Mgr Fellay répond aux questions de La Porte latine

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On trouvera cet entretien, principalement consacré aux 40 ans de la Fraternité Saint-Pie X sur le site de La Porte latine. On notera surtout la réponse de Mgr Fellay au sujet du concile Vatican II et de la position de Rome à ce sujet. Mgr Fellay prend acte, me semble-t-il, d’une volonté de plus en plus manifeste à Rome – mais Rome, c’est beaucoup de monde et c’est assez large – de « dépasser le concile » qui consisterait surtout à le mettre en sourdine pour rappeler l’enseignement traditionnel de l’Église. Sur ce sujet, voilà ce que déclare le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X :

« 11. Par ces discussions, faut-il s’attendre à une condamnation ferme du Concile de la part de Rome ou bien faudra-t-il finalement l’accepter sans rechigner ? Comment imaginer la sortie d’une telle crise magistérielle ?

Il me semble que, si une condamnation du concile intervient un jour, ce ne sera pas demain. Il se dessine assez clairement une volonté de correction de la situation actuelle. Sur l’état présent de l’Eglise, particulièrement grave, nos appréciations se rejoignent en de nombreux points, tant sur la doctrine que sur la morale et la discipline. Cependant la tendance dominante, à Rome, consiste toujours à exonérer le concile : on ne veut pas remonter jusqu’au concile, on cherche d’autres causes, mais surtout pas le concile ! Vu la psychologie ambiante, il semble qu’il serait plus facile de le dépasser en rappelant tout simplement l’enseignement irréfragable de l’Eglise, en laissant pour plus tard la condamnation directe. Je crois que, dans le contexte actuel, une condamnation ne serait tout simplement pas comprise. »

On notera aussi sa volonté de ne pas s’enfermer dans « une certaine autonomie pratique” et de « conserver un esprit romain » :

« 9. Quarante ans, c’est à la fois très court et en même temps, c’est assez long pour qu’un grand nombre de fidèles n’aient aucun souvenir de Vatican II. Ne risque-t-on pas, à mesure qu’on s’éloigne du Concile, de vivre dans un certain confort, entre prêtres ou fidèles se satisfaisant de notre situation ?

Le danger existe sans doute de finir par se cantonner dans une certaine autonomie pratique. Une grande partie de cette attitude doit être attribuée à la situation dans laquelle nous nous trouvons, celle d’une Tradition rejetée. C’est pourquoi nous essayons d’élargir la vision et la préoccupation des fidèles en leur parlant de l’Eglise et de Rome. Il est très important de conserver un esprit romain. Notre attachement à Rome ne doit pas être symbolique mais bien concret. Cette situation est aussi une épreuve pour notre foi en l’Eglise. »

Au-delà de l’exercice de style sur un anniversaire, un entretien important donc sur des points cruciaux.

3 comments

  1. Isambart Busquet

    Le problème n’est pas de condamner ou ne pas condamner Vatican II. Le problème est de remettre l’Eglise sur les rails de la vraie foi. Benoît XVI s’y prend avec charité, humilité et perséverance. Il a contre lui beaucoup de personnes, y compris au sein du Vatican. Il ne veut pas risquer un schisme plus important en brusquant les modernistes, ce qui risquerait d’arriver en comdamnant Vatican II. Prions tous pour que le Saint Esprit lui donne la force de poursuivre son oeuvre de restauration.

  2. Luc

    “Mgr Fellay répond aux questions de La Porte Latine”. La FSSPX est très forte pour ce qui est du comique involontaire. Interviewer et interviewé sont ainsi parfaitement indépendants l’un de l’autre… C’est un peu du même genre que Nicolas Sarkozy interviewé par TF1.

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