Simples interrogations sur le nouveau président de la Catholic University of America

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Il y a moins de trois heures, je vous donnais l’information de la nomination de John H. Garvey au poste de
président de la Catholic University of America. Le rôle de ce blogue est, comme vous le savez, d’abord de donner des informations puis, éventuellement, de les commenter.
Je terminais donc mon papier par un « Prions pour que ce soit le bon choix » après avoir été intrigué par les déclarations ambiguës de l’archevêque Allen Vigneron qui
semblait tout à la fois regretter ce choix et s’en féliciter… En outre, je me méfie, par principe, de tout ce qui peut sortir du Boston College où pullulent les dissidents
catholiques.
Après la mise en ligne de ce papier, j’ai reçu une information très intéressante de Catholic Culture que je m’empresse de vous
transmettre. Elle est en trois parties.
1. Catholic Culture cite (sans la source) un extrait d’une lettre de John Garvey de 2002 traitant du rapport entre liberté universitaire et identité catholique
:

  • « À plusieurs reprises j’en entendu des gens exprimer leur préoccupation que l’identité catholique du Boston
    College
    et de sa Faculté de droit exige une certaine orthodoxie ou oblitère des opinions non orthodoxes chez ses enseignants comme chez ses étudiants. Aucune faculté qui réglementerait
    les idées ne saurait à bon escient se qualifier d’université. De fait, c’est précisément parce que nous sommes engagés à la recherche de la vérité dans une ambiance de liberté universitaire que
    notre Faculté de droit peut rendre un service utile à l’Église et à la cause de la justice. Il est naturel que nous ayons un intérêt particulier à ce qui se recoupe entre droit et religion
    (encore que ce ne soit pas notre seul centre d’intérêt). Mais quand les gens traitent ici de ce sujet ils ne s’expriment pas pour (ou contre) la hiérarchie de l’Église. Ils suivent le chemin où
    les conduit leurs recherches. »

C’est du pur relativisme.


2. Plus récemment, en 2007, Garvey fut critiqué par la Cardinal Newman Society pour avoir accordé un doctorat honoris causa à Edward J.
Markey
, ancien élève du Boston College et député Démocrate “catholique” du Massachussetts. Or, Markey est un pro-avortement à 100 %. Quand il lui
collationna son diplôme, Garvey déclara :

  • « Le député Ed Markey est l’un des plus éminents diplômés de la Faculté de droit du Boston
    College
    , dont la carrière au service du pays reflète excellemment les meilleures valeurs et traditions de notre Faculté. Je ne crois pas que le Boston College ait
    jamais disposé d’un aussi bon ami au Congrès des États-Unis qu’Ed Markey. »

S’il se peut, la chose est encore plus grave car dans leur déclaration Catholics in Political
Life
de 2004, les évêques américains ont bien précisé qu’aucune institution catholique « ne saurait honorer ceux qui agissent en défiance de nos principes moraux fondamentaux.
On ne saurait leur accorder de récompenses, d’honneurs ou de tribunes susceptibles de laisser croire qu’on les soutient pour leurs actes. »

C’est précisément ce qu’a fait Garvey en 2007…


3. En 2000, dans un essai sur Mario Cuomo – qui était alors le gouverneur de l’État de New York, et un défenseur de la légalisation de l’avortement –, Garney
écrivait :

  • « Le fait est que la plupart d’entre nous, et pas seulement les catholiques, ne voient rien d’erroné à ce qu’on fasse
    confiance aux autorités pour décider des questions morales. »

Proposition parfaitement irrecevable pour un catholique.


Pour conclure, Catholic Culture rappelle que Garvey à fait des dons pour les campagnes du sénateur Démocrate “catholique” et pro-avortement John
Kerry
en 2202, 2003 et 2004… alors qu’il fut interdit de communion sacramentelle par 14 évêques américains.
Je crains que le professeur John H. Garvey fasse très vite regretter le P. David O’Connell et que Mgr Vigneron soit détrompé dans son espérance
que le nouveau président de la CUA maintiendra l’affirmation de son identité catholique… On suivra ce dossier.