Diocèse de Besançon : venue d’une pasteur divorcée-remariée

Download PDF

Pour échanger autour des 5 propositions du cardinal Kasper concernant les divorcés remariés, le diocèse de Besançon a eu l’idée d’inviter vendredi 16 mai  à 20 h 30 (Salle Luther King, derrière l’église Saint Louis – avenue de Montrapon – Besançon), Emmanuelle Seyboldt, pasteur de l’Eglise Protestante Unie qui écrit pour l’occasion :

« Je suis pasteur, divorcée et remariée. Comment ma réalité a-t-elle été interpelée par ma foi ? Qu’ai-je découvert et appris sur moi et sur Dieu, dans ce chemin douloureux ? L’Evangile est bonne nouvelle de vie. Plus que jamais, c’est cela que j’ai reçu et que je veux partager avec vous. » 

31 comments

    • Cécile

      Ne vous y trompez pas Gérasime, notre Sauit Père est très fiable sur cette position de l’Eglise et très fidèle au Christ : accueil, charité et pas de condamnation pour les pêcheurs récidivistes ( dont les divorcés remariés ) mais toutefois pas de communion ni de confession
      Ne confondons pas charité (en paroles et en actes) et permissivité
      Et ne confondons pas non plus dialogue/discussion sur un thème et position officielle de l’Eglise : les éventuelles erreurs ou maladresses d’un diocèse ou d’une équipe pastorale ne signifient pas que le Pape béni tout ce qui se fait en paroisse ou en diocèse …

  1. Shimon

    Pour toutes les branches protestantes/réformées/évangéliques… le mariage n’est pas un sacrement. Il est vrai que le définitif fait de plus en plus peur de nos jours où tout est consommable et jetable, où l’on construit pour détruire.
    Cette pasteure fait partie du peuple de Dieu, même si elle fait profession d’ignorer la tradition et les commandements de l’Église catholique.
    Comme tous ceux qui s’engagent dans des relations hors mariage, ou dans un mariage non sacramentel, elle a le droit de chercher son chemin son chemin vers Jésus par les voies que la providence lui ouvre.
    Que Marie l’assiste dans son cheminement, qui, dit-elle est souffrance, et la guide vers son plus grand épanouissement.

    • sygiranus

      L’erreur et le scandale ne peuvent être mis au même rang que la vérité au risque d’effrayer les fidèles sincères et de les conduire au péché. Le responsable de cette mascarade est aussi coupable que la soi-disant chrétienne qui fait étalage de sa conduite désordonnée. Qu’elle rentre d’abord dans le rang pour que puisse lui appliquée la Miséricorde de Dieu !

  2. Une des ruses favorites de Satan est de faire oublier qu’il existe, aux yeux et aux oreilles des laïcs comme des prêtres fussent-ils empourprés !

    L’exemple de cette femme, “pasteur” de la secte protestante, qui s’introduit dans l’Eglise Catholique avec la complicité de Judas, est le reflet des fumées de Satan infiltrées depuis longtemps !

    Les sectes sataniques sont de plus en plus envahissantes dans l’Eglise Catholique.

    Notre seule consolation est dans cette parole du Christ : “Les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle”.

    Et notre seule arme est la prière confiée à la Sainte Vierge Marie.

  3. En soi, le dialogue peut être ouvert.Reste à savoir qui d’autres a été invité, et saura dire les raisons profondes qui justifient sur ce sujet l’actuelle tradiition et position de l’église, quant à la vérité de l’amour chrétien.
    La question reste la grande et actuelle tentation que représente le protestantisme pour un certain nombre de catholiques et une part importante du clergé ou des laïcs d’église (ceux qui de plus en plus dirigent, et ont seuls droit à la parole….).qui, plutôt que d’avoir le courage de rejoindre les églises protestantes, agissent en église pour imposer leurs orientations…Vatican III, avec bien sûr la prétention d’en être les sauveurs.
    Le protestantisme français dérive de plus en plus vers un humanisme mou, à la limite laïc, référé à un Dieu facultatif. De bonnes intentions, de bons sentiments, de l’humanitaire, de l’écolo-socialisme,silence sur les sujets délicats, on baigne dans l’air du temps, soucieux d’être “moderne”, on est vite “en église”, dans l’univers du “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”. Témoignage chrétien, quasi protestant, animait récemment à Lyon un WE titré “L’Europe notre espérance”…..modeste paroissien du dimanche, je croyais que pour les chrétiens, l’espérance avait un autre nom ! Mais, on a lu Bultman, et c’est Paul Ricoeur, grand philosohie, par ailleurs protestant, qui disait à sa mort ne pas croire en la Resurrection, c’est, trois crans en dessous, mme Lytta Basset, théologienne protestante suisse qui dénonce le péché originel etc…..
    Heureusement,l’église catholique a eu de grands papes, fermes dans la foi.

  4. angel

    Laissez entrer les loups dans la bergerie !!comme il n’y a pas assez de bêtises faites de la part de nos évêques on en rajoute une couche !!
    Tout devient normal même….. “Sodome et Gomorrhe” sera bientôt en débat au sein de l’église !
    thème envisageable :
    la liberté de votre corps vous donne t-elle le libre arbitre à faire de votre corps un dépôt d’immondices ???

  5. gege

    “Qu’ils soient un afin que le monde croit!”
    Il y a aujourd’hui dans le monde plus de 20 000 dénominations protestantes.
    Pourquoi voulez-vous que le monde croit?

  6. Berjan

    Cela ne donne pad l’exemple d’une vie donnée à Dieu avec ses renoncements et ses sacrifices, c’est faire injure à tous ceux qui veulent rester dans l’obéissance catholique.

  7. toto

    Voilà ce que dit l’EPUF au sujet de l’euthanasie:
    “Les protestants ont une manière particulière d’aborder les questions éthiques. Ils n’entendent pas tracer les périmètres du licite et de l’illicite, ni poser des normes qui devraient s’imposer à tous […] Sur des questions aussi graves et sensibles que celles qui surgissent autour de la fin de la vie humaine, il ne saurait en effet y avoir de point de vue surplombant. Individuellement et collectivement, nous sommes tous en débat, en recherche, bien souvent tâtonnante.”
    Et pour l’avortement, cela peut être la moins mauvaise des solutions, d’après eux. Solution à quoi? Le problème existe-t-il ou est-il inventé?
    Et de toutes façons, ils sont prédestinés, donc sauvés, pas besoin d’avoir une morale ou faire des actes de charité.
    Comme disait Luther “péchez et péchez fortement”. Dans les élucubrations de Luther le péché est impardonnable mais Jésus le couvre pour les prédestinés. Les autres sont damnés, puisque telle est la volonté de Dieu. Très commode, comme religion. En découle une immoralité intrinsèque, même chez les puritains (qui s’attachent à la forme et négligent l’esprit).
    http://actualitechretienne.wordpress.com/2013/06/24/jd-leglise-protestante-unie-de-france-raconte-son-absence-de-position-sur-leuthanasie/

  8. Vincent Delérins

    Lamentable ! Mais qu’attendre d’un diocèse exsangue où les vocations sont rares et les ordinations encore plus… Le diocèse de Besançon, qui fut naguère un des plus florissants de France. En 1967 il avait 71 prêtres aux MEP, 1000 prêtres incardinés dont 930 exerçant dans le diocèse… Aujourd’hui environ 175 prêtres sont en activité et d’après un sondage de La Croix ils étaient en 2004 seulement 32 à avoir moins de 55 ans.
    Il est vrai que les épiscopats de Mgr Lallier (complexe du grand bourgeois s’adaptant au prolétariat, assis une fesse sur l’Ordre du Saint-Sépulcre et l’autre sur les travailleurs de LIP), de Mgr Dalloz (leader de gauche au sein de la CEF et promoteur à l’épiscopat de Jacques Gaillot qui fut son vicaire général à Langres, et qui a marqué le diocèse dans les années 80 par le grand rassemblement “Horizon 2000” dont tout le monde s’en fout), et de Mgr Lacrampe-le-bien-nommé (qui avec NS Legrez et Schokert enterra très solennellement à Besançon le T:.V:.F:. Forni, Président PS de l’Assemblée Nationale), conduisirent tous le diocèse vers une pastorale humaniste pour laquelle l’Evangile et Dieu ne sont que des options (à discuter en concertation lors de réunions riches en partage et dialogue, blablabla)…. Quant à Sa Grandeur Mgr Bouilleret (connu à Amiens pour son opposition à la FSSPX et qui montre sa bouille de gentil éducateur sur https://twitter.com/JeanLuc80 ) il sera dans la continuité de ses prédécesseurs, obéissant ainsi aux injonctions de son Vicaire Général dont le progressisme outrancier n’est pas parti avec les poils de sa barbe désormais rasée….

    • A M.Vincent Delerins,
      Ce que vous décrivez du diocèse de Besançon est sévère, mais dans l’ensemble assez juste.Il ne m’appartient pas de prétendre juger les personnes et leurs intentions.Mais il est vrai que lorsqu’on lit le lettre hebdo du diocèse reçue sur internet et autres informations, on ne peut s’empêcher de constater l’emprise sur ce diocèse d’une tendance politique, syndicale, “de gauche” bien sûr….que j’appelle parfois “les maurassiens de gauche” car on y sent le “politique d’abord”,ses jeux de pouvoir, et ses moeurs, avec l’éloignement systématique de ceux qui ne pensent pas dans la ligne officielle. Le problème est que nombre de ces gens de pouvoir sont aujourd’hui “à bout de souffle”, et que ce diocèse “vivote” sans plus, sous partielle anesthésie. Et ce n’est pas le nouvel évêque qui va le sortir de la torpeur où le plongent tous ces “bien pensants” qui se croient et s’autoproclament de progrès et l’avenir de l’église. Le dialogue et le débat sont refusés, les laïcs officiels d’église sont recrutés pour leur docilité ou conformité à la pensée dominante.Ce diocèse reste soigneusement à l’écart des grands mouvements qui attestent encore de la vitalité catholique…..c’est triste !
      Alors, prions…..

      • Ne commettriez-vous pas un contresens, d’ailleurs très répandu?

        “Politique d’abord” doit s’entendre au sens temporel strict :”commençons par la politique, le reste suivra”. Et non, La Politique est plus importante que tout le reste, religion, économie, etc.”

        Du moins, quand j’ai fréquenté les milieux maurrassiens dans les dernières années de la vie de Maurras et les quelques années qui ont suivi, est-ce que l’on m’a toujours dit.

  9. Franz

    L’Eglise a le devoir de réaffirmer la doctrine de toujours concernant le mariage.

    Toutefois, il n’est pas interdit d’écouter un témoignage, ne fut-ce-que pour en savoir un peu plus… même si on peut subodorer que celui-ci est organisé pour influencer les mentalités dans le sens progressiste.

    Ne perdons pas de vue que l’institution du mariage est en crise gravissime depuis quelques décennies, qu’il y a des raisons à cette crise que l’on ne peut évacuer d’un revers de la main méprisant, que le phénomène touche presque autant les catholiques que les autres (y compris des fervents) et que, cerise sur le gâteau, l’Eglise n’a à ce jour, déniché aucune solution satisfaisante pour soulager les conjoints victimes (je parle bien ici des victimes !) des divorces.

    • sygiranus

      Ne mélangeons pas les questions. Un époux, victime d’un divorce civile qu’il n’a pas demandé et au cours duquel il a simplement défendu au mieux les droits de ses enfants, n’a aucun problème avec l’Église surtout s’il a demandé, comme c’est son devoir pour éviter le scandale, la permission d’une séparation de corps auprès de son évêque. Ne me dites pas qu’on n’en est plus là, c’est justement parce qu’on n’en est plus là que les situations sont sans issues puisque gérées en dehors des voies de la Providence indiquées par l’Église. Et ce n(est pas le témoignage d’une dévergondée, fière de ses actes, qui va remettre les choses au point !

      • Un peu cruel de traiter cette protestante de dévergondée : elle a été élevée dans une fraction du protestantisme, lequel repose tout entier sur le “libre examen”, c’est-à-dire en fait le droit “d’en prendre et d’en laisser” dans l’enseignement du Christ. Sa vie est conforme à ce qui lui a été enseigné. Il est difficile de le lui reprocher.

        Ce qui est à mon avis, douteux et même redoutable dans l’initiative du diocèse de Besançon, c’est d’inviter une représentante du protestantisme, dont la vie même montre où l’on arrive quand on récuse une partie des exigences du Christ, à venir “plaider sa cause”, celle des divorcés remariés, au risque de “scandaliser” une partie des fidèles, de conduire certains à contester la position de l’Eglise quand elle reste totalement fidèle à l’Évangile, pour peu que les personnes qui auront à lui répondre se montrent moins convaincantes, moins brillantes dans l’exposé, moins émouvantes.

        Car ce ne sont pas les fidèles qui s’indignent de cette invitation aventurée qui se “scandalisent” au sens évangélique du terme (en fait, le mot propre serait de dire qu’ils sont “choqués”). Ce sont ceux qui risquent d’être troublés, voire écartés de l’obéissance à la volonté divine, qui sont “scandalisés” au sens propre du terme, c’est à dire que cette invitation peut être un “scandalon”, une pierre sur laquelle ils risquent de trébucher et de tomber.

        • sygiranus

          Nous disons bien la même chose et quand je parle de “dévergondée”, il s’agit à l’évidence de son comportement. De son for intérieur, nous ne sommes pas juges.

    • toto

      @Franz
      Comment cela l’Eglise n’a trouvé aucune solution satisfaisante pour les conjoints victimes de divorce?
      Et la vie sacramentelle?
      Et la médiation pour réconciliation?
      Et l’apprentissage du pardon?
      Et la possibilité de faire reconnaître la non validité du mariage sacramentel dans les cas où le conjoint fautif a été de mauvaise foi (par ex refus d’avoir des enfants…). L’église ne prononce pas de “divorce”, ne “dissout” pas un mariage, mais un tribunal ecclésiastique peut déclarer que le mariage est invalide, quand les preuves sont suffisantes…
      Vous parlez de quelle Eglise?

  10. L’accueil fraternel fait à des frères et soeurs dans le Christ, même s’ils appartiennent à des groupements religieux séparés (qu’il est d’ailleurs abusif d’appeler Églises), même si, conformément à l’enseignement erroné qu’ils ont reçu, iceux-ci mènent une vie qui n’est pas entièrement conforme aux exigences du Christ, est une oeuvre de charité.

    Mais les responsables de la vie religieuse des Catholiques et, au premier chef, les évêques, doivent faire preuve de la plus grande prudence dans cet accueil, afin de ne pas risquer de scandaliser les Catholiques en leur laissant croire que leur clergé met au même rang l’erreur et la Vérité enseignée par le Christ, l’obéissance aux commandements divins et la désobéissance.

    • Shimon

      Merci Emmanuel pour cette analyse pénétrante, précise et sans concession.
      Effectivement qui dit « pardon », dit « faute ». Et la faute est bien ce dont une partie de nos contemporains ne veulent plus entendre parler, estimant que leur conscience ne saurait les tromper et que leur cheminement est bon pour eux quel qu’il soit.
      Le pardon n’est possible que à quelqu’un qui le demande, donc se reconnaît « fautif » et exprime son désir de ne plus « fauter ».
      La faute n’est jamais dans une séparation mais dans une non fidélité à un engagement d’une relation unique jusqu’à ce que la mort sépare les époux. Une veuve peut (ce n’est pas la solution proposée par Saint Paul) se remarier.
      Un conjoint qui librement et sans contrainte (condition de validité de l’engagement) demande le mariage chrétien catholique sais qu’en cas d’échec grave de la relation aboutissant à une réelle impossibilité de vivre ensemble (notamment par exemple pour protéger les enfants nés de l’union) il s’engage à choisir la continence.
      Et c’est bien cette continence qui est rejetée comme impossible par certains, que ce soit dans le mariage ou hors mariage. C’est pour cela et cela seulement que le mariage monogamique/monoandrique définitif est rejeté, comme est critiquée le célibat des prêtres qui est l’expression d’une possible, mais toujours difficile, continence.

  11. Emmanuel

    Décidément, cette actualité ecclésiale n’arrête pas d’apporter des événements qui appellent des signalements sur le thème de la déraison, signalements pour lesquels la démarche DPR qui vient d’être lancée offre un cadre bien approprié : Voir sur ce lancement le commentaire posté par Emmanuel le 9 mai à 22h40 à l’occasion du texte sur Etchegaray, même pas la pourpre aux joues publié le 30 avril 2014.

    Rappelons que la démarche DPR propose de relever avec objectivité dans certaines initiatives ou prises de prises de position publiques, les écarts par rapport à un juste exercice de la raison ou par rapport à une juste observation des faits aboutissant, d’une manière ou d’une autre, à des incohérences de la pensée ou entre la pensée et l’action.

    Pour la pensée et pour l’action, l’exigence du respect de la raison, cet instrument universel que le Créateur a placé en chacun de nous, en nous communiquant en outre le message de la Révélation pour ce que la raison seule ne permet pas de découvrir avec certitude, est essentielle. Si l’on se montre désinvolte par rapport à cette exigence, on entre dans l’arbitraire et, si on détient un pouvoir sur les autres, dans la tyrannie. Les conséquences les plus graves, et les plus injustes, au rebours du bien commun considéré à la lumière de l’Evangile, ont toutes chances alors d’en découler.

    Voici donc le nouveau constat faisant suite aux DPR constats n°1, n°2, et n°3 précédemment déposés.

    DPR constat n°4 sur l’initiative du diocèse de Besançon à propos des « cinq propositions » du cardinal Kasper concernant les divorcés-remariés.

    La raison est défiée à de multiples titres. C’est un peu, comme le souligne le premier commentaire déposé ci-dessus, la totale ! Voyons donc.

    Observons d’abord qu’on ne voit pas apparaître, avec la clarté que l’on serait en droit d’attendre, l’objectif qui est en jeu au travers des cinq propositions avancées par Mgr Kasper lors du Consistoire extraordinaire sur la famille. Les compte-rendus que l’on a pu en avoir, au travers d’évocations diverses de cardinaux qui ont participé au Consistoire, sont généralement plus explicites sur la teneur des différentes propositions que sur leur exacte portée. Mgr Ricard, cardinal archevêque de Bordeaux, les a présentées (dans son récit en forme d’interview dans famillechrétienne.fr) comme autant de « conditions » à remplir, mais à remplir pour quoi exactement ? Mgr Ricard a parlé d’ « ouvrir un chemin pénitentiel pour les personnes civilement remariées qui remplissent certaines conditions ». Mais quelle serait la portée de ce « chemin pénitentiel » et notamment sa portée au terme du parcours ?

    En réalité, il semble bien, au vu des vives réactions auxquelles a pu déjà donner lieu cette réflexion engagée dans l’Eglise que la portée envisagée, en tout cas par certains, pourrait bien être, au terme du processus, celle d’une absolution ayant bel et bien la valeur de ce qu’apporte le sacrement de réconciliation, et d’où découlerait la réouverture de la possibilité de recevoir la communion.

    De fait, si ce n’était pas cela, on ne voit pas bien de quoi d’autre il pourrait s’agir. Mais en même temps, cette hypothèse conduit à de multiples contradictions que l’on va voir. Ainsi ne peut-on qu’être perplexe.

    Les contradictions auxquelles conduit, si on la retient, l’hypothèse de l’accès au sacrement de réconciliation et à la communion pour les divorcés remariés sont notamment les suivantes :

    1-Les conditions mises en avant par le cardinal Kasper, en tout cas les trois premières d’entre elles, sont incohérentes avec cette hypothèse.

    La première condition, à savoir, selon le compte rendu qui en a été fait par le cardinal Ricard, celle, pour le pénitent, d’avoir le « regret de l’échec de son premier mariage », est largement inappropriée notamment à deux titres. D’une part, la faute très grave qui a été commise ne se rapporte pas au premier mariage ni à sa rupture, mais au remariage civil : là seulement débute et se perpétue la faute majeure, celle de l’adultère. D’autre part, si l’on veut parler du premier mariage, parler d’échec est bien flou pour évoquer une faute dont il y aurait lieu à proprement parler de se repentir, car l’échec peut être le produit de circonstances multiples dans lesquelles la responsabilité de l’un ou de l’autre des conjoints peut être faible, et si de plus l’échec a été jusqu’à se consommer dans un divorce, la décision correspondante peut fort bien avoir été prise unilatéralement par l’un des conjoints sans le consentement de l’autre. De plus, de toute façon, même pour celui qui a pris la décision de divorce ou qui a été partie prenante dans la décision, le degré de faute associée à celle-ci est variable selon les circonstances, et en tout état de cause, comme indiqué ci-dessus, il ne présente pas de caractère aussi gave et avéré que celui attaché au remariage. Les confusions ici à l’œuvre sont graves, et elles le sont sans doute d’autant plus qu’elles pourraient bien traduire non seulement une vision fataliste des choses (échec : mais où est la volonté ?) mais encore, et de manière, à certains égards, plus choquante encore, une vision hédoniste, celle selon laquelle, une fois un premier mariage rompu, un remariage ne pourrait qu’en découler, comme si une vie hors mariage était parfaitement impossible à supporter : c’est pourquoi la faute du remariage n’aurait même pas lieu d’être distinguée, tout s’étant joué au niveau de la rupture du premier mariage.

    L’incohérence se retrouve au niveau de la deuxième « condition », selon laquelle il faudrait « être dans une situation stable ». Mais comment peut-on ignorer aussi superbement, avec une telle formulation, que la condition en question revient à rechercher la durabilité de la relation adultère introduite par le remariage. Quelle désinvolture par rapport à l’indissolubilité du mariage et à l’exigence de fidélité pour toujours qui s’y associe ! Quelle image l’Église donnerait-elle d’elle-même en affichant une telle désinvolture ? Vraiment, voilà qui consiste à aborder le problème, celui de la pastorale des divorcés civilement remariés, en supposant le problème allègrement résolu ! Il est évident qu’on ne saurait ainsi faire l’impasse sur la recherche d’autres solutions allant, tout à l’inverse, si l’on recherche les conditions de l’accès au sacrement de réconciliation et à la communion, dans la direction de remettre en cause les liens adultères dans les meilleures conditions possibles (voir ci-après).

    La troisième « condition », à savoir celle d’« être dans une situation dont on ne peut pas sortir car des enfants sont nés de la deuxième union » a davantage de sens que les précédentes, mais il reste que l’on ne peut ignorer la piste de la pratique de la continence, dont on ne saurait considérer à priori, sauf à nourrir la vision hédoniste précédemment évoquée, qu’elle représenterait nécessairement un effort hors d’échelle par rapport à un enjeu aussi important que celui de la joie d’accéder à la Sainte communion, effort accompli dans l’attente d’une séparation dès que cela s’avèrerait possible, une fois notamment les enfants arrivés à l’âge de l’autonomie.

    2-Cette hypothèse est contradictoire avec l’objectif que l’on voit le plus souvent affiché par les cardinaux qui ont assisté au consistoire, comme étant un point d’accord entre tous, à savoir que le dogme sur l’indissolubilité du mariage ne serait pas remis en cause, non plus que le contenu du catéchisme sur le sacrement du mariage.

    Il y a en effet là bel et bien une contradiction radicale tant est insistant dans l’Evangile non seulement le message sur le caractère adultère, quelles qu’en soient les conditions, de toute nouvelle union, mais aussi le message sur la difficulté à comprendre et accepter cette exigence (Mt 19,10-12). La difficulté que l’on a aujourd’hui à accepter cette exigence n’est pas la traduction de ce que le changement général des mœurs, même si ce changement est réel, rendrait caduque la validité de l’enseignement évangélique sur ce point. Elle est au contraire la confirmation de cette difficulté de compréhension et d’acceptation annoncée par l’Evangile, dont il peut être noté qu’on ne trouve l’équivalent pour aucun autre sujet. Ainsi alertée, l’Eglise d’aujourd’hui serait évidemment particulièrement mal venue à abandonner aujourd’hui cet enseignement.

    On notera d’ailleurs qu’à la contradiction avec le catéchisme que présenterait l’accès au sacrement de pénitence et à la communion pour les divorcés-remariés, s’ajouterait celle d’affirmer que l’on conserve le catéchisme ! Ceci est incontestable. Il suffit pour bien se rendre compte de cette évidence de se référer au n°1650 du catéchisme: « Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète. »

    Si l’Eglise remettait en cause aujourd’hui le catéchisme sur un sujet aussi essentiel, elle accomplirait une prise de distance par rapport à la Parole du Seigneur dont on ne pourrait trouver aucun équivalent depuis le début de son histoire. Pour revenir aussi au propos qui nous inspire ici plus particulièrement, celui du respect qui est dû à la raison, si l’Eglise s’engageait dans une telle prise de distance par rapport à la Parole, elle tomberait du même coup, par l’indifférence vis-à-vis de l’exigence de cohérence ainsi affichée de manière flagrante aux yeux de tous, dans l’abîme de la négation du devoir de raison. Or quand on bafoue la raison, il n’y a plus d’obéissance à la foi, car cette obéissance est affaire de cohérence, dont le contrôle met en jeu la raison. Il n’y a d’ailleurs plus même de foi possible, car la foi est indissociable de la pensée et donc de la raison.

    • Remarquable analyse, à la fois profondément réfléchie et très claire.

      Il est vrai – et c’est sans doute un des plus importants obstacles à la réunion des Chrétiens au sein de l’unique Église du Christ – que tant chez les Protestants de diverses obédiences que chez les Orthodoxes (dans une moindre mesure chez ceux-ci) – il semble qu’on ait refusé d’accepter la Parole du Christ, affirmant aux Juifs que la possibilité du divorce (qui n’était, guère, d’ailleurs, que la possibilité pour l’homme de répudier son épouse, l’inverse étant difficile, voire impossible comme on le voit encore aujourd’hui en Israël, où une épouse ne peut divorcer religieusement, c’est-à-dire rester membre de sa communauté, conserver des liens non seulement avec la famille de son époux, mais avec la sienne, et garder son autorité sur ses enfants et l’amour de ceux-ci, que si son époux consent au divorce, la Juive orthodoxe qui a divorcé sans le consentement de son époux étant victime d’une totale exclusion par son entourage, sa famille et même ses enfants ) avait été concédée « à cause de la dureté de leur cœur » mais qu’après que le Christ ait racheté l’humanité, les cœurs ne pourraient plus être aussi durs qu’auparavant et qu’il fallait revenir à la situation d’avant le péché originel et considérer que l’homme ne pouvait séparer ce que Dieu avait uni.

      Seule l’Église catholique unie à Rome accepte ce passage des Évangiles. Et, si l’on l’accepte, on est bien obligé de conclure que le divorcé remarié est en situation de péché, continu et public, et qu’il doit accepter de ne pas recevoir “indignement” le Corps du Christ, ou ayant reconnu sa faute, de décider de vivre de façon continente et sans scandaliser ceux qui connaissent sa situation.

      Mais la séparation en elle-même, quand elle n’est pas « répudiation » mettant fin au mariage et à ses obligations, mais que, voulue en raison d’une situation intolérable, ou subie par la volonté de l’autre époux, elle maintient pour l’époux chrétien l’obligation de fidélité, n’est pas un péché. Seul le remariage, acte d’infidélité, public en outre, en est un.

      C’est ce que les curés devraient rappeler à leurs paroissiens, en particulier quand certains de ceux-ci se scandalisent à tort, en voyant un(e) divorcé(e) venir à la Sainte Table, alors qu’il (elle) n’est pas remarié(e) et vit selon les paroles du Christ.

      Trop de discrétion peut nuire …

  12. petilu

    pas surprise de la part de l’évêque de Besançon!!
    et il y a bien d’autres pasteurs en instance de divorce dans la région! alors je fuis certaines églises , certains prêtres , même s’il ne m’appartient pas de les condamner! et meme si je ne suis pas partisan d’une eglise de purs!! parce que cela m’épuise, me désole, et qu’après s’etre battu toute une journée dans le monde je n’ai pas encore envie de recommencer le soir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *