Message du Pape aux séminaristes de France

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Plus de 700 séminaristes français sont actuellement réunis à Lourdes avec les évêques de France. Le pape leur a envoyé ce message :

“Chers amis séminaristes,

Je salue cordialement chacun de vous, ainsi que vos formateurs et vos Evêques que vous avez rejoints alors qu’ils ont achevé les travaux de l’Assemblée plénière de la Conférence Episcopale. Je me réjouis beaucoup de vous savoir tous réunis autour de Marie, la mère du Seigneur, en ce sanctuaire de Lourdes, tellement aimé à travers le monde.

En pensant à votre rassemblement en ce haut lieu marial, il me vient immédiatement à l’esprit et au cœur ce que la Parole de Dieu dit des disciples après que le Seigneur ressuscité leur ait demandé d’attendre l’Esprit Saint : «  Ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement (…). Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères (Ac 1, 13-14).

En contemplant cet évènement, je voudrais que vous reteniez trois mots essentiels pour votre vie de séminaristes : fraternité, prière, mission.

Le livre des Actes nous dit que les disciples n’avaient qu’un seul cœur. Votre rassemblement en est une manifestation. Le temps du séminaire correspond à cette expérience fondatrice que les Apôtres ont faite pendant de longs mois, lorsque Jésus les institua « pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle » (Mc 3,14). La fraternité des disciples, celle qui exprime l’unité des cœurs, fait partie intégrante de l’appel que vous avez reçu. Le ministère presbytéral ne peut en aucun cas être individuel, encore moins individualiste.

Au séminaire, vous vivez ensemble pour apprendre à vous connaître, à vous apprécier, à vous soutenir, parfois aussi à vous supporter, afin de vivre ensemble la mission et de donner ce témoignage de l’amour, grâce auquel on reconnaît les disciples de Jésus. Il est important de faire ce choix personnel et définitif d’un vrai don de vous-mêmes à Dieu et aux autres. Je vous invite donc à accepter cet apprentissage de la fraternité en y mettant toute votre ardeur ; vous grandirez dans la charité et vous construirez l’unité en prenant les initiatives que l’Esprit Saint vous inspire. Vous pourrez ainsi inventer les moyens les plus adéquats pour vivre en vérité la fraternité sacerdotale quand vous serez ordonnés. Fraternité, c’est le premier mot.

Prière. Ensemble, les disciples sont en prière avec Marie, dans l’attente de l’Esprit Saint. Vous avez été appelés par Jésus qui veut vous faire participer à son sacerdoce pour la vie du monde. A la base de votre formation, se trouve la Parole de Dieu, qui vous pénètre, vous nourrit, vous illumine. En priant avec elle, tout ce que vous apprenez prend vie dans la prière.

C’est pourquoi je vous exhorte à prendre chaque jour de longs moments de prière, vous rappelant comment Jésus lui-même se retirait dans le silence ou la solitude pour se plonger dans le mystère de son Père. Vous aussi, c’est dans la prière que vous retrouvez la présence aimante du Seigneur et que vous vous laissez transformer par lui, sans avoir peur des sécheresses qu’elle comporte, de la nuit qui la constitue habituellement. Moïse lui aussi entrait dans l’obscurité de la nuée pour parler avec Dieu dans l’humilité, comme un ami parle avec son ami.

Que votre prière soit un appel à l’Esprit, c’est lui qui construit l’Eglise, qui conduit les disciples et infuse la charité pastorale. C’est dans la puissance de l’Esprit que vous rejoindrez ceux à qui vous serez envoyés, dans la conscience qu’ils attendent de vous que vous soyez des témoins de Jésus, des « hommes de Dieu », pour que vous les conduisiez au Père.

J’en arrive ainsi à ma troisième parole : mission. De par votre baptême, vous êtes faits pour l’annonce de l’Evangile. Avec l’ordination presbytérale, vous recevez la charge de la proclamation de la Parole, sous la responsabilité de vos évêques. En vous préparant à cette mission vous vous rappellerez que c’est le dernier commandement du Seigneur : «  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 19-20). Tout ce que vous faites pendant votre formation n’a qu’un but : devenir d’humbles disciples-missionnaires pour faire des disciples.

Je vous encourage à apprendre à connaître le monde auquel vous serez envoyés, et à inscrire en vous le réflexe de la sortie de vous-mêmes, de la rencontre de l’autre. La préférence pour les personnes les plus éloignées est une réponse à l’invitation du Ressuscité qui vous précède et vous attend dans la Galilée des Nations. En allant aux périphéries, on touche aussi le centre.

La mission est inséparable de la prière car la prière vous ouvre à l’Esprit et l’Esprit vous guide dans la mission. Et la mission, dont l’âme est la charité, consiste à conduire ceux que vous rencontrez à percevoir la tendresse dont le Seigneur les enveloppe, à recevoir le baptême, à louer Dieu, à vivre de l’Eucharistie, pour participer à leur tour à la mission de l’Eglise.

Marie a accompagné Jésus dans sa mission. Elle était présente à la Pentecôte quand les disciples ont reçu l’Esprit Saint. Maternellement elle a accompagné les premiers pas de l’Eglise. Pendant ces jours à Lourdes, confiez-vous à elle, remettez votre appel entre ses mains, demandez-lui de faire de vous des pasteurs selon le cœur de Dieu. Qu’elle vous affermisse sur ces trois points essentiels que j’ai abordés : fraternité, prière, mission.

Je vous donne de tout cœur la Bénédiction apostolique et je vous demande de prier pour moi. Merci.

Du Vatican, le 24 octobre 2014.

5 comments

  1. Denis CROUAN

    “Avec l’ordination presbytérale, vous recevez la charge de la proclamation de la Parole”, a dit le Pape.
    Jusqu’à présent, on pensait naïvement que l’ordination sacerdotale donnait essentiellement aux prêtres le pouvoir de célébrer les sacrements au nombre desquels l’Eucharistie…

    • alex

      @Denis Crouan, oui j’ai fait le même constat que vous: c’est du super-protestantisme pontifical.
      Cela revient à apostasier les Sacrements dès le reniement du Sacrement de l’Ordre.
      Cela revient aussi à substituer le don de la vie éternelle et l’état de grâce, par les discours.
      L’oeuvre du salut par les Sacrements, par l’Eglise Catholique uniquement semble abandonnée.

      Et cela n’est pas exagéré car cela fait des années que ce pape reste sur cet axe protestant-évangélique:
      c’est son programme de destruction sous apparences de bien.
      Car le Mauvais étant malin, il guide ses suppots par des voies pernicieuses indirectes de l’Omission, Sélection du dépot de la foi et balayant la tradition sacramentelle… pour créer toujours cette nouvelle église subversive de nature évangélique-protestante née au concile atomique V2.

      La doctrine du Christ, la doctrine catholique ne passe plus par cette église révolutionnaire qui se coupe totalement de ses racines catholiques.
      Et personne ne veut le remarquer car le protestantisme&évangélisme a ses racines dans le catholicisme donc ça resterait catholique: ben non !

      Ca n’est plus l’Eglise Catholique, et des sentinelles, des veilleurs honnêtes le constateront toujours plus au niveau local et romain, c’est la catastrophe maquillée soft.

      • emmanuel2

        L’article 1564 du Catéchisme de l’Eglise catholique stipule : “par la vertu du Sacrement de l’Ordre, à l’image du Christ prêtre suprême et éternel, les prêtres sont consacrés pour prêcher l’Evangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer le culte divin en vrais prêtres du Nouveau Testament”. L’ordination sacerdotale a donc trois fonctions, dont la première est la prédication de l’Evangile : il me semble que c’est à cela que fait allusion le pape. Cela ne me paraît contraire à la célébration des sacrements, pour au moins deux raisons : d’une part, pour que quelqu’un désire recevoir un sacrement (et nul ne peut être forcé à recevoir un sacrement), il faut qu’il ait entendu l’Evangile ; d’autre part, toute célébration sacramentelle requiert la proclamation de l’Evangile (et plus largement, de la Parole de Dieu – à l’exception, cependant, de la confession sacramentelle, même si celle-ci s’enracine dans cette Parole). Bref, le propos du pape ne me paraît contraire, ni à la doctrine de l’Eglise, ni à la Tradition de l’Eglise.

        • alex

          @emmanuel2, en effet, il n’y a pas de contradiction avec le CEC, c’est là toute la finesse de cet article du “pape” protestant.
          Ce qui est protestant et franchement diabolique , c’est d’enlever les 90% de ce qu’est le prêtre car Satan ne peut détruire directement la Sainte Messe, mais le reste oui, et par sapes successives, gommages,etc, comme à son habitude dès les mentalités.

          Qui dit catholique, dit intégral, c’est tout.
          Dès que c’est partiel et m^me ultra-partiel, c’est du réformisme protestant-évangélique, à peine respectable mais non-catholique, voilà tout.
          Le drame est d’usurper l’identité catholique en pratiquant les fausses doctrines séditieuses:
          le but papiste argentin étant d’imiter les sectes évangéliques et un message ultra dilué-dénaturé pour reconquerrir un public perdu, toujours plus nombreux.

          Mauvais sont ces calculs comme tous calculs en pastorale&praxis infdèle, car les portes grandes ouvertes laissent fuire bien plus qu’elles n’engrangent de bénéfices.
          Ca doit etre dur d’etre pape et eveque, mais ce sont de très mauvais ouvriers:
          je ne vois pas pourquoi l’évangile des mauvais ouvriers ne s’appliquerait jamais à des papes, éveques, et soi-disants pretres.

          Pour résumer, je ne comprends pas de quoi le pape et prélats ont-ils peur, pour couper si souvent la tradition, donc l’unité-catholique.
          A ce rythme, surtout en france, dans 20 ans, il restera un millier de pretres pour 2 millions de pratiquants dont 70% de femmes et de vieux, car sortis des aumoneries scolaires et festivals ponctuels, ya plus de jeunes à la pratique. De toute façon, il n’y a rien de nourissant pour eux, rien que du perlimpimpin protestant.

          • emmanuel2

            Si vous me permettez une réponse, il me semble qu’il ne faut pas oublier qu’un discours est toujours adressé à quelqu’un : le message du Pape n’est pas destiné à des jeunes se demandant s’ils sont appelés à devenir prêtres, il n’est pas non plus destiné à des laïcs ayant perdu le sens du sacerdoce, mais il est destiné à des séminaristes dont on peut raisonnablement penser qu’ils savent la valeur et l’importance des sacrements (d’autant plus que dans tout séminaire, la messe est le centre de la journée). En revanche, le risque véritable est de se transformer en fonctionnaires du culte (au sens où une fois que le prêtre aurait célébré l’eucharistie et les confessions, il aurait satisfait à ses obligations) ou en propriétaire des sacrements (conçus comme un pouvoir au mauvais sens du terme) : c’est précisément ce qu’empêche la prédication de l’Evangile.

            Quant à la question de savoir si le pape François est un protestant (fût-ce par calcul), je ne l’examinerai pas, ne voulant faire naître, ni en moi ni en quelque autre personne, le jugement téméraire (qui, comme tel, est un péché), ou le mépris à l’égard d’une personne ordonnée (qui, lui, est fortement condamné par le Catéchisme romain de saint Pie V)

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