Le cardinal Castrillon Hoyos s'explique

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Nicolas Senèze est journaliste à La Croix. Il est aussi l’auteur d’un petit ouvrage paru aux éditions Bayard : La Crise
intégriste
. Le titre même du livre dit l’angle selon lequel le journaliste de La Croix aborde la question. Elle est polémique et très réductrice.
C’est son droit. C’est aussi le nôtre de ne pas le suivre sur ce terrain.

Nicolas Senèze ne s’est pas contenté d’écrire un livre. Utilisant une méthode de plus en plus répandue, il a aussi lancé son propre blog. Son titre ?
Devinez ! « La crise intégriste ». À ce niveau, ce n’est plus un angle, mais une obsession. Un intérêt cependant dans ce blog : certains documents. Il vient ainsi de faire paraître la
traduction française d’un entretien que le cardinal Castrillon Hoyos a accordé à la Süddeutsche Zeitung.

Nous en publions ci-dessous la première partie et renvoyons pour le reste au blog de Nicolas Senèze. En
oubliant son obsession intégriste…

 

 

 

« En Allemagne vous avez été sévèrement critiqué…

 

En Allemagne ? Qui m’a critiqué en Allemagne ?

 

On vous présente comme le principal responsable du scandale lié à Richard Williamson, membre de la Fraternité Saint-Pie-X, en début d’année.

 

Ce qui a été dit ne m’intéresse pas le moins du monde. Pour moi, c’est un signe qu’un pays, qu’une presse et qu’un public, que je considère au fond comme
honnêtes, sont mal informés.

 

Que voulez-vous dire ?

 

Je veux dire qu’on ne semble pas savoir de quoi il s’agit et ce en quoi consiste le droit de l’Église. Cela veut dire qu’on se laisse prendre dans un tourbillon
médiatique ou bien dans une sensibilité locale, que nous comprenons et respectons.

 

Et donc, de quoi s’agit-il ?

 

Mgr Marcel Lefebvre a commis un acte de rébellion quand, en 1988, il a ordonné quatre évêques sans mandat pontifical. C’était un acte schismatique, en
conséquence, les quatre membres de la Fraternité Saint-Pie-X ont été excommunié avec Mgr Lefebvre. C’est tout. Tant Jean-Paul II que Benoît XVI se sont engagés pour résoudre ce conflit. Pour le
reste, ce qui a été dit repose sur une ignorance fondamentale des intentions et des actions du pape.

 

Même au Vatican, le processus de rapprochement de la Fraternité Saint-Pie-X est critiqué.

 

Le seul but du pape était de réduire le schisme. Mgr Lefebvre était mort et ceux qui ont été ordonnés par lui demandaient la levée de l’excommunication. Le pape
a accepté, après de longues consultations. Et nous, évêques, nous devons soutenir le pape, surtout quand il s’agit d’un thème aussi fondamental que celui de l’unité.

 

Quel a été votre rôle dans le rapprochement avec la Fraternité Saint-Pie-X ?

 

En l’an 2000 a commencé un dialogue entre Rome et la Fraternité sacerdotale, dialogue suivi de très près par le cardinal Ratzinger. Après une réunion menée en
2001 par Jean-Paul II, tous les cardinaux présents se sont prononcés en faveur de ce processus. Ils ont expliqué que les frères excommuniés n’étaient pas eux-mêmes hérétiques ou schismatiques,
bien qu’ils aient commis un acte schismatique. En ce qui concerne leur relation avec le concile Vatican II, on a souligné des difficultés de certaines interprétations la liberté religieuse et
l’oecuménisme. La Commission Ecclesia Dei, que j’ai présidé de 2000 à juillet dernier, devait analyser cette problématique, rien d’autre.

 

Partagez-vous les positions de la FSSPX ?

 

Les membres de la FSSPX pensent qu’ils défendent la vérité à propos de la Sainte Tradition et qu’ils ne peuvent pas être excommuniés pour cela. Cela peut se
comprendre, même si je ne partage pas cette opinion. Mais il est indiscutable qu’ils ont violé une loi fondamentale de l’Église. »

 

La suite sur le blog de Nicolas Senèze