Un couple néerlandais choisit la mort “ensemble” : “Il est temps d’aller au four.”

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David et Willemke Postma, Frisons, à la vie, à la mort.
Parce que l’euthanasie légalisée banalise le suicide.
« C’était un adieu magnifique. » Ainsi parlent les quatre fils de David Postma, 86 ans, et son épouse Willemke Postma-Kloosterman, 84 ans, qui se sont donné la mort ensemble la semaine dernière aux Pays-Bas devant leurs enfants Rypke (59 ans), Gerrit (57), Ids (52) et Albert (49).
 
David et Willemke n’étaient pas particulièrement malades, seulement bien âgés et inquiets de devoir abandonner leur maison pour une maison de retraite médicalisée. L’échéance était proche. Ils ont donc choisi, comme ils l’annonçaient depuis longtemps, d’organiser leur propre mort.
 
Willemke pensait le temps venu depuis quelques années déjà. « Ça suffit

bien maintenant. Il est temps d’aller au four », disait-elle (le couple a été incinéré samedi dernier dans un de ces crématoriums lugubre dont les Pays-Bas ont le secret). Mais « Père n’est pas prêt », ajoutait-elle : avec quatre fils, dix petits-enfants et deux arrière petits-enfants avec qui les liens étaient agréables, il y avait bien encore une raison de vivre…

 
Une fois la décision prise ensemble, à la fin de l’année dernière, c’est David qui a tout pris en mains. Il s’est renseigné sur internet, a commandé les doses létales, s’est occupé de blinder son affaire afin que ses fils ne soient pas inquiétés, car il ne s’agit nullement d’une euthanasie légale.
 
C’est lui encore qui a résilié les abonnements, bouclé les différents dossiers administratifs, fait les déclarations à propos de son intention de se suicider avec sa femme. Et il s’amusait à renvoyer les courriers reçus pendant les dernières semaines avec la mention : « Décédé. » Et Willemke disait : « Père s’occupe de tout, je l’accompagne, c’est simple. »
 
Restait à choisir la date. Décembre ? Non, il y a les fêtes : il ne fallait pas que les enfants associent Noël et la mort des parents. Ils ont donc fêté Noël en famille, regardé des vieilles photos, versé quelques larmes, beaucoup ri : tout le monde savait que c’était le dernier. Janvier ? Un mois où il ne se passe pas grand chose, alors… Alors on s’est souvenu de la tante Dout, ç’aurait été son anniversaire si elle n’était pas elle-même décédée déjà. Willemke proposait d’attendre encore un peu. Les garçons n’étaient pas d’accord. « Elle t’attend de l’autre côté avec les pâtisseries. »
 
Le jour J a donc été fixé en janvier. Willemke et David ont accueilli leurs fils le matin, en pyjama : « Pas besoin de se faire beaux aujourd’hui. » Ils ont mis de la musique d’accordéon, ils ont dansé. « On quitte la vie en dansant, que c’est beau », dit la mère.
 
Bras dessus, bras dessous, les voici  dans l’embrasure de la porte de leur chambre à coucher, chacun un yaourt à la main : David y avait déjà ajouté les doses létales. Ils se mettent dans leur lit, Willemke a avalé son yaourt bien vite pendant que son mari dit : « Mais que fais-tu ? On avait dit qu’on partirait ensemble ! » « J’ai déjà fini », répond-elle. Le temps de faire un signe de la main vers ses enfants, et elle s’assoupit. Quelques instants plus tard, David fait la même chose, et s’endort à son tour.
 
« C’était fantastique », ont raconté les fils… « Un adieu magnifique. » Et puis : « Mère devait avoir faim… » 
 
Ils ont prévenu la police, la mort n’est pas naturelle, une enquête est ouverte.
 
Mais déjà la presse néerlandaise raconte l’affaire avec la complaisance que vous devinez à travers le récit qui précède, trouvé dans le très sérieux Algemeen Dagblad.
 
Bienvenue en 2014.
 
 
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© leblogdejeannesmits

 

 

9 comments

  1. alix

    Comme professeure de latin, ce récit me rappelle bien des choses… Ces Romains qui organisaient leur mort au milieu d’un banquet, entourés de leurs amis… Ca ne manque pas de panache, et ce serait mentir que dire que je n’y suis pas sensible.
    Comme chrétienne, évidemment je ne peux pas souscrire. Nous ne sommes pas les maîtres de la vie et de la mort. Toute diminuée qu’elle soit, notre vie a la même valeur au yeux de notre Père céleste.
    Là où l’athée la rend dans un geste théâtral, le chrétien l’offre humblement en communion avec le Christ en croix, convaincu que dans ce reste de vie imbibé de souffrance et d’amour, Dieu puisera de quoi sauver le monde.

  2. gustave

    mais quel raisonnement avancer à un monde qui perd même sa raison d’exister.
    Au lieu de partir aussi lâchement( je n’ai ,curieusement,aucun remord pour ce couple…mais plutôt une violente colère) ils auraient dû choisir de donner leur vie pour une juste cause…par ex aller en Syrie avec des armes,au front,et se faire canarder…d’autres européens,pourtant encore très jeunes, le font déjà pour le plaisir….de tuer des innocents.
    Ils auraient pu ainsi s’entretuer..pour le plaisir

  3. gaudet

    Cette affaire me remplit littéralement d’horreur !

    Je conçois moralement que des malheureux soient désespérés devant la souffrance , le handicap et la maladie, et soient conduits, leur volonté humaine ayant été vaincue, à des actes ultimes, mais ce n’est pas le cas de ce couple, dont la situation médicale ,n’était pas totalement dégradée !

    Nous devons lutter de toutes nos forces contre le suicide , et maintenir l’interdiction de l’euthanasie dont nous observons toutes les dérives en Hollande et en Belgique, ou les autorités et les particuliers , ont perdu tout bon sens , et vraie charité!

    Selon moi, quand une personne souffre dans ses derniers moments de maniére inhumaine, la seule démarche permissent, est la sédation , c’est à dire le placement en comas artificiel, dans le but non pas de tuer, mais de la délivrer d’une épreuve atroce, dépassant largement ses pauvres et malheureuses forces!

    Nous devons lutter contre la souffrance jusqu’au bout, quitte à recourir au sommeil profond, sans jamais attenter à la vie physique du malade ! et non pas mettre en oeuvre ces procédés mortels , grossiers, vulgaires et contraire à la dignité humaine.

    Le vrai Bon Dieu n’a jamais voulu que l’on institue des procédures d’auto empoisonnement , pour quitter cette vie , sur des prétextes aléatoires et fortement discutable, comme dans le cas ici décrit !

    Par ailleurs, la crémation est un acte lui même profondément contraire à la dignité humaine, car un homme ou une femme, n’est pas une saucisse merguez , que l’on peut faire griller dans un four, dans la plus totale indifférence. Souvenons nous que les chrétiens dés l’époque romaine, ont proscrit la crémation, pour imposer l’ensevelissement , dans le but d’en finir avec les pratiques païennes , et adopter une démarche conforme à ce que fut la mise au tombeau de notre propre Seigneur !

  4. thery D

    Qu’elle étrange conception de l’entrée dans l’autre monde pour eux et pour leur famille.
    Que vont ils trouver dans le monde spirituel ?
    Ni plus ni moins que la compréhension qu’ils ont gâché leur vie et leur mort.
    Ils vont réaliser qu’ils ont commis un meurtre, ils n’ont fait cesser la vie du corps d’un autre, mais le leur qui est précieux puisqu’il leur a été donné par Dieu et leurs parents.
    Dans le monde spirituel,quel est la place réservée à ceux qui se suicident ? Je crois savoir que c’est une des pires parmi les criminels. Non pas que Dieu les juge, mais qu’ils se jugent eux mêmes jusqu’au repentir.
    Mais comment se repentiront ils quand ils pensent n’avoir rien fait de mal.
    Il leur faudra beaucoup de temps pour le réaliser, je le crains.
    La loi ne punit elle pas ceux qui, au courant d’une annonce de suicide, n’aident pas, par tous moyens, police, urgence etc… même la force s’il le faut, à l’empêcher ?
    N’est ce pas de la non assistance à personne en danger ?,

  5. Pauvres gens !
    Comment être à ce point déboussolés ? …
    Comment refuser de vivre “dignement” ?
    avec enfants et petits enfants , comment
    ne pas aimer assez pour avoir peur de
    lendemains , qui seront peut-être difficiles,
    mais aussi pleins de joie de vivre ensemble ?

  6. Françoise Authosserre

    Abominable ! Légaliser ainsi le suicide organisé, avec l’accord des enfants majeurs et vaccinés ! Pas un enfant, pas un petit-enfant pour dire : non mais … attendez, c’est inconcevable ! Ils se réjouissent tous. Existe-t-il au moins une Eglise – catholique ou protestante, pour s’insurger devant ce meurtre glacial, rappeler l’enseignement des Evangiles et réveiller les consciences ? Silence radio ?

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