La messe dans la forme extraordinaire au Costa-Rica

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Notre confère Paix Liturgique a interrogé l’abbé Mathieu Raffray, de la Province d’Amérique Latine de l’Institut du Bon Pasteur, sur le développement des apostolats de l’IBP en Amérique Latine et particulièrement au Costa Rica. 

Extrait de la lettre 598 de Paix Liturgique, du 16 juin 2017

Paix Liturgique : Vous avez effectué à la veille de Pâques une mission au Costa Rica où l’un de vos prêtres vous avait précédé en fin d’année dernière : quelle place tient la religion catholique dans ce pays ?

Abbé Raffray : Je me suis en effet rendu au Costa Rica durant la dernière Semaine Sainte, en compagnie de l’un de nos prêtres qui y va maintenant régulièrement, une fois par mois, depuis octobre dernier. Le Costa Rica est un petit pays d’Amérique Centrale, où la foi catholique est encore très vivante et majoritaire. Par exemple, j’ai été frappé du nombre très élevé de confessions pendant la Semaine Sainte – pratique qui est encore très développée –, ainsi que par les magnifiques processions qui la rythment et auxquelles presque toute la population participe. Dans nos pays de vieille Chrétienté, malheureusement, ces dévotions populaires ont presque partout disparu – au point d’être parfois méprisées, même par le clergé – alors qu’elles sont pourtant un ferment social pour l’évangélisation et l’aspect visible de la vie chrétienne…
Proportionnellement, il y a encore au Costa Rica de nombreux prêtres et beaucoup de séminaristes, mais quasiment aucun d’entre eux ne sait ou n’a le temps de célébrer la messe tridentine, et souvent leur formation laisse à désirer ! La théologie de la Libération est encore assez présente chez certains prêtres ou dans certaines régions, même si elle n’est pas répandue partout, heureusement !
Nous avons en fait été invités au Costa Rica par un groupe de jeunes fidèles très actifs, constitués en association sous le nom de « Summorum Pontificum Costa Rica ». Bien connu des autorités diocésaines, ce groupe est très présent sur Facebook, par exemple, ce qui leur a permis de se faire connaître à travers tout le pays. Ils annoncent les messes, publient de nombreuses photos, et postent même parfois des vidéos des messes en direct… Comme quoi le progrès technique peut être mis au service de la tradition et de la nouvelle évangélisation !
Ce qui me semble le plus remarquable chez ces fidèles qui ont, quasiment tous, découvert l’usus antiquior grâce au motu proprio et par Internet, c’est qu’ils aient voulu non seulement y assister régulièrement mais aussi recevoir la formation doctrinale qui va avec. Ils ont trouvé dans la liturgie tridentine la Tradition dans toute sa splendeur et sans restriction : ils y voient la meilleure façon d’exprimer leurs exigences et leurs coutumes religieuses, le lieu où ils peuvent puiser une nourriture solide pour leur âme. Ce n’est donc pas un attachement de sensibilité ou d’esthétique qui les réunit, mais bien une motivation doctrinale et théologique : cela est très encourageant, car ils comprennent bien la nécessité des communautés traditionnelles où les prêtres sont formés pour cette mission particulière.

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