Mgr Schneider révèle les points auxquels pourra se réduire « l’enrichissement » de la forme extraordinaire.

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Á la question posée par des fidèles polonais, le 5 janvier 2010 : « Est-il possible d’utiliser dans la forme extraordinaire des préfaces, lectures ou calendrier de la forme ordinaire ? », la Commission Ecclesia Dei avait répondu le 20 janvier 2010 : negative : non. Cette claire réponse renvoyait implicitement au « principe Ratzinger » posé lors des Journées liturgiques de Fontgombault (cf. Autour de la question liturgique. Avec le cardinal Ratzinger : actes des Journées liturgiques de Fontgombault, 22-24 juillet 2001).

Mais alors, quel « enrichissement », envisagé par le Motu Proprio de 2007, pourra recevoir la forme extraordinaire ? Dans l’entretien qu’il vient de donner à Paix liturgique, Mgr Schneider, en homme très bien informé sur ces questions, lève en somme le voile et dit en termes pesés à quoi pourra se réduire « l’enrichissement » de la « forme riche », comme la nomme l’abbé Claude Barthe (La messe à l’endroit, Éditions de L’Homme nouveau, septembre 2010). Cela se résume à 3 points, qui n’ont pas de quoi effrayer les fidèles de la forme extraordinaire :

1°/ L’épître et l’évangile devraient généralement être aussi faites en langue locale ;

2°/ Quelques unes des préfaces du nouveau missel pourraient être utilisables dans la forme extraordinaire [qui connaît déjà l’usage ad libitum des préfaces diocésaines propres] ;

3°/ De nouveaux saint pourraient être introduits dans le calendrier traditionnel.

A noter que les points 2° et 3° ne contredisent pas la règle posée par la réponse de la Commission Ecclesia Dei (pas d’utilisation généralisée des nouvelles préfaces et pas adoption globale du nouveau calendrier), mais qu’ils indiquent qu’il pourra exister des exceptions dûment calibrées.

C’est là une indication très précieuse sur la teneur des très prudentes décisions romaines qui pourraient un jour être prises, et selon toute vraisemblance ad libitum. Ainsi, les deux points qui faisaient peur, à juste titre, aux partisans de la forme extraordinaire, à savoir la fusion des calendriers du point de vue du Temporal (avec disparition du Temps de la Septuagésime, modification de la date de la fête du Christ-Roi, etc.) et l’adoption du nouveau lectionnaire (totalement nouveau et très critiqué à Rome même), sont abandonnés.

Pour Mgr Schneider :

« Les lectures saintes devraient toujours être accessibles aux fidèles, donc dans la langue locale et pas seulement en latin, sauf occasion particulière. Les lectures pourraient alors être faites, dans cette forme aussi, d’un lecteur ordonné ou institué voire d’un fidèle masculin en habits liturgiques. L’introduction de quelques-unes des préfaces du nouveau missel serait une initiative belle et utile, ainsi que l’introduction de nouveaux saints dans le calendrier liturgique traditionnel ».

5 comments

  1. Fides ex auditu… OUI,comme il serait bon d’écouter les textes en français dans le rituel extraordinaire à toutes les messes.Je connais beaucoup de personnes qui sont rebutées par les textes “tout latin”,et le côté un peu absurde de cette façon “d’évangéliser”..(Absence de missel, église mal éclairée,enfants, personnes mal voyantes,etc) Par charité,qu’on nous lise et commente si besoin les lettres que nous adresse ST Paul,autrement que trop vite et sans traduction.C’est la seule chose qui manque.AU secours…Nous périssons…dans nos richesses inaccessibles…

  2. JPA

    Votre 1° est incomplet: en langue locale ET potentiellement par un laïc. Pourquoi donc? Les clercs ne sauraient pas le faire? Ils sont pourtant nombreux à pratiquer à une double lecture, latin et langue locale, soit consécutive, soit en reprenant les textes traduits avant le sermon.

    Pour le reste, il y a des choses qui pourraient être considérées par principe, mais beaucoup moins par prudence. On ne saurait être aussi serein que vous sur le fait que ces introductions “minimes” seraient l’abandon d’un changement plus grand.
    – On peut en premier lieu penser à la tactique du voleur chinois.
    – En second lieu, on se souviendra qu’en termes de réformes liturgiques et de débordements orchestrés au point de devenir la “norme”, à partir d’une concession en apparence minime, on a déjà donné, on a vu le résultat.

    Et enfin cette question: pourquoi tous ces prélats sont-ils si empressés de commencer à réformer la liturgie traditionnelle à peine libérée alors que le nettoyage des écurie d’Augias côté NOM est si peu fermement entrepris?
    Est-ce donc que la liturgie traditionnelle dans son état actuel serait la réforme la plus urgente à entreprendre dans l’Eglise? Est-ce cette liturgie qui est la source des plus grands désordres du moment? Je ne le crois pas. Il me semble que les commissions liturgiques devraient avoir “d’autres chats à fouetter” et rien que cela n’est pas encourageant. Question d’opportunité.

    “Pas de quoi effrayer”? Pas de quoi cesser d’être prudents non plus…

    Prenez garde que les “très prudentes décisions romaines” ne le soient qu’en apparences, du moins si elles prenaient forme dans les circonstances actuelles.

  3. JPA

    Pour compléter mon message précédent, je vous invite à regarder les premières réactions suscitées par votre article sur le forum catholique. Vous constaterez qu’il suffit de parler de quelques modifications pour que certains, sans doute remplis de bonnes intentions et d’une culture liturgique supérieure à la mienne, y aillent de leurs “bonnes idées”. En attendant que l’un nous parle du 2ème (ou 3ème) confiteor, l’autre de la récitation commune du Pater Noster, ou que sais-je encore… (Ah les marronniers liturgico-tradis!)
    Et en prime, on nous ressert même les vieux arguments sur le “décalage” entre les prêtre et l’assemblée qui firent le régal du bugninisme.

    S’il fallait illustrer l’absence d’opportunité d’intervenir sur la liturgie traditionnelle, ces réactions valent bien plus que mon propos!

  4. helena dubois archangele

    senex a raison, la FSSPX lit en français l’épitre et évangile,et la CRSP ne veut pas le traduire en dehors de la Messe du dimanche,
    je connais des personnes non voyante et ne connaissant pas le latin que souffrent de ne rien comprendre, lorsque au départ avant de recevoir du Saint Père le titre de chanoine et etc etc, lisait la traduction en français. alors qu’ils reviennent.

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