Dépasser les limites : le cas de Notre-Dame du Travail (1)

Download PDF



Promulgué en juillet 2007, le Motu proprio Summorum pontificum est entré le 14 septembre dernier dans sa deuxième année d’application. On sait que le pape,
dans la lettre adressée aux évêques et qui accompagne le texte même du Motu proprio, annonçait que l’application de celui-ci serait soumise à bilan au bout de trois ans. La Fédération
internationale Una Voce a déjà tiré un premier bilan en 2008 de la première année d’application de Summorum pontificum, bilan envoyé au Saint-Père. Elle s’apprête à réitérer cette année.

C’est dans le cadre plus global de ces bilans qu’il convient de s’intéresser à la situation de la paroisse Notre-Dame du Travail dans le XIVe arrondissement de
Paris. L’application du Motu proprio dans cet arrondissement, et plus précisément dans le doyenné de Saint-Pierre de Montrouge, a jusqu’ici été peu médiatisée et commentée.

Or dans ce doyenné, la paroisse Notre-Dame du Travail s’est vu attribuée, depuis la rentrée 2008, l’accueil du groupe stable qui demandait à pouvoir bénéficier des
dispositions du Motu proprio dans le cadre de la vie paroissiale.

De ce fait, à Notre-Dame du Travail la messe selon la forme extraordinaire est célébrée trois dimanches sur quatre à 18 h. Le quatrième dimanche bénéficie, à la
même heure, d’une messe selon la forme ordinaire en latin.

Pour comprendre la situation particulière de Notre-Dame du Travail, il faut revenir un peu en arrière.

Dès la publication du Motu proprio Summorum pontificum, dans le cadre de la
paroisse Saint-Pierre de Montrouge, un fort groupe de demandeurs s’était constitué (à 80 % des fidèles issus de cette paroisse du XIVe arrondissement – 15 % de la paroisse
Saint-Dominique et 5 % de Notre-Dame du Travail) pour pouvoir bénéficier de son application. La demande avait été adressée au curé-doyen de Saint-Pierre de Montrouge. Après six mois de
négociations, la première messe selon la forme extraordinaire fut célébrée le 1er dimanche de Pâques 2008 (30 mars). Un lieu avait été attribué : la chapelle Saint-Paul, petit
lieu de culte, excentré, le long des boulevards extérieurs, évitant tout contact avec les fidèles de la forme ordinaire de la paroisse. L’heure, aussi, était loin d’être des plus commodes puisque
la messe avait lieu à midi. L’expérience dura jusqu’au dimanche 22 juin – avec une “valse” des célébrants (5 en deux mois !),  après quoi la célébration selon la forme extraordinaire
fut interrompue par les vacances, au grand désappointement des fidèles ne quittant pas Paris pendant l’été.

[La situation de l’application du Motu proprio Summorum pontificum dans le XIVe arrondissement de Paris vous intéresse ? La suite de notre enquête et de notre analyse paraîtra
demain.]