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Mgr Lefebvre et le maurrassisme

Commentaires (4)
  1. Jean dit :

    Il me semble qu’il ne s’agit pas du tout d’un problème franco-français, car il s’agit de la question de la sécularisation de l’eschatologie.
    Comme Feuerbach, et finalement la plupart des athéismes, on (notre culture et Maurras de manière particulièrement séduisante et d’autant plus difficile à discerner) pioche dans le christianisme des “valeurs” qui assureront à l’homme le salut de l’homme par lui-même. Chez Maurras, le christianisme est instrumentalisé : promesse immanente pour lui-même, promesse de succès pour la religion.
    Le catholicisme devient un système, alors qu’il est en soi une source : on peut s’abreuver à une source, mais vouloir la conserver, c’est une promesse qui aboutit à l’eau croupie.
    Le catholicisme est donc chez lui une caution à l’idolâtrie, et deviendrait idolâtre s’il n’avait pas réagi…
    Toutes choses égales par ailleurs (elles ne le sont pas), le maurrassisme peut être comparé aux théologies de la libération.
    Le problème dépasse donc largement les frontières de notre pays.

  2. Benoît Lobet dit :

    Entièrement d’accord avec Jean : voir à ce sujet le dialogue déchirant entre Maurras et Bernanos, précisément sur ces questions et sur l’instrumentalisation du catholicisme à des fins politiques.

  3. Arnold dit :

    Si l’Eglise a condamnée le maurrassisme, c’est bien parce qu’il contredisait le sens du catholicisme et l’analyse de Jean est excellente.
    Au-delà de l’idéologie, le maurrassisme a, d’une certaine façon, perturbé la forme du catholicisme : de nombreux catholiques ont été instrumentalisés par Maurras et se sont ensuite retrouvés dans les combats politiques des ligues et autres… Le pb n’est pas de participer à ces combats, mais c’est d’assimiler le catholicisme à ces combats et d’imaginer qu’il faille se battre pour la foi en utilisant des voies d’action qui relèvent de la politique et non de la foi… Ainsi, utiliser les processions, les messes en public et de masse comme autant de démonstrations de force sont un détournement de la foi à des fins politiques et c’est en cela qu’un certain comportement des intégristes catholiques et maurrassien. La foi ne peut être l’enjeu d’un combat droite-gauche… Lefebvre contre Golias… La foi est avant tout un combat intérieur : contre soi-même. le traditionalisme est donc idéologiquement un maurrassisme d’action et quant à Mgr Lefebvre, sa famille était profondément maurrassienne, son père lecteur assidu de l’AF, et son passage au séminaire français de Rome avec le Père Le Floch a aussi laissé des traces en lui inculquant une attitude en définitive très maurrassienne…

  4. Kris Vancauwenberghe dit :

    Arnold dit “son passage au séminaire français de Rome avec le Père Le Floch a aussi laissé des traces en lui inculquant une attitude en définitive très maurrassienne…”. C’est s’avancer beaucoup sans étayer ses dires. Mgr Lefebvre a toujours témoigné de façon très nette du fait que le P. Le Floch n’avait pas de liens avec l’AF et ne faisait pas de politique. Si Arnold prétend voir daes influences maurrassiennes dans la formation reçue par l’abbé Lefebvre sous la férule du P. Le Floch, le minimum serait de donner des références précises.

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