Ordinations FSSP à Lincoln (Nebraska) : premier compte-rendu

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Les ordinations de quatre séminaristes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) à Lincoln (Nebraska) par le cardinal
Dario Castrillon Hoyos, vendredi 30 mai dernier, en la fête du Sacré Cœur, ont constitué un événement. Essentiellement parce que pour la première fois, des ordinations dans la “forme
extraordinaire” étaient télédiffusées dans le monde entier par Eternal Word Television Network (EWTN). L’homélie du consécrateur, président de la Commission pontificale Ecclesia
Dei
, a abordé la question de la “concélébration” pour les prêtres de la forme extraordinaire notamment – mais non exclusivement – lors de la Messe Chrismale des ordinaires. Cette façon de
faire a surpris ou ému nombre de catholiques attachés à la forme extraordinaire. Nous ne la commenterons pas ici, réservant ces explications à la FSSP qui annonce un prochain entretien
exclusif avec le cardinal. On se contera donc de donner ici un compte-rendu “sur le vif” qu’a bien voulu nous adresser, comme nous l’avions annoncé, le professeur John Pepino, un
latiniste qui enseigne la patristique au séminaire de Denton (Nebraska) de la FSSP. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié. Vos commentaires seront, évidemment, les bienvenus…

Arrivé en famille dès 9 h 20, soit une quarantaine de minutes à l’avance, la cathédrale de Lincoln (Nébraska) est déjà bondée. Cette cathédrale de style architectural “moderne” n’est guère du
goût de l’ordinaire, Mgr Fabian Bruskewitz, qui ne cesse de le critiquer… Heureusement, nous tombons sur une jeune fille de l’apostolat de la FSSP de Sacramento (Californie), et
donc une ancienne fidèle de l’abbé John Berg, qui nous reconnaît et nous invite à nous asseoir à côté d’elle, assez près de l’autel.
Les places réservées sont déjà occupées par les familles des ordinands, des religieuses, etc. Il fait chaud (29° C) et lourd car la climatisation est en panne, mais il n’y a pas que la
climatisation qui le soit, comme nous allons le voir…
Nous sommes déçus, à 9 h 30, de ne pas assister à la procession d’usage d’un cardinal qui en capa magna et assisté de deux caudataires va traditionnellement réciter l’office de Tierce à
la sacristie. Quand Mgr Bruskewitz ordonne, il n’y manque jamais. Le cardinal Castrillon Hoyos aura donc choisi de ne pas suivre cette coutume, de même qu’il préférera se vêtir à la
sacristie plutôt qu’au trône.
À 10 h, heure prévue pour le début de la cérémonie, les Chevaliers de Colomb (Knights of Columbus), en habit, cape et bicorne à plumes s’alignent tout du long de l’allée
centrale et mettent épée au clair.
Huit minutes plus tard, au milieu des éclats de la fanfare et des volées de cloches, la procession s’avance. Comment ne pas remarquer celui qui la mène : Simon Harkins, un colosse écossais
séminariste de la FSSP ! Viennent ensuite les chevaliers et les dames de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis le thuriféraire, le crucifère, les clercs (FSSP et
diocésains) et les quatre ordinands : les abbés Jared McCambridge (Arlington Heights, Illinois), Dennis Gordon (Nogales, Arizona), Justin Nolan (Guthrie, Oklahoma) et
Jonathan Romanoski (New Cumberland, Pennsylvanie). Ensuite, c’est au tour du clergé dont l’origine est diverse : prêtres de la FSSP et diocésains, le P. Scott Haynes, des
Chanoines réguliers de saint Jean Cantius (Chicago), le P. Logan, un cistercien aumônier aux Armées, Dom Weber, un bénédictin de Saint Louis (Missouri), et d’autres… Puis les
deux cérémoniaires, les abbés de Andrade et Pendergraft, de la FSSP, en soutanes violettes et ceintures de même à glands pendant ; les abbés Ribeton (supérieur du
district de France de la FSSP) en tunique, l’abbé Bisig (recteur du séminaire américain de la FSSP) dalmatique, flanqué de l’abbé Berg (supérieur général) en chape de prêtre
assistant ; viennent ensuite Monseigneur Thornburn, vicaire général du diocèse de Lincoln, et l’abbé Flood, supérieur du district américain de la FSSP. Enfin, fermant la
procession, S.É.R. le cardinal Castrillon Hoyos, portant une mitre rutilante, et ses assistants.
La cérémonie, elle-même, va se dérouler sans trop d’anicroches : on se contentera de signaler quelques détails insolites qui risquent d’avoir échappé à ceux qui l’ont suivie en télédiffusion.
Le cardinal d’abord, qui apparaît plus frêle que sur les photos que nous connaissons de lui. Sa voix fluette et son débit haché trahissent la fatigue du voyage : il n’est arrivée que la
veille des ordinations. Lors de l’encensement de l’autel, ses mouvements ne sont guère amples.
J’ai déjà signalé la panne de la climatisation. La sonorisation a, elle aussi, connu une déficience qui a fait que personne dans l’assemblée n’a pu entendre l’homélie du cardinal. Ceux qui
ont pu l’écouter sur internet ou sur EWTN sauront que le cardinal, dans son sermon, a abordé la question névralgique de la concélébration. Cette question fut ignorée
de l’assistance  au simple motif que cette dernière ne l’entendit pas…
Après le sermon du cardinal se dirent les “admonitions” qui, traditionnellement, invoquent l’autorité du consécrateur pour rejeter les candidats non idoines. Il semble que la formule latine
utilisée fût celle de la précédente ordination (« dominus Fabianus [Fabian Bruskewitz] ») et non celle de la présente  (qui aurait dû être « Dominus Darius [Dario Castrillon
Hoyos] »
). Petite anicroche due sans doute à l’émotion.
La chorale fut magnifique alliant séminaristes et fidèles de la FSSP sous la direction de l’abbé Huang et avec l’accompagnement à l’orgue de l’abbé Ferguson, tous deux
membres de la FSSP.
Cette émouvante cérémonie s’acheva à 13 h 30, soit trois heures et demie après son début ! La réception qui s’est tenue dans le sous-sol de la cathédrale fut particulièrement suivie.

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