En Une

Etude L’expérience de la Tradition ou la “Tradition intégrale” ? la situation actuelle de la FSSPX

Commentaires (11)
  1. Extrait de la conclusion
    Ce n’est donc pas une simple question prudentielle qui est en jeu ; ce n’est pas seulement une querelle entre ceux qui sont « pour l’accord » et ceux qui sont contre. L’enjeu est ecclésiologique, c’est la vision qu’on a de l’Église et de la foi catholique, et de la place qui revient à la Tradition dans l’Église. Ce sont deux visions différentes et bien peu compatibles : d’un côté nous aurions celle de la préservation d’une prétendue « Tradition intégrale » qui se suffirait à elle-même et se satisferait de sa situation en dehors des structures canoniques de l’Église. De l’autre, nous aurions des âmes se réjouissant de multiplier les expériences de la Tradition, en travaillant à les faire légitimer et à les répandre malgré leur inévitable et imparfaite variété, une variété qui accompagnera toujours la vie chrétienne d’ici-bas jusqu’au jour où, avec l’aide de Dieu, nous jouirons de la liturgie céleste, qui seule sera intégralement et parfaitement harmonieuse, sans plus l’ombre d’une division et d’un défaut.

  2. fg dit :

    M L’abbé Citati aimerait, comme beaucoup d’entre nous, que la FSSPX ne soit plus dans une position canoniquement bancale.
    Mais la situation actuelle n’est pas du à une posture ou un raidissement orgueilleux de la FSSPX: c’est bien plus profond que ça, et l’épisode du Covid a été un véritable révélateur.
    Beaucoup (la quasi-totalité, en réalité) des prêtres diocésains et même des sociétés EcclesiaDei se sont facilement accommodés des contraintes imposées par les autorités civiles, qui se sont traduites par l’impossibilité d’administrer ou de recevoir les sacrements, en particulier celui de l’eucharistie. La communion spirituelle a été décrétée aussi efficace que la communion sacramentelle et j’en passe, alors qu’il n’y avait aucun risque, en s’y prenant convenablement, (distance de 3m, masques) pour communier au moins à Pâques. La présence réelle ne semble plus une conviction suffisamment ancrée dans le clergé (ni parmi les fidèles a fortiori) pour que le désir de communier ait été anesthésié à ce point.
    La FSPPX a été seule à s’émouvoir que les piscines de Lourdes aient été fermées. Certains évêques déclarant qu’il ne fallait pas attendre de Dieu qu’Il fasse des miracles, certains prêtres mélangeant la vertu de prudence avec ce qui ressemble à de la soumission, pour ne pas dire autre chose.
    Personnellement, je pense qu’il vaut mieux risquer avec une probabilité de 0.001% de succomber au Covid que de risquer à 100% de tomber dans le relativisme.
    On ne peut pas reprocher aux prêtres de la FSSPX d’être un peu réservés sur la réintégration pleine et entière dans l’Eglise de Rome, sachant qu’il leur sera demandé de se fondre dans une communauté qui, pour une large part, ne partage pas la même Foi.

  3. Marek dit :

    Si je comprends bien, Don Angelo Citati, que vous présentez comme “prêtre de la FSSPX”, Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, est en réalité prêtre de la FSSP, Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Cela va mieux en le disant. Qu’il y soit heureux et apaisé, loin des querelles stériles et infondées, des interprétations hasardeuses des écrits, pensées supposées, et attitudes rapportées de Mgr Lefebvre. Qu’il se consacre entièrement à son apostolat sans se consumer en exégèses, analyses, articles et éditoriaux alambiqués, réponses et contreréponses au professeur truc, au docteur machin, à l’évêque honoraire du bamboustan, ou que sais-je? Les séminaristes de la FSSPX doivent se persuader que leur vie ne sera pas un long fleuve tranquille. S’ils préfèrent dans leur for interne une vie ecclésiastique peinarde à humer l’odeur du foutou dans une sacristie perdue des confins du Bas-Maine, qu’ils y réfléchissent tout de suite.

  4. bgousson dit :

    “Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit”.

  5. Gui dit :

    De la part d’un chrétien d’Afrique, triste et dépité !

    C’est dommage et décevant à la fois de voir la FSSPX se radicaliser sous nos yeux.
    En cela, elle n’est aucunement différente des sectes protestantes qui pullulent partout et dont le refus de l’autorité pontificale et la haine de l’Eglise constitue la matrice de leur combat.
    Il est triste de constater impuissant la très catholique FSSPX leur emboîter peu à peu le pas sur cette question.
    Peut-être ne serait-il-pas superflu de rappeler, à la FSSPX, que c’est en la personne de Pierre et surtout pas à la FSSPX que le Christ a bâti SON EGLISE. J’insiste bien « SON EGLISE ».
    C’est bien cette Eglise, une, sainte catholique et apostolique, sans rides ni tâches que le Christ a confié à ce pauvre pêcheur, inculte, sans consistance théologique, pécheur à souhait, qui reconnaissait lui-même sa petitesse (“éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur”).
    Il est curieux de remarquer que même après cette consécration solennelle, le Christ prononcera immédiatement après, quelques versets plus loin, un exorcisme fulgurant : “arrière de moi satan, car tes pensées sont celles des hommes”.
    Lors de la passion, il n’a pas hésité à le renier par trois fois (“je ne connais pas cet homme”).
    Malgré cela, le Christ maintiendra sa promesse en sa personne en lui donnant le pouvoir de lier et de délier, c’est à lui qu’on confiera les clés du royaume. S’il ferme personne n’ouvre, s’il ouvre, personne ne ferme.
    Alors que le Christ passait de ce monde vers son Père, il allait cependant renouveler une fois pour toute sa confiance en lui. Pour cela, il ne lui demandera pas s’il était saint, mais bien s’il l’aimait.
    Cette alternance entre le bon grain et l’ivraie a traversé le cœur de Pierre tout au long de l’histoire de l’Eglise. Pierre a souvent oscillé entre le bon et le moins bon, voire carrément le mauvais.
    C’est précisément dans l’un de ces moments d’égarement qu’il ferma la porte à certains de ses vaillants enfants pour se laisser courtiser par les sirènes du modernisme.
    Ces enfants abandonnés dans leur sort pour les besoins de la cause, se sont regroupés au sein de la FSSPX et ont courageusement bataillé pour réintégrer la mère patrie (l’Eglise) en gardant précieusement avec eux les perles précieuses de la tradition que Pierre avait jetées aux cochons.
    Cette bataille n’a pas été vaine, d’autres ordres religieux à caractère traditionnalistes ont même vu le jour.
    Il est surprenant d’apprendre sur ce point que la FSSPX semble ne pas voir d’un bon l’émergence de ce soutien inespéré. Il semblerait qu’elle ne fait pas bon accueil aux membres de l’Eglise qui ne sont pas de la FSSPX et qui œuvrent pour que la tradition retrouve pleinement sa place dans l’Eglise.
    Serait-elle, comme les ouvriers de l’évangile contre les ouvriers de la onzième heure ? Où courroucé pour le retour de l’enfant prodigue ?
    La situation désastreuse qu’a connu l’Eglise qui est en occident, à cause du refus de la tradition, où seules les paroisses, voire les diocèses qui gardaient encore un petit zeste de la tradition dans leurs rangs, sortaient encore la tête de l’eau a été, et est toujours traumatisante.
    Est-ce à cause de cette situation catastrophique que Pierre a reconsidéré un tout petit peu ses positions ? En tout cas, il a réouvert les portes qu’il avait jadis fermées à la FSSPX.
    En effet, Benoit XVI a voulu « réparer ? » le drame de cette séparation. Il a tendu la main à la FSSPX en réhabilitant officiellement la messe traditionnelle et en engageant des pourparlers avec la FSSPX. S’il avait émis quelques conditions, son prédécesseur, François, lui qui pourtant ne vibre pas du tout au même diapason que la FSSPX sur la vision de l’Eglise, leur a largement ouvert les portes sans conditions.
    On se serait attendu à des messes solennelles d’action de grâce. Dieu a visité son peuple.
    Mais surprise sidérale : la FSSPX a refusé la main tendu de Pierre ! Elle refuse de réintégrer l’Eglise du Christ, aussi stupéfiant que cela puisse paraître.
    Tout ce combat pourquoi ? Pour rien ?
    Confond-t-elle l’Eglise du Christ aux hommes qui la composent ? Comme l’a fait Martin Luther en son temps ?
    Ne commet-elle pas là le péché capital par excellence ? Le capitaine des péchés à savoir l’orgueil qui est, selon le catéchisme, le vice de celui qui s’estime plus que les autres et recherche la gloire, la vertu contraire étant l’humilité ?
    La FSSPX, s’estime-t-elle plus que les autres au nom de la tradition ?
    Dans ce cas ne ressemble-t-elle pas au pharisien qui était allé prier au temple et qui disait : « Seigneur, je ne suis pas comme ce publicain, adultère, voleur… je paie ma dime etc… » ?
    Est-elle vraiment bien consciente que l’Eglise n’appartient ni à Jean, ni à Paul, ni à Benoit, ni à François mais bien au Christ ?
    Ne doit-elle pas sauter sur l’occasion qui lui est offerte pour la réintégrer sans délai ?
    Si elle est vraiment la lumière du monde, pourquoi reste-elle sous le boisseau (c’est-à-dire dehors) ? Pour quel intérêt ?
    Ne devrait-elle pas se laisser placer au centre de l’Eglise (sous la forme d’une prélature par exemple) ? Pour qu’en voyant ses bonnes œuvres on puisse glorifier notre Père qui est au ciel ? Surtout pour nous autres, qui ne connaissons rien de la tradition ?
    Que fait-elle de l’adage venant de la tradition qui dit « hors de l’Eglise point de salut ? »
    Attend-t-elle de Dieu qu’il descende du ciel pour la supplier de réintégrer son Eglise ?
    Sur ce point, elle attendra longtemps, peut-être jusqu’à la fin des temps. Le drame de la séparation pesait sur les épaules de Pierre, maintenant elle pèsera sur les épaules de la FSSPX, jusqu’à la fin des temps. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

  6. à “Summorum Pontificum” qui semble être juge et partie de ce texte.
    N’aurait-il pas été plus simple de relever, à la lecture de ce texte, que l’expression utilisée par Mgr Lefebvre :
    “Laissez nous mener l’expérience de la Tradition” avait quelque chose d’ambigû.

    sans minimiser bien sûr le service immense qu’il a rendu à l’Eglise catholique dans ces années désastreuses du Concile Vatican II et de l’après-Concile.

    à toutes fins utiles, dans l’Eglise anglicane et chez les Luthériens (en Allemagne, par exemple), des groupes mènent une expérience de la tradition liturgique, et veulent lier cette tradition à la reconnaissance du magistère….sauf que nous nous trouvons en présence d’Eglises protestantes…..
    Aussi, lorsque la Fraternité Saint Pie X se dit “plus que catholique”….s’aperçoit-elle que ce “motto” est typiquement protestant ?

  7. José Vidal Floriach Pbr dit :

    J´ai été six ans à la Fraternité Saint Pie X comme Cooperateur,. Je pensai qu´au mois Juin 2012, on arriverait au ralliement. La chose n´a pas èté comme ça. J´ai quitté la Fraternité. Mr. l´abbé De Cacqueray y et Mr. l´abbé Jacques Laguerie ont essayer de me faire reflechir. Je suis allé sur les Saint Pierre. Je me souvient de la charité fraternelle de Mgr. Fellay, Mr. l´abbé De Cacqueray, Mr. l´abbé Patrick Duverger, de l´ensemble de la Fraternité Saint Pie X. Après un mois chez les Saint Pierre, j´ai été deçu. Il m´est arrivé un problème de santé et on m´a renvoyé d´une manière pas charitable.
    Je comprens que peut être il y a des points qui puissent être soumis à discussion. Mais a près la fois c´est la charité une première regle. Je prie toujours pour les intentions et les apostolats de la Fraternité Saint Pie X. Qu´elle puisse toujours attirer des saintes vocations au sacerdoce.

  8. Picard Destelan dit :

    La question est de savoir si ceux qui se prétendent “Traditionnels” sont catholiques. D’une part, leurs discours sur l’infaillibilité du Pape et de l’Eglise est à l’opposé de la doctrine catholique, et d’autre part, leur présentation des faits est entachée par des erreurs doctrinales de type gallicane et protestante. Les uns et les autres refusent d’admettre la révolution dans l’Eglise et la prise du pouvoir par des apostats. Les uns font des courbettes, les autres des rodomontades mondaines. Il est vrai que tout est parti sur un mensonge( Itinéraires, Madiran) avec le “seulement si”…niant l’infaillibilité du magistère ordinaire et occultant la gravité de la crise, la prise du pouvoir pontifical par des apostats qui sont des antipapes. Et il y en a eu beaucoup dans l’Eglise…. Quand aux sacrements de cette nouvelle église, la révolution a touché le sacrement de l’ordre. Ceux qui le reçoivent ne sont pas des clercs catholiques mais des clercs de l’église conciliaire c’est à dire moderniste, apostate, hérétique. Et il ne peut y avoir de communion avec eux. Ils peuvent célébrer la messe dite de Saint Pie V cela ne fera pas d’eux des prêtres ni que leurs sacerdoce sera valide et qu’ils aient le pouvoir de transmettre les grâces liées aux sacrements dont l’eucharistie et la pénitence. C’est bien pourquoi Mgr Lefebvre a voulu un séminaire avec le rite sacerdotal catholique pour transmettre le sacerdoce catholique. Mgr Fellay, d’après une source bien informée, en 1994, a reconnu la légitimité de Woityla, des “épiscopats”, du magistère de ces gens, du coup d’état de vatican II, des réformes, la validité des sacrements dont celui de l’ordre (Montini), des canonisations….A charge pour lui d’exclure les récalcitrants et de faire évoluer les clercs et les fidèles vers cette apostasie conciliaire. Une autre équipe, dit cet Abbé, dirige la FSSPX avec des orientations opposées. Je ne le crois pas. Mgr de Galarreta comme le Supérieur, l’Abbé Pagliarini, et l’abbé Bouchacourt ont eu des responsabilités importantes en Argentine et la FSSPX a été reconnue la-bas grâce à Bergoglio comme l’équipe précédente avaient de bonnes relations avec Ratzinger. Autre coup d’Etat au sein de la FSSPX, la nomination de Mgr Fellay et de l’abbé Schmidberger au Conseil, continuité oblige. Politique des petits pas…

  9. à RC.

    J’aimerais bien que mes réponses faites à deux intervenants (BGOUSSON et FG) soient publiées, ne serait-ce que pour étayer mon point de vue et éviter qu’il soit tronqué. Ce serait plus honnête, il me semble.

  10. Arome dit :

    C’est compliqué de juger la foi des autres. C’est encore plus compliqué de juger l’Eglise ! Merci à RC de cette publication qui introduit de la nuance dans une situation complexe. Tout n’est pas rose dans la Fsspx, et pourtant on y trouve du bien. Il serait encore meilleur si la Fsspx reintegrait pleinement l’église :de grandes grâces de paix et de compréhension seraient données. Tout n’est pas rose dans l’église, et pourtant elle a les promesses de la vie éternelle, et Pierre la mission de confirmer la foi de ses frères. Cela n’empêche pas la discussion virile au sein de l’église : pour détourner un avion, il vaut mieux être dedans. À l’inverse, dehors, et dans les commentaires publiés, il y a beaucoup de pleurs et de grincements de dents. Ce n’est pas bon signe– mes frères rentrez-vite !

  11. Arome dit :

    @Marek : bonjour, depuis combien de temps avez-vous quitté l’Eglise pour croire que la vie des curés est paisible en paroisse “dans le Bas Maine” ? Merci pour votre mépris de nos provinces, nous aussi on vous aime.

    Ensuite, quand vous connaîtrez ce qu’est le calvaire depuis plus de trente ans des prêtres qui oeuvrent en paroisse pour redresser la situation, vous parlez plus prudemment. Beaucoup de prêtres des générations Benoît XVI, Jean-Paul II ou antérieures, s’efforcent courageusement, jusqu’au bout de leurs forces et au-delà (burn-outs, suicides…) de reconquérir les paroisses pas à pas. L’adversité qu’ils ont à affronter est féroce, et ils ne peuvent pas vraiment compter sur le soutien des “purs” qui rajoutent à l’insulte, mais de loin…

    Union de prières,

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas visible. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile.

Traduire le site »