L’esprit du monde se heurte de manière toujours plus violente à l’Évangile

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Mgr Thierry Scherrer, évêque de Laval, a publié une lettre pastorale intitulée “Vivons en enfants de lumière”, de 24 pages, accessible ici au format pdf. Il la présente lui-même :

“Nous voici au seuil de l’Année de la Foi dont le Pape Benoît XVI avait l’an dernier annonce l’ouverture dans sa Lettre Apostolique Porta Fidei. Il se trouve que, avant même que cette initiative ne soit rendue publique par le Saint-Père, j’avais moi-même engagé les chrétiens du diocèse à vivre trois années de la Foi, de la Conversion et de la Mission pour la durée des trois années 2012-2015. Je le faisais en cohérence avec ma première lettre Pastorale ou j’approfondissais ces trois dimensions de la vie chrétienne en les envisageant dans leur dynamique intrinsèque. Foi, conversion et mission. Il me paraît en effet que ces trois mots s’appellent et s`enchaînent d`une façon logique en sorte que, dans cette unité profonde qui les relie, se vérifient la consistance et la fécondité d’une vie chrétienne selon l’Évangile. Plus un chrétien vit du Christ et lie son existence à Lui (cela, c’est la foi), plus il aspire à se conformer davantage aux exigences de l’Évangile (cela, c’est la conversion), et c’est alors sa vie tout entière qui rayonne et fait signe (cela, c’est la mission).

Dans le contexte de forte sécularisation que connaissent aujourd`hui nos sociétés d’Europe occidentale, il est bon de nous demander si ces trois dimensions de la vie chrétienne ne gagneraient pas à être davantage articulées entre elles autour de ce centre vivant qu’est la personne du Christ Jésus lui-même. Qui ne voit en effet que ce qu’on a coutume d’appeler « l’esprit du monde » se heurte de manière toujours plus violente au bel idéal de l’Évangile et que la culture matérialiste et hédoniste qu’il promeut et diffuse s’introduit subrepticement jusque dans nos familles et au sein même de nos communautés chrétiennes, qu’elles soient religieuses ou paroissiales ? A cette provocation d`un monde qui prétend pouvoir se passer de Dieu, nous ne pouvons répondre autrement qu`en relevant courageusement le défi de la foi. Si l’on veut en effet que le christianisme retrouve sa crédibilité aujourd`hui et que, comme un levain, il soulève et transforme du dedans les cultures et les sociétés, il est nécessaire que la foi ne se limite pas à n`être qu’un saupoudrage de convictions, mais qu’elle devienne pour chacun un véritable art de vivre avec Dieu et avec les autres.

C’est ainsi que l’Année de la Foi s’offre a nous comme une proposition constructive et heureuse. Avec l’insistance pastorale qui revient à ma mission d’évêque, je voudrais vous exhorter à accueillir cette initiative en la recevant de l`Esprit Saint lui-même comme la condition d`un réveil spirituel de nos familles et de nos communautés en vue d’un renouveau de notre Église diocésaine en son ensemble. Mon appel est d’autant plus impérieux que l’ouverture de cette Année de la Foi – qui s’achèvera le 24 novembre 2013, jour de la solennité’ du Christ, Roi de l’Univers – coïncide avec deux dates significatives qui ont marqué l’histoire récente de notre Église : le cinquantième anniversaire du début du Concile Œcuménique (1962) et le vingtième anniversaire de la promulgation du Catéchisme de l’Église Catholique.

Dans notre diocèse, soutenus par les propositions du Service de la Formation Permanente, nous aurons à cœur de revisiter les textes majeurs du Concile Vatican ll et d’approfondir personnellement ou en famille l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise Catholique dans sa version complète ou abrégée, comme dans son édition à l’adresse des jeunes, le Youcat. Des outils pédagogiques nous aideront en ce sens ainsi que des conférences qui viendront ponctuer le calendrier de cette Année de la Foi avec des intervenants de qualité.”