Une scandaleuse note interdit la communion sur la langue

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Dans une directive transmise aux prêtres par la Conférence des évêques de France, à propos de la pandémie de grippe A, on peut lire :
  • “Dans les chapelles :
  • Supprimer l’eau des bénitiers
  • Nettoyer fréquemment les poignées des portes.
  • Pour la liturgie eucharistique : 
  • Il convient d’éviter tout contact cutanéo-muqueux ce qui veut dire très concrètement que le baiser de paix peut se donner par un signe d’amitié ou un sourire sans contact cutané. Il faut donc
    s’abstenir du classique serrement des mains ou de l’accolade.
  • Pour empêcher la diffusion bactérienne très contagieuse au niveau des muqueuses, on remplacera la communion sur la langue par la réception dans la main tout le temps de la pandémie. Ce
    geste a toute sa dignité comme le rappelait saint Cyrille de Jérusalem au IVème siècle : «Lorsque tu t’avances, ne t’approche pas les mains grandes ouvertes, ni les doigts écartés, mais
    avec la main gauche, fais un trône pour la droite qui va recevoir le Seigneur. Reçois le Corps du Christ et réponds “Amen”
    ».
  • Les salutations à la fin de la messe peuvent se faire de manière chaleureuse en se saluant sans risque de transmettre autre chose que de l’amitié fraternelle.
  • En cas de concélébration, les prêtres communient par intinction, sauf le dernier des communiants. 
  • Après avoir communié et avant de distribuer la communion, le (ou les) prêtre(s) se lavera(ont) les mains avec un soluté hydro alcoolique (sans rincer). Ils feront de même au retour de la
    communion
    .
On soulignera la purification des mains du prêtre avec un soluté hydro alcoolique… Il faut dire que dans certaines paroisses, la purification n’est jamais pratiquée.

c-copie-21.jpgQuant au texte de St Cyrille de Jérusalem, c’est un véritable marronier agité
par les modernistes pour nous forcer à croire au bienfait de la communion dans la main. Au même IVe siècle, Saint Basile dit clairement que recevoir la communion de ses propres mains n’est
permis qu’en temps de persécution
ou, comme dans le cas des moines au désert, lorsqu’il n’y a ni prêtre ni diacre pour la distribuer. Ce texte de St Cyrille est en fait d’une authenticité
plus que douteuse
comme l’ont rappelé les savants, dont Henri Leclercq, qui a résumé ainsi les faits :

  • Saint Cyrille de Jérusalem recommandait aux fidèles qu’en se présentant pour recevoir la communion, ils devraient avoir la main droite tendue, les doigts joints, soutenus par la main
    gauche, la paume légèrement concave; et au moment où le Corps du Christ serait déposé dans sa main, le communiant dirait: Amen
    .” Le texte ne s’arrête toutefois pas là. Il poursuit en
    proposant ce qui suit: “Sanctifiez votre oeil par le contact avec le Corps Sacré (…) Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre
    front et vos autres sens pour les sanctifier
    .”
  • Cette recommandation plutôt bizarre (ou même superstitieuse ? Irrévérencieuse ? ) a amené les savants à s’interroger sur l’authenticité de ce texte. Certains pensent qu’il y a eu
    interpolation, ou que c’est en réalité le successeur du saint qui en est l’auteur. Il n’est pas impossible que ce texte soit réellement l’oeuvre du Patriarche Jean qui a succédé à saint Cyrille
    de Jérusalem. Mais l’orthodoxie de ce Jean était suspecte. Nous le savons grâce à la correspondance échangée entre saint Epiphane, saint Jérôme et saint Augustin. Nous avons donc à l’appui
    de la communion dans la main un texte dont l’origine est douteuse et le contenu discutable
    . D’un autre côté, nous avons des témoins digne de foi, y compris deux grands papes, montrant que
    la pratique de placer l’hostie consacrée dans la bouche du communiant était habituelle et ordinaire au moins depuis le cinquième siècle.”

Mais l’usage de ce texte dans une directive épiscopale traitant de la pandémie montre bien l’objectif de ce texte : s’opposer au retour du sacré et de la dévotion au Corps de
Notre-Seigneur. C’est clairment un acte de fronde contre Benoît XVI
, qui ne distribue la communion aux fidèles qu’à genoux et sur la langue.