Le synode de Rodez touche à sa fin. Le diocèse aussi

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Les deux ans du synode lancé par Mgr François Fonlupt s’achèvent avec des constats et des propositions. Quatre week-ends depuis décembre ont réuni les 194 derniers chrétiens du diocèse membres de l’assemblée synodale, répartis en groupes de travail sous le patronage des huit membres du secrétariat général du synode.

Le 4 juin aura lieu la promulgation des actes du synode. L’assemblée synodale a élaboré des pistes de travail, qui sont autant de propositions remises à l’évêque pour lui permettre d’en bâtir la synthèse.  Mgr Fonlupt estime :

« Pour les chrétiens, une attente forte se reprécise : être nourri par l’évangile. Redonner place à la parole de Dieu, c’est un besoin ».

Il reste 24 curés pour 36 paroisses au lieu de plus de 300 il y a vingt ans. Diminuer encore le nombre de paroisses ?  Question :

« Doit-on privilégier la proximité au rassemblement ? »

La communauté chrétienne est- vieillissante, le nombre de pratiquants baisse, les jeunes ont disparu ou presque… L’avenir est morose dans le diocèse.  La pratique dominicale est irrégulière. Conclusion : les chrétiens se sentent plus dispersés, plus isolés et expriment la nécessité de se retrouver. Mais Mgr Fonlupt se pose la question :

« Est-ce que l’on a les moyens, et notamment humains ? ».

Les sépultures sont déjà assurées par des laïcs, ce qui fait grincer bien des dents chez les paroissiens… Le phénomène est appelé à s’amplifier, notamment pour pallier l’absence de prêtres et la pénurie des vocations.

L’évêque raconte :

Au départ, je n’avais aucun a priori. Mes visites dans les 36 paroisses ont duré plus de deux ans, j’ai rencontré 10 000 personnes. Et on a pris en compte l’évolution de la vie de l’église, ces rencontres nous faisant découvrir la période qui est la nôtre. Nous nous sommes dit « il y a un enjeu à poursuivre » et l’on s’est alors demandé de manière réaliste et confiante : « Qu’est ce qu’on peut engager pour l’avenir ? ».

Je vais recueillir les fruits de deux ans de réflexion et promulguer un document pour mettre en perspective la dynamique particulière du synode. Les quatre assemblées synodales ont peu à peu dégagé des points importants : qu’est ce qu’on veut, comment on le veut, comment on le réalise…

Par exemple, on ne changera pas les 36 paroisses. C’est un repère suffisamment vaste. Mais on peut se demander comment célébrer l’eucharistie, être au service des hommes et des femmes.

Je réfléchis à une organisation des prêtres. Ils ne seront jamais plus de 30 en Aveyron. A-t-on d’autres modèles, peut-on trouver d’autres pivots sans que le prêtre disparaisse complétement, et qui permette une animation de la paroisse en continuité ? De plus, il est important de soutenir et de valoriser des lieux de fraternité. Si l’on est chrétien, cela doit se voir dans notre façon de vivre ensemble. Des modèles de vie fraternelle peuvent cohabiter. C’est pour cela qu’il demeure important de s’ouvrir au monde.

C’est ce qui s’appelle aller dans le mur en klaxonnant.

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