La question de la continuité dans la liturgie

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C’est le thème central abordé par le maître des
cérémonies pontificales, Mgr Guido Marini, lors d’une conférence prononcée le 14 novembre à Gênes, dans le cadre d’une rencontre avec les responsables diocésains de la musique liturgique, publiée
par l’Osservatore romano et traduite en français par l’Association Pro Liturgia (qui œuvre pour une application
stricte de la réforme de Paul VI).

Insistant sur cette thématique, Mgr Marini déclare : « La question de la “continuité”, telle que nous l’abordons ici avec sénérité et non dans un
esprit polémique, est absolument essentielle pour qui veut comprendre le véritable “esprit de la liturgie”: cette idée de “continuité” nous permet de considérer un “passé” de la liturgie qui est
tout à la fois proche et distant.

La liturgie ne saurait donc devenir un moyen d’opposer ceux qui pensent que seul le passé est bon à ceux qui pensent que le meilleur ne peut être que devant
nous. C’est uniquement en considérant que le présent et le passé de la liturgie constituent un unique patrimoine qui s’est développé d’une façon homogène qu’il est posssible de retrouver le goût
pour l’anthentique esprit de la liturgie.
 »

Il a également insisté sur l’idée de participation, idée remise en avant par le concile Vatican II après le pape saint Pie X, mais trop souvent
dénaturée :

« Cependant, l’idée de “participation” n’a pas toujouts été comprise et vécue dans le sens où l’entendait l’Eglise. Certes, nous participons activement
lorsque nous accomplissons notre rôle au service de la liturgie; nous participons aussi activement lorsque nous veillons à être attentif à la Parole de Dieu que nous entendons et à la prière que
nous récitons; nous participons quand nous unissons nos voix à celle des autres fidèles pour chanter…

Pourtant, tout ça n’est vraiment la “participation active” que si c’est un moyen de susciter l’adoration du mystère du Christ Jésus mort et ressuscité pour
nous. Seul celui qui pénètre ce mystère et y unit sa vie en vue d’obtenir les grâces liées à la célébration montre qu’il a réellement compris ce qu’est la liturgie et ce que signifie “participer
activement”.

La véritable action qui se déroule dans la liturgie est l’action de Dieu lui-même; c’est à cette oeuvre réalisée par le Christ que nous sommes appelés à
participer pour notre salut. Voilà quelle est la spécificité du culte chrétien en regard de tout autre acte d’adoration: ici, c’est Dieu lui-même agit et fait ce qui est essentiel, tandis que
l’homme est appelé à être ouvert à l’action divine pour de se laisser transformer par elle. En conséquence, l’essentiel de la “participation active” est de veiller à ce que tout ce que nous
faisons, nous, ne devienne pas plus important que ce que fait Dieu pour nous permettre de devenir un avec le Christ. Voilà pourquoi la participation est impossible sans
l’adoration 
»

Dans sa conclusion, le cérémoniaire du pape affirme : « En conclusion, je dirai que depuis quelques années dans
l’Eglise, beaucoup de voix s’élèvent pour parle de la nécessité d’engager un renouveau de la liturgie qui serait à peu près semblable à celui qui fut à l’origine de la réforme promue par Vatican
II. Ce renouveau devrait viser à obtenir une “réforme de la réforme”, c’est-à-dire une meilleure compréhension de l’authentique esprit de la liturgie. Il s’agit donc de mener à son terme la
providentielle réforme de la liturgie que les Pères du Concile avaient commencée mais qui, en pratique, n’a pas toujours été appliquée. »

On aura intérêt à aller lire l’intégralité de cette conférence sur le site de Pro Liturgia.