La présidente des scouts et guides de France ne veut pas « laisser l’Église à ses extrêmes »

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Responsable des relations sociales pour le groupe Danone, Marie Mullet Abrassart, 34 ans, préside depuis juin 2017 les Scouts et guides de France. Elle est interrogée dans La Croix :

Comment les Scouts et Guides de France voient la place des jeunes dans l’Église d’aujourd’hui ?

« Il va de soi que le mouvement s’interroge sur la place des jeunes dans notre Église, et sur la manière de les aider à entrer dans la découverte de Dieu et dans leur propre itinéraire de foi. C’est une question qui nous traverse depuis des années et s’accentue. On va beaucoup en périphérie pour ouvrir le scoutisme à des jeunes et à des familles qui ne connaissent ni notre mouvement, ni parfois la foi catholique. Nous rencontrons des jeunes ouverts, prêts à s’engager. Encore faut-il qu’on leur ouvre la porte de notre Église. À nous de prendre en compte leur cheminement individuel. Il ne faut peut-être pas arriver avec un chemin collectif déjà tracé et un peu dogmatique, mais il faut savoir s’adresser à eux comme ils sont, les prendre là où ils sont.

Les Scouts et Guides de France ont un rôle à jouer pour éviter l’enfermement. Chaque fois qu’une maladresse ou qu’un scandale arrive dans l’Église, cela entraîne une réaction défensive des catholiques : plutôt de se refermer sur nous, je pense que la solution est dans l’ouverture, dans l’écoute de ce qui n’est pas encore tout à fait ’nous’. Je voudrais aussi contribuer à faire vivre ensemble les diverses sensibilités, pour une Église une, universelle et en même temps riche de sa diversité. Ce n’est pas en devenant une Église dogmatique et qui prône une vérité parfois avec maladresse, que l’on parviendra à faire vivre ces différents courants.

Personnellement, comment vous situez-vous dans une institution touchée par les scandales ?

J’ai eu un chemin de foi assez sinueux, je me suis souvent reposé la question de savoir si je voulais, d’une part, être chrétienne et, d’autre part, dans l’Église catholique. Pour l’instant, j’ai, à chaque fois, répondu oui et ce oui, il m’engage à arrêter de râler et à essayer d’agir. Quand je faisais partie des responsables au niveau national de la branche 14-17 ans, alors que nous traversions une « mini-crise » au sein du mouvement, j’ai songé à démissionner. Un aumônier m’avait alors dit : « On ne quitte pas le bateau au moment où il coule. » Cette phrase m’est restée. Si on baisse les bras, si on s’en va, on laisse l’Église à ses extrêmes. Et moi, Marie, je ne veux pas laisser l’Église aux extrêmes. Je pense qu’elle a beaucoup à apporter et peut répondre à des enjeux d’aujourd’hui. C’est un chemin difficile mais plein d’espérance, aux vues du nombre d’acteurs qui s’y engagent. »

Comment voyez-vous l’Église de demain ?

J’aimerais une Église où la place de la femme est différente. C’est une des dernières instances de la société qui n’a pas répondu à cette évolution. Y compris dans l’institution : quelle place l’Église donne aux femmes ?

Aussi, je trouve que la dimension affective est souvent laissée de côté, alors que c’est un véritable axe de travail au sein du mouvement. Comment éduque-t-on cette dimension affective ? Je pense que les scandales de pédophilie viennent percuter cette lacune. La dimension affective fait partie de l’homme avec un grand H et doit davantage être prise en compte.

Enfin, je souhaite une Église à l’écoute des enjeux de son temps ; non pas pour s’y adapter et perdre son identité, son histoire, mais pour savoir adresser ses convictions à la société, les faire comprendre avec le ton de son temps. Dans le cas contraire, on ne parle pas aux jeunes d’aujourd’hui et nous ne sommes plus un repère. Demain, nous devons redevenir, comme on a pu l’être à une époque, un repère dans la société. »

13 comments

  1. Eve

    Discours incompréhensible “laissez l’Eglise à ses extrêmes” ?
    Quel brassage de mots pour manipuler les esprits afin de chercher le pouvoir et de créer des divisions dans l’Eglise.

    Qu’est ce donc que les extrêmes de l’Eglise ? Le Pape ? Les Commandements de Dieu ?

    Depuis presque 2000 ans que l’ Eglise existe ceux qui ont voulu y entrer d’un cœur pur n’ont eu aucun problème. Ils ont cru à l’Evangile et pour ne pas abjurer leur Foi ont accepté le martyre.
    Ils n’ont pas demandé des places d’honneur et du pouvoir. Les femmes n’ont pas convoité le Sacerdoce que Dieu a donné aux hommes (êtres masculins).
    Les femmes ! Mais les saintes n’ont jamais eu à demander d’autorisation à l’Eglise pour être saintes, ni pour écrire. Deux femmes sont Docteurs de l’Eglise. Elles ne sont pas allées revendiquer sur la place publique
    de renverser l’organisation de l’Eglise pour y avoir une part de pouvoir et d’orgueil.

    Au contraire, par leur humilité et leur Amour pour Dieu, l’Eglise les vénère.

    Au lieu de ce discours subversif, orgueilleux, impérieux, il serait mieux que les jeunes accueillent véritablement l’Evangile comme l’ont fait les jeunes de tous les temps en suivant les exemples des saintes et des saints qui nous ont précédés.

    A quoi peuvent donc servir des mouvements qui se disent d’Eglise si ces mouvements portent en eux le désir de puissance, d’orgueil, de prendre la place de ceux qui sont ordonnés dans le Sacerdoce ?

    Les mouvements dits d’Eglise doivent être au service de l’Eglise et non concourir à sa destruction.

    • Dominique Passon

      “discours subversif, orgueilleux, impérieux”. Ces mots sont particulièrement justes.
      J’ajouterais “sectaire, politiquement correct, dans l’air du temps”

    • emilie

      D’accord avec vos propos, Eve,
      j’ajouterai que cette jeune fille n’a pas été formée par le scoutisme qu’elle a pratiqué. Le vrai scoutisme apporte la connaissance de l’Evangile du Christ et forme les jeunes à l’apostolat, les aide à se réaliser avec les dons reçus et les préparent à tracer leur propre vie dans les pas du Christ.
      Quant à la place des femmes dans l’Eglise, il n’y a qu’à regarder Marie et les Saintes femmes et leur rôle dans les débuts de l’Eglise. Elles n’ont pas attendues qu’on leur fasse une place de choix, elles ont compris de suite qu’elles devaient se mettre au service des Apôtres. Il faudrait faire comprendre à ces petites demoiselles que le rôle de la femme n’est pas de briller en société mais de servir.
      Mais qui veut être serviteur à notre époque ?
      Dans l’Eglise actuelle, il y a la place de la femme mais veut elle cette place, elle qui refuse l’Enfant à naître ?

      Malheureusement le scoutisme de France a été noyauté par des anti-catholiques qui ont réussi à le détourner de la religion catholique. Ils en ont fait un genre d’ONG au service de la formation des jeunes dans les nouvelles idéologies ; le discours de cette demoiselle illustre parfaitement ce qu’est devenu le scoutisme français. Quel dommage !

      Mais remercions le Seigneur qui a suscité d’autres scoutismes heureusement !

  2. Bouteiller

    j’ai été scout de France, mais à une autre époque où la valeur de l’obéissance, de la BA etc existait encore.
    Aujourd’hui on veut tout remettre en cause pour suivre la dégénérescence de notre civilisation en prétendant que c’est en s’abaissant que l’on donne de l’espoir pour un monde meilleur.
    Or c’est dans l’effort, la difficulté que l’on se construit.
    Il est normal qu’il y ait des oppositions car le MALAIN n’arrête pas de travailler, mais il ne faut pas demander à l’Eglise d’assouplir la CROIX que Jésus a porté. L’enseignement du Christ est clair, la route est difficile mais avec Lui et Marie tout est possible…
    Faisons notre travail quotidien avec et pour l’amour de Dieu, et nos pour paraître aux yeux des hommes.

    Bon courage, car il en faut. En priant tout devient possible.

    • j’ai connu le scoutisme de France, il y a bien longtemps et je ne trouve pas qu’il ait beaucoup changé puisqu’à l’époque, il avait provoqué quelques “réactions” – l’apparition des scouts d’europe peut-etre un peu trop tradi
      aux dires de certains, mais aussi les scouts unitaires – ce sont ces deux mouvements qui nous donnent aujourd’hui beaucoup de jeunes attirés par la prétrise – Déo Gratias! pas les scouts de france, pas plus qu’il nous en donnait à l’époque,malgré tout alors les scouts de france se disait bien catholiques et ne charabiatait pas comme cette jeune dame…;

  3. Papilou de Normandie

    Extrêmes?! Quels extrêmes? Extrêmement catholiques? OUI et heureusement avec bien des mouvements de “sensibilités différentes”…mais nos jeunes ont gardé la Foi et vous les retrouvez dans tous les pèlerinages Chartres…Lourdes…Fatima..etc….puis plus tard souvent parents de familles nombreuses ayant le souci de la transmission de la Foi catholique avec une vie de famille, sociale et professionnelle normale! La Fidélité aux traditions, l’amour et le respect du Pays etc…en font un bon ferment pour l’avenir de l’Eglise (les vocations sont là!) et de la France même s’il souffle des vents contraires pour le moment! Beaucoup de sectarisme sur le fond madame Abrassart…et si vous pouvez remettre de l’ordre dans vos écuries avant de critiquer les autre ce serait faire preuve de charité! (bon encore un mot poussiéreux pour vous sans doute!! Vous préférez sans doute solidarité…bon désolé pour moi c’est le cœur d’abord!)
    Allez…prions ensemble et entraînez vous troupes dans ce chemin!

  4. gégé

    « On ne quitte pas le bateau au moment où il coule. » C’est bien…Encore faut-il écoper pour le remettre à flots au lieu de le charger de plomb!

  5. Hervé Soulié

    Marie Mullet-Abrassart ne fait qu’énoncer, cinquante ans après le clergé post-conciliaire, la théorie de “l’enfouissement”.
    Ne pas aborder l’autre avec le kérygme, mais l’adopter tel qu’il est.
    En attendant mieux, peut-être….
    Faut-il lui rappeler que “l’enfouissement” prôné par les conciliaires a complètement raté.
    Qu’au lieu du grain de blé tombé en terre et qui l’aurait fécondé, on a vu le grain de blé crever puis pourrir.
    Alors notre donzelle préconise d’appliquer la même méthode au scoutisme et à la jeunesse.
    Avec le même résultat sans aucun doute.
    Incidemment son langage doit ravir d’aise le journal la Croix qui prêche la même voie et la même impasse depuis des décennies, et qui heureusement a perdu la plus grande partie de ses lecteurs.

  6. Délivrande

    Elle crache sur l’Église traditionnelle mais ne vous inquiétez pas les Scouts de France qu’on ne voit jamais à la messe seront présents au rendez-vous début décembre pour vous vendre le calendrier à la sortie des messes
    Quand osera-t-on boycotter?
    Comme acheteur et comme prêtre de paroisse ?

  7. Aillet

    Madame,
    Pour répondre à votre question:
    Quelle place l’Eglise donne-t-elle aux femmes?, je vous invite à lire « mulleris dignitatem » de Saint Jean-Paul II.
    Quant à la dimension affective l’enseignement du même Saint Jean-Paul II sur la Théologie du Corps devrait vous rassurer.

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