Les députés refusent la séparation du mariage religieux et du mariage civil. Et nos évêques ?

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Des députés UMP avaient déposé des amendements afin de libérer le mariage religieux de l’obligation de procéder auparavant au mariage civil. Notre bonne vieille république laïque, passablement anticléricale, répète souvent qu’il y a séparation de l’Eglise et de l’Etat et que l’Eglise n’a pas le droit d’intervenir dans le champ politique. La cohérence aurait voulu que cette séparation devienne effective pour le mariage.

Les amendements ont été rejetés. Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, a justifié ce refus :

Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, contrairement à ce qui est indiqué dans l’exposé des motifs de cet amendement, les dispositions du code pénal qui sanctionnent les célébrations de mariage religieux sans vérification de l’existence du mariage civil ne s’opposent pas à la liberté de pensée, de conscience ou de religion. Mais nous sommes en république, nous statuons selon le code civil. Il serait dommageable de laisser croire à des couples, probablement aux plus vulnérables, à ceux qui sont plus exposés que d’autres, qu’un mariage religieux pourrait suffire. C’est bien le mariage civil qui emporte des règles d’ordre public et entraîne des conséquences à caractère social, fiscal et autre.

Pour ces raisons, le Gouvernement est défavorable à la suppression de cette disposition pénale – particulièrement en ce moment : il ne s’agit pas de créer des espèces de voies de dérivation avec le mariage religieux ou la liberté de conscience. C’est bien du mariage civil que nous traitons aujourd’hui, c’est bien le mariage civil qui est institué par la République, c’est bien lui qui crée des droits. Faire, en plus, célébrer un mariage religieux ressort de la liberté de chaque couple.

Le Gouvernement est donc défavorable à cet amendement.”

Lorsque la nouvelle loi entrera en vigueur, cet été probablement, à moins d’un coup de théâtre en raison de la mobilisation des Français, les évêques devront réagir et demander aux futurs mariés de ne pas passer par la mairie.  Et nous verrons nos évêques au tribunal, défendre la liberté religieuse (cet acquis de Vatican II…) et la réalité du mariage.

14 comments

  1. Pierre

    Je ne suis pas théologien, et en renouveau de la foi. Donc pardon par avance de mes questions, peut être « candides ».

    Je sais, bien évidemment, que seul le mariage religieux nous importe, en tant que sacrement, pour nous autres catholiques.

    Mais n’y aurait il pas un risque d’accorder plein effet juridique et civil au mariage religieux catholique sans devoir dorénavant par le mariage civil, à ce que d’autres religions présentes sur notre sol, ne demandent également les mêmes effets pour leur “mariages” religieux ou équivalents ? Je pense “naturellement” à l’Islam.

    Merci de vos commentaires.

  2. HERAUD

    On pourra obtenir cette séparation par un recours soit peut-être auprès du Conseil constitutionnel, soit plus vraissemblablement auprès des Cours européennes.

  3. Janot

    Clairement ce gouvernement se fout du monde. Le mariage (le vrai, le religieux, pas la mascarade qu’on nous prépare) est pour nous catholiques un sacrement. A partir du moment ou le mariage civil, ouvert à tout et à n’importe quoi, n’a plus aucune signification ni aucune valeur je ne vois pas pourquoi on devrait subordonner ce sacrement à un “mariage” dont nous ne voulons pas. J’espère que de nombreux mariages religieux seront dorénavant célébrés sans passer devant les maires qui auront mis leur conscience dans leur poche et effectivement, que tous les recours seront passés devant les cours européennes (pour une fois, elles pourraient servir!)

  4. ANKOU

    @Pierre : il y a bien longtemps que les musulmans passe par la mairie « après »  avoir fait une célébration religieuse !
    Pour en avoir la preuve, il faut aller voir comment cela ce passe dans des banlieues comme la Seine Saint Denis.
    Et qui, qui oblige à dire qu’il y a eu mariage religieux avant le civil ?!

  5. c

    L’état laïc qui a en plus été déraisonnable en acceptant toutes les cultures et toutes les populations sur son sol et en accordant quasiment les mêmes droits aux couples non mariés et en favorisant la décomposition du mariage avec toutes les reconnaissances possibles et inimaginables avec avantages fiscaux, aides sociales, au logement etc., se trouve dans une situation inextricable et défiant toute logique. Comment gérer son pseudo souhait de laïcité (qui est en fait celui d’une religion laïrcarde anti catholique essentiellement parlant), avec la pseudo gestion du fait pseudo-religieux mais aussi administratif et civilisationnel musulman?
    Il est évident qu’une fois de plus l’église va se trouver dans la situation la plus difficile. Les imams ne risquent pas d’avoir des musulmans homosexuels désirant se marier à la mosquée, les curés catholiques si (côté protestants, sauf des protestants voulant l’affrontement, ils ont déjà des églises qui sont dans cette logique, peut-être pas beaucoup en France, mais dans bien des états du nord de l’Europe et bien sûr aux Etats-Unis).
    Il y a bien des risques d’affrontement, même si cela commence d’abord par un “couple homosexuel” qui va voir un curé favorable au “mariage” homo ( il y a toujours des dissidents de fait qui n’ont pas encore reçu la légitime correction fraternelle et la réponse graduée en cas de récidives à leurs erreurs!). L’évêque du coin prendra -t-il des sanctions, le fait de prendre des sanctions l’entrainera-t-il vers les tribunaux, voire une condamnation par le tribunal de la cour européenne des droits de l’homme (CEDH)?
    Ne nous leurrons, le dialogue n’est déjà plus raisonnable, dialogue t-on d’ailleurs avec le diable, sans succomber? Seul le combat sera gagnant.

  6. Jean-françois

    Nos “amis” musulmans dérogent gentiment et discrètement à cette loi. Tous les musulmans que j’ai mariés à la Mairie étaient déjà mariés (depuis longtemps quelquefois) religieusement. Et je ne me suis vraiment pas senti obligé de m’en émouvoir.

  7. Théobald

    Je n’ai pas de position arrêtée sur la façon de réagir. Simplement me viennent à l’esprit des idées pour faire échouer la tentative de violation des consciences et des traditions.
    Il est possible que « bouder le mariage républicain » en ne passant plus devant Mr le Maire ne soit pas forcément une solution pour les ménages catholiques sincères ; cette attitude peut présenter plus d’inconvénient que la satisfaction personnelle qu’on peut en retirer ; en particulier il peut en résulter des dommages du point de vue matériel (impôts, droits etc …). Une comparaison statistique des diverses situations rencontrées peut indiquer aux personnes concernées quel est le meilleur choix tant sur le plan spirituel que matériel.
    Des moyens détournés de se marier (à l’étranger) sans passer devant Mr le Maire existent, mais ne sont pas à la portée du premier venu. Le catholique hésitera à faire un voyage compliqué et coûteux pour se marier religieusement ailleurs qu’en France et faire valider son mariage dans un consulat. Seuls les musulmans ayant des attaches au Maghreb pourront se livrer couramment à ces opérations.
    (1) Manifester son mécontentement ou son indifférence devant une obligation administrative en réduisant le mariage civil à sa plus simple expression : présence minimaliste des personnes concernées (les 2 mariés, leurs témoins en nombre minimal, à la rigueur les plus proches parents) pas de cortège, pas de fleurs, pas d’habits recherchés, pas de photos, pas de quête pour les œuvres de la commune !
    (2) L’Eglise catholique peut changer le nom de la cérémonie religieuse. Les langues française, latine, grecque ou indo-européenne recèlent de nombreuses possibilités par lesquelles on peut se dispenser totalement d’utiliser le mot mariage en utilisant un mot existant ou à inventer qui désignerait les épousailles religieuses d’un homme et d’une femme. En conservant exactement le même livret de prières, engagements, exhortations, bénédictions, que celui qui existe actuellement. Simplement il faut changer le titre de la cérémonie sacramentelle !
    (3) Reste le délicat problème des enfants qui apparaîtront dans les ménages homosexuels. Pour eux qu’on peut considérer comme les cobayes de l’expérimentation humaine, il faut s’attendre à des problèmes multiples dans 20, 30 ou 40 ans. Une surveillance statistique de l’évolution de la situation des familles et des non-familles doit être mise en place à présent par les autorités catholiques pour pouvoir transmettre aux générations futures des critères objectifs de comparaison. (avant le Concile, 50 ans après le Concile, rendez-vous dans 50 ans en 2060). Il importe aussi de conserver des fragments significatifs de l’organisation actuelle de la société pour en retrouver le modèle quand le temps sera venu. Je n’ai pas de doute que conformément aux lois de l’évolution vérifiées depuis un milliard d’années, l’évolution d’un monde asexué vers un monde bisexué non hermaphrodite se poursuivra (contrairement à la théorie du genre, et aux élucubrations de Mr Attali ou de Mr Bergé) …que dans quelques années la prépondérance de l’efficacité du modèle actuel vérifié depuis des millénaires sera confirmée …et que les peuples d’éloigneront spontanément, NATURELLEMENT, des expérimentations projetées pour les années à venir sous la dictature socialiste. Beaucoup de souffrances pourraient être épargnées si les politiciens étaient plus courageux. C’est sans doute une punition pour le peuple qui a laissé la politique être accaparée par des malfaisants sous prétexte de ne pas s’en mêler. Mais c’est comme le mur de Berlin. Certains le croyaient éternel. Il est tombé. Eh bien le « mariage républicain des homosexuels » tombera de lui-même quand il aura montré à TOUS sa nocivité et son inefficacité.

    FT

  8. Mes amis,il n’y aurait aucun effet nocif,ni civil ni religieux,si un état (tout en conservant sa pleine laicité)se montrait le moindrement souple en acceptant que la cérémonie religieuse fasse foi d’un acte civil que les époux signent après la cérémonie. C’est ce que nous avons vécu au Québec depuis la conquête,sans aucune difficulté. D’ailleurs,après la conquête anglaise,après de grands efforts,nous avions récupéré notre droit civil français (code napoléon). Mais en 1980, l’État-ramasse-tout a enlevé à l’Église ce pouvoir d’émettre les actes civils de mariage,tout en laissant encore à un ministre religieux autorisé et (nouveau) à un maire ou autre officier civil autorisé le droit de dresser ces actes. Alors,ce qui nous coùtait encore 3-4 dollars canadiens en nous rendant au presbytère pour en obtenir copie en trois minutes,nous prend maintenant au minimum trois semaines chez les officines de l’État au prix modique d’environ $ 40 et il faut montrer patte blanche pour avoir droit à ce document si souvent requis à toutes sortes de fins. Carte d’identité et remplir les conditions réglémentaires pour y avoir droit. Ici,c’est l’âpreté du gain qui a réduit le pouvoir civil des prêtres.En passant,les prêtres le rédige gratis,alors que le maire et les autres officiers autorisés ont droit à rémunération à l’acte. Voilà ! Cécilien

  9. Bruno ANEL

    Je ne saisis pas bien pourquoi des évêques ( en vertu de quelle autorité, d’ailleurs ?) pourraient demander à des couples de ne pas passer devant le maire avant de se présenter à l’église ?

    • Janot

      C’est parce que, tout simplement, vous n’avez pas compris, et ne pouvez probablement pas comprendre ni admettre que pour les catholiques, le mariage est un sacrement, qui dépasse la loi civile. La loi civile admet le divorce – ce n’est ps notre cas – le mariage religieux est d’une toute autre nature qu’un contrat. Le mariage (le vrai, le religieux, entre un homme et une femme, pas la mascarade qu’on nous prépare) étant un sacrement, tout comme le baptème ou la confirmation, n’a pas plus besoin pour être valide, de l’autorisation de la puissance publique ; ce sont le mari et la femme qui se l’administrent. Je voudrais bien voir l’Etat intervenir si un prêtre préside le mariage religieux d’un homme et d’une femme qui se donnent mutuellement le sacrement de mariage en refusant de passer devant le maire pour officialiser la mascarade du prétendu “mariage pour tous”. Imbrogio juridique assuré

  10. lea

    Les musulmans ont trouvé la parade : ils retournent au “pays”
    s’y marient devant un immam ou sans – c’est à dire entre les 2
    familles – et s’ils vont devant le maire ou font transcrire leur
    mariage au consulat ou à la mairie, c’est POUR TOUCHER, comme ils disent, donc faire PAYER CES IMBÉCILES DE FRANÇAIS .
    Pendant ce temps, ce sont les SDFfrançais et non musulmans qui trinquent , et manquent de tout , les autres bénéficient de tout!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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