L’évangélisation n’est pas un gros mot

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Le Xème Forum national « Communion & Evangélisation » se déroulera en Avignon du 11 au 13 mai 2012 sur le thème : « La Nouvelle Evangélisation : au coeur de l’Eglise, le défi de l’Esprit Saint». Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, est l’initiateur de cet évènement : 

“Le mot nouvelle évangélisation, que le pape Jean-Paul II a répété plus de 300 fois et qu’a repris à son compte Benoît XVI, n’était pour beaucoup qu’un slogan. Pour d’autres, une mise en cause du passé, comme si l’Eglise n’avait pas évangélisée jusque là. Pour certains même, « un gros mot ». Depuis 10 ans, nous mesurons le chemin parcouru, puisque le pape Benoit XVI vient d’instituer un dicastère pour la nouvelle évangélisation et annoncer pour octobre prochain la tenue d’un synode sur la nouvelle évangélisation.
L’idée du forum Communion Evangélisation est de permettre aux acteurs de la mission de l’Eglise aujourd’hui et qui prennent des initiatives innovantes, de pouvoir se retrouver sur une plateforme d’échanges, de prière, de partage. La présence de plusieurs évêques qui ont participé à ce forum (Cardinal Philippe Barbarin, Cardinal Paul Josef Cordes (président émérite du Conseil pontifical “Cor Unum), Mgr Marc Aillet, Mgr Michel Dubost, Mgr Romà Casanova, évêque de Vic en Espagne, Mgr Renauld de Dinechin, Mgr Jean-Pierre Cattenoz…) permet aux acteurs de la nouvelle évangélisation de réfléchir sur l’ecclésialité de leur démarche et l’inscription dans la vie des diocèses, des initiatives d’évangélisation qu’ils ont prises.”
 
“L’Eglise a 3 défis majeurs à relever. Le premier est celui de la personnalisation de la foi, c’est-à-dire le passage d’une foi reçue par héritage culturel et familial, à une prise de position personnelle vis-à-vis de Jésus-Christ. Il s’agit de s’émanciper du sentiment religieux ou de la croyance sociologique pour découvrir que la foi est une attestation personnelle, fruit d’une rencontre décisive qui réoriente notre manière d’habiter notre humanité et d’être au monde.

Le 2ème défi est celui de la « socialisation » de la foi, au sens où on ne peut pas être chrétien tout seul. Par essence, la foi est communautaire. Elle s’insurge contre l’individualisme. Par exemple, comment nos paroisses peuvent-elles être des communautés sacramentellement constituées dans lesquelles se vérifient les notes caractéristiques des premières communautés chrétiennes, le « voyez comme ils s’aiment ! » : la dimension de la diaconie, le ressourcement spirituel et la formation catéchétique des jeunes et des adultes, l’initiation aux sacrements par une démarche de type catéchuménal, l’accueil vis-à-vis des personnes du parvis…

Le 3ème défi est celui du rayonnement missionnaire de l’Eglise vis-à-vis du monde. La tentation est grande, dans un contexte de sécularisation, de se refermer sur soi. La prise de conscience de l’identité chrétienne conduit à l’annonce du Christ, d’abord à partir du témoignage de notre vie personnelle et communautaire, et ensuite, par les dons et les charismes reconnus et accueillis par l’Eglise. “