Müller invite le pape François à se réconcilier avec Viganò

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Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond au journaliste Raymond Arroyo sur le plateau de l’émission The World Over du 4 octobre dernier. Voici les points saillants de ses déclarations.

Le cardinal invite le pape « à chercher une réconciliation » avec l’archevêque Viganò. Il demande aussi au pape de « donner des réponses » aux « accusations et questions » de l’ancien nonce aux États-Unis car « le peuple de Dieu a le droit de savoir ce qui s’est passé ». Le cardinal ajoute que le pape doit s’efforcer de surmonter les divisions entre catholiques et assumer sa fonction « de symbole de l’unité de l’Église. Nous devons surmonter, avec l’aide du Saint-Père, la division de l’Église entre les conservateurs et ceux qu’on nomme les progressistes. Nous sommes une seule Église unie dans la foi et non par une idéologie qu’elle soit conservatrice ou progressiste ».

Le cardinal aborde ensuite la crise des abus sexuels du clergé en notant que l’Église « ne pourra jamais changer son enseignement : toute infraction au sixième commandement constitue un péché mortel ». Interrogé par Arroyo sur ce qui est dominant dans cette crise, le cardinal répond : « Nous pouvons dire que 80 % ou plus des victimes étaient des jeunes – mais pas des jeunes filles. C’étaient des garçons à partir de 14 ans et au-delà. C’était plus des agressions homosexuelles que des agressions pédophiles […] Les victimes ne sont pas – dans leur grande majorité – des enfants, mais des adolescents et au-delà ».

Interrogé par Arroyo sur l’affirmation que la crise des abus sexuels a pour cause le « cléricalisme », le cardinal répond : « Non. La cause des abus sexuels est toujours le non respect du sixième commandement ».

En passant, le cardinal confirme que le pape est bien intervenu personnellement auprès de lui pour que la Congrégation pour la doctrine de la foi cesse d’enquêter sur les allégations portées contre le cardinal anglais Cormac Murphy-O’Connor (décédé le 1er septembre 2017), qui, bien que non électeur, fut un très actif agent pour l’élection du cardinal Bergoglio en 2013. « Il n’est pas bon, déclare le cardinal, que le pape prenne ce droit pour arrêter une enquête nécessaire ».

Enfin, le cardinal fait une remarque sur l’actuel synode en cours à Rome : « Le synode des évêques n’est pas un concile œcuménique – il n’a pas d’autorité magistérielle. Le pape ne peut pas changer la constitution fondamentale de l’Église ».

 

22 comments

  1. Hervé Soulié

    Comme toujours, excellente intervention du cardinal Müller, concise, précise, factuelle et bien dans la ligne de l’enseignement constant de l’Eglise.

  2. Jean Rascol

    LETTRE OUVERTE DU PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LES ÉVÊQUES, CARDINAL MARC OUELLET, AU SUJET DES RÉCENTES ACCUSATIONS CONTRE LE SAINT SIÈGE
    Cher confrère Carlo Maria Vigano, […] je te dis franchement qu’accuser le pape François d’avoir couvert en toute connaissance de cause ce présumé prédateur sexuel, et donc d’être complice de la corruption qui sévit dans l’Église au point d’être devenu indigne de poursuivre sa réforme en tant que premier pasteur de l’Église, me semble à tous les points de vue incroyable et invraisemblable. Je n’arrive pas à comprendre comment tu as pu te laisser convaincre de cette monstrueuse accusation qui ne tient pas la route. François n’a eu rien à voir avec les promotions de McCarrick à New York, Metuchen, Newark et Washington. Il l’a destitué de sa dignité de cardinal dès qu’est apparue une accusation crédible d’abus de mineur. Je ne l’ai jamais entendu faire allusion à ce soi-disant grand conseiller de son pontificat pour les nominations en Amérique, alors que le Pape ne cache pas la confiance qu’il accorde à certains prélats. Je devine que ceux-ci ne sont pas de ta préférence ni de celle des amis qui soutiennent ton interprétation des faits. Mais je trouve aberrant que tu profites du scandale retentissant des abus sexuels aux États-Unis pour infliger à l’autorité morale de ton supérieur, le Souverain Pontife, un coup inouï et immérité ! […]

    On trouvera le texte complet du Cardinal Ouellet sur Vatican News

  3. Arnaud

    A Hervé Soulié

    C’est vrai que le Cardinal Müller soutient toujours la doctrine constante de l’Eglise et en cela je vous rejoins.

    Mais ce qui m’intrigue quand même chez lui, c’est qu’il a tendance à poursuivre des mirages. Ce serait bien en effet que le pape se réconcilie avec Mgr Vigano, mais c’est impossible tant qu’il ne reconnaitra pas que les dires de Mgr Vigano dénonçant ses turpitudes et notamment ses mensonges sont, en tout cas pour l’essentiel, vrais, ce qui reviendrait pour le pape à reconnaitre ces mensonges et ces turpitudes et à se convertir devant tous. Ce serait parfait, mais on en est loin pour l’instant.

    C’est de la même façon un mirage que poursuivait le Cardinal Müller en soutenant qu’Amoris laetitia était susceptible d’être interprété selon une herméneutique de la continuité capable de rendre l’Exhortation compatible avec la doctrine constante de l’Eglise sur la communion et les divorcés remariés. C’était un mirage, car une analyse raisonnable du texte de l’Exhortation montrait qu’à l’évidence, son interprétation dans la continuité de la doctrine est impossible. Le pape a d’ailleurs confirmé ensuite l’interprétation de l’ouverture possible au cas par cas de la communion aux divorcés remariés, en contradiction radicale, comme Jean-Paul II l’a rappelé, avec l’Ecriture.

    Je ne vois pas bien quel jeu joue le Cardinal Müller a soutenir la doctrine tout en se refusant à reconnaitre que la pape la bafoue gravement, cette doctrine. Qu’espère-t-il avec ce grand écart? Gagner du temps, pour éviter le scandale, ou pour éviter de se faire démettre et ainsi (c’est vrai qu’on peut le comprendre de ce point de vue) de ne plus pouvoir parler (ce qui en effet serait dommage) en faveur de la vérité, en attendant que le pape finisse par se convertir? Mais cette conversion va-t-elle venir? On peut craindre que non, et surtout, on a une certitude, c’est qu’en attendant, le pape met à mal le contenu de la foi entrainant des dégâts gravissimes.

    Je suis donc très perplexe, et plein de regret (même si je comprends que les choses ne sont pas si simples, notamment en tenant compte du risque évoqué ci-dessus qu’il perde son statut de Cardinal avec le pouvoir de parole qui s’y associe) que le Cardinal Müller ne s’engage pas plus nettement en faveur de la vérité jusqu’à dénoncer franchement les mensonges et les écarts par rapport au contenu de la foi pape, dès lors que ces mensonges et ces écarts sont là et que, le pape ayant le pouvoir, les dégâts sont considérables. . .

    Ceci étant, je ne crache certes pas dans la soupe. C’est déjà magnifique que le Cardinal Müller soit toujours clair pour rappeler, quant à lui, à défaut que le pape le fasse, et même alors que le pape fait tragiquement le contraire, la doctrine constante de l’Eglise découlant de l’Ecriture. En cela, un grand merci pour le Cardinal Müller.

    • Hervé Soulié

      Effectivement, la position affichée par le cardinal Müller paraît souvent “en équilibre”.
      Je pense (mais c’est une impression toute personnelle) que le cardinal pense aussi un peu à l’après-Bergoglio.
      Par contre je ne crois pas trop à une sanction papale qui retirerait à Mgr Müller son chapeau de cardinal, alors qu’il a été nommé préfet du plus important des dicastère par Benoît XVI et créé cardinal par François lui-même.
      Un tel acte serait dénoncé partout comme une vengeance, affaiblirait encore plus un souverain pontife déjà suspecté par beaucoup, et susciterait une levée de bouclier dans toute l’Eglise.

  4. Bernadette

    A Jean Rascol

    Il vous intéressera peut-être de lire cette réponse de Luc Perrin, sur le forum catholique, rapportée par le salon beige, à la lettre du Cardinal Ouellet, qui montre que les choses sont, en tout cas sur des points importants, bien différentes des allégations du Cardinal….::.

    Il est facile de réfuter complètement l’affirmation première du Cardinal :

    “Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. ”

    Un article à la louange du cardinal McCarrick paru le 21 juin 2014 dans le très pro-bergoglien National Catholic Reporter démolit tout cela point par point.
    – le Pape tout juste élu s’est préoccupé de la santé de McCarrick victime d’une attaque cardiaque à Rome la veille de son intronisation pontificale par un appel personnel, preuve que la formule “je doute fort …” est complètement réfutée
    – le Pape François a chargé McCarrick d’une mission en Chine en 2014
    – les nominations cardinalices de 2016 sont la preuve éclatante que le cardinal Ouellet n’est pas très au courant des affaires de la Curie visiblement, si on en croit sa version.

    Ajoutons que la conférence publique donnée en octobre 2013 à l’université Villanova (USA) par celui qui était le cardinal McCarrick contredit aussi totalement la version du cardinal Ouellet, d’un McCarrick sans lien avec le cardinal Bergoglio, “one of my friends” et depuis des années dit McCarrick.
    Sans compter la Papal Foundation dont McCarrick était membre fondateur du conseil cardinalice qui prenait les grandes décisions et est intervenu pour le don de 25 millions de $ demandé par le pape François en … 2017.
    Sans oublier les vidéos et photos montrant le pape François embrassant chaleureusement le bon cardinal McCarrick, son vieil ami.

    Cette lettre ne laisse rien augurer de bon ni d’honnête de “l’étude approfondie” des archives annoncée hier par le Saint-Siège.
    Si elle est faite par des prélats qui ne sont au courant de rien et ne peuvent pas retrouver les mémorandums adressés en 2006 et 2008, on peut deviner l’issue : circulez il n’y a rien à voir ?

    Et un autre :


    Un cardinal si peu intéressant et tellement retiré que c’est lui qui organise en 2014, avec le cardinal O’Malley membre du “C9” , la rencontre discrète entre le cardinal Ortega, archevêque de Cuba et émissaire du Pape François et … le Président des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama. Excusez du peu. Pour lui remettre rien moins que la proposition de médiation du Saint-Siège en vue de la normalisation entre les deux pays. Le Pape François n’a pu ignorer le rôle joué par McCarrick, s’il n’a pas lui-même suggéré au cardinal Ortega que le paisible et discret retraité était la clef de sa mission à Washington.

    Nous pourrions aussi demander au cardinal Ouellet qui enseigna à l’Institut Jean-Paul II, ce qu’il pense de la nomination de Mgr Paglia à la tête de cet institut…

      • Hervé Soulié

        Ce n’est pas le Salon Beige, Monsieur, ce sont des éléments d’information multiples dont le salon Beige fait état.
        À la très convaincante réponse de Bernadette sur ce blog, je me permets d’ajouter que depuis cinq ans de nombreux observateurs relatent que les nominations d’évêques aux sièges importants sont décidées par le pape François informé directement (par exemple par Mc Carrick) ou par le réseau de la compagnie de Jésus et que la congrégation pour les évêques est souvent court-circuitée.
        Evidemment, il est difficile d’en apporter la preuve, mais il n’y a pas non plus de fumée sans feu et la démission du cardinal Ouellet a également été plus d’une fois annoncée pour ce motif.
        Sans vouloir décourager votre zèle à défendre l’actuel souverain pontife, cette lettre du cardinal Ouellet a toutes les allures d’une mission télécommandée par François, qui préfère ne pas répondre lui-même et, voyant que le silence n’est plus tenable, fait répondre par le préfet de la congrégation concernée.

  5. Henri

    Bien d’accord avec vous, Bernadette: la réponse dont vous faites état à la lettre du Cardinal Ouellet apportet des preuves flagrantes du mensonge de ce dernier. Les faits sont là.

    La tonalité cauteleuse et perfide du discours de ce Cardinal sue d’ailleurs le mensonge et l’indignité. Un nouveau Cauchon nous est arrivé.Quel malheur de voir comme l’institution ecclésiale se montre capable de nourrir en son sein de pareilles vipères. Un esprit droit ne peut pas ne pas le voir. Cette institution est devenue, plus que jamais car les Cauchon sont aujourd’hui devenus légion, une structure de péché.

  6. Pingback: Vigano…Ce héros(57) | prieratempsetacontretemps

  7. En page de Une de Fdesouche

    Synode 2018 : quand les prélats de l’Eglise écoutent du hip-hop, au cours de la rencontre du pape avec les jeunes.

    http://www.fdesouche.com/1084391-synode-2018-quand-les-prelats-de-leglise-ecoutent-du-hip-hop-au-cours-de-la-rencontre-du-pape-avec-les-jeunes

    avec renvoi à un extrait de KTOTV

    KTOTV

    @KTOTV
    Les surprises du #Synod2018 : quand les prélats de l’Eglise écoutent du hip-hop, au cours de la rencontre du pape avec les jeunes. #Mustwatch #dejaculte
    ➡️ http://bit.ly/LeSynode2018

    17:47 – 6 oct. 2018

    • Eve

      Cril17,
      Il semblerait qu’à présent les jeunes ne puissent pas commencer une réjouissance, qu’elle qu’elle soit, par autre chose que par une danse, dont on ne sait pas l’origine ni la signification. Peut-être une sorte de remue-méninges ?
      Est-ce la danse du Roi David ?
      Ces tortillements, on peut aussi les voir dans d’autres vidéos de réunion de jeunes par divers groupes.
      Avant de commencer une prière, un discours, les corps des jeunes sont mis en mouvement, mais
      cela est fait sous la direction d’adultes.
      Le show devant le pape avait été préparé.

  8. Irène

    A jean Rascol,

    Malheureusement, on ne peut se contenter de juger en fonction de la confiance que l’on a ou non à priori en celui qui parle. Il faut aussi regarder le contenu de ce qui est dit par les uns et par les autres, et le rapporter à la réalité des faits

    Ici, il est manifeste que les faits rapportés par Luc Perrin auquel nous renvoie le salon beige sont réels, ceux qu’invoque le Cardinal Ouellet sont faux.

    Au passage, puisque vous avez l’air de préférer par principe les déclarations de Cardinaux, que dites-vous au sujet des dires du Cardinal Müller, qui nous rappelle avec fermeté la doctrine constante de l’Eglise, réaffirmée par Jean-Paul II comme découlant de l’Ecriture, selon laquelle il est impossible de délivrer la communion à des personnes divorcées remariées ne pratiquant pas la continence? Ce que conteste le Cardinal Ouellet qui colle, y compris sur ce sujet, à la position du pape.

    Alors, préférez-vous suivre le Cardinal Ouellet plutôt que le Cardinal Müller ou saint Jean-Paul II lui-même?

    Et vous ne pourrez pas dire que la position du pape s’inscrit dans la continuité de celle de saint Jean-Paul. Pour soutenir cela, il faut mentir. C’est d’ailleurs ce que fait le pape en l’occurrence. La preuve que c’est un mensonge peut être apportée de manière irréfutable honnêtement et raisonnablement, en rapprochant le texte d’Amoris laetitia de celui de Familiaris Consortio que le pape actuel a falsifié en le citant de manière tronquée.

    C’est d’ailleurs là une preuve particulièrement solide de ce que le pape ment, car cela apparait à la lecture même de textes parfaitement publics et officiels, dont l’authenticité est absolument impossible à contester.

    • Jean Rascol

      Irène, un cardinal dit blanc, l’autre dit noir, je laisse ces messieurs causer sans donner raison à l’un ou l’autre, car ce jugement reflète surtout notre opinion . J’ai seulement pensé que la lettre du cardinal Ouellet, en charge de la congrégation des évêques, méritait d’être versée au dossier. Ce débat ne sert qu’a relativiser la parole de tous ces prélats.

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  10. Le Cardinal Marc Ouellet n’a pas les mains propres, il protège les évêques homosexuels qui détruisent la vocation des séminaristes et de jeunes prêtres. Nous lui avons écrit maintes fois sans réponse. Le Nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, le sait aussi, mais les concernés sont toujours en poste, et les prêtres harcelés sans paroisse! Le règne de Satan est arrivé à son épanouissement au sein du clergé catholique. La prêtrise catholique connaîtra le même sort que la prêtre juive sur laquelle elle est calquée.Le judaïsme se poursuit sans prêtre, le christianisme catholique se poursuivra aussi sans sacerdotal ministère: on reviendra au sacerdoce commun comme c’était le cas dans l’Eglise des origines.

  11. Henri

    Quelle image de cauchemar l’institution ecclésiale donne-t-elle majoritairement de l’Eglise qu’elle est chargée de servir!

    Alors que le pape ment et porte des atteintes au dépôt de la foi, et qu’il le fait de manière absolument flagrante de telle sorte que cela est impossible à contester sauf à mentir ou à déraisonner soi-même, il reçoit le soutien de l’institution de manière quasiment unanime, par action, au travers de propos d’appui explicites, ou par omission, sous la forme de garder le silence. Il y a des exceptions, éminentes, mais elles sont rares.

    Hormis ces cas d’exception qui appellent notre admiration et notre gratitude car, en même temps que c’est la voie du devoir, c’est celle du martyre, qu’ont-ils donc dans la tête, tous les autres? Car quotidiennement pourtant, le contenu du texte du jour est là pour leur rappeler la faute qu’ils commettent et leur donner à percevoir la gravité extrême qui s’y attache. Encore aujourd’hui, 8 octobre: ” (…) Si nous-même, ou si un ange du ciel vous annonçait un Evangile différent de celui que nous vous avez annoncé, qu’il soit anathème”(Gal I, 6-12). Oui, qu’ont-ils donc dans la tête?

    Ce qui apparait, en tout cas, c’est qu’ils ont perdu la raison, puisqu’ils croient pouvoir se libérer de ses lois en soutenant l’insoutenable, et dès lors aussi la foi, puisque celle-ci ne peut être dissociée de la raison. Ce qui fait que nous assistons ainsi à un effondrement, chrétiennement, mais aussi rien qu’humainement, car qu’est-ce que l’homme s’il a perdu le respect de sa raison, loi naturelle de son intelligence, déposée en lui par le Créateur.

    C’est bien une image de cauchemar qu’ils nous présentent de l’Eglise.

  12. Jacques

    A Irène

    Vous nous indiquez que le pape a falsifié, dans Amoris laetitia le texte de Familiaris consortio en citant ce dernier de manière tronquée, pour faire croire, faussement, que sa position sur la discipline des sacrements applicable aux personnes divorcées remariées s’inscrit dans la continuité de celle de l’Eglise rappelée par Jean-Paul II. Vous notez aussi que cela offre un moyen de preuve particulièrement solide de ce que le pape est capable de mentir y compris sur des points très importants qui engagent le contenu de la foi sur lequel il est chargé de veiller. Comme vous le soulignez en effet, on n’est pas là dans la difficulté d’avoir à juger parole contre parole (c’est la difficulté que soulève Jean Rascol et qu’il faut trouver le moyen de dépasser), puisque là, on peut juger sur pièce à partir de textes parfaitement publics et authentiques.

    Dans cette situation bien triste de débat qui s’éternise entre soutiens et opposants au pape, cela me parait donc être du plus haut intérêt pour permettre de conclure! Mais pourriez-vous nous en dire plus sur l’analyse des textes à laquelle vous avez procédé, afin que nous puissions en juger personnellement?

  13. Irène

    Réponse au post du 9 octobre 23h26 de Jacques

    Merci Jacques de votre post, dans lequel je me retrouve parfaitement quant à la manière dont vous résumez le message que j’essaie de faire passer… C’est bien volontiers que je réponds à la demande que vous y exprimez.

    Voici donc.

    Dans Amoris laetitia (AL), au n. 298, on peut lire ce qui suit à propos des divorcés remariés : « L’Église reconnaît des situations où ‘l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants ‒, remplir l’obligation de la séparation’ (FC n. 84). Il y a aussi le cas de ‘ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide’ (FC n. 84). (…). Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire ‘en distinguant attentivement’ les situations, d’un ‘regard différencié’ ».

    Encore dans AL, une note de bas page numérotée 329, rattachée au n. 298 (première phrase citée ci-dessus), indique la référence au n. 84 de FC et ajoute immédiatement : « Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘comme frère et soeur’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité, ‘la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis’ (CONC.OECUM.VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51) ».

    Dans AL toujours, cette fois au n. 299 qui fait suite, on peut lire encore : « J’accueille les considérations de beaucoup de Pères synodaux, qui ont voulu signaler que ‘les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant les situations de scandale’ ».

    Mais complétons les citations de FC n. 84 données partiellement par AL n. 298 :« Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canonique valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont eu parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide. Avec le synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie (…). L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. (…). La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux ».

    En rapprochant AL et FC, on constate une communauté de vues sur deux points : premièrement, les situations de divorce et de remariage sont diverses et il convient d’être attentif à tenir compte de cette diversité selon un juste discernement ; deuxièmement il est nécessaire de veiller à ce que les divorcés remariés soient davantage intégrés à la vie de l’Église. Mais on constate entre les deux textes une divergence radicale à propos de la discipline des sacrements. Sur ce sujet, FC offre un développement qui rappelle la position constante de l’Église en des termes qui ne peuvent manquer de frapper par leur netteté en même temps que par leur vigueur évangélique. Or, ce développement est absent d’AL, ce qui détruit l’équilibre du propos de Jean-Paul II. L’omission correspondante, vu le contexte, va manifestement dans le sens de l’ouverture de la communion aux personnes divorcées remariées même ne pratiquant pas la continence, laquelle ouverture est suggérée par la note fameuse note 351 d’AL, et a été depuis lors confirmée et même prétendument érigée au rang magistériel par le pape.
    En définitive, on donne à penser au lecteur que le discours d’Amoris laetitia à propos des divorcés remariés s’inscrit dans la continuité de celui tenu par Jean-Paul II dans Familiaris consortio, alors même qu’il rompt avec ce dernier en ce qui concerne la discipline des sacrements applicable aux divorcés remariés. En cela, on peut dire qu’Amoris laetitia prend Jean-Paul II comme caution pour rompre avec l’enseignement du même Jean-Paul II et du même coup avec l’enseignement constant de l’Église fondé sur l’Écriture sainte !
    Ainsi le pape montre là sa capacité à mentir, et sur des matières importantes puisqu’elles impliquent l’enseignement de l’Eglise. CQFD.
    A celui qui prend connaissance avec attention de ces textes, on est fondé à poser la question: reconnaissez-vous qu’AL tronque le texte de FC de manière telle que le sens en est radicalement changé, et même inversé quant à la question de la délivrance de la communion à des personnes divorcées remariées ne pratiquant pas la continence? Et cette autre dans la foulée: reconnaissez-vous que ce faisant, le pape ment, à moins qu’il ne déraisonne si c’est inconsciemment qu’il s’éloigne de la vérité patente? A ces deux questions, celui auquel elles seraient posées ne peut répondre que par l’affirmative, sauf à mentir lui-même ou à déraisonner en se montrant lui-même inconscient de s’écarter de la vérité patente.

    Observons que certains esquivent, et c’est d’ailleurs ce que fait parfois le pape lui-même, en niant la pertinence de la question, qu’ils déclarent trop cartésienne… Ceux-là assument la déraison sous la forme, portée à son comble, de considérer que les lois universelles de la raison, ̶ qui sont pourtant les lois naturelles de l’intelligence déposées en lui par le Créateur ̶ à commencer par le principe de non contradiction selon lequel on ne peut valablement affirmer à la fois une chose et son contraire, ne vaudraient que dans le champ limité des sciences exactes !!! Ce qui porte la déraison, ou en fait le mensonge car qui peut honnêtement croire vraiment cela? Je rejoins là Henri qui note également cela, et tout comme lui, je vois que l’immense majorité des membres de l’institution ecclésiale mentent ou déraisonnent en soutenant le pape dans son mensonge ou sa déraison, et donnent ainsi de l’Eglise une image de cauchemar, celle d’un effondrement, chrétiennement, par l’éloignement du contenu de la foi, et même simplement humainement, car qu’est-ce que l’homme sans le respect de sa raison déposée en lui par le Créateur?.

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  15. Jean Rascol

    Le pape n’a rien dit sur Vigano . C’est Vigano qui a dit des choses sur le pape. C’est plutôt à lui de faire une démarche de réconciliation.

  16. Irène

    Réponse au post du 9 octobre 23h26 de Jacques

    Merci Jacques de votre post, dans lequel je me retrouve parfaitement quant à la manière dont vous résumez le message que j’essaie de faire passer… C’est bien volontiers que je réponds à la demande que vous y exprimez.

    Voici donc.

    Dans Amoris laetitia (AL), au n. 298, on peut lire ce qui suit à propos des divorcés remariés : « L’Église reconnaît des situations où ‘l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants ‒, remplir l’obligation de la séparation’ (FC n. 84). Il y a aussi le cas de ‘ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide’ (FC n. 84). (…). Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire ‘en distinguant attentivement’ les situations, d’un ‘regard différencié’ ».

    Encore dans AL, une note de bas page numérotée 329, rattachée au n. 298 (première phrase citée ci-dessus), indique la référence au n. 84 de FC et ajoute immédiatement : « Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘comme frère et soeur’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité, ‘la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis’ (CONC.OECUM.VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51) ».

    Dans AL toujours, cette fois au n. 299 qui fait suite, on peut lire encore : « J’accueille les considérations de beaucoup de Pères synodaux, qui ont voulu signaler que ‘les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant les situations de scandale’ ».

    Mais complétons les citations de FC n. 84 données partiellement par AL n. 298 :« Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canonique valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont eu parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide. Avec le synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie (…). L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. (…). La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux ».

    En rapprochant AL et FC, on constate certes une communauté de vues affichée dans AL sur deux points : premièrement, les situations de divorce et de remariage sont diverses et il convient d’être attentif à tenir compte de cette diversité selon un juste discernement ; deuxièmement il est nécessaire de veiller à ce que les divorcés remariés soient davantage intégrés à la vie de l’Église. Mais on n’en constate pas moins entre les deux textes une différence radicale, elle occultée dans AL, à propos de la discipline des sacrements applicable aux personnes divorcées remariées. En effet, FC offre sur ce sujet un développement qui rappelle la position constante de l’Église en des termes qui ne peuvent manquer de frapper par leur netteté en même temps que par leur vigueur évangélique. Or, CE DEVELOPPEMENT A ETE OMIS DANS AL, CE QUI DETRUIT L’EQUILIBRE DU PROPOS DE JEAN-PAUL II A PROPOS DES DIVORCÉS REMARIÉS, ET AVEC POUR RESULTAT DE LE CONTREDIRE SUR LE POINT DE LA COMMUNION. Car ce qui reste sur ce point dans le texte va dans le sens de l’ouverture possible aux personnes divorcées remariées même ne pratiquant pas la continence, cette ouverture étant notamment suggérée par la note fameuse note 351 d’AL, et ayant été depuis lors confirmée et même prétendument érigée au rang magistériel par le pape.

    En définitive, on donne à penser au lecteur que le discours d’Amoris laetitia à propos des divorcés remariés s’inscrit dans la continuité de celui tenu par Jean-Paul II dans Familiaris consortio, alors même qu’il rompt avec ce dernier en ce qui concerne la discipline des sacrements applicable aux divorcés remariés. En cela, on peut dire qu’Amoris laetitia prend Jean-Paul II comme caution pour rompre avec l’enseignement du même Jean-Paul II et du même coup avec l’enseignement constant de l’Église fondé sur l’Écriture sainte !
    Ainsi le pape montre là sa capacité à mentir, et sur des matières importantes puisqu’elles impliquent l’enseignement de l’Eglise. CQFD.

    A celui qui prend connaissance avec attention de ces textes, on est fondé à poser la question: reconnaissez-vous qu’AL tronque le texte de FC de manière telle que le sens en est radicalement changé, et même inversé quant à la question de la délivrance de la communion à des personnes divorcées remariées ne pratiquant pas la continence? Et cette autre dans la foulée: reconnaissez-vous que ce faisant, le pape ment, à moins qu’il ne déraisonne si c’est inconsciemment qu’il s’éloigne de la vérité patente? A ces deux questions, celui auquel elles seraient posées ne peut répondre que par l’affirmative, sauf à mentir lui-même ou à déraisonner en se montrant lui-même inconscient de s’écarter de la vérité patente.

    Observons que certains esquivent, et c’est d’ailleurs ce que fait parfois le pape lui-même, en niant la pertinence de la question, qu’ils déclarent trop cartésienne… Ceux-là assument la déraison sous la forme, portée à son comble, de considérer que les lois universelles de la raison, ̶ qui sont pourtant les lois naturelles de l’intelligence déposées en lui par le Créateur ̶ à commencer par le principe de non contradiction selon lequel on ne peut valablement affirmer à la fois une chose et son contraire, ne vaudraient que dans le champ limité des sciences exactes !!! Ce qui porte la déraison, ou en fait le mensonge car qui peut honnêtement croire vraiment cela? Je rejoins là Henri qui note également cela, et tout comme lui, je vois que l’immense majorité des membres de l’institution ecclésiale mentent ou déraisonnent en soutenant le pape dans son mensonge ou sa déraison, et donnent ainsi de l’Eglise une image de cauchemar, celle d’un effondrement, chrétiennement, par l’éloignement du contenu de la foi, et même simplement humainement, car qu’est-ce que l’homme sans le respect de sa raison déposée en lui par le Créateur?.

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