Mgr Giraud se bat pour conserver le maillage paroissial

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Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président de la commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale, répond à Famille chrétienne :

 

“Dans mon diocèse de Soissons, je dois résoudre l’équation suivante : mon diocèse fait 7 400 kilomètres carrés, compte 540 000 habitants. Je dispose de 109 prêtres sur lesquels 20 sont religieux
ou Africains fidei donum. Le diocèse est bâti autour de 43 paroisses. Mon problème est donc de savoir comment je vais réussir à avoir 43 curés, plus quelques prêtres auxiliaires ou vicaires. À
l’heure actuelle, le diocèse compte une soixantaine de prêtres en activité. Nous arrivons tout juste à avoir un prêtre par paroisse grâce notamment au fait que nous pouvons compter sur quatre
prêtres originaires du diocèse de Lokossa (Bénin) avec lequel nous sommes jumelés. Ces prêtres viennent dans l’Aisne pendant six ans. Durant cette période, ils sont à la fois curé de paroisse et
suivent des études à Paris. Grâce à ce partenariat, je sais que nous pouvons tenir encore 10-15 ans en renouvelant tous les six ans ces prêtres. Je n’envisage pas une Église sans prêtre
mais je me demande au contraire comment faire pour qu’il y en ait
. L’Aisne ne manque d’ailleurs pas de vocations… […]Récemment, deux jeunes hommes originaires de l’Aisne sont rentrés à
la Fraternité monastique de Jérusalem, deux à la communauté Saint-Jean, deux autres à la communauté Saint-Martin, un est parti avec Point-Cœur, un autre avec les Missions étrangères de Paris,
etc… Depuis que j’ai été nommé évêque ici il y a deux ans, chaque année, j’ai eu deux entrées au séminaire. Si ce chiffre devait perdurer, je peux compter sur une ordination par
an
. […]

 

Mais n’importe quel chrétien – et même les non-chrétiens – de mon diocèse a droit au ministère presbytéral. Je pense aux pauvres fidèles. Dois-je les abandonner ? Le Christ est venu pour eux
pourtant. C’est pour cette raison que je ne veux pas abandonner l’idée de couvrir le territoire de mon diocèse. Parfois, j’entends qu’il n’est plus nécessaire de chercher à avoir
des présences d’Église dans tout le diocèse étant donné qu’il n’y a plus de prêtres. Je réponds, qu’au contraire, nous devons nous battre pour ça. Peut-être n’y aura-t-il qu’une
messe de temps en temps dans cette paroisse mais on peut toujours se réunir pour prier, lire la Parole de Dieu, de maintenir une vie chrétienne en espérant qu’un jour l’Eucharistie soit de
nouveau au centre de la vie paroissiale. […] on ne remplace un prêtre que par un autre prêtre. Je peux avoir vingt laïcs bien formés, ils ne remplaceront jamais un prêtre.
[…] Entre évêques de diocèses similaires à celui de Soissons, nous cherchons à assurer le “minimum territorial” : faire en sorte qu’il y ait dans chaque paroisse un curé, une équipe d’animation
et un conseil paroissial. […]

Dans certaines paroisses sans curé, j’applique le canon 517-2 avec mise en place d’une équipe pastorale
placée sous la responsabilité d’un prêtre modérateur. Et j’explique que cette situation est “extra”-ordinaire et que l’objectif est de revenir le plus rapidement à l’ordinaire. “