Le Cal Barbarin dénonce la violence du gouvernement

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Le Cardinal Barbarin devait ouvrir les travaux de l’Université d’Eté « Acteurs d’Avenir ». Des ennuis de santé l’ont finalement empêché  de venir. Mais il a tenu à faire parvenir aux 200 étudiants le texte de l’intervention qu’il avait prévue de faire. Extraits :

Au fond de moi, je rends grâce à Dieu car je trouve qu’un grand nombre de catholiques de France, avec leurs défauts et leurs limites, ont vraiment obéi au Seigneur et mis en œuvre la dernière consigne que Jésus nous a laissée avant de quitter cette terre : « Vous allez recevoir une force … vous serez mes témoins » (Ac 1, 8).
Pour être simple, je voudrais résumer ce témoignage en trois points.

     1.    Le jeûne et la prière

C’est un appel qui a commencé par la prière universelle du 15 août 2012 et il s‘est répandu dans toute la communauté catholique en France, de mille et une manières. On y entendait vraiment les accents de l’Evangile. Tout cela doit se vivre « dans le secret » (Mt 6, 18), mais il faut aussi savoir se rassembler : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom… » (Mt 18, 20). Lorsque l’enjeu est important et le combat difficile, il faut lier la prière et le jeûne (Mc 9, 29).

     2.    La réflexion

Nous avons pris notre part à une réflexion enrichie de l’apport de très nombreux corps de la société : philosophes, pédagogues, politiques, psychologues, juristes, représentants de toutes les religions. C’était une convergence étonnante et extrêmement riche.
Personnellement, j’ai été amené à témoigner devant un groupe de parlementaires, à la mi-octobre, avec des responsables d’autres religions. Et tous étaient étonnés de voir la convergence de regards venant d’origines si différentes.

     3. L’action

Et cela a abouti à une action, un engagement où tout n’était pas parfait, certes. Mais St Augustin écrit, dans « La Cité de Dieu » : « Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme. »  Il y a donc eu des manifestations où les organisateurs étaient d’une étonnante diversité, et s’entendaient plus ou moins bien, mais où tout le monde avait un projet clair. Le 13 janvier, mon voisin, dans les rues de Paris, était le Président du Conseil régional du culte musulman. Il avait voulu monter de Lyon pour marcher avec moi,  et je l’ai entendu résumer la situation devant les journalistes qui nous interrogeaient tous deux, en disant : « Je suis totalement en accord avec le cardinal. Il ne faut pas de cette loi pour la France. »

Toutes ces initiatives n’ont pas été reçues. On a fait comme si 700 000 lettres remises au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) ne comptaient pour rien. On s’est aperçu qu’il y avait eu quelques personnes dans les rues en novembre, janvier, mars et mai, mais voilà, sans plus, et sans commentaire ! On a essayé de dire que c’étaient des actions très violentes mais 100 ou 200 personnes, après un match de football, ont fait beaucoup plus de dégâts à Paris que des vagues successives de plusieurs centaines de milliers de manifestants.

On a brusqué le temps de l’Assemblée nationale. On a permis un vote à main levée au Sénat, comme pour une affaire sans importance – c’est peut-être ce qui m’a le plus blessé et scandalisé. On a fait comprendre aux Parlementaires de la majorité que la liberté de conscience et de vote n’avait pas sa place dans ce débat, et qu’il fallait suivre les consignes du parti. On a prié les membres du Conseil constitutionnel de se décider rapidement … 

Tout cela m’a semblé d’une grande violence. En général, on le sait, la violence engendre la violence. Eh bien, non ! Tout est resté dans la paix, et la dimension pacifique du mouvement s’est même approfondie. On a vu apparaître des veilleurs à partir de la mi-avril, et le mouvement s’est répandu dans toute la France, silencieux, impressionnant. Il n’y avait pas de leader et pourtant beaucoup de gens,  déterminés. On a voulu impressionner ces jeunes et ces adultes avec les interventions de la police et même l’incarcération assez invraisemblable d’un jeune. Rien n’y a fait. Le mouvement a continué, il s’est renouvelé jusqu’à la marche qui a lieu dans l’Ouest de la France pour remonter jusqu’à Paris, le 31 août. Les veilleurs veillent !”

10 comments

  1. de Provenchères Charles

    Si seulement tous les Evêques de France pouvaient prendre model sur le Prima des Gaulles !!!

    Merci Eminence pour votre engagement,et pour nous montrer la voie à suivre .

    Charles.

  2. Loco

    ” Les veilleurs veillent ”
    Quelle bonne nouvelle à redire chaque matin en ouvrant les yeux et les oreilles !
    Merci Monseigneur Barbarin, nous savons que vous êtes vigilant.

  3. gaudet

    J’ai eu par le passé l’occasion d’exprimer à Mrg Barbarin ma désapprobation au sujet de son attitude par trop complaisante avec l’islam.

    Dés maintenant au contraire, je salue sa prise de position sur la mariage pédéraste, se traduisant par un rejet salutaire du comportement moral exécrable des parlementaires pourris, et du pouvoir socialo.

    Il est grand temps que nos prélats français, poussent l’audace valeureuse jusqu’à se désolidariser complétement de la caste politique dirigeant qui entend criminellement imposer des législations fondamentalement illégales, car non conformes aux lois humaines et divines essentielles. Ce n’est donc pas parce que des textes furent adoptés dans des conditions abjectes, moyennant des procédures minables, qu’ils se voient conferer immédiatement, une légitimité aberrante et irrecevable!

    Cependant faire des déclarations dans des documents ecclésiastiques n’est pas totalement suffisant, encore faut il , dans le but de mobiliser les fidèles, réaliser en public dans des cathédrales et des églises, de longues et profondes homélies, spécialement dirigées contre ces législations infâmes et contre les politiciens félons, que l’on doit nommément désigner .

    J’ai bien conscience que l’adoption d’une démarche particulièrement vigoureuse et sans concession pourra entraîner pour nos évêques et curés, bien des agressions médiatiques et judiciaires pouvant aller jusqu’à la condamnation pénale. Mais je préfère hautement voir des évêques prendre le chemin des cellules, plutôt que de contempler les mêmes personnages, adopter la voie du moindre risque, par des déclarations fort consensuelles.

    Je considère que l’on est véritablement évêque, que quand on est disposé à afficher la loi fondamentale de l’Eglise défendant les fidèles chrétiens et la famille sacrée, fusse au prix de sa liberté personnelle et de sa sécurité!

    Les seuls prélats respectables sont ceux qui sont capables des plus grandes prises de risque, tout autre considération n’est que verbiage inutile !

  4. oui mais
    il y a un mais
    Mgr Barbarin a dans le passé relevé un fait déterminant dans la déchristianisation.
    “la prière du soir en famille a disparu avec l’apparition de la TV dans les années 60 ”
    “laissez venir à moi les petits enfants ” a disparu, c’est du fondamental bien plus fondamendal que le mariage pour tous dans notre société athée…
    le vrai combat doit porter sur notre conversion. Il faut rendre à Dieu la place centrale dans notre vie au quotidien ce qui signifie abandonner notre mode de vie: les heures devant la TV lobotomie, à écouter les “humoristes ??” à jouer à des jeux qui sont de l’ordre de l’occupationnel, etc.

  5. Barrillon Denise

    Dans cette année de la Foi, pour nous c’est ce dynamisme profond que nous demandons au seigneur la grâce de conversion dans l’espérance d’un jour nouveau pour nos enfants et petits enfants. Crions vers Marie qu’elle intercède auprès de son fils, elle qui veille sur chacun de nous.
    Rendons grâce, louons comme à Jéricho afin que les murs de nos coeurs tombent et s’ouvrent aux grâces que le Seigneur veut donner sans mesure. Merci pour ce Pape françois, le seigneur ne nous oublie pas…!!! Quelle joie….!!!

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