Le message de Noël de Benoit Rivière, évêque d’Autun, Chalon, Mâcon

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Voici le message de Noël de l’évêque d’Autun :

“Dans l’atmosphère de Noël et du Nouvel an, il plane un parfum assez précieux pour qu’on le respire sans retenue ! Si ce parfum venait à disparaître complètement durant le reste de l’année, je pense que notre monde deviendrait irrespirable, et à terme infernal. L’arôme de ce parfum particulier n’est méprisé par personne, il est plutôt goûté avec plaisir.

Lorsque nous prononçons des vœux sincèrement bienveillants pour les autres, que faisons-nous ? Du meilleur de nous-mêmes, nous voulons que les autres vivent dans moins de « galères », vivent mieux qu’actuellement ; et nous voulons qu’ils reçoivent dans ce temps-ci cette parcelle de l’horizon tant désiré qui s’appelle le bonheur. Par bonheur, j’entends ici la santé entière de l’existence humaine en relation avec les autres.

Prononcer et recevoir les meilleurs vœux, c’est plonger dans les racines de notre bonne humanité commune ; c’est tourner notre regard vers les autres en appelant sur eux le bien, et en disant à l’avance du bien pour eux. En langage biblique, cela s’appelle la « bénédiction ».

Sans bénédiction, le cœur humain reste à l’étroit ; sans gratuité, le monde devient froid ; sans amour, il ignore la joie ! L’homme a besoin d’entendre du bien sur sa destinée. Je crois que toute naissance est un cadeau offert au monde : Noël veut dire « naissance », celle de Jésus à Bethléem, qui apparaît comme ce retournement de l’histoire vers son heureuse destinée, celle du Dieu béni et caché en pleine pâte humaine.

Quel bien voulons-nous pour le monde ? Pour quelles actions engageons-nous sérieusement notre liberté ? Je voudrais voir les autres dans une lumière de délicatesse et de bienveillance. Je voudrais les voir réussir leur existence pas seulement en possédant des biens et en faisant beaucoup de choses, mais en apprenant à se donner eux-mêmes joyeusement, en aimant vraiment toujours.

 Et je considère notre temps comme celui de quelques grands défis :

–  Le défi écologique, c’est-à-dire celui du déploiement d’une nouvelle relation avec le réel, et surtout le réel humain,

– Le défi de la consolation des blessures qui pèsent dans le cœur d’un si grand nombre ; ce défi comporte la victoire du pardon sur la haine et sur le ressentiment,

– Le défi de la foi dans la beauté et la vulnérabilité de l’homme, particulièrement au printemps et aussi à l’automne de son existence,

–  Le défi du changement de conduite dans certains de nos comportements personnels et collectifs,

–  Le défi du soin et de la guérison, en faisant disparaître de plus en plus les causes des maladies du corps et de l’esprit,

–  Le défi du comblement d’un fossé intolérable entre les pauvres et les nantis,

–  Le défi que posent à la conscience les possibilités immenses offertes par les sciences et les techniques de l’information et de la biologie,

–  Le défi le plus essentiel de tous, qui consiste à faire croître l’existence humaine et qui ne rejette aucun autre humain.

En ces fêtes de retrouvailles familiales pour beaucoup, mais aussi hélas de solitude accrue pour ceux qui ne seront pas suffisamment rejoints, je vois des visages sur lesquels je devine la trace des tensions, la trace des souffrances, et la trace des joies de l’existence. Je vois des visages d’enfants, de jeunes, d’adultes et d’aînés, avec en chacun d’eux une attente de joie durable et partagée.

Bon temps de Noël et bonne année !

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