Les protestants ne forment pas une “Eglise”

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Sur son blogue, Yves Daoudal relève le relativisme du Primat des Gaules :

“Le 11 mai à Lyon aura lieu la création officielle de l’« Eglise protestante unie de France », aboutissement du rapprochement entre les luthériens et les calvinistes.

Le cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin sera présent, ce qui en soi n’appelle aucun commentaire. Mais il croit bon d’en faire un, quant à lui : « C’est un grand événement œcuménique, le mouvement d’unité que font les luthériens et les réformés, je pense que c’est un bel appel pour d’autres Eglises à retrouver le chemin de l’Eglise une, sainte, comme nous disons dans le Credo. »

De la part d’un cardinal archevêque, c’est ahurissant. On ne voit pas en quoi ce rassemblement, qui n’est en rien un mouvement vers l’unité catholique, pourrait être un appel à d’autres pour retrouver le chemin de l’Eglise une ; et surtout on attend d’un cardinal archevêque qu’il rappelle qu’il n’y a pas d’« Eglise » là où il n’y a ni succession apostolique ni sacerdoce.”

Une note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la Foi de 2007 aurait pu éclairer la lanterne du cardinal :

Pourquoi les textes du Concile et du Magistère postérieur n’attribuent-ils pas le titre ” d’Église ” aux Communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVIe siècle ?

Réponse. Parce que, selon la doctrine catholique, ces Communautés n’ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l’ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de l’Église. Ces Communautés ecclésiales, qui n’ont pas conservé l’authentique et intégrale réalité du Mystère eucharistique, surtout par la suite de l’absence de sacerdoce ministériel, ne peuvent être appelées ” Églises ” au sens propre selon la doctrine catholique.

16 comments

  1. clavier jean pierre

    Lamentable de la part d’un cardinal
    Seules les Orthodoxes et les catholiques, peuvent prétendre a retrouver l’unité
    Mais nos clercs français( au moins les 2/3) préfèrent faire amis/amis avec les réformés qui ordonnent des femmes, des pasteurs ouvertement homo etc. Les orthodoxes qui conservent leurs traditions et leur liturgie sont un mauvais exemple pour ces réformateurs post Vatican II

  2. Complètement dans le champ ce pauvre Barbarin qui n’en est pas d’ailleurs à ces premiers faux pas qui lui auraient valu d’être sermoné publiquement par l’autorité légitime.
    Que voulez-vous,il ne sait pas qu’avec lUTHER et les réformistes divisés et multipliés en autant de sectes sur la planète,il n’y a jamais eu le moindre retour théologique et pratique avec l’Église catholique qu’ils avaient poignardée il y a cinq siècles. Mais le pire,c’est que le mauvais exemple est venu de Jean-Paul II et Benoit seize qui ont travaillé à la réhabilitation de LUTHER…suivez les textes de l’Église après 1980. Les chefs eux-mêmes n’ont pas manqué une occasion de travaillé eb ce sens. Imaginez: alors qu’il n’était encore qu’Évêque de Cracovie,carol Wojtila “invita“ son ami BILLY GRAHAM à venir assister à une messe publique dans la cathédrale et à y faire l’Homélie du dimanche… Alors Barbarin ne fait pas pire que les deux derniers “chefs“ de l’Église.?

    • DANIS

      A côté de la plaque Mgr Barbarin , cela lui arrive assez souvent, il devrait retourner au catéchisme dans une paroisse voisine de la sienne, et je ne suis pas ironique

  3. messager

    Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
    Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne la donne pas comme la donne le monde. Que votre cœur ne se trouble point et ne s’effraye point.

    Alors laissons souffler l’Esprit Saint et arrêtons de critiquer !
    C’est par des petits pas que nous avancerons et nous unifierons !si au contraire nous mettons des jalons en travers de la route que nous a tracé le seigneur et jean Paul II alors nous ne pouvons pas dire que nous sommes à l’unissons dans la parole que Jésus nous a commandé

    “Aimez vous les uns les autres COMME JE VOUS AIME “

  4. Nathalie

    Ce que dit l’église orthodoxe russe et greque, sur l’Église catholique romaine, pour ne pas que certains se figurent des choses qui n’existent pas , je cite le texte qu’ils font circuler sans charité, et surtout avec beaucoup de sectarisme et d’orgueil :

    “Docteur Demetrios Tselengidis, Professeur à l’université Aristote de Salonique : Les hétérodoxes sont-ils membres de l’Eglise ? (Suite)

    “Eglises soeurs”

    Pour commencer, le terme d’Eglises sœurs [En tant que terme] peut être considéré comme indifférent ou tout à fait inacceptable. Il est théologiquement indifférent quand il est utilisé pour décrire la relation entre les Églises orthodoxes locales. Mais le terme est théologiquement inacceptable quand il est utilisé pour définir le caractère ontologique de l’Église orthodoxe et du Catholicisme romain.

    Tout d’abord, le terme d’églises sœurs n’est pas bibliquement fondé, ni même justifié. Quand l’apôtre Paul mentionne les différentes Eglises locales, il ne les appelle pas “sœurs”, il ne veut pas non plus dire dire qu’il existe une certaine Eglise comme “mère” de ces Eglises locales. Il possède une prise de conscience que l’Eglise est “Une” et qu’elle a un caractère universel avec la notion de la plénitude de sa vérité et de sa vie, à la tête de laquelle – comme nous l’avons dit -, il y a le Christ Lui-même. Alors, quand [saint- Paul] s’adresse à une Église locale, il a l’expression caractéristique: “Pour l’Eglise qui est à… (par exemple Corinthe)”. Cela signifie que la manifestation de l’Eglise tout entière est en mesure de se produire dans chaque endroit où la communauté eucharistique des fidèles existe sous [la guidance de] son évêque. Il est certainement évident que l’unité de ces Eglises locales est maintenue par la communion entre elles dans cette foi, cette vie, et cet ordre ecclésiastique. Le synode de leurs évêques garantit dans la pratique, l’unité des Eglises locales.

    De ce qui précède, il devient clair que, puisque même des Eglises locales aux vues similaires, dans les limites de l’Orthodoxie ne justifient pas théologiquement, qu’on les appelle “sœurs”, d’autant plus n’y a-t-il aucune raison théologique et ecclésiologique pour appeler l’Église orthodoxe et le Catholicisme romain églises sœurs. En outre, le Catholicisme romain ne peut pas à proprement parler être appelé l’Eglise après l’année 1014 après J.-C., car à partir de là, les proscriptions disciplinaires [Epitimies, pénitences] des Conciles œcuméniques étaient spirituellement en vigueur pour les catholiques à la suite de leur chute du Corps Théanthropique [de l’Église ].

    Ici, il est nécessaire de noter que la levée des interdictions disciplinaires ci-dessus n’est pas en mesure de prendre place simplement par [l’intervention de] tout personnage officiel de l’Église – aussi haut soit-il dans la hiérarchie ecclésiastique; celles-ci ne peuvent être levées que par un Concile œcuménique. Mais même cela ne peut arriver que dans le cas où, à l’avance, les enseignements dogmatiques qui ont entraîné la chute du catholicisme romain de l’Église sont rejetés [en premier lieu].

    Et il est donc clair que, officiellement, depuis l’année 1014 J.-C., le Catholicisme romain n’est pas l’Église. Cela signifie en pratique qu’il ne dispose pas de la foi apostolique correcte ou de la succession apostolique. Il ne possède pas la grâce incréée, et par extension il ne dispose pas des Mystères divins qui font du Corps théanthropique de l’Eglise, la “communion de theosis [divinisation]” de l’humanité. Et ainsi, puisque l’Eglise n’est pas en mesure d’être et de rester “Une” et “Indivisible” jusques à la fin des temps, chaque communauté chrétienne en dehors de l’Eglise orthodoxe est simplement hérétique.

    Ne vous berlurez donc pas de trop sur l’affection et l’estime qu’ils nous portent.

  5. Chartron Jacques

    Cette “fusion”est regrettable car c’est pour moi un recul de l’Eglise Luthérienne. Quant à l’attitude deu cardinal…!

  6. Marie

    Il faut pas juger le cardinal, c’est une unité dans le christ jésus, et c’est dans cette unité que le Seigneur se serre de nous pour mettre la lumière dans chacun de nous. Alors avancer dans la foi, pour cette unité et Dieu prévoit pour nous tous. Amen !

  7. Nathalie

    Protestant, c’est celui qui est contre l’Eglise catholique et donc, contre la foi.
    Pourquoi donc l’Eglise catholique adhèrerait à ces doctrines qui veulent mettre à bas la foi ? Question sans réponse.
    Il n’y a pas de raison, Luther avait tort, c’est tout, et il a fait schisme en entraînant un certain nombre de personnes avec lui qui ont fait, comme il disait “ecclésioles” etc….
    Bon, après, que le lutherianisme recule, ce n’est pas le problème de l’Eglise catholique.

    Soyons logiques quand nous parlons.

  8. eljojo

    Soyons logique… entre autres sur le fait que Luther n’a pas dit que des choses stupides, et que sa plus grosse erreur n’a pas été contre la Foi, mais contre l’Obéissance.

    Ensuite, il est certes nécessaires de définir ce qui nous sépare des autres confessions, mais il est nettement plus utile et meilleur de constater ce qui nous unit !

    Oui les protestants professent tout un tas d’erreur, mais que cela ne cache pas tout ce que nous avons en commun, la Foi au Christ, par exemple.

    Enfin, sur la controverse à proprement parler, on peut considérer que le terme “Eglise” faisait référence au terme employé par les protestants eux-mêmes. Auquel cas on peut le considérer comme une citation, et non comme un enseignement.

  9. Bruno ANEL

    ” Selon la doctrine catholique”, dit le texte romain. Lorsque l’on dialogue avec des frères séparés, on a forcément des conceptions différentes. Les protestants se considèrent comme Eglise. On doit donc les dénommer ainsi, et discuter ensuite de nos conceptions de l’Eglise.

    • Nathalie

      S’ils le disent ‘”nos frère séparés”, alors on doit le faire ?
      Je ne vois pas pourquoi … Vraiment, vous ne donnez aucune raison à cette obtempération, si ce n’est que ces “frères séparés” le disent. Mais , quid de la légitimité de cette injonction ?

  10. Jean-François

    Ils ne forment certes pas une Eglise, mais forment-ils une église, c’est à dire en grec une assemblée (ἐκκλησία) ? Le caractère oral de l’intervention du cardinal Barbarin empêche de conclure sur le mot qu’il a employé.

    Il faut aussi savoir que l’union en question n’est que la mise en commun des structures de gouvernement et de formation des pasteurs. Les luthériens et calvinistes conservent chacun leur confession de foi propre même si un pasteur luthérien pourra officier dans un temple calviniste et vice versa comme s’ils étaient interchangeables malgré des confessions de foi diiférentes.

    Cette pseudo union n’est donc qu’un rassemblement relativiste dicté par l’érosion du nombre de fidèles protestants en France qui est déguisé en un signe d’unité.

  11. Roland

    Le problème que peuvent se poser les Catholiques Romains en France, c’est de savoir qui des Luthériens et des Calvinistes l’emportera au sein de la nouvelle structure dite : “Eglise protestante de France”. Il est à prévoir que ce seront les Calvinistes qui l’emporteront, puisqu’ils sont les plus nombreux. Ceci n’est pas bon pour le Catholicisme Romain puisque ce seraient les Protestants les plus mous qui l’emporteraient. Car le rigorisme de Calvin est une belle illusion. Rigorisme il y a 5 siècles est devenu le modernisme qui “gobe tout”.
    Les Catholiques ont perdu 50 ans à se rapprocher des Protestants dans le prétendu œcuménisme, alors qu’ils auraient dû passer ces 50 années à comprendre pourquoi les Orthodoxes se méfiaient des Catholiques.
    De mon point de vue la méfiance des Orthodoxes vis-à-vis des Catholiques Romains est tout-à-fait justifiée par l’observation des tentatives maladroites de l’œcuménisme à tout vent.

    • clavier jean pierre

      Vous avez tout a fait raison
      Je considère que nous partageons la même foi que les orthodoxes, je crois d’ailleurs que’en cas d’urgence un catholique peut recevoir l’absolution d’un prêtre orthodoxe et non d’un pasteur
      Mais je crois que l’union est en bonne voie, Benoît XVI y a beaucoup travaillé , espérons que François continua en ce sens

      • Nathalie

        Pas tout à fait, nous avons, depuis des lustres, des différence doctrinales dont on se demande comment on va en sortir : le filioque, l’immaculée conception, le purgatoire, une notion du péché différente, le divorce, l’ecclesiologie, le pape, et bien d’autres que je ne saurais énumérer ici.

  12. Bruno ANEL

    Dans son sens littéral, le mot grec “ekklesia” signifie assemblée, sans plus. On peut difficilement concéder à notre Eglise une sorte de monopole sur ce mot, un droit d’ appellation contrôlée en quelque sorte, sauf quand il est suivi de l’adjectif “catholique”, c’est à dire universelle.

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