Monseigneur Maurice Marie-Sainte RIP

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L’évêque émérite de Fort-de-France et Saint-Pierre Monseigneur Maurice Marie-Sainte est décédé dimanche à 89 ans.

Né le 4 janvier 1928, ordonné prêtre en 1955, il avait été consacré évêque en 1969. Il est devenu archevêque de Fort-de-France et Saint-Pierre en 1972 et le restera jusqu’en 2004. Il vivait sa retraite à Sainte-Anne.

3ème d’une famille modeste de 7 enfants, il a effectué ses études primaires à Tivoli, puis secondaires au lycée technique de Fort-de-France. Il entre au Séminaire-Collège pour se préparer à la prêtrise en 1950. Il poursuit ses études au séminaire Saint-Alexandre d’Ottawa au Canada pendant 4 ans. Il termine sa formation à Rome ou il reçoit le diaconat au début de l’année 1955 et est ordonné prêtre le 21 décembre 1955 par le cardinal Fumasoni Biondi (Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples).

De retour en Martinique en 1959, il célèbre sa 1ère messe au Sacré-Cœur de Balata, sa paroisse natale. D’abord aumônier de lycée, puis responsable de la pastorale des vocations et vicaire général du diocèse, il est ordonné évêque le 12 octobre 1969. C’est le premier Martiniquais accédant à l’épiscopat dans son propre pays. En 1972, il devient Archevêque de la Province Ecclésiastique que Rome avait formée en 1967 avec les diocèses de la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

Humble et discret au cours de son long épiscopat (1969-2004) il a notamment eu à gérer les remous de la période de l’après-concile. Son projet pastoral intitulé « TOUS RESPONSABLES » était dans l’axe de Vatican II qui avait réaffirmé l’importance du Sacerdoce Commun de tous les baptisés. Chacun, en particulier les laïcs, était invité à prendre sa place dans la communauté. Son projet pastoral reposait sur l’éveil et la formation d’un laïcat responsable qui reflète le nouveau visage de l’Eglise après le Concile Vatican II.

Sous son épiscopat on vit se lever de nombreuses initiatives : Radio Saint-Louis (radio diocésaine qui est aujourd’hui le première radio associative de l’île), le mouvement du NID (Œuvre de Miséricordes envers les Prostitué(e)s, Foi & Lumière (accompagnement des personnes porteuses de handicap), Mère de Miséricorde (pour aider ceux sont tentés d’interrompre une grossesse et pour accompagner ceux qui l’ont fait) et dès 1975, le Renouveau Charismatique. Il accueillit également l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Il a encouragé et accompagné personnellement la fondation des petites communautés ecclésiales (PCE) dans les quartiers des paroisses rurales.

Un des signes forts de la fécondité de son ministère fut qu’il procéda à un grand nombre d’ordinations de jeunes martiniquais à la prêtrise (près de 25, surtout les dernières années), au moment même où la plupart des diocèses de la Caraïbe et de la Métropole se plaignait d’une crise des vocations sacerdotales.