Mgr Gaillot, toujours hérétique et antipapiste, mais pas seul

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Monsieur de Partenia vient de commettre un livre d’entretiens, intitulé Avance, et tu seras libre. On pourrait croire que les élucubrations qu’il y développe (sans argument sérieux d’ailleurs) ne sont que les émanations d’un évêque isolé en fin de parcours. Le problème c’est que certains de ses confrères rejoignent ces positions. Et Mgr Gaillot ne s’en cache pas. En voici des extraits :

Question: Selon l’Évangile, l’intervention et l’audace des femmes provoquaient l’hostilité dans l’entourage de Jésus. Elles étaient aussitót traitées d’hystériques et de déséquilibrées. Question d’époque, mais l’Église n ‘a-t-elle pas toujours ce type de réaction face à celles qui dérangent ?

Réponse:  Une anecdote évocatrice. Le soir de Noël 2009 à Rome, le cortège papal s’avance, avec force mitres, crosses, dentelles et brocarts, lorsqu’une femme, sautant prestement une barrière, s’agrippe à Benoît XVI. Une partie du cortège, empétrée dans ses ornements, s’effondre comme un château de cartes. La perturbatrice est aussitót arrêtée et l’on proclame qu’elle est « certainement déséquilibrée ». Imaginons qu’elle ait voulu montrer que l’Église et le pape en particulier font peser sur les femmes quelque chose de très lourd. Mais on ne s’interroge pas : on gomme l’incident et la belle cérémonie peut reprendre. Pour ma part, je trouve le symbole assez beau: une femme a rompu le grand ordonnancement de Noël, tout ce décorum totalement dépassé, voire provocant. […] C’est tout cela que nous avons vu s’effondrer symboliquement en ce fameux soir de Noël : le goût de l’apparat et de la richesse, la prétention à détenir la vérité, l’imposition de normes morales intenables pour beaucoup.

Q: Votre position à propos du mariage des prêtres ?

R: Le statut clérical masculin est dépassé. De même que je ne vois pas pourquoi les femmes ne pourraient pas être ordonnées prêtres [Mgr Nourrichard partagerait-il ce point de vue ? NDMB], je ne comprends pas pourquoi les hommes d’Église ne pourraient pas avoir le choix entre mariage et célibat. Le mariage et la paternité ne doivent pas être un obstacle à l’exercice du ministère. L’important, c’est qu’il y ait des prêtres auprès des populations. Des prêtres bien dans leur peau, en phase avec le monde qui les entoure (ndlr: certes! mais le fait qu’on les autorise à se marier suffirait-il à relancer les vocations?). Une association a été fondée par des femmes de prêtres et j’en suis le président d’honneur. Elle s’appelle Plein Jour. […]

Q: Vous défendez cette thèse depuis des années. Autrefois, vos interventions faisaient scandale. Aujourd’hui, certains évêques prennent des positions que vous préconisiez il y a vingt ans. Peut-on parler d’une évolution ?

R: Toujours sur la défensive, l’Église catholique commence par interdire, par refuser, par rejeter, puis elle finit par aller dans le sens de l’évolution. Mais toujours contrainte et forcée, à la traîne, au lieu d’accompagner et même d’éclairer le chemin. C’est un signe criant de rupture entre elle et les individus. Plusieurs exemples.

– L’avortement. Les évéques de France admettent aujourd’hui qu’il fallait une loi.

– Le mariage des homosexuels provoquait auparavant un tollé dans l’Église. En 2009, lorsque le sujet a de nouveau été évoqué, elle n’a fait aucune remarque.

– Le PACS. Les évêques de France y voyaient une menace pour la famille, s’élevaient contre une reconnaissance de l’union entre homosexuels, affirmaient que notre société était bien malade pour mettre en place un tel dispositif. […] Plus de dix ans après, l’Église ne dit plus rien. Que pourrait-elle dire ? Qu’elle s’est trompée. Car lorsque l’Église monte au créneau et se trompe, il faudrait au moins qu’elle le reconnaisse.

Le pire c’est qu’il n’a pas tout à fait tort : le silence de certains évêques de France sur ces sujets sont des aveux.