“Prier pour la France est un acte croyant.”

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Le 8 juillet, Monseigneur Jean-Pierre Grallet a célébré en la cathédrale de Strasbourg une messe pour la France. Son homélie est accessible en ligne. En voici quelques extraits :

“Prier pour la France est pour nous, croyants, un acte très important. Prier pour la France, c’est demander à Dieu d’éclairer ceux qui ont en charge le bien commun, et en particulier ceux qui exercent l’autorité. Prier pour la France est un acte croyant. C’est aussi un acte solidaire et fraternel. Nous ne saurions être de bons chrétiens si nous ne sommes pas, en même temps, de bons citoyens !”

Cela commençait bien. La suite reprend le discours convenu sur l’apaisement de la laïcité, alors que l’Etat, après avoir combattu et affaibli l’Eglise, s’en désintéresse, l’ignore, pour ne pas dire qu’il la méprise :

“Durant ces dernières décennies, nous sommes entrés, en France, dans une période de laïcité apaisée. Après les années d’opposition entre l’Église et l’État, les antagonismes se sont considérablement réduits, laissant place à une confiance nouvelle et à des collaborations. L’Église catholique a intégré la laïcité républicaine. N’est-ce pas le Christ qui a déclaré : “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu” ? Cette séparation n’est plus opposition, ce serait stérile. Elle n’est pas non plus ignorance, ce serait injuste. Elle doit être respect du culte de chacun et souci du bien de tous.”

Elle est surtout une distinction : distinguer pour mieux unir. Chacun à sa place pour le bien commun et le salut des âmes, qui ne peuvent s’opposer. Mais Mgr Grallet s’inquiète quand même :

“Si la récente mise en cause du Concordat n’est plus de mise – merci de nous avoir entendus–, l’éventuelle inscription de la laïcité dans la Constitution française reste préoccupante : Ne va-t-on pas raidir et appauvrir les relations Église et État ? Il serait regrettable que quelques extrémismes religieux poussent à pénaliser des millions de croyants désormais bien intégrés dans la société française.”

Evidemment, nous n’échappons pas à la langue de buis (vous aviez cru que je vous en dispenserai ?) :

“Il s’agit donc, non d’avoir plus, mais “d’être davantage”, de développer l’homme dans toutes ses dimensions et dans son aptitude à mieux vivre avec autrui. Pour aider à cette recherche d’un meilleur vivre ensemble, les évêques du Conseil Permanent, présidé par le Cardinal André Vingt-Trois, ont adressé un message aux Français, avant les élections.”

Dimensions, vivre ensemble, avec autrui, voilà un message bien humaniste pour un évêque catholique… Néanmoins, la suite est plus intéressante, puisque Mgr Grallet y rappelles les principes non négociables :

1. Affirmer la dignité de toute personne humaine C’est quand elle est faible, malade ou isolée, que la personne est menacée. D’un bout à l’autre de la chaîne de la vie, la personne est à protéger. Ni la petitesse, ni la maladie, ni le grand âge ne sauraient amoindrir notre respect des personnes, ni notre amour de la vie.[…]

2. Protéger la famille La famille est le premier lieu de l’apprentissage de la vie, de la tendresse, de la foi, de la responsabilité, du vivre ensemble. Que de familles, hélas, sont éprouvées, en difficultés économiques, en rupture, en recomposition ! Il convient d’en tenir compte et de les aider, comme il faut aider les couples stables à tenir dans la durée. Lorsque Dieu créa l’être humain, il le créa “homme et femme”, selon une complémentarité biologique et sociale. “La différence sexuelle de l’homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain, rappelle notre Conseil Permanent. De plus, l’union de l’homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d’accompagner le renouvellement des générations et d’accueillir les enfants pour les introduire en ce monde… À travers les enfants que porte et éduque la famille, c’est l’avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu !”  […]

3. Consolider l’Europe. […]

Sic. Là nous sommes sortis des principes non négociables. Exit la liberté scolaire. L’Union européenne, qui va droit dans le mur, doit être renforcée… avec le soutien de nos évêques. Il faut prier pour la France…