Les Bénédictins de l'Immaculée, la messe et le Concile

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Les Bénédictins de l’Immaculée, jeune communauté monastique, naît du départ du Père Jehan de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux et de sa rencontre avec les
Franciscains de l’Immaculée, vient de publier une nouvelle lettre intitulée « Nouvelles de Villatalla ». Dans celle-ci, le fondateur des Bénédictins de l’Immaculée annonce
surtout l’importance qu’il attache à l’héritage de dom Gérard, qu’il entend, à sa manière, faire perdurer. « Nous devons garder précieusement sa mémoire, écrit le Père Jehan, car il fut
en un temps de décadence monastique postconciliaire le témoin de toute une tradition. Une tradition qui nous relie à mère Marie Cronier, à dom Romain Banquet et au père Muard qui, comme dom
Guéranger à Solesmes, réimplantèrent la vie monastique en France après la Révolution Française. Une tradition qui, à travers ces fondateurs, nous relie à tous les fils et filles de saint Benoît
des âges précédents qui ont recueilli et transmis le trésor de sagesse et de sainteté que nous a lé­gué le saint patriarche des moines d’Occident.
 »

Par ailleurs, la lettre renvoie au blog de
la communauté, lequel blog apporte deux nouvelles de nature très différentes.

– La première nouvelle est de portée universelle puisqu’il s’agit de la teneur d’un entretien avec Mgr Pozzo. On
trouvera ci-dessous quelques extraits de ce texte que l’on pourra lire intégralement sur le site des Bénédictins de l’Immaculée.

– La seconde nouvelle concerne directement cette communauté. Les deux religieux, le frère Ansgar Santogrossi, moine bénédictin américain et un franciscain de
l’Immaculée, qui avaient pensé s’agréger à la communauté du Père Jehan, ont finalement renoncé. Il ne reste donc plus que le frère Toussaint à suivre le Père Jehan dans cette nouvelle aventure
monastique. Malgré ces mauvaises nouvelles, un signe d’espérance : « Nous attendons, il est vrai, trois postulants pour le printemps et l’été prochains. »

 

 

Document

 

 

Sur l’exclusivité du rite

« 1. Mgr Pozzo a tenu à dire que selon la lettre accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum, le rite romain existe dans deux formes et qu’aucun prêtre
“ne peut refuser en principe de célébrer selon l’une ou l’autre forme”. Concrètement, cela implique, pour lui, que si un prêtre, célébrant normalement selon la forme extraordinaire, se trouvait
dans une situation de nécessité pastorale dans laquelle l’autorité compétente exige une célébration selon la forme ordinaire, il devrait accepter de le faire.

Mgr Pozzo a cependant écouté l’opinion que Mgr Stankiewicz, doyen du tribunal de la Rote, avait exprimée au père Jehan après avoir lu attentivement les
constitutions du Barroux, et selon laquelle un moine-prêtre du Barroux n’a pas le droit de célébrer selon le Novus Ordo Missae, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du monastère. Ainsi
l’obligation de célébrer selon l’ancien rite serait un droit-devoir particulier qui s’applique aux moines du Barroux, et cela est vrai où qu’ils se trouvent.

Mgr Pozzo a dit qu’il connaissait Mgr Stankiewicz. Pour sa part, il ajouta que, même si la lettre pontificale accompagnant Summorum Pontificum précise que les
prêtres célébrant l’ancien rite ne peuvent pas refuser par principe la célébration du nouveau, cela laisse ouverte néanmoins la possibilité d’un droit propre pour certaines sociétés dont les
membres célébreraient selon l’ancien rite exclusivement. »

 

 

Sur la réception du Concile Vatican II :

« Il faut donc distinguer dans les documents, et dans chaque document, les réaffirmations du dogme et de la foi traditionnelle, les propositions enseignées
comme doctrine du Magistère authentique des exhortations, des directives, et finalement des opinions et des explications théologiques que le Concile a proposées sans aucune prétention de lier
(pretesa di vincolare) la conscience catholique. On ne doit donc pas imposer aux catholiques l’acceptation pure et simple d’opinions que le Concile lui-même n’a pas imposées avec la prétention
d’exiger l’assentiment intellectuel. À cet égard il serait utile de faire usage des notes théologiques que la théologie et le Magistère ont forgées au cours des siècles. Malheureusement, même des
évêques aujourd’hui ne sont pas capables de faire de telles nuances dans les documents de l’Église. »