Du Père Kolbe à l'herméneutique de la tradition : une réflexion de Rémi Fontaine

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Dans Présent d’hier, je découvre l’article de Rémi Fontaine consacré au dernier livre de Philippe Maxence, le rédacteur en chef de l’Homme Nouveau, sur saint Maximilien Kolbe (éditions Perrin). De ce livre sur ce saint bien connu, dont nous fêterons le 14 août prochain le 70e anniversaire de la mort, Rémi Fontaine nous dit qu’il s’agit d’une « biographie fort éclairante » (voir aussi la discussion sur le Forum catholique).

Mais éclairante sur quoi ?

En fait, sur le catholicisme d’aujourd’hui et sur la distance qu’il y a entre ces figures comme le Père Kolbe et « la pastorale post-conciliaire du dialogue interreligieux ». Plus précisément, Rémi Fontaine pose le problème soulevé par la rencontre qui aura lieu à Assise en octobre prochain :

A l’approche d’« Assise III », cette figure polonaise (dotée en outre d’un patriotisme tout aussi zélé) détonne quelque peu, comme celle, au reste, de Charles de Foucauld. Ce qui a donné un sens à leur vie et à leur mort est-il globalement assumé par la pastorale post-conciliaire du dialogue interreligieux ? Certains qui louent évidemment leur mort héroïque ne seraient-ils pas enclins aujourd’hui à juger paradoxalement leur vie un peu « trop catholique » selon la sentence nazie qui a condamné le bienheureux Marcel Callo ?

Qu’en dit l’herméneutique de la continuité, au-delà la réponse classique des paradoxes du christianisme ? Des questions que pose implicitement la très dense et percutante biographie de Philippe Maxence, remarquable par son explication conjoncturelle des événements de l’époque et sa description minutieuse de l’itinéraire spirituel du P. Kolbe.

Au-delà de la formule et de l’espoir qu’elle porte, la vision de l’herméneutique de la continuité doit trouver sa cohérence et il est vrai pour l’instant que cette cohérence n’apparaît pas de manière évidente.

On peut penser que le cardinal Levada en parlera avec Mgr Fellay lors de la rencontre du mois de septembre prochain au cours de laquelle il lui remettra les conclusions du dialogue doctrinal entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. Un dialogue doctrinal qui ne peut, en réalité, se conclure là, après quelques mois seulement de rencontres, sans préjuger de la qualité de celles-ci. Les problèmes soulevés par le Concile et la crise post-conciliaire, d’ordre théologiques, aux répercussions multiples et très concrètes, comme on le voit dans l’exemple utilisé par Rémi Fontaine, demandera du temps et une réelle volonté de l’autorité pour parvenir à un règlement.

Dans ce sens, la Fraternité Saint-Pie X, qui a servi d’aiguillon puissant pour permettre à l’éclosion des problèmes doit jouer un rôle important pour aider à régler ces problèmes, ce qui nécessite certainement un statut différent, d’une reconnaissance par l’Église et de la jouissance d’une véritable liberté en son sein. À ce titre, elle est à la croisée des chemins puisqu’il convient maintenant de passer d’une « herméneutique de la continuité » à celle de la tradition.

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