Mgr Lebrun considère son diocèse comme une terre de mission

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L’évêque de Saint-Étienne, Mgr Dominique Lebrun, présente une initiative à Témoignage chrétien :


Vous voulez mettre en place, dans deux zones rurales, des communautés de base, sans prêtres, que visiteraient régulièrement des équipes itinérantes. Qui va les animer ?

 

L’Esprit-Saint ! Et les membres de ces communautés de base, des chrétiens baptisés et confirmés. Je ne pense pas nommer des laïcs en mission, comme dans le diocèse de Poitiers.
L’important, c’est le lien sacramentel
. Ce contact sera assuré par un groupe itinérant de personnes – prêtres, diacres, laïcs – mandatées par l’évêque.

Le système paroissial est-il caduc ?

La difficulté du système, c’est l’exigence d’un quota de prêtres. Sur une zone de mission, il peut y avoir six prêtres ou deux. Je voudrais oublier le mot « paroisse » et penser « terre
de mission ».
Aujourd’hui, je n’en ai pas le droit. Je suis allé au Vatican en mars dernier poser la question au Conseil pontifical pour l’interprétation des textes
législatifs
. Les responsables m’ont dit comprendre la question. Eux-mêmes étudient comment faire vivre ces paroisses autrement. Pour l’heure, ils disent ne pas envisager leur
suppression.

[…] Chaque équipe itinérante va tourner sur plusieurs communautés locales. Elle aura deux fonctions principales : conforter la petite communauté et l’aider à aller vers les autres. Mon souci
est que ces lieux de recherches – deux zones de mission qui débutent l’expérience en septembre – ne soient pas isolés mais bien portés par l’ensemble du diocèse. Je ne sais pas encore si les
communautés sont prêtes. On va regrouper les mariages, comme les baptêmes. Je souhaite que les communautés de base se réunissent une fois par semaine, sans attendre l’alternative
future entre la messe à 30 km ou l’absence d’eucharistie. Elles doivent inventer, sans attendre un plan de l’évêque. J’insiste sur deux piliers : la prière avec la Parole et la charité. Cela peut
se faire chez une personne ou à l’église, un jeudi ou un dimanche, avec des psaumes ou avec l’évangile du dimanche… Les équipes itinérantes seront là pour partager l’évangile, répondre aux
demandes, contrôler ce qui se fait. Dans un esprit très large. Si une communauté aime dire le chapelet en latin, l’équipe ne critiquera pas. [sic] Mais elle demandera si cette
prière est nourrie de la Parole du Seigneur. Cela est obligatoire. Comme le souci de la charité. Les groupes, notamment ceux d’Action catholique, ont une expertise des communautés de base. Plus
que les laïcs en mission, je voudrais valoriser les laïcs baptisés et confirmés.

[…] Beaucoup de gens ne vont à la messe que lorsqu’elle se tient devant chez eux. Ils attendent aussi autre chose que la messe. Sinon, ils feraient les 30 km nécessaires chaque
dimanche. […] Je crois que nous devons amplifier nos propositions catéchuménales et diminuer notre offre sacramentelle. Mais tous les évêques ne pensent pas ainsi. On n’a pas
tiré les conclusions du Concile, dans la remise à ni­veau de l’initiation chrétienne. À la Pentecôte, j’ai fait un rassemblement diocésain sans eucharistie. J’ai présidé une
célébration de parole, amplifiant l’espace catéchuménal, dans lequel tout le monde se sent invité. Je préfère faire ainsi que célébrer devant des gens qui n’y sont pas prêts. ”