Un évêque néo-gallican, modèle de certains évêques

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Sur le Forum catholique, Luc Perrin relève cette phrase parue dans La Croix, suite à la visite des responsables de la CEF au Pape :

“Au fond, note un évêque, «l’attitude de ces groupes relève d’un relativisme moderne : ils choisissent l’autorité à laquelle ils se soumettent, se réclamant du pape, qui est
loin, au détriment des évêques, qui sont proches
».”

Et Luc Perrin fait remarquer :

“Il s’agit d’une citation de … Mgr Darboy, archevêque de Paris et fameux néo-gallican, ardent opposant au Bienheureux Pie IX, qui s’est constamment heurté aux orientations
romaines
et par conséquent à ceux qui, en France, laïcs surtout mais aussi à l’époque une majorité de prêtres, qui adhéraient avec ardeur et combattivité à l’ultramontanisme.
Qu’on compare L’Univers de Louis Veuillot au bulletin de Paix liturgique, ce dernier aura évidemment moins de style, celui de Veuillot véritable écrivain était étincelant, mais
paraîtra très respectueux des évêques
.

Mgr Darboy dénonçait “ces étranges catholiques dont la piété consiste principalement à saluer le pape de loin pour insulter les évêques de près“.

La référence, même insconsciente, a un champion du néo-gallicanisme, par ailleurs très inféodé à l’État autoritaire de Napoléon III, ne manque pas de piquant. Elle montre que
derrière les expressions qui changent avec les époques, de vieilles idées perdurent, s’affaiblissent ou resurgissent après une phase de latence.”

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Georges Darboy
, né en 1813, fut évêque de Nancy puis archevêque de Paris jusqu’à sa mort en 1871. Il soutient avec fermeté la politique romaine de Napoléon III contre l’hostilité d’une grande
partie de l’opinion catholique et du clergé. Il fut nommé sénateur en 1864. Alors que, de plus en plus, le clergé français passait à l’ultramontanisme, Mgr Darboy restait un des derniers
gallicans, ce qui lui valut de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal
et de se voir réprimander par le pape dans une lettre privée qu’une erreur fit publier. Pendant
le Concile Vatican I (1869/1870), il se rangea avec la minorité qui considérait que la définition de l’infaillibilité pontificale était inopportune.