Défense du mariage naturel : 40 jours pour la famille

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Ayant participé aux deux manifestations du 17 et du 18 novembre, nous nous sommes vivement réjoui de leur succès. D’autant plus que ce succès était pour une large part inattendu. Le fait que la manifestation du 17 novembre ait réuni plus de personnes que la manifestation nationale contre le PACS, voici bientôt 15 ans, est d’excellent augure et nous prions pour que cet essai soit transformé au cours d’une grande manifestation nationale unitaire.

Que l’on nous permette toutefois deux critiques, l’une sur la manifestation du 17; l’autre sur la manifestation du 18. Non pas pour être, comme le vieux Méphistophélès, « l’esprit qui nie toujours », mais pour assurer un plein succès à notre prochaine manifestation du 13 janvier.

Nous n’avons guère apprécié que la manifestation du 17 s’affirme « contre l’homophobie ». D’abord, parce que ce mot ne veut rien dire. Ensuite, parce que ce mot a été forgé de toutes pièces pour nous museler. Enfin, parce que ce n’est pas le sujet. Nous nous battons contre un projet de loi dénaturant le mariage. Nous ne nous battons ni pour, ni contre les homosexuels. Au demeurant, la rumeur veut que ce slogan “bobo” ait fait fuir les musulmans opposés au projet. Si c’est le cas, c’est un dommage collatéral aisément évitable. Nous ne revenons pas sur les qualificatifs « aconfessionnel » et « apolitique », particulièrement inappropriés. Nous en avons parlé avant les manifestations. Nous n’avons pas changé d’avis. Il est toujours aussi absurde de parler d’apolitisme pour qualifier un combat éminemment politique.

Quant à la manifestation du 18, l’un d’entre nous a critiqué ailleurs la banderole inadaptée : « La France a besoin d’enfants, pas d’homosexuels ». Encore une fois, le problème tient au projet de loi, pas aux homosexuels. Et nous défendons le mariage traditionnel, naturellement sans ignorer que bien des enfants naissent en-dehors de ses cadres. Notre sujet n’était donc ni les enfants à avoir, ni les homosexuels à bannir, mais bel et bien l’institution du mariage à défendre – notamment pour l’accueil des enfants.

Pour le reste, nous notons deux critères particuliers de réjouissance.

Tout d’abord, les deux manifestations comportaient une proportion remarquable de jeunes gens. Ce qui laisse à penser que la “génération 68”, qui veut nous imposer un projet de loi ne correspondant guère aux exigences et aux besoins des Français, est en train de perdre pied. Ce n’est certes pas nous qui nous en plaindrons.

Ensuite, la mobilisation des catholiques était une superbe réussite. Alors que beaucoup de prophètes de malheur nous annoncent la mort de l’Église, nous constatons qu’elle se porte beaucoup mieux que les bobos ne le souhaiteraient. Au demeurant, les attaques de ces derniers jours manifestent plus clairement qu’aucune démonstration de force que l’Église catholique est, pour les tenants de la dénaturation du mariage et de la “chosification” des enfants, l’ennemi à abattre.

Comme a dit naguère un homme que nous citons habituellement peu sur Riposte catholique, le président Mao, être attaqué par l’ennemi est une bonne chose pas une mauvaise chose. À en juger par les tombereaux d’injures qui ont été déversés sur Civitas ou sur le cardinal André Vingt-Trois, nous tenons le bon cap !

La défense du mariage naturel est une question de bon sens et tous les hommes de bonne volonté sont les bienvenus dans ce combat. Nous accueillons, avec un respect particulier pour leur courage, les militants socialistes ou les homosexuels qui refusent ce projet de loi funeste. De même que nous applaudissons à toutes les prises de position des avocats, des notaires, des associations familiales, de la Caisse nationale des allocations familiales, du grand rabbin Bernheim, des représentants de l’islam, des maires pour l’enfance ou des membres de l’Entente parlementaire pour la famille.

Au moins 95 % des représentants de la société civile que nous avons entendus sur ce texte y sont opposés. Alors que ses défenseurs acharnés n’en représentent une poignée. Si l’on veut des chiffres, il suffit de constater que moins de 10 000 couples homosexuels se “pacsent” chaque année. Autrement dit, nous allons légiférer pour moins de 20 000 personnes, alors que les représentants de millions d’autres personnes ont déjà dit leur opposition nette et argumentée.

Voilà qui devrait faire réfléchir les soi-disant grands démocrates qui nous gouvernent !

Oui, la mobilisation de la société civile est un motif de réjouissance pour nous.

Mais nous devons, à présent, dire un mot de la particulière responsabilité des évêques, des prêtres et des fidèles catholiques.

Comme journalistes, nous avons régulièrement (surtout en ce moment !) l’occasion de discuter avec des responsables politiques. Tous s’accordent à dire que, si la manifestation du 13 janvier rassemble 500 000 ou un million de personnes dans la rue, le gouvernement sera obligé de reculer. Nous ne savons pas encore la forme que prendra cette reculade et, à vrai dire, ce n’est pas notre problème pour le moment. Ce qui compte, c’est qu’il est désormais à notre portée d’empêcher ce texte de devenir une loi.

Or, seuls les évêques de France ont le pouvoir de mettre des centaines de milliers de personnes dans la rue sur un sujet pareil. Bien sûr, toutes les bonnes volontés seront les bienvenues. Mais, de même que l’adversaire regarde principalement le cardinal Vingt-Trois, de même les défenseurs du mariage naturel comptent prioritairement sur l’engagement des évêques.

Pour le moment, disons-le tout net, les évêques de France font un sans-faute. Il n’y a eu aucune voix discordante et plus de 80 évêques ont déjà, personnellement, pris la parole. Comme fidèles du rang, nous leur disons, pour cela, merci publiquement et solennellement.

Mais il faut passer à la vitesse supérieure.

Les évêques doivent appeler à manifester dans la rue le 13 janvier. Ils doivent dire qu’ils comptent y être. Parmi nous et devant nous. Bien sûr, ce combat politique relève de la mission des laïcs. Mais le sujet est trop grave pour que les évêques se contentent de nous y encourager : ils doivent y être avec nous.

Il suffit de regarder le traitement médiatique de la manifestation de Lyon, le 17 novembre dernier. Numériquement, cette manifestation n’était sans doute pas aussi gigantesque que celle de Paris. Mais la présence du cardinal Philippe Barbarin a, si nous osons dire, transfiguré cette manifestation. Et les propos sobres et nets du cardinal ont été repris en boucle sur toutes les radios.

Si 50 évêques annonçaient leur présence au milieu des défenseurs du mariage naturel, alors, nous serions certainement plus de 500 000. Et cette manifestation nationale deviendrait alors un tel succès que le gouvernement serait obligé de reculer.

Quant à nous, comme le 17 et le 18 novembre, nous serons présents et nous invitons bien volontiers les lecteurs de Riposte Catholique à se joindre à nous. Et, comme pour les manifestations de novembre, nous y serons sans cacher notre catholicisme dont nous n’avons pas à rougir et dont, au contraire, nous sommes fiers. Nous ne ferons pas semblant de soutenir un gouvernement avec lequel nous partageons bien peu de choses. Nous ne ferons pas semblant de défendre une autre morale que celle que nous avons reçue de la Révélation et de la loi naturelle. Ce qui ne nous empêchera pas de nous réjouir de la présence d’autres Français d’autres confessions ou incroyants, militant avec nous pour le retrait de ce projet de loi.

En attendant, et parce que nous sommes d’abord catholiques, nous vous invitons, amis lecteurs, à combattre ce projet de loi par des armes spirituelles. Notre combat est politique, mais il est aussi, il est d’abord, spirituel. Nous vous demandons donc instamment de vous joindre à notre croisade de jeûne et de prière. D’ici le 13 janvier, il nous reste 40 jours. Faisons-en une sainte quarantaine pour la vie et la famille. Inscrivez-vous vite à notre chaîne de prières pour réciter chaque jour une dizaine, un  chapelet (ou même un rosaire, si vous le pouvez) ; pour vous engager à jeûner une fois par semaine ; ou pour faire célébrer des messes à ces intentions. Comme toujours, la victoire dépendra d’abord de Dieu, et ensuite de notre mobilisation.

 

Daniel Hamiche, porte-parole de Riposte catholique

Guillaume de Thieulloy, directeur de Riposte catholique

2 comments

  1. Miserey Renaud

    Bonjour à monsieur Hamiche et à Guillaume,
    D’abord milles encouragements pour ce que vous faites sur les deux sites que je connais…

    Ensuite, moi le rémois (la ville des Sacres qui sommeille encore et toujours), je reviens de la manifestation (très joyeuse et familiale, malgré deux provocations) en tant que service d’ordre non actif (au sens musclé du terme), mais plus observateur et conciliateur.
    Quelques constatations :
    Je dirais que nous étions moins de 500 (pifomètre). Beaucoup de familles, de jeunes de 15-20 ans (cela m’a réjouit), et aussi des cheveux blancs.
    Les renseignements généraux étaient là (une dame qui essayaient de passer inaperçu, mais cela ne marche pas avec moi, je suis habitué -pour pleins de raisons que vous connaissez- , elle a du être déçu).
    Les forces de l’ordre étaient réduites au minimum (3-4 policiers nationaux en uniforme, 2 policiers [lieutenant ou capitaine] en civil, plus la dame qui fuyait mon regard [–> ai-je été reconnu?] du côté rue JJ Rousseau, juste de quoi arrêter la circulation, et interpeller des perturbateurs désignés par nous, travail prémâché.
    Beaucoup de passants nous encourageaient, nous questionnaient, ou même s’incorporaient. J’ai même entendu une personne me dire que tout cela était de la faute de la Trierweiller, voulant être la première Première Dame à donner ce droit à ces ami(e)s homos.. (Et je ne cite pas le nom d’oiseau qu’il a donné pour celui qui partage son lit ..)
    Sinon toujours les mêmes sophistes, gouailleurs, contradicteurs, polémiqueurs, débatteurs (sport national) (sic).
    Des discours poignants et informants, notamment cet orphelin asiatique (tellement merveilleux même qu’on aurait cru un comédien de 16 ans, mais je m’égare, car c’est faux, bien-sûr) ; mais je ne peux pas tout dire car mon “service” (notamment les anti-cléricaux ou ceux qui croient tout savoir, les pires selon moi) m’empêchait de tout suivre.
    Peu de medium, puisque France 3 Champagne-Ardennes était là sans que je puisse l’attester de visu.
    Après la “bataille” un groupe de personne discutait avec un autre contradicteur et à un moment une personne a sorti sa carte du PS, pour bien signifier qu’il n’y avait pas que des “droitiers” contre ce projet.
    L’église ? Et bien le curé de la très active paroisse de Saint-André que je connais (aussi aumônier étudiants, du parcours alpha, et de la communauté du Chemin Neuf) était là.
    J’en oublie, mais bon …

    Enfin, … Le Bon Sens a bien déserté ce pays si merveilleux par essence. Où est le génie français ? Fille aînée où te caches-tu ?
    (J’ajoute personnellement : “SIRE, viendrez-vous mettre du sens à tout cela ?!”)

    Fraternellement,
    Renaud Miserey

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