateurs d’expériences de la foi, mais doivent être d’authentiques transmetteurs des vérités révélées » (homélie du 11 mai 2007). « La catéchèse n’est pas d’abord affaire de méthode, mais de contenu », (rencontre avec les évêque français à Lourdes, 14 septembre 2008). La solution des bureaucrates, pour résoudre les problèmes, est de nier qu’ils existent.