Note secrète de l’épiscopat français (1)

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Voici le début de cette note évoquée hier :

I. Point de vue théologique

Deux communautés adhérant naguère aux idées « lefebvristes » reçoivent maintenant la doctrine du Concile Vatican II. La première, la communauté bénédictine Saint-Joseph de Flavigny (diocèse de Dijon) a réintégré la communion de l’Église en 1985. La seconde, la communauté Saint-Thomas-d’Aquin (diocèse de Laval) dont le supérieur est le frère Louis-Marie de Blignières – a récemment affirmé publiquement son adhésion à la doctrine du second Concile du Vatican ; à l’exception d’un seul de ses membres, ils ont décidé de réintégrer la communion de l’Église. Leur crédit intellectuel est grand dans les cercles proches de la Fraternité Saint-Pie X. Ils ont voulu prendre position avant même l’achèvement des travaux historiques pour aider Mgr Lefebvre et les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X à ne pas biaiser avec la vérité catholique lorsque fut annoncée la mission du cardinal Gagnon.

Cependant des bruits – que nous savons sans fondement – propagent l’idée que des concessions doctrinales seraient faites à Mgr Lefebvre. Ces rumeurs deviennent plus nombreuses et importantes en raison des prises de position publiques de Mgr Lefebvre. Le 30 janvier prochain, il signera à Paris son livre « Ils l’ont découronné ». Le 11 janvier dernier, il affirmait publiquement à Gand, en Belgique, qu’il ne lui était plus demandé d’adhérer au Concile Vatican II.

La moindre concession doctrinale déjugerait complètement les membres de ces deux communautés dont l’effort intellectuel et spirituel a permis la compréhension du Concile Vatican II dans son intégralité et l’adhésion à la communion catholique. De plus, cette concession doctrinale – fût-elle purement verbale – ajouterait à la confusion de pensée en France au sujet de l’autorité magistérielle de l’Église et conforterait l’idée que tout se négocie en matière doctrinale si le rapport de force est favorable.

Au-delà de l’aspect historique de ce premier extrait, la question qui me vient à l’esprit, alors que la Fraternité Saint Pie X discute avec Rome et que les évêques sacrés par Mgr Lefebvre ne sont plus excommuniés, c’est de savoir ce qu’il en est aujourd’hui. Les rumeurs de création d’une structure canonique à la mesure de la Fraternité Saint Pie X ne s’accompagnent pas d’exigence particulière. Une adhésion formelle au Concile Vatican II n’est pas requise. Nos évêques, aujourd’hui, vont-ils prendre cet aspect pour une “concession doctrinale”, alors même que Benoît XVI a dénoncé l’herméneutique de rupture qui a suivi ce Concile ? Car la “confusion de pensée” en France est telle que l’on ne voit pas bien ce que signifie une adhésion au Concile Vatican II. Bon nombre de textes ont été interprétés de façon fort différente (liberté religieuse, liturgie, etc.). Récemment, s’est tenu à Rome un colloque, intitulé “Le Concile en question“, organisé par les Franciscains de l’Immaculée, une communauté non “Ecclesia Dei”, en présence notamment de Mgr Velasio de Paolis, Mgr Gherardini, Mgr Schneider, Mgr Marchetto, Mgr Nicolas Bux, et de plusieurs membres de la curie. Ceci pour dire qu’il n’est plus interdit de parler du Concile Vatican II. Mgr Schneider y a demandé un Syllabus condamnant les erreurs d’interprétation du Concile Vatican II…