La messe en forme extraordinaire en Chine

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Paix Liturgique interroge le curé de la paroisse Saint Joseph de Shanghai. Ce dernier évoque l’application du Motu Proprio en Chine… et la place de la liturgie traditionnelle dans cette région, qui reste un grand champ de mission pour l’Eglise… même si elle est souvent assez complexe à mettre en œuvre. On lira avec intérêt le fait que le Nouvel Ordo n’a été appliqué en ce grand pays qu’en 1995 ! Beaucoup de prêtres ont donc encore la connaissance pratique de la célébration de la messe traditionnelle.

1) En Occident, l’histoire de la messe en latin est compliquée : interdiction dans les faits en 1970 lors de la promulgation du nouveau missel, maintien à la marge puis renouveau progressif jusqu’à nos jours où elle occupe une place significative chez les jeunes et en termes de vocations. En Chine, tout a sûrement été très différent : pouvez-vous nous raconter la place de la messe dans sa forme traditionnelle depuis 50 ans ?

En pratique, la messe en latin en Chine concerne extrêmement peu de monde. Elle est célébrée à ma connaissance dans trois lieux pour toute la Chine : une paroisse au sud de Pékin, ma paroisse à Shanghai, et à Wuhan, où j’ai vu sur Internet qu’un prêtre recommence à dire la messe traditionnelle. C’est un prêtre de 52 ans, comme moi. C’est-à-dire qu’il a sans doute été ordonné comme moi il y a 23 ans environ, juste avant l’introduction du nouveau missel.
En Chine, les églises et les séminaires fermés en 1950 ont été rouverts en 1978. Il n’y a pas eu de changement à cette date, ni dans la liturgie ni dans l’enseignement au séminaire, tout a repris comme auparavant. Ce n’est qu’à partir de 1995 que l’on a mis en place le nouvel ordo, et que l’on a cessé d’enseigner le latin et l’ancienne liturgie au séminaire.

2) Dans le cas de votre paroisse : comment en êtes-vous venu à dire la messe traditionnelle une fois par mois et aux grandes fêtes ?

La messe traditionnelle n’a jamais cessé d’être célébrée dans ma paroisse, de 1982 à 2007, par le même curé. Quand il est mort en 2007, et que j’ai été nommé curé, j’ai poursuivi, toujours à la demande de mes paroissiens.

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NB : Notre illustration : le cardinal Zen, archevêque émérite de Hong-Kong, célébrant la messe dans la forme extraordinaire, ce qu’il fait régulièrement depuis qu’il est en retraite.

1 comment

  1. Jean-Marie Vaas

    L’entrée en vigueur de la forme ordinaire daterait plutôt de 1992-1993, même si l’on peut penser qu’elle a été progressive dans les mois qui ont suivi l’automne 1992. En 1995, l’essentiel des églises catholiques chinoises ayant un statut officiel suivait la forme ordinaire du rite romain. Cependant, il est assez probable que les choses aient été progressives, plus lentes que ce que l’on a vu en Europe entre 1969 et 1971. En revanche, la connaissance de la forme extraordinaire est assez notable, tant chez les fidèles que chez les prêtres. Enfin, il faut noter que les célébrations chinoises obéissent à une certaine sacralité qui laisse supposer que la réforme s’est faite dans une atmopshère de piété et de révérence.

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