Des évêques en mission

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Famille Chrétienne a réalisé un reportage sur quelques nouveaux évêques français, pas (encore) très connu. Extraits

Sur Mgr Balsa, évêque de Viviers :

Élevé dans une famille non pratiquante, c’est vers l’âge de 6 ans, en écoutant un musicien jouer du Bach en version jazz au cours d’un festival de musique, que Jean-Louis Balsa a pour la première fois « le sentiment de Dieu ». Quelques années plus tard, il se découvre une passion pour l’orgue et se rend tous les dimanches matin à la paroisse voisine afin d’y suivre les trois messes du jour ! « J’écoutais l’orgue et je regardais l’hostie, subjugué. » Sa première communion, il ne saurait en donner la date : « Je communiais à chacune des trois messes ! Alors mon corps tout entier était irradié par la présence de Dieu. C’était une expérience spirituelle très forte. » Lui-même organiste, c’est en animant la liturgie qu’il approfondit peu à peu sa connaissance du Christ, et que naît en lui le désir de devenir prêtre. Il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne, puis entre au séminaire des Carmes à Paris. Ordonné prêtre en 1984 pour le diocèse de Nice, il en deviendra vicaire général en 2009, avant d’être nommé, en 2015, évêque de Viviers, en Ardèche.

Malgré une récente déchristianisation, ce département a hérité d’une longue tradition chrétienne : en 1914, il comptait près de sept cents prêtres, et de nombreuses figures ont alimenté la ferveur locale, comme saint Jean-François Régis, Thérèse Couderc ou, plus récemment, le bienheureux Charles de Foucauld et Gabriel Longueville. Mais aujourd’hui, le chantier missionnaire est vaste. S’il se réjouit des cinq jeunes qui se préparent actuellement au sacerdoce pour son diocèse, Mgr Balsa reste lucide : « Il faut que je me dépêche : dans dix ans, il n’y aura plus que quinze prêtres actifs chez nous. » Au cours de ses différentes rencontres avec les jeunes, il n’hésite pas alors à appeler des ouvriers pour la moisson. « Je leur dis que l’aventure missionnaire n’est pas nécessairement à l’autre bout du monde, mais qu’elle est d’abord ici. »

Mgr Jean-Philippe Nault, évêque de Digne, Riez et Sisteron :

la vie de l’évêque de Digne est loin d’être un long fleuve tranquille : non seulement dépourvu de secrétariat, il parcourt près de mille kilomètres par semaine, à la rencontre des communautés chrétiennes dispersées dans ce vaste département.Mais ce n’est pas cela qui va brider le dynamisme et la joie de vivre de ce jeune évêque de 52 ans. « Notre pauvreté fait notre richesse », aime-t-il rappeler, citant l’exemple de saint Jean-Marie Vianney, qui l’a toujours accompagné sur son chemin de foi. « Je suis touché par son humilité, sa pauvreté, sa façon d’être totalement abandonné au Seigneur », confie-t-il.

Mgr François Touvet, évêque de Châlons-en-Champagne :

« Je ne suis pas un évêque de bureau », dit-il quelques mois après sa nomination dans le diocèse de Châlons-en-Champagne (Marne). Puisqu’il veut être « tout à tous » comme le rappelle sa devise épiscopale, et « l’évêque de tout le troupeau », il aime aller à la rencontre des gens. De ses diocésains d’abord, mais aussi de tous ceux qui sont éloignés de l’Église. À l’image du pape François, il effectue chaque dimanche une « visite de miséricorde » : refusant habilement le traditionnel apéritif au champagne qu’on aime lui offrir après la messe dominicale lors de ses visites pastorales, il file à la rencontre d’une personne seule, pauvre, endeuillée, malade, divorcée remariée, et pas directement dans le giron de l’Église. Une habitude prise dès le lendemain de son ordination épiscopale, où il avait voulu célébrer la messe pour les détenus et aller au chevet de malades. « Ces rencontres me rendent plus humain et plus simple. »

Comme dans de nombreux diocèses de France aujourd’hui, Châlons-en-Champagne ne compte que quinze prêtres en dessous de 60 ans. L’unique séminariste du diocèse, en troisième année de formation, est le premier candidat au sacerdoce originaire de Châlons depuis vingt ans. « Les vocations sont l’objet de ma prière quotidienne et de ma préoccupation. » Comme beaucoup de ses confrères, il n’hésite pas à passer par un appel explicite pour en susciter : « Aux JMJ de Cracovie, j’ai souvent dit aux jeunes que j’avais besoin d’apôtres pour annoncer l’Évangile avec moi.

Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors :

Nommé à Cahors en juillet 2015, Mgr Camiade est à la tête d’un diocèse peu peuplé, très rural, et dont l’économie est principalement alimentée par le tourisme. Lieu phare du département, le sanctuaire Notre-Dame de Rocamadour et sa Vierge noire attirent les foules. Il est aussi, selon ses mots, une plate-forme de dynamisme pour le diocèse : « La plupart des vocations des prêtres du Lot, mais aussi de nos cinq séminaristes, ont un lien fort avec Rocamadour ! » Dans la région, l’anticléricalisme, lié à la tradition radicale de gauche, fait concurrence à la piété populaire, que la réussite de la Mission Zachée a su mettre en valeur. Alors, pour faire face à la faible pratique religieuse, l’évêque ne veut pas oublier de garder « les yeux fixés sur Jésus », conformément à la devise épiscopale qu’il s’est choisie : « Dans une période où l’on est parfois complexés par l’annonce explicite de l’Évangile, je voulais que le nom de Jésus apparaisse, car il n’y a que Lui qui sauve ! »