Quand un prêtre milite pour le dialogue

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Ce n’est pas pour parler du dialogue avec les “intégristes” ni les “traditionalistes”. L’abbé Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du Service Pastoral d’Etudes Politiques est l’Aumônier des parlementaires. Sur son blogue, hébergé sur le site de La Vie, il écrit sur la mort de Clément Méric :

“[…] Cette tragédie révèle le climat de violence qui s’est imperceptiblement installé dans notre pays, et les plus jeunes en sont comme toujours, les premières victimes. Pourquoi ces jeunes ne savent-ils plus se respecter dans leurs différences ? Ne seraient-ils pas les otages et les héritiers de clivages irrésolus ? Pourquoi ne savent plus se parler, se regarder et se tolérer ? A quoi « jouent » les fascistes et les antifascistes de notre époque ? Au regard des défis que doit relever toute la famille humaine à travers le monde, pouvons-nous accepter que l’altérité soit perçue comme le fléau de notre modernité ? Faut-il que les idées aient désertés le terrain politique pour qu’ils n’y aient plus de goût au débat et au dialogue et que l’essentiel se résume dans des postures révolutionnaires et des looks identifiants ?

N’y a-t-il pas un redoutable paradoxe dans le fait que ce soit dans une même “vente privée” que le drame commence ? Surtout privé du sens authentique de sa vie, qu’elle que soit son appartenance politique, tout être humain se retrouve prisonnier de la même idole : l’argent sur lequel se soldent nos vies …

Retenons au plus vite, que les êtres humains sont revêtus de la dignité du langage et qu’il ne sert à rien de courir se vêtir tendance à moindre frais, si la parole n’est pas en priorité, ce qui nous habille et nous grandit. J’ai immédiatement perçu notre responsabilité commune dans ce drame : celle de l’ensemble de notre monde politique, économique et médiatique, c’est-à-dire celles et ceux qui assurent la tenue du « verbe », de ce langage qui dévoile le sens commun de nos vies, et nous unit les uns aux autres en dépit de nos différences et de nos divergences. Depuis qu’ont disparu les espaces exemplaires de paroles où les responsables politiques se parlent, se rencontrent et se respectent, les enfants reproduisent tout ce qu’ils voient faire par les adultes. Or eux, sont sans recul et sans parole alors l’ignorance se conjugue à la violence qui rejaillit dans leurs comportements. […]

Retrouver d’authentiques lieux d’écoute, d’échange et de parole est notre première tache commune, la parole est un don précieux et vital.  La France, telle une fille ainée, est par toute son histoire, sa foi et sa littérature, l’héritière de la puissance du “verbe” de vie et de joie. Sans jamais perdre espoir, il nous faut travailler ensemble à restaurer la beauté du “verbe” qui se saisit du réel pour énoncer un sens commun. Cela commencera dans les classes de nos écoles, où la parole dévoile l’authentique grandeur de chaque personne.”

12 comments

  1. eljojo

    Au risque d’en choquer certains, le dialogue n’est-il pas absolument nécessaire, dans une perspective chrétienne, et même, plus spécifiquement, catholique ?

    Comment proposer le Christ en dehors du dialogue ? Comment proposer la foi en un Dieu essentiellement relation sans être résolument pour le dialogue ?

    La spécificité du catholicisme, c’est l’importance de la raison. le Christ est Logos, raison, discours, parole. Par conséquent dans tout travail de la raison, de l’intelligence, le Christ est là. L’école, lieu de la formation de l’intelligence, doit donc être lieu d’expérience du verbe nommant le réel.
    À nous de former nos enfants pour qu’ils soient témoins de cette vision chrétienne du monde.

  2. Sebastien

    “C’est du trop plein du coeur que sortent les paroles de la bouche” nous dit l’Evangile. Alors, si le coeur est plein de ressentiments vis à vis de l’autre, que peut il sortir de bon de la bouche?
    Prions l’Esprit Saint qu’il change nos coeurs de pierre en coeurs de chair!

  3. pourunehumanité durable

    Quelles observations ce respectable aumônier peut il faire quant à l’absence d’ecoute et de respect dont l’actuelle majorité et gouvernement ont fait preuve relativement à la parole de l’opposition dans tout ce processus d’adoption de la loi taubira? N’est il pas insoutenable qu’une telle violence ait été faite à notre culture et aux consciences de nos concitoyens par un groupe d’elus passagerement majoritaire? Ils doivent en premier lieu etre consideres comme les auteurs et les responsables de cette violence faite au peuple et qui rejaillit dans le peuple. Plutôt que d’elaborer de doctes consideratios ne faudrait il pas souligner la violence parlementaire qui impose à sa population des lois qu’elle rejette ou qui ne correspondent en rien à ses préoccupations .?

  4. MOATTI Emile

    C’est effectivement d’abord au sein de nos familles, me semble -t- il, que l’exemple doit être donné, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Par exemple, la Bonté, qui conduit à l’Amour d’autrui, quel qu’il soit, ne peut être illustrée mieux que par l’hospitalité désintéressée du premier Patriarche de la Bible hébraïque, la “Torah” de Moïse (Torah qui fait partie du canon chrétien, complété par les 4 Evangiles): En quelques lignes (début du &.18), la Genèse nous montre comment Abraham est secondé par l’ensemble de sa famille pour accueillir chez lui l’étranger de passage, quel qu’il soit, de façon fraternelle: par Sarah, son épouse, et par son premier fils, le “jeune homme” (qui ne peut être qu’Ismaël, qu’il a eu d’ Agar, la servante qu’il a élevée au rang d’épouse pour s’assurer (sur le conseil de Sarah, qui est stérile), une descendance qui sera porteuse de son idéal, et poursuivra la volonté de Dieu). Abraham a dirigé ainsi l’éducation de toute sa famille et Il initie la voie de l’émergence d’une société fondée sur une fraternité
    universelle et solidaire. Cet idéal doit être partagé car il est adopté par les traditions chrétienne et musulmane bien comprises. Car aimer Dieu, n’est ce pas aimer toute personne, et vouloir avant tout son bonheur?
    Après avoir rempli ce devoir immédiat d’accueil d’autrui
    avec générosité, Abraham pourra reprendre sa conversation (sa prière) avec le Dieu “UN” de l’humanité tout entière, qui lui a été révélé: le Dieu d’Amour, de Justice et de Vérité, dont ces vertus ont été illustrées successivement par les trois patriarches.

    Les dialogues inter-religieux ont fait de très grands progrès depuis les conclusions exemplaires du Concile “Vatican II”. Ils devraient, j’espère, aboutir à la reconnaissance commune des valeurs éthiques de nos traditions, valeurs que nous devrions tous partager pour inspirer nos comportements dans le sens de la volonté bienveillante de Dieu, lequel veut certainement le bonheur de tous.
    Avec l’expression de mes sentiments d’amitié fraternelle,

    Emile Moatti
    Ancien Elève de l’Ecole Polytechnique
    Délégué général à Jérusalem de la
    Fraternité d’Abraham (France)

  5. Henri COURIVAUD

    C’est un commentaire bien inoffensif, peu efficace et du même genre (le mot est tendance en ce moment) que le communiqué que la conférence épiscopale française a fait publier récemment, invitant les catholiques “au dialogue” (un maître-mot, une “scie”) pour que surtout ils n’agissent pas.

    C’est un commentaire bien générique, passe-partout, valable pour n’importe quel pays, pour n’importe quelle situation conflictuelle…. mais ce n’est pas dans n’importe quel pays et ce n’est pas à l’issue de n’importe quel conflit que ce drame s’est déroulé, surtout certains ont pris soin de (pré)-désigner un coupable avant même que l’enquête judiciaire ne soit finalisée et que le gouvernement , sinon un parti a instrumentalisé l’affaire avec la complicité des médias.

    L’abbé Laurent Stalla-Bourdillon, eu égard à ses fonctions officielles ferait mieux d’étayer son jugement par une réflexion en droit constitutionnel, complétée par un rappel de certains principes du droit pénal. Ce serait plus efficace qu’un sermon “conciliaire”.
    Sinon, à quoi sert-il d’être responsable d’un “service pastoral d’études politiques” ?

    Bien entendu, il peut exercer un droit de réponse à ce que je viens d’écrire et pour le coup, ce sera un véritable dialogue

  6. patrhaut

    De quoi parle-t-il quand il écrit : “…Depuis qu’ont disparu les espaces exemplaires de paroles où les responsables politiques se parlent, se rencontrent et se respectent,…”
    Quelqu’un peut-il m’aider ?

  7. gaudet

    Si le pére Stalla Bourdillon assumait réellement ses responsabilités de pasteurs auprès des parlementaires, il y a bien longtemps qu’il aurait du leur reprocher très durement, l’impressionnante collections de lois qu’ils ont conçues, contre la famille et contre la vie des enfants

    Car la plus grande manifestation de la violence, mis à part la triste histoire de la mort de ce jeune gauchiste, c’est bien les crimes atroces commis contre l’enfance , par le biais de la monstrueuse et légale pratique de l’avortement !

    Au lieu d’une courageuse attitude de condamnation de la classe politique , dont l’impiété criminelle s’affiche devant tous les catholiques, ce prêtre rédige un joli texte philosophique , poétique dont le caractère foncièrement consensuel n’est de nature à ne déranger aucune conscience!

    Il s’agit donc d’un texte facile, pas du tout dangereux pour son auteur, car celui ci ne courre aucun risque face à loi et au monde politique.

    A l’heure ou un brave curé s’est fait arrêté sous les ordres d’un préfet félon, pour avoir protesté contre l’emprisonnement d’un innocent, je dirais presque que ce texte abusivement placide et ne provoquant aucun clivage, sonne comme un scandale , tant les expressions ici employées sont confondantes de la pire naïveté.

    En présence d’un tel texte, nous sommes clairement confronté à un représentant de cette génération de curés conciliaires, totalement bizounours, et dénués de toute colonne vertébrale spirituelle solide.

    Autant dire qu’avec un tel curé , les parlementaires ont peu de chances de se convertir, rejeter les ignobles lois qu’ils ont créées, et revenir à la vraie foi catholique,……..Nous sommes plongés dans un abyme de lamentations face à un tel spectacle pitoyable !

  8. Bernard Catherine

    L’école n’exclut pas la famille, mais la complète! il faut que l’une comme l’autre apprennent à réfléchir, à choisir avec discernement, à assumer ses choix fermement mais sans violence, en acceptant que l’autre fasse un autre choix…
    Les a-priori ne sont guère constructifs!
    La seule chose à faire, c’est de veiller à ce que les enseignants restent ce qu’ils doivent être, et non des “gourous” sectaires et bornés…Il y en a beaucoup de ce genre, heureusement! Aux parents de rester attentifs.
    Une enseignante à la retraite

  9. Alceste

    si vis pacem , para bellum
    la chèvre de Monsieur Seguin a t elle dialogué avec le loup ?
    Ceux qui parlent de dialoguer ne font que se construire une illusoire protection.

  10. senex

    “le climat de violence qui s’est “imperceptiblement” installé(Sic )ce bon abbé devrait voir son ophtalmo…et son Orl avant d’écrire de telles bourdes à moins qu’il soit trappiste….Nous sommes en guerre ,mr l’aumonier une vraie guerre avec des victimes en vrai, pas pour de faux….

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