Agen : l’affaire entre l’évêque d’Agen et l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre n’est pas finie

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Le journal La Dépêche s’est emparé de l’affaire qui oppose l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP), qui desservait la messe en forme traditionnelle dans le diocèse d’Agen, et l’évêque du lieu, Mgr Herbreteau. Dans un article disponible sur son site, le journal écrit :

« considérant qu’il n’était pas bien accueilli, l’Institut susnommé a donc choisi de se retirer du diocèse à la fin août. L’ICRSP dispensait des messes en latin, autrement appelées « messes traditionnelles » ou de «forme extraordinaire» voulues par le Motu Proprio de Benoît XVI et appliqué depuis trois ans dans les paroisses, peu nombreuses, qui le souhaitaient. Ce texte doit permettre un usage plus large du missel dit « de Saint Pie V » dans l’Église catholique. »

En fait, le bras de fer engagé entre l’ICRSP et l’évêché ne concerne pas d’abord la célébration de la messe. Dans un communiqué, Mgr Herbreteau le dit clairement :

« En juin dernier, constatant que des enfants se retrouvaient régulièrement autour de l’abbé Téqui pour la catéchèse, je suis intervenu auprès de lui pour lui demander de mettre fin à cette activité. Trois raisons m’y ont conduit :

1. Toute catéchèse dans le diocèse (dans les paroisses, les établissements catholiques et les aumôneries) suppose de ma part une attention particulière. L’évêque veille à ce que la catéchèse ait bien lieu, selon les normes de l’Église. Il doit s’informer des enfants qui y participent et vérifier le contenu du message. Cette vigilance, je l’exerce à l’égard de chaque lieu du diocèse où se déroule une catéchèse. Or, je n’ai jamais su quels étaient les enfants qui se retrouvaient, dans le cadre familial avec l’abbé Téqui, quels étaient les documents catéchétiques utilisés. Certes, j’aurais dû susciter des échanges, m’informer. Ce que je n’ai pris le temps de faire. Mais, de son côté, l’abbé Téqui ne m’a pas jamais rendu compte de ce qu’il faisait.

2. Ici ou là, j’ai perçu aussi des agacements venant des catéchistes du diocèse. Pourquoi en effet aller chercher un « complément » à la catéchèse diocésaine ? La catéchèse actuelle voulue par les évêques de France avec le Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France et prenant appui sur le Catéchisme de l’Église catholique, n’est-elle pas suffisante ? Je ne pouvais pas laisser se développer un climat de suspicion sur la catéchèse que je veux promouvoir dans mon diocèse.

3. Autre point que je ne pouvais pas accepter : la proposition de la première communion à des enfants sans que le curé de la paroisse en soit informé en temps voulu. La célébration des sacrements de l’initiation chrétienne doit se faire selon les normes de l’Église. Le curé doit donner une autorisation pour qu’un enfant soit baptisé en dehors du territoire de sa paroisse. Pour la première communion, les parents doivent présenter une attestation du baptême de l’enfant. »

On se trouve là devant une aberration qui voudrait cantonner les légitimes demandes de ceux qui aspirent aux traditions de l’Église latine aux seuls aspects cultuels. La formation catéchétique est importante pour les familles voulant profiter du Motu Proprio Summorum Pontificum. L’évêque d’Agen ne cache pas qu’il a perçu de l’inquiétude chez les catéchistes du diocèse parce que le chanoine Téqui dispensait lui aussi un catéchisme. Inquiétudes nées du fait qu’il s’agisse d’une chasse gardée ?

Mgr Herbreteau pose encore la question : « La catéchèse actuelle voulue par les évêques de France avec le Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France et prenant appui sur le Catéchisme de l’Église catholique, n’est-elle pas suffisante ? » Soyons clairs : oui cet enseignement est insuffisant.

Alors que l’ICRSP n’a pas l’habitude d’aller devant ce type d’affrontement avec l’autorité diocésaine, il est évident qu’il n’est pas possible d’avoir la messe d’un côté et le catéchisme de l’autre. L’un ne va pas sans l’autre. La question n’est pas seulement liturgique, elle est aussi doctrinale. Nous en avons bien la preuve dans ce cas précis.

5 comments

  1. senex

    Ce cas n’est pas isolé.Pour être un ou une catéchiste dans le vent,il faut apprendre aux enfants le “Notre Père” avec sa demande “ne nous soumets pas à la tentation” odieuse aus oreilles divines et au simple bon sens…Si vous résistez et persistez à prétendre avoir raison, contre le soviet des “dames caté”et du clergé sous leur joug ,vous êtes démissionné….C’est le mystère d’iniquité au quotidien..;Expérience vécue..Misère de l’aveuglement…Potius mori quam foedari…

  2. Famille

    Nous n’avons jamais mis nos enfants au catéchisme et nous ne sommes pas prêts de le faire !
    Comme nous suivons le rite ordinaire, nos enfants ont l’avantage de pouvoir tout comprendre et nous rajoutons ensuite quelques explications quand c’est nécessaire.
    Pour préparer nos enfants à la première communion, nous utilisons le livret de Monique Berger. Ensuite, nous leur faisons faire la première communion hors paroisse, dans une communauté religieuse en rite ordinaire.
    Pour la confirmation, nous recourons à l’ICRSP car nous sommes ouverts au rite extraordinaire.
    Nous sommes devenus par la force des choses des pratiquants itinérants, afin de ne pas subir de pressions. Nous préférons communier par la bouche, ce qui ne nous pose pas de problèmes car nous sommes adultes. Mais quand nos enfants le font, ils s’attirent parfois des remarques désagréables de la part de certains prêtres, qui considèrent qu’un enfant ne doit communier que dans la main (et peut importe s’il le fait très maladroitement). De ce fait, avant d’aller communier, nos enfants nous demandent comment ils doivent faire, nous les incitons à faire dans la bouche, mais d’eux-mêmes, parfois, par prudence, ils préfèrent le faire dans la main. Comme nous ne voulons pas que nos enfants soient choqués, nous leur expliquons que le Pape préfère la communion dans la bouche, mais que l’essentiel est de se confesser régulièrement.

  3. Le pire, c’est le morceau suivant :
    “Autre point que je ne pouvais pas accepter : la proposition de la première communion à des enfants sans que le curé de la paroisse en soit informé en temps voulu. La célébration des sacrements de l’initiation chrétienne doit se faire selon les normes de l’Église. Le curé doit donner une autorisation pour qu’un enfant soit baptisé en dehors du territoire de sa paroisse. Pour la première communion, les parents doivent présenter une attestation du baptême de l’enfant.”

    Depuis quand un prêtre doit-il demander à un quelconque évêque ou curé pour distribuer les sacrements et notamment la sainte communion ???

    Pour le baptême, certes (à l’extérieur), mais pas la communion.

    D’ailleurs, on voit bien la dialectique dans le propos :
    1 – Le curé n’est pas informé en temps voulu. [Où est-il, d’ailleurs ? S’en est-il enquis ? Doit-on rendre compte pour chaque cours de cathé ?]
    2 – Donc ce n’est pas conforme aux normes de l’Église [Quelles sont ces fameuses normes qui restreindraient l’accès aux sacrements ? De quelle Église parle-t-il ?]
    3 – L’autorisation est nécessaire pour le baptême en dehors de la paroisse [La paroisse “géographique”, tout ce qu’il reste aux modernes. Mais on est bien dans la paroisse, là, non ? Hors sujet : attention, il va se fâcher…]
    4 – Pour communier, il faut son certificat de baptême [sous-entendu, seul le curé ou son évêque sont habilités à faire le contrôle avant la communion ! Allez, soufflez dans le ballon ! Au fait, combien de divorcés remariés ou autres personnes qui se sont officiellement et notoirement coupées de la communion avec Dieu reçoivent régulièrement la Sainte Communion des mains des mêmes prêtres ?]

    Ah, pauvres prêtres qui ont oublié tout le sens et l’amour de leur apostolat, le remplaçant par une mission politico-sociale très temporelle, bien empreinte des méthodes marxistes (tant dans le discours que dans les actes).

    Et maintenant ils voudraient empêcher les petits enfants de venir au Bon Dieu. Drôle d’interprétation à contre-sens de leur mission évangélique.

    Le seul point “rassurant” dans cette affaire est que comme ils n’ont pas eu de vocations, et c’est logique, ils sont en train de s’éteindre lentement mais sûrement.

  4. senex

    Famille@ merci de votre témoignage .C’est vrai que beaucoup de foyers sont dans l’obligation de “devenir des sortes de “Roms” Vous soulevez des questions essentielles.Par exemple, la compréhension des enfants qui sont les victimes innocentes de la confusion actuelle.UN IMMENSE EFFORT EST A FAIRE;aussi bien chez les “modernes” que chez les “tradis”…Comment leur parler de Dieu Créateur,de premier homme, de péché originel,de Sauveur dans un milieu scolaire et médiatique qui prêche exclusivementl’évolution et le hasard???Les fondements sont sapés….Il faut les reconstruire ou disparaître…UDP

  5. François H

    Certains s’indignent des décisions de ces évêques. Pour ma part, j’avoue que je ne les comprends pas, à tel point que je me demande s’il faut vraiment s’indigner. Fondamentalement, je ne les comprends pas : je ne comprends pas leur attachement à une liturgie qui ferait fuir jusqu’aux protestants ; je ne comprends pas leur langage si souvent édulcoré et jargonnant ; je ne comprends pas leur manière de s’obstiner à empêcher la transmission de la foi, comme s’ils s’étaient faits les derniers défenseurs de méthodes pédagogiques désastreuses et qui ont assez montré leur inefficacité.
    C’est ce que je pense par exemple de Mgr Nourrichard. Riposte catholique adresse une supplique au nonce. Je l’aurais plutôt envoyée à Mgr lui-même, pour qu’il m’explique ce qui motive ses actions que je n’arrive pas à comprendre. Pourquoi ? voilà la question qui s’impose. Si Mgr y répondait avec franchise, quelle occasion ce serait pour lui de redevenir un véritable pasteur !
    Le catéchisme tel qu’il est pratiqué dans un certain nombre de paroisses et d’aumôneries est une véritable école d’apostasie. Quelques efforts que je fasse, je n’arrive pas à dire ce que j’y ai appris, sinon qu’il n’y a pas d’enfer et presque pas de péchés. Et j’ai très longtemps ignoré l’existence même de la communion sur les lèvres, tant on nous imposait comme une évidence la communion dans la main. Il est vrai cependant que de la Présence réelle de Notre-Seigneur, on ne nous parlait guère.
    Plutôt que de dénoncer systématiquement nos pasteurs, si nous leur demandions tout simplement pourquoi, pourquoi cette rage de détruire la sainte Eglise, pourquoi cette haine de la Tradition, pourquoi ce mépris du Saint-Père et de la foi reçue des apôtres ?
    Il est vrai que je dois être naïf ; j’ai essayé de poser ces questions à Mme de Gaulmyn ; elle y a vu des “attaques d’une rare violence”, a proposé de discuter mais sans répondre aux questions.

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