Le dur métier d'évêque

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La Croix du 4 avril a publié un article intéressant sur le « métier » d’évêque, qualifié de difficile. À vrai dire, le papier commence plutôt mal puisqu’il démarre sur l’agacement de Mgr Descubes, archevêque de Rouen, lequel s’irrite que des laïcs puissent s’émerveiller qu’il accepte de leur consacrer du temps :

« Cela fait partie de mon ministère, rappelle-t-il. Et puis quand je me compare à d’autres ayant le même niveau de responsabilité en entreprise, je ne peux pas dire que je suis plus surmené. »

On n’est évidemment pas certain d’avoir bien lu. Est-ce bien un successeur des Apôtres qui se compare à un chef d’entreprise ?…

Mais laissons cela qui ne concerne pas directement ce blog.

Mais au fait, pourquoi ce « métier » est-il si difficile ? La réponse est contenu dans cet article :

« Plusieurs, enfin, sont confrontés à la même épreuve : l’abandon de leur ministère par l’un ou l’autre de leurs jeunes prêtres… Quand s’ajoutent des tensions avec un groupe traditionaliste, une « dénonciation à Rome », voire la révélation d’actes pédophiles commis par un prêtre, la barque peut tanguer. « Douloureusement », reconnaissent plusieurs d’entre eux. »

Il faut évidemment faire la part du raccourci journalistique. Mais quand même ! Les groupes traditionalistes semblent poser le même type de problèmes à nos épiscopes que ceux des prêtres qui défroquent ou de ceux qui sont coupables d’actes pédophiles. Plus simple à régler, pourtant, le « problème » traditionaliste a sa solution : l’application pleine et entière du motu proprio Summorum Pontificum qui souligne que la messe traditionnelle n’a jamais été juridiquement abrogée.

Oui, mais voilà : pour Mgr Hervé Giraud, de Soissons :

« c’est vrai qu’avec 46 prêtres de moins de 75 ans tout compris, je suis en dessous du seuil de pauvreté. » Commentaire de La Croix : « Conséquence toute simple : Mgr Giraud n’a plus les moyens de s’offrir un vicaire général auprès de lui. »

Des prêtres, Mgr de Soissons n’en n’a plus beaucoup. Mgr Brunin, non plus d’ailleurs, qui déclare :

« En Corse, Mgr Jean-Luc Brunin a pris l’habitude de répondre aux paroissiens qui lui demandent s’il va remplacer “leur” curé qu’il ne disposait pas d’un “placard dans lequel il en tient en réserve” ».

Mais des prêtres, il y en a pourtant. De la Fraternité Saint-Pierre à l’Institut du Bon-Pasteur, de Totus Tuus à à l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, il est possible de trouver des prêtres qui peuvent prendre en charge des paroisses. Certes, le travail sur le terrain ne sera ni évident ni facile, mais la mission ne l’a jamais été. Et quel prêtre refuserait d’enlever un souci de plus à un évêque ? Et, sans vouloir contredire Mgr Brunin, disons que son respect du sacerdoce le pousse trop à cacher l’existence d’une réserve. Car, des prêtres au placard, forme ordinaire ou extraordinaire, il y en a pas mal. Notamment chez les prêtres classiques et de doctrine… catholique.

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