Les hasards providentiels du calendrier électoral

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Nous disons toujours que Dieu ne fait pas de politique et Il n’en fait certainement pas au sens électoral du terme. Néanmoins, du God save the Queen, aux prières pour la France, en passant par le choix des rois bibliques et le gouvernement direct du peuple juif, il semble que l’univers politique ne soit pas totalement étranger à la Providence Divine. Nous avons aujourd’hui, du fait du triste spectacle qui nous est livré, tendance à réduire la politique au politique. Il y a pourtant dans « la politique au sens noble » plus que dans le politique réduit à sa plus simple expression pragmatique. La politique n’est autre que l’ensemble de ce qui touche la vie de la cité, entendons la vie commune des hommes regroupés de façons diverses, pour des raisons variées et à des fins pouvant être fort différentes d’une communauté à l’autre. Des hommes et des femmes se sont (ou se trouvent de facto par l’histoire) regroupés et se donnent des règles non seulement pour vivre ensemble, mais aussi pour avancer ensemble. Autrement dit, la politique c’est l’ensemble des éléments qui permettent à une communauté d’avancer vers une même destinée. Aussi, le choix de cette destinée est-elle éminemment « politique », puisqu’elle guide de façon absolue et normative tout le contenu de ce « vivre ensemble ». La politique, parce qu’elle donne le but, façonne ipso facto les moyens pour atteindre ce but. On ne prend pas un sous-marin pour aller sur la lune. Dieu donnant le sens ultime à toute vie humaine, il est donc, sous cet angle-là, évidemment politique. Si nous comprenons la politique comme service du bien de l’Homme, alors le bien de l’Homme étant Dieu, les deux ne peuvent s’ignorer sans se tourner le dos. C’est du reste pour cela que l’Église rappelle que la politique est un service éminant de la charité. S’il ne faut pas tomber dans l’écueil de politiser Dieu, il ne faut pas, non plus, s’échouer sur le récif d’une déchristianisation de la politique. En ce sens aussi la politique ne peut être laïque ou elle ne sera que cela, comme je l’ai écrit ailleurs. Le rôle du catholique en politique, comme de toute la doctrine sociale de l’Eglise, est donc de revêtir la peau de bête de saint Jean-Baptiste en criant dans le désert (pour indiquer le but, montrer l’Agneau) et aplanir les routes.

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