Ordinations sacerdotales de la FSSP à Lincoln (Nebraska)

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John Pepino, notre ami américain, docteur en patristique qu’il enseigne au séminaire Our Lady of  Guadalupe de la FSSP à Denton (Nebraska) et secrétaire de la Légion
de Marie
du diocèse de Lincoln, a bien voulu, comme l’an passé (ici), nous faire un
compte-rendu des ordinations sacerdotales conférées par l’évêque de Lincoln à trois jeunes diacres de la FSSP samedi dernier. Qu’il en soit remercié !


Laudetur Iesus Christus !


La journée s’annonce magnifique : un ciel sans nuages qui nous promet une journée chaude (31° C !), mais le souffle d’une légère brise rend la soutane supportable – en tout cas pour les clercs
qui la portent.
Il est 9 h 30. Une demi-heure avant le début de l’office.  Au son cuivré d’une fanfare triomphale, Mgr Fabian Bruskewitz, évêque de Lincoln, connu pour son goût de la liturgique
tridentine et sa critique percutante de l’université de Notre-Dame (« Je prierai pour votre conversion et pour celle de votre université ci-devant catholique », a-t-il écrit à son
président le P. Jenkins), entre et monte le long de la nef en cappa magna, assisté d’un caudataire. Il va dire tierce dans la sacristie, comme le veut l’usage.
Peu avant l’heure dite, l’organiste se met à improviser : on reconnaît le Veni Sancte Spiritus, entre autres.
Dans le sanctuaire de la cathédrale (hélas ! archi-moderne et moche), les abbés de la FSSP ont fait de leur mieux : ils ont érigé de leurs propres mains le trône épiscopal aux armoiries de
l’évêque à gauche, et l’autel de marbre en trompe-l’œil.  Le résultat est beau.
Jetons un coup d’œil sur l’assistance : un peu moins de monde qu’en 2008 : il n’y a que trois ordinations sacerdotales cette année, et l’an passé c’était le cardinal Castrillon-Hoyos qui
pontifiait.  Ainsi, cette année, toute l’assistance pourra trouver siège.  Comme le veut la coutume ici, la plupart des dames sont en mantille : les demoiselles en blanc, les femmes
mariées en noir.  L’on repère tout de même quelques chapeaux parmi les élégantes.  Les messieurs, eux, sont presque tous en costume sombre, malgré la chaleur.
Il est presque 10 h : l’orgue se tait.  Un coup de clochette et la procession s’avance.  En premier lieu les chevaliers de Colomb (Knights of Colombus) en habit, cape à revers
chatoyant (blanc, rouge ou violet), bicorne emplumé, sabre au côté (il sera tiré au clair lors de la consécration).  Ensuite, précédées d’un séminariste (il s’agit de l’abbé Gregory
Bartholomew
FSSP) qui les escorte à leur place, sept Dames du Saint-Sépulchre en cape et mantille noire ; deux des Chevaliers du même ordre ferment leurs rangs.  Puis viennent
servants, clergé et ministres : thuriféraire (l’abbé Passo) ; cruciféraire (l’abbé Shannon) ; le clergé où l’on aperçoit des abbés de la FSSP, des Fils du Très-Saint
Rédempteur
de Papa Stronsey en Écosse ; des diocésains  ; le frère Ansgar Santogrossi osb (que les abonnés de la revue Catholica connaissent) ; le P. Scott
Haynes
, talentueux Oratorien de St. John Cantius (Chicago) ; l’abbé Menke, cérémoniaire de l’évêque ; les ordinands l’abbé Brian Austin (Pennsylvanie), l’abbé Mathew
Goddard
(Royaume-Uni), l’abbé Michael Stinson (Texas), le cérémonaire, l’abbé Eichmann FSSP dont les souliers miroitent, l’abbé Roberto Cano [1] FSSP comme sous diacre,
l’abbé Justin Nolan FSSP comme diacre, les abbés Goodwin et Van Vliet de la FSSP comme diacres assistants au trône, l’abbé John Berg, supérieur général de la FSSP,
comme archiprêtre.  Enfin Mgr Bruskewitz.  Les ornements dorés sont rutilants, d’une beauté exquise qui jure dans une cathédrale si moderne (et si moche).

Qu’on nous permette de rapporter ici nos impressions pêle-mêle.
La cérémonie se déroule sans anicroche.  Mgr Bruskewitz a une belle voix et entonne le Gloria et autres chants avec enthousiasme. Son latin, s’il est à la sauce américaine,
n’en est pas moins une langue vivante et claire.  Son homélie constitue une belle réflexion sur le sacerdoce, avec citations de Pierre de Blois, Catherine de Sienne, Mgr
Yu de Chine…
Les ordinations s’insèrent entre le premier et deuxième verset du trait de l’office d’aujourd’hui ; il s’agit de la vigile de la Pentecôte.
Le cérémoniaire dirige le tout des yeux : point ici des gesticulations dont les “latins” ont du mal à se passer.  Un coup d’œil à droite ou à gauche, et chacun sait où est sa place et ce
qu’il doit faire.
C’est l’archiprêtre, l’abbé John Berg qui présente les candidats au sacerdoce.  Est-ce une pointe d’accent français que l’on décèle à son latin ?  Son office de supérieur général
d’une congrégation dont l’une des deux langues est celle de Bossuet aura sans doute influé dans ce sens…
Les candidats répondent « adsum » (présent) quand il énonce leur nom ; c’est alors que l’émotion monte chez les parents, amis et confrères de ces trois remarquables jeunes gens qui sont
là pour faire à Dieu et à son Église l’oblation de leur personne.  Plus d’un œil s’embuera lors de cette sublime cérémonie, et pas seulement chez les dames.
L’on est frappé par la jeunesse du clergé FSSP à l’autel : aucun des ministres n’a plus de quarante ans.  De Mgr Bruskewitz, qui vient de soumettre sa lettre de démission au Saint
Père
, à l’abbé Berg et ses confrères, une main se tend par-dessus la génération intermédiaire qui a bien du mal, elle, à se trouver une relève.
Ceux qui ont assisté à la messe dans sa forme extraordinaire aux États-Unis savent que l’assistance ici ne participe pas de façon audible.  Seule exception : la litanie des
ordinations.  Elle dure un bon quart d’heure et là, tous font les répons.  C’est que nous prions tous pour nos petits gars, qui sont là, prosternés à même le sol de la cathédrale.
C’est aux échos d’un Te Deum très émouvant que s’achève ce magnifique office ; deux heures et quarante minutes sont passées en un clin d’œil et l’Église avec les abbés Austin,
Goddard et Stinson, est plus riche de trois prêtres de Jésus-Christ.  Ceux qui, comme moi, connaissent ces trois hommes peuvent vous le certifier : Dieu sera premier servi et
leurs ouailles pourront Lui en rendre grâce, car tous les trois sont d’une trempe et d’une piété rares.

J. P.
PhD


[1] Il sera installé recteur de l’apostolat FSSP à Lincoln à la fin du mois.
[2] C’est la “voix” de la version anglaise du DVD d’instruction liturgique de la FSSP.