De grandes divisions parmi les évêques au synode

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Mgr David Macaire, archevêque de St-Pierre et Fort-de-France en Martinique, fait partie des quatre évêques français présents au Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel organisé à Rome du 3 au 28 octobre. Il est interrogé par I Media; Extrait :

Quelles sont vos impressions et quelle a été la contribution des évêques francophones, en particulier des quatre prélats français ?

On remarque à la fois de grandes divisions, mais en même temps des corrélations, notamment sur le dynamisme de la jeunesse ou le fait qu’ils sont l’Église. Les évêques francophones représentent une petite internationalité : outre les Français, se trouvent des Orientaux, des Africains ou encore des Canadiens. Leurs façons de voir les choses sont parfois différentes. Par exemple, l’invasion de la technologie dans le corps humain, le cyborg : certains évêques n’en saisissent pas les enjeux – n’étant pas une priorité dans leurs diocèses – quand d’autres les comprennent tout à fait. Mais il y a une synthèse entre les évêques français. Je crois d’ailleurs que l’Église en France a un peu d’avance. Elle a de vraies richesses, notamment, car sa jeunesse a compris qu’elle était missionnaire.

Comment se manifeste cette prise de conscience ?

On observe chez les jeunes catholiques en France une militance, notamment dans les groupes de jeunes, dans les communautés nouvelles ou à travers le scoutisme. Un évêque a rappelé que, pour le pape Pie XII, si l’on n’est pas missionnaire ou militant, on est un apostat.

Or les jeunes catholiques français sentent qu’ils ont une responsabilité par rapport au Christ et à son Église. Globalement, on n’a pas à les en convaincre. Ainsi, lorsque le Pape s’en prend au cléricalisme, il ne dénonce pas tant un certain autoritarisme des clercs que la vision de certains laïcs de tout faire reposer sur les clercs. Les jeunes catholiques montrent au contraire qu’ils ont compris leur mission. Ils ne pensent pas que l’on doit agir uniquement lorsque l’on est religieux ou prêtre. […]

Le ministère des prêtres est-il lui-même questionné ?

L’un des enjeux de ce synode est précisément de réfléchir au ministère du prêtre. Selon les jeunes dans l’Instrumentum laboris, là où les prêtres sont libres des soucis financiers et organisationnels, ils peuvent se concentrer sur le travail pastoral et sacramentel. En tant qu’évêque, j’observe en effet des prêtres qui s’épuisent dans des tâches secondaires. Le saint Curé d’Ars passait 18  heures par jour dans son église à prier et à confesser ! Aujourd’hui, les prêtres n’en ont plus le temps. Il faut donc qu’ils soient plus disponibles, notamment pour l’accompagnement des plus fragiles, des jeunes et des familles. Le ministère du prêtre est là pour sanctifier les chrétiens et pour évangéliser les païens. Toutes les questions matérielles doivent donc être en vue de ces objectifs. […]