Pays-Bas : les médecins veulent pouvoir euthanasier les enfants de moins de 12 ans

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C’est une idée des pédiatres néerlandais : ils viennent de suggérer la légalisation de l’euthanasie des enfants de moins de 12 ans souffrant « sans perspectives », c’est-à-dire de manière importante et sans espoir d’amélioration. La décision d’« euthanasie active » serait prise conjointement par les médecins et les parents, et non par l’enfant.

C’est un double glissement : il s’agit à la fois d’étendre la possibilité de décider de l’euthanasie sur les nouveau-nés présentant une lourde pathologies ou un grave handicap, qui, selon la procédure de Groningue, revient aux médecins et aux parents, et d’en finir avec la limite actuelle qui n’autorise l’euthanasie que sur les mineurs plus âgés, capables de décider en connaissance de cause et qui interviennent donc dans le processus. Entre 12 et 16 ans, ils ont besoin de l’accord de leur parents ; au-delà, ils peuvent demander l’euthanasie de manière autonome.

C’est l’association néerlandaise de pédiatrie (Nederlandse Vereniging voor Kindergeneeskunde, NVK), qui a fait cette proposition dans le cadre de sa commission Ethique et droit, par la voix du professeur de pédiatrie à l’UMC Groningen, Eduard Verhagen. Dès septembre, des soirées débat sont prévues pour arriver à une proposition collégiale.

 

L’euthanasie a été étendue aux nouveau-nés et aux enfants à partir de 12 ans par un protocole de dépénalisation. « Entre ces deux âges, il y a un trou », observe le Pr Verhagen. « Il s’agit de cas d’exception, extrêmes, d’enfants qui sont presque en train de mourir, où l’on aimerait offrir aux parents la possibilité de laisser mourir leur enfant de manière digne. En tant que pédiatre, je ne peux arriver à expliquer que ce droit appartient à tous, sauf aux enfants appartenant au groupe des 1 à 12 ans. » 

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9 comments

  1. Shimon

    S’ils le réclament, c’est que cela se fait déjà.  Il y a longtemps que certains réclament (et pratiquent) « l’avortement -post-natal ».
    C’est d’une logique imparable. Si l’on peut tuer une personne, on peut tuer n’importe qui.
    Et que l’on ne se voile pas la face, toute précaution est inutile, tout encadrement complètement illusoire, tout contrôle impossible (ou hypocrite).
    C’est remettre un pouvoir colossal (et indu) entre les mains des médecins.
    Shimon

  2. Shlomo

    Merci Jeanne pour votre travail de recherche et de ré-information, remarquable et absolument irremplaçable. Merci de continuer malgré les aléas de la vie.
    Schlomo

  3. Shlomo

    Si nous ne voulons pas être euthanasié de notre plein gré à notre propre insu, il ne nous reste plus que à exiger d’être hospitalisé dans des institutions confessionnelles, juives, catholiques ou islamiques et à choisir nos médecins en fonction de leur foi et de leurs engagements.
    Terrifiant !!
    Shlomo

  4. John-Paul

    J’ai honte pour mes confrères. Ce n’est pas le rôle d’un médecin de tuer, même (et surtout) lorsque ses traitements ne peuvent guérir. Son rôle est de soigner ou de soulager sans jamais recourir au « soulagement total irréversible ». On peut vraiment s’en passer.
    Je choisirai pour me soigner des confrères qui respectent vraiment le serment d’Hippocrate et refusent de tuer, dont je puis être sur qu’ils refuseront de me tuer, ni à ma demande, ni à mon insu.
    John-Paul

  5. Harvey

    Je déplore au plus haut point l’image que l’on donne des médecins et du corps médical.
    En aucun cas le médecin ne peut être un exécuteur, ni à la demande du patient, ni à celle de la famille, ni sur injonction d’un chef de service, d’un administrateur hospitalier, d’un juge ou d’un pouvoir politique.
    Harvey

    • Shimon

      Je ne suis même pas sur, si vous donnez des directives anticipées qu’elles seront respectées.
      Le Docteur Bonnemaison (mais il n’est pas le seul) ne se souciait pas de directives anticipées. Il se fiait à son jugement de médecin plein de “compassion”. L’infirmier de Wevelghem (dans une institution catholique) aussi.

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