Les nouveaux usages que pourraient accueillir… les églises

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C’est l’objet d’un colloque dans le diocèse de Nancy.

Face au phénomène de sécularisation, l’entretien des édifices cultuels pose question aux communes… comme, nous ne le savons que trop, aux paroisses et au diocèse.

À l’initiative du Conseil départemental et du CAUE (conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) de Meurthe-et-Moselle, un colloque était organisé ces jours derniers à propos du devenir des églises.

Ainsi que l’a souligné l’animateur du colloque, Benoît de Sagazan, « à l’heure de l’économie circulaire et de la lutte contre l’étalement urbain, il s’agit de s’interroger sur les nouveaux usages que pourraient accueillir ces bâtiments repères qui ont toujours eu pour vocation de rassembler ».

7 comments

  1. Les églises sont abandonnées à cause du ”collectivisme pastoral” : les célébrations sont concentrées le dimanche et en ville ! Les campagnes sont pratiquement abandonnées, alors que les prêtres ont des moyens de locomotion pour aller partout célébrer l’Eucharistie du mardi au dimanche ; le lundi étant pour leur repos. Bref, c’est l’organisation pastorale qui fait que les églises soient abandonnées. Les prêtres, surtout les jeunes, refusent d’être nommés à la campagne: seuls les prêtres âgés, parfois déjà retraités, continuent à servir l’une ou l’autre paroisse de campagne selon que la santé le leur permet. C’est dommage que les évêques ne font aucun effort pour encourager la pastorale de proximité! Que font les prêtres du mardi au dimanche sans célébrer l’Eucharistie?

    • CJ

      Je partage l’analyse de Jean. Bien sûr, toutes ces choses sont trop vite dites, il faudrait nuancer. Mais compte tenu de la “loi du genre” des commentaires, Jean dit beaucoup de choses d’autant plus importantes qu’on n’en entend pas souvent parler, notamment concernant les ravages de certains (je dis bien certains) regroupements. J’ai assez de recul, et je ne suis pas le seul, pour constater que beaucoup de regroupements n’ont apporté absolument aucun fruit quand il n’y a eu aucun souci de conjuguer ce qu’on peut ou doit centraliser et ce qu’on doit garder à proximité; tout ce qui avait été présenté comme une vision d’avenir était, bien au contraire, une vision étriquée d’animateurs paroissiaux pensant que l’Eglise ne pourrait vivre qu’en fonctionnant comme une administration centralisée.
      Par ailleurs je constate que ce que rapporte l’article correspond à ce qui s’est fait au Québec il y a déjà longtemps. Alors on pourrait se dire que ce n’est pas surprenant qu’on cherche des solutions avec des démarches comparables pour des problèmes qui se posent de manière comparable… mais j’estime que la clé de compréhension n’est pas là. En effet, n’est-il pas étonnant de constater que, très souvent, les régions anciennement très pratiquantes sont les laboratoires de tous ces projets plus ou moins bancals, élaborés dans l’Eglise ou dans la société par des animateurs qui se ressemblent beaucoup et qui sont parfois les mêmes, et qui se distinguent par une grande application à étouffer l’avenir pastoral tout en imaginant le préparer, qui plus est dans l’harmonie avec la société locale? Il m’est arrivé de constater que les régions anciennement moins pratiquantes se fourvoyaient moins dans ce type de démarches, sans doute parce que, dans ces régions, l’Eglise avait appris depuis longtemps à vivre avec des groupes de fidèles moins nombreux, ce qui veut dire que les nombres étaient moindres mais pas qu’on vivait moins bien. Peut-être que les anciens premiers auraient parfois bon nez de s’enquérir des pratiques des anciens derniers, au lieu d’essayer de garder leur première place en la transposant dans l’invention de méthodes de fossoyeurs.

  2. Octave

    Désacralisons vivement, c’est ainsi que viendra le renouveau. Plus il y aura de vent, mieux les églises se porteront, jusqu’à perdre leur cloché…. et le Saint Sacrement.

  3. Octave

    Désacralisons gaiement, c’est ainsi que viendra le renouveau. Plus il y aura de vent, mieux les clochers s’effondreront et disparaîtront… et le Saint Sacrement aussi.

  4. Marc Mercier

    Que faire des églises?
    Et si on y remettait des “Curés” au sens exact du terme?
    Qu’on ne nous dise pas qu’on en manque!
    Combien de jeunes prêtres attendent désespérément une affectation?
    Certes ils sont traditionnalistes, voire Lefebvristes: Et alors?

    Une église est un lieu configuré au Golgotha, pas à l’auberge d’Emmaüs.
    C’est le lieu où est renouvelée l’offrande à Dieu du sacrifice de son Fils Jésus.
    C’est le lieu où le pardon des péchés est offert à qui le demande.
    Celui qui a la charge de ces missions doit être un PRETRE, configuré au Christ, pas un animateur, même s’il est “diacre permanent” et encore moins quelque laïc que ce soit.

    Or les placards sont pleins de ces PRETRES jeunes, bien formés, enthousiastes qui ne rêvent qu’à servir “pour la plus grande gloire de Dieu”.
    Certes, dégoûtés des gesticulations postconciliaires; ils ont choisi la tradition, la forme extraordinaire du rit romain, le “vieux” catéchisme. Certes ils portent une soutane, mais:

    MESSEIGNEURS LES EVEQUES, DANS L’ETAT OU VOUS AVEZ MIS NOTRE EGLISE DE FRANCE, QUE RISQUEZ-VOUS A FAIRE APPEL A CES PRETRES ?

    Chaque église qui ferme parceque vous aurez privé un de ces prêtre de l’apostolat auquel il aspire, témoignera contre vous à votre jugement.

    Puisque vous n’en avez pas d’autres, rebatissez des paroisses sur ces prêtres là, autour de cette équation pourtant bien simple:
    paroisse = Curé + église + presbytère.

    La formule des paroisses personnelles est à portée de vos mains,
    allez! courage!
    Je devine qu’il en faut.
    Prions pour que vous en ayez.
    Marc Mercier

    • jean marie thiers

      Votre position est courageuse et lucide.
      L’expérience individuelle, dans l’Eglise, a toujours été un risque à prendre.
      Ayant fréquenté longtemps, assidûment, la communauté du Barroux, j’imaginais que ceux qui en seraient issus, à travers leurs études, seraient d’excellents prêtres, capables d’insuffler l’esprit de combat que je souhaitais pour les chrétiens.
      La déception vint d’ailleurs, et l’éloignement définitif, mais le regret demeure, avivé par votre billet. La contestation de l’institution “Eglise” et l’abandon des fidèles, commencé, ne l’oubliez pas, dès le XVII° siècle, tient aussi et pour partie au divorce entre l’homme et le chrétien.Les exigences de la vie séculière, que doit partager le prêtre, ne lui permettent pas un épanouissement propre, face au désert des communautés rurales. Bernanos a très bien dit cela.
      Le foisonnement des idées, l’omnipotence de la gestion financière ne s’accommodent pas d’un enfermement dans un cadre immobilier et intellectuel qui vous détache de la mutation qui nous enveloppe.
      Lorsqu’on lit les Pères de l’Eglise, on est souvent frappé par leur extraordinaire clairvoyance lorsqu’ils posent les questions et déçu par le vague qui baigne leurs réponses où l’indémontrable, le subjectif stérile remplacent l’analyse au doute constructif.
      Comment voulez-vous que l’Eglise, avec les interrogations mortelles qui l’assaillent, jusqu’au Pape, le doute sur les clercs, réponde à la demande intellectuelle si elle ne propose pas une attitude templière ?
      Elle ne peut pas nommer des prêtres dans les campagnes, d’abord parce qu’elle n’enregistre que peu de vocations, et ensuite parce que ces jeunes gens ont vocation à supplémenter le monde spirituel d’une solide prospective séculière.
      On bafouille trop dans l’Eglise et le pitoyable spectacle de M.Macron venant faire de la “retape” aux Bernardins auprès d’intellectuels un peu confits dans leur vision épiscopale, hiérarchique, justifie la désaffection.
      L’Islam, dans sa solide stupîdité, comme aurait dit St Ex. (Citadelle), n’a jamais dévié de sa route: orthopraxie et conquête. Il vous submergera, parce que vous vous êtes éloignés de l’idéal de combat.
      (je rappelle que stupide veut dire immobile, figé et que le combat n’est pas le pugna latin)

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