La théologie catholique entre intransigeance et renouveau

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Les études sur le Concile Vatican II sont nombreuses et l’approche de l’anniversaire de sa convocation entraîne un surcroît de publications. Il est rare d’y trouver des choses vraiment intéressantes, le plus banal côtoie le plus convenu. À ce titre, on attend d’ailleurs avec impatience la publication en langue française du livre de Roberto de Mattei sur le Concile, livre qui a été bien accueilli en Italie et qui a fait l’objet de plusieurs débats dignes de ce nom.

En attendant la publication de ce travail, signalons un livre collectif dirigé par trois universitaires, Gilles Routhier, Philippe J. Roy et Karim Schelkens, soit deux docteurs en Histoire et un docteur en théologie. Sous le titre La théologie catholique entre intransigeance et renouveau, la réception des mouvements préconciliaires à Vatican II (Université catholique de Louvain, Bibliothèque de la Revue d’Historie ecclésiastique, 384 pages, 45€), ils se sont attachés (avec les autres contributeurs) à l’avant-Concile. À ce titre, ils sont penchés sur l’accueil fait par le Concile au renouveau exégétique qui a précédé le concile, au mouvement de la nouvele théologie ainsi qu’aux travaux touchant l’œcuménisme et les relations entre Juifs et catholiques. Mais, fait important, le livre a pris en compte aussi ceux qui formeront la minorité conciliaire, ce qui passe par la publication de deux contributions :

– Le conservatisme catholique au Brésil : aspects historiques avant le Concile Vatican II, de Rodrigo Coppe Caldeira;

– La préhistoire du Coetus Internationalis Patrum : une formation romaine, antilibérale et contre-révolutionnaire de Philippe J. Roy.

Cette dernière étude s’avère particulièrement fouillée et passe, par exemple, par l’indication du nombre d’années passées à l’Université Grégorienne par de futurs membres du Coetus Internationalis Patrum ou proches de celui-ci. L’auteur fait ressortir ainsi que les membres du Coetus ont puisé au total leur formation dans trois lieux différents :

–le séminaire français de Rome,

–l’Université Grégorienne

–et l’Université du Latran.

Il  montre également que cette formation initiale n’explique pas entièrement leur intransigeantisme et que ce dernier a d’ailleurs varié d’une personne à l’autre. Les rencontres ultérieures, notamment avec des revues (comme Divinitas de Mgr Piolanti ou Itinéraires de Jean Madiran) ont pu accentuer ou pas d’ailleurs, cette adhésion à une ligne romaine, anti-libérale et contre-révolutionnaire.

 

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