Vers la refondation de l’enseignement catholique ?

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Interrogé dans La Croix, Pascal Balmand, nouveau secrétaire général de l’enseignement catholique en France, critique la réforme de Vincent Peillon sur la refondation de l’école :

Balmand“J’ai cependant le sentiment qu’il manque une vraie réflexion sur l’articulation entre la visée éducative et les actes pédagogiques. On n’a pas touché non plus au statut des enseignants, ni cherché à accroître l’autonomie des établissements, qui contribue beaucoup à la vitalité de l’enseignement catholique et qui aurait pu bénéficier à l’école publique.”

L’organisation du temps que propose cette réforme présente, j’en suis convaincu, un intérêt majeur pour les élèves, à condition toutefois que sa mise en œuvre soit l’occasion de réaffirmer notre projet propre. Ce qui, en revanche, me semble plus discutable, c’est la tendance qui consiste, depuis plusieurs années, à développer l’accompagnement, le périscolaire. Cette évolution résulte à mes yeux d’une fausse bonne idée, selon laquelle il faudrait recentrer le scolaire sur l’enseignement stricto sensu. Une telle acception relativement réductrice pourrait déresponsabiliser les professeurs, ne pas les inciter à s’engager dans l’éducation – au sens large du terme – des enfants.

Parmi vos missions, vous allez devoir mettre en application le nouveau statut de l’enseignement catholique et surmonter les réticences qu’il a suscitées…

Le nouveau statut est un outil. Ce texte, irrigué par la pensée sociale de l’Église, apporte une plus grande cohérence entre le projet et le fonctionnement de l’école catholique, en faisant place à tous ses acteurs. Contrairement à ce qui a pu être dit, il ne traduit pas, de la part des évêques, un désir de reprise en main mais bien une volonté de présence, d’accompagnement, de soutien. Sa mauvaise interprétation tient notamment à son caractère ecclésial, à son vocabulaire canonique.

L’un des articles stipule par exemple que le comité diocésain de l’enseignement catholique, le Codiec, est présidé par l’évêque. Si l’on s’en tient au français courant, on comprend que ce dernier prend le pouvoir. Mais interprétés dans une perspective canonique, ces mêmes mots suggèrent plutôt que cette instance est placée sous le haut patronage de l’évêque. Pour le reste, l’enseignement catholique fait partie intégrante de l’Église. Il est donc normal et légitime que l’épiscopat y ait sa place.

Quelles sont vos autres priorités ?

Il me semble nécessaire d’ouvrir le chantier des contenus d’enseignement. On tend à considérer que c’est le fonctionnement des établissements qui est catholique, et non ce qui y est enseigné. Mais il nous faut aujourd’hui travailler sereinement à une définition de ce que pourraient être des enseignements ajustés à notre proposition éducative.

Affirmer qu’il y aurait une histoire-géographie ou des mathématiques catholiques n’aurait bien sûr strictement aucun sens, et il ne s’agit évidemment pas pour moi de prôner quelque forme d’endoctrinement que ce soit. Mais il importe moins d’accumuler des notions utilitaristes que de partager une culture qui aide à vivre.

Dans cette optique, je crois possible de réfléchir à des contenus cohérents avec notre projet chrétien d’éducation. Un professeur de maths peut, par exemple, prendre le temps d’expliquer – c’est prévu dans les programmes – que sa discipline est, comme tout savoir humain, une construction de l’esprit et qu’elle évolue, avec ses avancées, ses controverses. Il s’agit donc d’apprendre aux élèves le sens critique pour les affranchir d’une culture matérialiste et les aider à construire leur liberté. […]”

8 comments

  1. Anne

    La langue de bois continue dans l’Enseignement catholique ….
    OUI, vive le hors contrat, la solution des familles vraiment catholiques.

  2. C.B.

    Une priorité des priorités, un choix réellement libre pour les familles quant à la manière dont elle veulent faire donner l’instruction à leurs enfants, donc un financement par la solidarité nationale fourni à chaque enfant et non réservé aux seuls établissements publics.
    Il ne s’agit pas d’enlever des droits à ceux qui les ont déjà, mais d’assurer l’égalité de tous les enfants, quelles que soient les familles qui les élèvent: on connait le coût d’un élève de l’enseignement public, ce montant DOIT être disponible pour CHAQUE enfant. Pour ceux qui étaient scolarisés dans un établissement public, ça ne change rien (à part de faire savoir aux famille ce que cela coûte à la collectivité).
    Gageons que la plupart des établissements privés mettront un point d’honneur à s’aligner sur ce tarif, ou à s’en rapprocher.

  3. Aucune allusion au contenu doctrinal d’un enseignement “catholique” digne de ce nom : le Décalogue, le Notre-Père, le Credo, Tout ce qui autrefois constituait le “catéchisme”…..
    Enseignement “catholique” ? Vraiment ?

    LSM

  4. Daniel

    “L’Evêque non pas président mais “haut patron” “… histoire de calmer les athées qui ont mis la main sur l’enseignement catholique : La catho-langue est en pleine exubérance !

    “Il serait ridicule de penser une histoire – géo ou une mathématique catholique” : Pour les maths d’accord mais pour l’histoire non car une vue catholique de celle-ci ouvre les yeux sur les erreurs de l’athéisme et pour la géographie, sur la pauvreté des pays du moyen orient liée à leur religion.
    De plus, le nouveau “très haut patron” de l’E. C. ne doit pas connaître les SVT (sciences et vie de la Terre) qui véhiculent tout ce que l’athéisme peut avoir de morbide par rapport au corps humains et de faux par rapport à la nature humaine et à la Création.
    Il doit toutefois connaître le français, avec ses textes modernes délétères, et la philo. dont je ne ferai pas l’offense d’expliquer pourquoi elle peut être catholique !

    La liberté, c’est le Christ qui nous la donne dans la Vérité. parlons-leur donc du Christ et de sa révélation !

  5. Cyber truite

    @Daniel

    “pour l’histoire non car une vue catholique de celle-ci ouvre les yeux sur les erreurs de l’athéisme”

    – Ne pas oublier aussi les énormes erreurs du christianisme.
    Les bûchers, l’obscurantisme, l’inquisition, etc … et des autres religions. Ne nous voilons pas la face car nous avons fait de jolie carton dans le passé.

    ” la géographie, sur la pauvreté des pays du moyen orient liée à leur religion.”

    – Le Qatar et d’autres pays dans le genre sont musulmans et pourtant ils nous rachètent. L’islamisme extrême bloque le développement technologique et social, mais rappelons nous du moyen-age et des scientifiques persécutés par l’église car ils avaient le tort de dire la vérité et du niveau de vie de la plèbe.

    ” les SVT (sciences et vie de la Terre) qui véhiculent tout ce que l’athéisme”

    – La svt est bien souvent la réalité, la terre ne c’est pas fait en 5000 ans . Pour ce qui est de la théorie de l’évolution pour l’homme et le “gender” effectivement elles n’ont rien à faire dans les manuels car elles sont très controversées.

  6. Emmanuel

    On va vraiment les compter ces établissements vraiment catholiques!!!
    Les autres……
    Néo protestant….Masdusiens… Christo-new-age……
    Et j’en passe….Beuuurk!!!!

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