Mary Marquet regrettait l’Eglise de son enfance…

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mary marquetMary Marquet fut une grande comédienne. En dépit de sa vie agitée, elle était catholique et n’a jamais renié la foi. Ce qui ne l’a pas empêché de souffrir de la crise dans l’Église, comme en témoignent ces lignes extraites de Vous qui m’aimiez, vous que j’aimais :

“Ma brouille avec l’Eglise est faite de plusieurs raisons que je tiens à préciser (…)

En outre, je déplore le côté luthérien du catholicisme.

Dans ma jeunesse, la messe du dimanche était un spectacle hors du commun. Les lumières, les ors, impressionnaient les cœurs naïfs et les âmes simples. Ce sont ceux qu’ils faut le moins dédaigner. Ceux-là n’admettent pas que la Vierge Marie ne soit plus que la mère de Dieu (vous me direz que c’est déjà quelque chose !). Ils s’offusquent que la grotte de Lourdes ne soit plus celle des miracles ; que Jésus soit devenu celui de Renan, pour lequel la chasteté n’est qu’une fable.

C’est le Fils, surtout, que nous allons voir dans la maison du Père.

Pour cette merveilleuse visite – je parle d’il y a 50 ans – la femme du monde, l’arpète et la comédienne mettaient leur plus belle robe. J’ai entendu un jour une femme vêtue aux limites de la pauvreté, dire à son mari, à la porte de Saint-Sulpice :

– Brossons-nous un peu, tout de même !

Enfin, je regrette amèrement la suppression de la Sainte Table.

Rien que le contact des 2 marches de pierre suffisait pour atteindre cette ascension qu’est l’humilité. La nappe blanche, l’hostie dans la main levée, c’était l’extase. De l’Autel au prie-Dieu, un autre nous-même nous guidait, et quand le nom de Jésus sortait de nos lèvres, le souffle divin nous effleurait

Au lieu de cet évènement intérieur, aujourd’hui on nous met dans la main le bonbon promis à l’enfant sage, ou mieux, c’est le « chwin gum » que l’on mastique tout au long d’un match à la salle Wagram !” (Pages 41-42)

“MEA CULPA

(…) Cette Eglise qui fut celle de mon enfance, cette Eglise m’est devenue totalement étrangère. Son évolution, son modernisme, ses dissensions, tout en elle me heurte, et je sens naître une regrettable indépendance.

Me faire protestante ? Non. On ne change ni de Patrie, ni de Religion. C’est pourquoi, ce soir, où j’aurais tant voulu entendre le carillon des cloches pour recevoir demain la Sainte Hostie, ce soir c’est ce « mea culpa » qui restera quand je ne serai plus ; c’est ce « mea culpa » qui tiendra lieu de communion.” (Pages 239-240)

MARY MARQUET (1895-1979), « Vous qui m’aimiez, vous que j’aimais », Jacques Grancher éditeur, 1979.

Arthur Leroy (merci à AM)

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