Riposte Catholique
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Un évêque espagnol sauve l’honneur de l’Église
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Une grande nuit religieuse s’étend sur la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne : sous prétexte d’épidémie et de “principe de précaution”, appliqué de manière manifestement disproportionnée, toutes vies sont suspendues, même la plus importante de toute, la vie sacramentelle de l’Église. En France, dans de nombreux diocèses, plus de messes publiques, en tout cas de messes dominicales, plus de baptêmes, plus de mariages, les évêques ayant anticipé ou amplifié les décisions gouvernementales. Les cours de catéchisme ont cessé dans les paroisses. On semble revenu aux pires heures de la Révolution.

Pour l’honneur de l’Église, un évêque diocésain, Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque d’Alcalá de Henares, près de Madrid, dans un entretien du 20 mars donné à Andrea Zambrano a fait savoir qu’il avait décidé de maintenir messe et communion dans son diocèse pendant l’épidémie actuelle, avec toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation de la contagion : « En tant qu’évêque, j’ai décidé de maintenir les églises ouvertes et de respecter l’horaire habituel des célébrations de la Sainte Messe. Je veux ainsi offrir aux fidèles le signe que l’Église n’abandonne pas ceux qui ont besoin de l’aide de Dieu, en particulier des sacrements. À cette fin, nous organisons les célébrations en suivant toutes les directives préventives recommandées par les autorités sanitaires (1).

L’Homme nouveau rapporte le soutien que le cardinal Burke a immédiatement apporté à l’évêque espagnol. Mgr Athanasius Schneider parle de « dictature sanitaire », qui a pour effet « l’interdiction croissante et sans compromis de toute forme de culte public ».

Dans l’article qu’il consacre à la consolante nouvelle venue d’Espagne, L’Homme nouveau pose la question : « À quand un évêque français ? ».

Nous reprenons, pour notre part, cette question au nom de tous les catholiques de France : dans quinze jours s’ouvre la Semaine Sainte, dans moins de trois semaines sera la fête de Pâques. Nos pasteurs, permettront-ils que le culte public de l’Église continue d’être ainsi enchaîné pour le plus grand dommage des âmes ?

(1) L’information a été donnée en premier par Le Petit Placide. Le texte complet a été traduit par Jeanne Smits.

Année sainte Geneviève à Paris : veillée de prière et d’accueil à la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile
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Communiqué.

Durant cette année 2020, le diocèse de Paris célèbre le 1600 ème anniversaire de la naissance de sainte Geneviève, patronne de la cité. Dans le cadre de cette année jubilaire est organisée dans tout le diocèse une veillée de prière le samedi 25 janvier sur le thème « Eglise ouverte pour sainte Geneviève ». À cette occasion, la Paroisse saint Eugène-sainte Cécile (rue Sainte Cécile, 75009 Paris) propose un accueil organisé autour des moments liturgiques suivants :
– 19 h : Messe solennelle de sainte Geneviève selon la forme extraordinaire du rite romain avec bénédiction du cierge et des petits pains de sainte Geneviève – Distribution des pains bénits
– 21 h : Matines chantées de la fête de sainte Geneviève selon le propre de l’église Saint-Étienne-du-Mont et de l’ancienne Abbaye de sainte Geneviève (Invitatoire et 1 er nocturne)
– Vers 22 h 30 : exposition du Saint-Sacrement et adoration
Durant toute cette soirée une illumination intérieure de l’église et un accueil des personnes de passage seront organisés.
De plus, il est à noter que le mardi 21 janvier et le dimanche 2 février, les reliques de sainte Geneviève seront exposées dans l’église de la paroisse Saint Eugène-Sainte Cécile

Contacts : 4 rue du Conservatoire 75009 Paris – Tél. 01 48 24 70 25 – [email protected]

2019 : le lourd bilan des missionnaires catholiques tués dans le monde
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L’année 2019 se terminera demain. Aujourd’hui, l’Agence Fides dresse un bilan des missionnaires tués dans le monde au cours de l’année qui s’achève. En tête des continents, pour le nombre des victimes, figure cette année, comme pour la précédente, l’Afrique.

Selon les informations recueillies par l’Agence Fides, au cours de l’année 2019, ont été tués de par le monde 29 missionnaires, en majorité des prêtres, à raison de 18 prêtres, 1 diacre permanent, 2 religieux non prêtres, 2 religieuses et 6 laïcs.
En Afrique, ont été tués 19 prêtres, 1 séminariste et 1 laïque (21) ; en Amérique, ont été tués 12 prêtres et 3 laïcs (15) ; en Asie, ont été tués 3 prêtres (3) et en Europe a été tué 1 prêtre (1). Après huit années consécutives durant lesquelles le nombre le plus élevé de missionnaires tués avait été enregistré en Amérique, depuis 2018, c’est l’Afrique qui se trouve au premier rang de ce classement tragique. En Afrique ont ainsi été tués 12 prêtres, un religieux non prêtre, une religieuse et une laïque (15). En Amérique ont en revanche été tués 6 prêtres, 1 diacre permanent, 1 religieux non prêtre et 4 laïcs (12). En Asie, a été tuée une laïque alors qu’en Europe a été assassinée une religieuse.
Une autre note est donnée par le fait que s’enregistre une sorte de « mondialisation de la violence ». Si par le passé, les missionnaires tués étaient en grande partie concentrés dans une nation ou une zone géographique, en 2019, le phénomène apparait plus généralisé et plus diffus. Ont ainsi été baigné du sang des missionnaires 10 pays d’Afrique, 8 d’Amérique, 1 d’Asie et 1 d’Europe.

Adeste Fideles !
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Voici une interprétation particulièrement puissante de l’un des plus beaux chants de Noël, entonné encore dans nos paroisses dans sa version latine ou ses adaptations en langues vernaculaires. L’Adeste Fideles, Accourez fidèles, n’est pas antique puisqu’il remonte au XVIIIe siècle, et le poème est généralement attribué à l’Anglais John Francis Wade (né en 1710 ou 1711 et décédé en 1786), un catholique jacobite exilé à Douai, dans le Nord de la France. La version que nous vous proposons d’écouter possède deux singularités. Elle a été entièrement enregistrée à Bethléem en 2013, dans l’environnement même qui vit la naissance du Sauveur du monde. Et elle est interprétée par un ténor exceptionnel qui est aussi un religieux : Frère Alessandro, franciscain italien de l’ordre des Frères mineurs (OFM), né à Assise en 1978. Écoutez cette splendeur dans l’esprit qui convient à ce jour de Noël : celui de l’adoration !

Saint et joyeux Noël à tous les lecteurs de Riposte Catholique !

 

Vidéo : une belle méditation en cette veille de Noël !
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Elle nous vient du Canada, et plus précisément de la Belle Province et du Québécois Sam, un formidable évangélisateur sur la toile. La journaliste et amie Jeanne Smits a débusqué cette vidéo sur sa chaîne YouTube Sam’parle. et ça nous parle aussi avec l’accent… La vidéo remonte à décembre 2018 mais, contrairement à moi, elle n’a pas pris une ride.

 

 

Club des Hommes en Noir : hommage à Jean de Viguerie ; quelle attitude face au Saint Sacrement ?
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Le dernier épisode du Club des Hommes de Noir de nos confrères de L’Homme Nouveau, mis en ligne le 20 décembre dernier, réunissait, autour de Philippe Maxence, l’abbé Claude Barthe, un des piliers de ce “club”, mais aussi deux “nouveaux venus” : le Père Paul Cocard, de la Communauté Saint-Jean, et l’abbé Alain Lorans, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Après un digne hommage à l’historien Jean de Viguerie tout juste rappelé à Dieu dont les œuvres ont marqué plusieurs générations et en inspireront encore beaucoup d’autres, le débat s’instaure sur l’attitude – ou plutôt, les attitudes – qu’il convient d’adopter en présence du Saint-Sacrement. Un rappel qui n’est pas sans intérêt après un demi siècle au cours duquel on a pu amèrement constater une certaine désinvolture…

Le pape François, Marie et la notion de co-rédemption
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Ecclesia Dei adflicta. Pie XI avait déclaré le 30 novembre 1933 : « Le Rédempteur se devait, par la force, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en laquelle Jésus consommait le rachat de tous les hommes ».

Mais le Pape François a estimé, le 12 décembre 2019, que la Vierge Marie n’était pas « Corédemptrice » et qu’il n’était pas nécessaire de « perdre du temps » avec ces tonterias (« absurdités, sottises, inepties »).

Nous publions ci-après l’article d’un éminent mariologue, dont il nous a semblé, compte tenu du climat qui règne dans les Universités catholiques, ne pas devoir dévoiler le nom.

*

À propos de la stupéfiante déclaration du Pape François, lors de l’homélie de la messe de Notre-Dame de Guadalupe, à Saint-Pierre de Rome, le 12 décembre 2019

La Vierge Marie n’est pas une « Corédemptrice » et il n’est pas nécessaire de « perdre du temps » avec de nouveaux dogmes, a déclaré le Pape François dans la messe dédiée à la Vierge de Guadalupe, le 12 décembre 2019, qui a qualifié l’idée de ce nouveau dogme de « non-sens ».

Selon le Saint-Père François, est « absurde » du moins, la suggestion même de proclamer de nouveaux dogmes mariaux : « Elle n’a jamais voulu pour Lui-même ce qui appartenait à son Fils » a affirmé Le Pape François. « Elle ne s’est jamais présentée comme co-rédemptrice. Non. Mais Disciple ». Et il insista : « Elle n’a jamais volé pour elle ce qui appartenait à son Fils », préférant « Le servir. Parce qu’elle est mère. Elle donne la vie ».

Et il conclut : « Quand ils viennent à nous avec l’idée de la déclarer Corédemptrice ou de proclamer ce dogme, ne nous perdons pas dans l’absurdité » 1.

Outre la forme, et donc le ton particulièrement incisif, voire agressif, sur le fond, on ne peut que déplorer le refus présenté comme irrévocable d’une initiative présentée comme une « absurdité », qui, cependant, comme on va le voir, a bénéficié de la faveur de nombreux papes, théologiens et saints.

Enfin, il est dommage que ces propos polémiques aient été tenus dans l’action liturgique de la sainte Messe, pendant l’homélie. Ils auraient pu faire l’objet d’un discours avec une réflexion nuancée et prononcée sur un ton paternel.

Le Magistère pontifical : permanence et approfondissement

Le thème de la médiation maternelle de la Vierge Marie au pied de la Croix rédemprice a fait l’objet d’un enseignement constant et sans cesse plus approfondi du Magistère pontifical. Après avoir cité les Souverains Pontifes de Léon XIII jusqu’à Benoît XVI, et en omettant volontairement, dans un premier temps, Jean-Paul II, nous verrons ensuite que ce dernier est allé aussi loin que possible dans cet approfondissement, préparant ainsi le terrain à la proclamation éventuelle d’un cinquième dogme. Enfin, nous évoquerons l’apparition de Notre-Dame de tous les peuples d’Amsterdam, reconnue officiellement en 2002.

Léon XIII et saint Pie X

De Léon XIII, cet extrait de la lettre encyclique Adjutricem Populi (sur le Rosaire) du 5 septembre 1895 : « Après avoir été associée au mystère de la rédemption des hommes, elle est aussi associée à la dispensation de la grâce qui, de ce mystère, devait dériver sur tous les temps : c’est là un pouvoir preque illimité qui lui a été conféré ».

De saint Pie X, cet extrait de la lettre encyclique Ad Diem illum Laetissimum du 2 février 1904 : « Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge “debout auprès de la croix, saisie sans doute par l’horreur du spectacle, heureuse pourtant de ce que son Fils s’immolait pour le salut du genre humain, et, d’ailleurs, participant tellement à ses douleurs que de prendre sur elle les tourments qu’il endurait lui eût paru, si la chose eût été possible, infiniment préférable” (S. Bonav., I Sent., d. 48, ad Litt., dub. 4). La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie “mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue” (Eadmeri Mon., De Excellentia Virg. Mariæ, c. 9), et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang […]. Du fait que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite « de congruo », comme disent les théologiens, ce que le Christ Jésus nous a mérité « de condigno », et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces ».

Benoît XV et Pie XI

L’idée de proclamer le caractère “co-rédempteur” de Marie – c’est-à-dire qu’elle participe au pouvoir rédempteur de son Fils – est récurrente puisque le Pape Pie XI en a parlé au début du siècle dernier. À des pélerins de Vicenza en Italie, le 30 novembre 1933, il déclarait : « Le Rédempteur se devait, par la force, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en laquelle Jésus consommait le rachat de tous les hommes. C’est précisémment au pied de la croix, durant les derniers moments de sa vie, que le Rédempteur l’a proclamée notre Mère, et la mère de tous : “Voici ton fils”, lui disait-il, en parlant de Saint Jean qui nous représentait tous. Et nous-mêmes nous étions tous en cet apôtre pour recueillir ces autres paroles du Sauveur : “Voici ta Mère” ».

Le prédécesseur de Pie XI, Benoît XV, dans une homélie datant de 1920 à l’occasion de la canonisation de saint Gabriel de la Vierge douloureuse et de sainte Marguerite Marie Alacoque, déclarait : « Mais les souffrances de Jésus ne peuvent être séparées des peines de Marie. Tout comme le premier Adam eut une femme comme complice dans sa rébellion contre Dieu, le nouvel Adam voulait qu’une femme partage son œuvre en rouvrant les portes du ciel aux hommes. De la croix, il s’adressa à sa Mère douloureuse en tant que “femme” et la proclama la Nouvelle Ève, la Mère de tous les hommes pour qui il est mort afin qu’ils aient la vie ».

Du même Pape Benoît XV : « Tellement, en même temps que son Fils souffrant et mourant, elle souffrit jusqu’à en mourir presque, et Elle a renoncé de telle sorte à ses droits maternels sur son Fils, pour le salut des hommes en L’immolant, autant qu’il dépendait d’Elle, pour apaiser la justice de Dieu, que l’on peut dire à juste titre qu’Elle a racheté le genre humain conjointement au Christ » (lettre apostolique Inter sodalicia, 22 mars 1918).

Pie XII

Plus tard, Pie XII en a parlé à plusieurs reprises. Dans un discours aux pèlerins de Gênes du 22 avril 1940, il disait : « En effet, Jésus et Marie ne sont-ils pas les deux amours sublimes du peuple chrétien, le nouvel Adam et la nouvelle Ève que l’Arbre de la Croix a uni dans la douleur et l’amour pour racheter le péché de nos premiers parents dans le jardin d’Éden ? ». Et dans son encyclique Mystici Corporis du 29 juin 1943, Pie XII décrit Marie « comme une nouvelle Ève » ; dans sa constitution apostolique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950, par laquelle il définit solennellement le dogme de l’Assomption de Marie au Ciel, Pie XII reprenait ce thème : « Nous devons nous rappeler d’une manière particulière que dès le IIe siècle, les saints Pères ont désigné la Vierge Marie comme la nouvelle Ève qui, bien que soumise au nouvel Adam, est intimement associée à lui dans cette lutte contre l’Ennemi infernal et qui, comme l’avait annoncé le Protévangile, a eu comme résultat final la victoire totale sur le péché et la mort, qui sont toujours mentionnés ensemble dans les écrits de l’Apôtre des Gentils ». La Vierge, dit Pie XII, est « intimement associée à son Fils dans ce combat contre l’Ennemi infernal, ce qui… aura comme résultat final la victoire totale sur le péché et la mort ». Ainsi pour Pie XII, Jésus est le seul Rédempteur, mais Marie, subordonnée, apparaît « intimement associée à Lui » dans l’œuvre de la Rédemption.

Paul VI

Parmi les Papes conciliaires, Paul VI suggère la même chose dans sa Professio Fidei ou « Credo du Peuple de Dieu », en 1968 : « Unie par un lien indissoluble au mystère de l’Incarnation et de la Rédemption, la Bienheureuse Vierge Marie, l’Immaculée, ayant achevé le cours de sa vie terrestre, fut portée corps et âme à la gloire du ciel, où elle participe déjà à la gloire de la résurrection de son Fils, anticipant la résurrection des justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, la Nouvelle Ève, Mère de l’Église, continue au ciel à exercer son office maternel à l’égard des membres du Christ, coopérant pour que les âmes rachetées naissent et grandissent dans la vie divine ».

Benoît XVI

La position de Benoît XVI n’est pas celle d’un refus, mais de la prudence du théologien. Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a affirmé : « Ce qui est juste dans cette appellation de Corédemptrice, c’est que le Christ ne reste pas extérieur et forme une nouvelle et profonde communauté avec nous. Tout ce qui est à lui sera nôtre et tout ce qui est nôtre, il l’a fait sien. Ce grand échange est le contenu spécifique de la rédemption, notre libération et notre accès à la communion avec Dieu. Parce que Marie anticipe l’Église comme telle, qu’elle est l’Église en personne, cet “être-avec” est réalisé en elle de façon exemplaire. Mais cet “avec” ne doit pas faire oublier le “d’abord” du Christ. Tout vient de lui, comme le soulignent les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Marie aussi est tout ce qu’elle est par lui. Le terme de “Corédemptrice” obscurcirait cette donnée originelle. Une bonne intention s’exprime dans un mauvais vocable. Dans le domaine de la foi, la continuité avec la langue de l’Écriture et des Pères est essentielle. La langue n’est pas manipulable à volonté ».

Lorsqu’il est devenu le Pape Benoît XVI, il a su accueillir avec bonté et paternité l’initiative suivante : la demande en faveur du cinquième dogme marial “Marie Co-rédemptrice” fut présentée au Saint-Père par le cardinal Télesphore Toppo en 2006.

En effet, du 3 au 7 mai 2005, nombre de cardinaux, archevêques et évêques du monde entier se sont rassemblés à Fatima, au Portugal, pour un symposium, sur Marie Co-rédemptrice. À la fin de ce symposium, les cardinaux et évêques présents conclurent unanimement pour la soumission et la signature d’une nouvelle pétition (ou Votum) à Sa Sainteté le pape Benoît XVI, en vue d’une définition dogmatique solennelle de Notre-Dame, comme la Mère spirituelle de tous les peuples, sous ses trois aspects de Co-rédemptrice, Médiatrice de toutes grâces et Avocate. Voici le Témoignage du Cardinal Toppo, co-président du symposium de Fatima :

« Le samedi 3 juin 2006, j’ai eu de privilège d’avoir une audience privée avec Sa Sainteté le pape Benoît XVI. En demandant cette audience, mon intention première était de présenter au Saint-Père les Acta des exposés théologiques du symposium de Fatima 2005 sur la co-rédemption de Marie, ainsi que le votum écrit en latin et signé par un nombre significatif de cardinaux et d’évêques qui requièrent la solennelle définition papale de Notre-Dame comme Mère spirituelle de tous les peuples, co-rédemptrice, Médiatrice de toutes grâces, et Avocate.

Durant nos 15 minutes d’audience, le Saint-Père a reçu le Votum et les Acta avec un vif intérêt. Il fut surpris que tant de cardinaux et d’évêques aient signé le Votum. Il examina alors brièvement le texte des Acta et dit qu’il voulait lire les Acta avant de les transmettre à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pour examen, comme le prévoit le protocole ».

Jean-Paul II

« Le rôle corédempteur de Marie n’a pas cessé avec la glorification de son Fils. » (Jean-Paul II, homélie du 31 janvier 1985).

« Marie, conçue et née sans la souillure du péché, a participé de façon admirable aux souffrances de son divin Fils, pour être Corédemptrice de l’humanité. » Jean-Paul II, audience générale du 8 septembre 1982

L’approfondissement du Magistère pontifical concernant la doctrine concernant la médiation maternelle de la Vierge Marie a connu un aboutissement dans l’enseignement de Jean-Paul II, dont le blason portait le signe très explicite du « M » au pied de la croix avec la devise « Totus Tuus », inspirés de l’apôtre de la Vierge Marie saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qu’il voulait proclamer Docteur de l’Église.

A ce sujet, le Père Jean-Michel Garrigues, OP 2, a mis en lumière la question du « Développement en cours du dogme marial » (Nova et Vetera 73 – 1998/3), p. 35-51) dans son œuvre mariologique (cf. notamment L’Epouse du Dieu vivant, Marie plénitude trinitaire de l’Eglise, Paris, Parole et Silence, 2000). Voici ce qu’il affirme en substance : la lecture de la catéchèse mariale de Jean-Paul II permet de comprendre comment les limites placées par le Concile Vatican II, qui à l’époque avaient été ressenties comme minimalistes par certains courants de dévotion mariale, ne constituent pas des barrières bloquant un développement dogmatique ultérieur, mais bien des « garde-fous » qui ont permis à celui-ci de se poursuivre dans le sens d’une explicitation véritable du donné révélé. Dégagé par le Concile des ambiguïtés sémantiques du terme de « corédemption », Jean-Paul II a pu expliciter, dans le cycle de soixante-dix catéchèses du Mercredi consacrée à la Vierge Marie entre le 6 septembre 1995 et le 12 novembre 1997, et dans son encyclique Redemptoris Mater du 25 mars 1987, l’une des facettes de « l’association selon un mode absolument singulier » (Lumen Gentium n. 6) de la Vierge Marie à l’œuvre du Rédempteur.

Marie, “coopératrice singulière” du Rédempteur

On peut dire que la catéchèse de Jean Paul II montre dans cette « coopération singulière » la clé de voûte du rôle de Marie dans l’économie du salut, la finalité même de sa vocation surnaturelle impliquée dans sa maternité divine. L’association de Marie au sacrifice du Christ, qui fait d’elle, comme « nouvelle Ève », la mère des rachetés, apparaît désormais de manière saisissante dans la catéchèse du pape Jean-Paul II comme l’accomplissement parfait de son fiat (Lc l, 38) à l’Annonciation. Par rapport à son acte suprême dans l’œuvre de la Rédemption, l’Immaculée Conception de Marie constitue la disposition et son Assomption la conséquence les plus adéquates dans l’ordre de la convenance propre à la «connexion des mystères ».

Dans sa catéchèse du mercredi 9 Avril 1997, le pape exprime avec une telle précision doctrinale la « coopération de Marie à l’œuvre du salut » par « son association au sacrifice rédempteur du Christ », qu’on le sent tout proche de ce qui pourrait être une formulation dogmatiquement définissable. Après avoir pris appui sur la Tradition en rappelant que «déjà saint Augustin attribue à la Vierge le qualificatif de «coopératrice», titre qui souligne l’action conjointe et subordonnée de Marie au Christ rédempteur», Jean-Paul II assume la doctrine conciliaire en maintenant que « l’enseignement de l’Église souligne clairement la différence entre la Mère et le Fils dans l’œuvre du salut, montrant la subordination de la Vierge, en tant que coopératrice, à l’unique Rédempteur ».

Cela situe d’emblée la coopération de Marie à la Rédemption du côté des hommes rachetés, coopération à propos de laquelle l’apôtre Paul affirme : « Nous sommes les collaborateurs de Dieu » (l Co 3, 9) et soutient la possibilité pour l’homme de coopérer avec Dieu. Le pape se fait ainsi l’écho du Concile Vatican II qui déclare que « l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source » (Lumen Gentium n. 62).

Après avoir situé la coopération de Marie dans le cadre général de la coopération que tous les hommes rachetés peuvent apporter à leur Rédempteur, Jean Paul II exprime ensuite, dans cette même catéchèse « le mode absolument singulier » (Lumen Gentium n. 61), que cette coopération acquiert dans la personne de Marie.

« Appliqué à Marie, [dit le pape], le terme de « coopératrice » prend cependant une signification spécifique. La collaboration des chrétiens au salut se réalise après l’événement du Calvaire, dont ils s’efforcent de répandre les fruits par la prière et le sacrifice. Au contraire le concours de Marie s’est réalisé au cours de l’événement même et à titre de Mère ; il s’étend donc à la totalité de l’œuvre salvifique du Christ. C’est elle seule qui fut associée de cette manière à l’offrande rédemptrice qui a mérité le salut de tous les hommes. En union avec le Christ et soumise à lui, elle a collaboré pour obtenir la grâce du salut à toute l’humanité ».

Dans ces phrases d’une portée décisive, le magistère ordinaire du pape ne peut pas ne pas être engagé dans un enseignement proprement doctrinal sur un mystère aussi central que celui de la Rédemption. En s’appuyant sur des emprunts à d’autres passages de la catéchèse pontificale, qui rattachent selon la « connexion des mystères » cette vérité aux dogmes déjà définis de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de Marie, le Père Garrigues, théologien, voit se dégager une conclusion théologique très riche que l’on peut tenter d’articuler autour des trois points suivants :

  • Ayant été elle-même parfaitement sauvée, dès sa conception immaculée, par la « plénitude de grâce» (Lc 1, 28) qui lui venait déjà de la mort de son Fils, pour donner au Père son « fiat » (Lc 1, 38), devenir par l’Esprit Saint la Mère du Fils de Dieu et être conduite jusqu’au pied de la Croix,
  • la Vierge Marie, comme « Femme » (Jn 2, 4-1 19, 26) choisie par Dieu pour être la Nouvelle Ève, est la seule personne humaine à avoir été associée par Lui à l’acte même du sacrifice du Calvaire, en donnant au Père, dans sa compassion avec son Fils, la parfaite réponse de foi et d’amour de l’humanité rachetée unie à l’unique offrande du Rédempteur qui obtenait la grâce du salut pour tous.
  • Devenue ainsi « Mère » (Jn 19, 27) selon l’Esprit pour tous les rachetés et élevée par Dieu dans son âme et dans son corps à la gloire de son Fils ressuscité, elle est la seule dans le Corps Mystique du Christ à être associée, en intercédant pour tous les hommes, à la dispensation universelle de la « plénitude de grâce » (Jn 1, 14.16), qui vient du « seul Médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2, 5), car elle en a été « comblée » (Lc 1, 28) en premier pour tous ses enfants.

Le développement dogmatique en cours

Selon le Père Garrigues, le développement articule ensemble les trois dimensions essentielles du rôle de Marie dans le dessein du salut :

  • son Immaculée Conception,
  • sa Coopération unique à l’acte même du sacrifice rédempteur,
  • enfin son Assomption dans la gloire du ciel et son association à la dispensation de toutes les grâces dans sa Maternité Spirituelle s’exprimant en intercession pour chacun des rachetés.

Notre-Dame de Tous les Peuples : Amsterdam (1945-1959)

En conclusion, la Vierge Marie elle-même a exprimé sa volonté au cours des apparitions qui ont eu lieu à Amsterdam. Le 25 mars 1945, jour de la fête de l’Annonciation, la Vierge Marie apparaît à Ida Peerdeman (1905-1996), hollandaise habitant à Amsterdam. C’est la première des 56 apparitions qui vont se succéder entre 1945 et 1959. Le 31 mai 2002, Mgr Joseph Maria Punt, évêque de Haarlem-Amsterdam, reconnaît comme authentiques et dignes de foi les messages et les apparitions de la « Dame de Tous les Peuples » à Amsterdam.

La Vierge Marie a indiqué qu’elle voulait être connue et aimée de tous les hommes et qu’on la reconnaisse comme “La Dame de tous les Peuples” ou “Mère de tous les Peuples”. Cette action est demandée en préparation d’un dogme, le dernier, le plus grand et le plus important (15 août 1951), réclamé plusieurs fois (15 novembre 1951 notamment), qui doit être le « couronnement de la Mère du Seigneur Jésus-Christ, Corédemptrice, Médiatrice et Avocate » (11 octobre 1953). C’est la première fois dans l’histoire mariale que la Vierge Marie demande un dogme. Elle s’adresse pour cela au Pape et aux théologiens en spécifiant qu’elle « n’apporte pas de nouvelle doctrine. C’est bien les anciennes notions que j’apporte » (4 avril 1954) et en les prévenant que ce dogme de la corédemption de Marie fera l’objet d’un « combat dur et pénible » (5 octobre 1952). Cependant, « quand il (ce dogme) aura été proclamé, la Dame de tous les Peuples donnera la Paix, la vraie Paix au monde » (31 mai 1954).

 

Notes.

1. « Tonterias » ou « absurdités, sottises, inepties », dans la langue originelle espagnole-argentine, selon le texte officiel – cf. site internet du Vatican ; « chiacchere » en italien : « bavardages inutiles », selon la traduction officielle dans cette langue – cf. site internet du Vatican. Traduction française plus « douce » : « non-sens » selon le journal La Croix ; la traduction française officielle n’a pas encore été publiée sur le site internet du Vatican à ce jour – 16 décembre 2019.

2. Même si les réflexions du Père Garrigues évoquées ici sont antérieures au pontificat actuel, il ne les renierait sans doute pas, mais il s’efforcerait peut-être de situer la déclaration du Pape François dans la continuité de l’enseignement du Magistère pontifical antérieur. Le Père Garrigues s’est prêté à cet exercice périlleux dans son ouvrage Une morale souple mais non sans boussole. Réponse aux doutes des quatre cardinaux à propos d’Amoris laetitia (Le Cerf, 2017) écrit avec le jésuite Alain Thomasset. Il s’agissait de répondre aux doutes des cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner sur la compatibilité du chapitre VIII de l’exhortation apostolique Amoris laetitia (AL) de François avec l’exhortation Familiaris consortio et l’encyclique Veritatis splendor de Jean-Paul II. La thèse des auteurs est que les enseignements respectifs des deux papes ne se contredisent que si l’on fait une lecture laxiste de François et rigide de Jean-Paul II. Une interprétation correcte des enseignements en question permettrait au contraire de souligner leur complémentarité, Jean-Paul II insistant doctrinalement sur l’universalité et l’objectivité des normes morales et François prenant pastoralement en considération « la dimension singulière de la décision personnelle »

Le cardinal Zen tacle le cardinal Parolin
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Le 3 décembre dernier, le magazine taïwanais en ligne New Bloom a publié, en anglais, un long entretien mené par Nicolas Haggerty avec le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong. Dans la partie consacrée à l’accord secret signé le 22 septembre 2018 entre le Saint-Siège et la Chine communiste, on peut lire ce qui suit. Accablant.

Zen : François n’a que peu de respect pour ses prédécesseurs.  Il fait table rase de tout ce qui a été fait par Jean-Paul II et par le Pape Benoît.  Et naturellement, pour faire bonne contenance, on dit tout le temps : « En continuité avec… ». Mais c’est une insulte.  Une insulte.  Il n’y a pas de continuité.

En 2010, Parolin et Dias se sont mis d’accord avec les Chinois sur un avant-projet.  Alors, tout le monde a commencé à s’exclamer : « Oh, maintenant un accord arrive, il arrive, il arrive ».  Et tout d’un coup, plus rien.

Je n’ai pas de preuve, mais je crois que c’est le Pape Benoît qui a dit non.  Il ne pouvait pas signer cet accord.  Et je pense que l’accord actuel qui a été signé doit être exactement le même, celui que le Pape Benoît a refusé de signer.

Haggerty : Vous n’avez pas vu cet accord, on ne vous l’a pas montré ?

Zen : Non !  Et je vous pose la question : est-ce que c’est correct ?  Je suis l’un des deux cardinaux chinois en vie et je n’ai pas pu voir cet accord, pourtant je me suis rendu à Rome à trois reprises.

Haggerty : Comment étaient vos relations avec François au début de son pontificat.  Ont-elles toujours été compliquées ?

Zen : J’ai personnellement de très bonnes relations avec François, même aujourd’hui.  Et début juillet de cette année, j’ai eu un dîner avec le Pape.  Mais il ne répond pas à mes lettres.  Et tout ce qui s’est passé est allé à l’encontre de ce que j’ai suggéré.

Il y a trois choses.  Un accord secret, tellement secret qu’on ne peut rien dire.  On ne sait pas ce qu’il contient.  Ensuite la réhabilitation de sept évêques excommuniés.  C’est incroyable, tout bonnement incroyable.  Mais le dernier acte est encore plus incroyable : la mise à mort de l’Église souterraine.

Maintenant, ils ont achevé leur travail.  Le 28 juin, le Saint-Siège a publié un document – le Saint-Siège ! Aucun document ne provient directement du Saint-Siège mais toujours d’un département en particulier, avec les signatures.  Là, il n’y avait aucun département mentionné et aucune signature…  du Saint-Siège.  Incroyable.  Quelqu’un n’ose pas prendre ses responsabilités.

Je suis à nouveau retourné à Rome.  Pour la troisième fois.  J’y suis allé l’an dernier en janvier, en octobre l’an dernier et ensuite en juin de cette année.  J’ai envoyé une lettre à la résidence papale qui disait : « Saint-Père, je suis ici à Rome, je voudrais savoir qui a rédigé ce document.  Les soi-disant orientations pastorales.  Et je voudrais en discuter avec lui en votre présence.  Je suis ici à Rome pour quatre jours, vous pouvez m’appeler n’importe quand, de jour comme de nuit. »

Après un jour, rien.  Donc j’ai envoyé un autre message, mais cette fois avec toutes mes objections au document.  J’ai écrit : « Je suis toujours ici à attendre ».  Donc après un autre jour, quelqu’un est venu me dire : « Le Saint-Père a dit, quoi que vous ayez à dire, dites-le au Secrétaire d’État, le cardinal Parolin. »  J’étais furieux. J’ai dit : « Non !  Je n’ai pas envie de perdre me temps avec ce type. »  Une réelle perte de temps parce que je n’arriverai jamais à le convaincre et lui n’arrivera jamais à me convaincre.  Je voudrais que le Saint-Père soit présent.  Mais comme ça semble impossible, tant pis, je retourne à la maison les mains vides.

Le dernier jour, j’étais allé prier dans une basilique et rendre visite à des amis.  […] Je suis rentré à ma résidence à cinq heures.  On m’a dit : « Oh, le Saint-Père t’invite à dîner ensemble avec Parolin. »

Je me suis rendu au dîner.  Très simple, juste nous trois.  J’ai pensé qu’un dîner n’était pas l’endroit pour se disputer, et donc que je devais être aimable pendant le dîner.  Donc je n’ai parlé que de Hong Kong et Parolin n’a pas dit un mot.  Donc à la fin, j’ai dit : « Saint-Père, qu’en est-il de mes objections à ce document ? ».  Il m’a répondu : « Oh, oh, je vais m’occuper de ce problème. »  Et il m’a montré la porte.

Et alors, je ne suis pas rentré les mains vides.  J’ai la claire impression que Parolin est en train de manipuler le Saint-Père.

Haggerty : Que veut Parolin ?

Zen : Oh, personne ne peut en être sûr.  Comment un homme d’Église tel que lui, avec toute sa connaissance de la Chine et des communistes, peut faire ce qu’il est en train de faire aujourd’hui, c’est un mystère.  La seule explication n’est pas la foi.  C’est un succès diplomatique.  La vaine gloire.

À présent, le dernier acte est tout bonne incroyable.  Le document dit : « Pour exercer votre ministère publiquement, vous devez vous enregistrer auprès du gouvernement. »  Et ensuite vous devez signer.  Signer quelque chose qui vous engage à soutenir l’Église indépendante.  […]  Ce document contient quelque chose contre notre orthodoxie mais ils sont encouragés à signer.  On ne se ment plus seulement à soi-même.  On ne ment plus seulement aux Communistes.  C’est au monde entier qu’on ment.  On ment aux fidèles.  Signer ce document, ce n’est pas signer une simple déclaration.  Quand vous signez, vous acceptez de devenir un membre de cette église qui est sous domination du parti communiste.  C’est terrible, vraiment terrible.

Récemment, j’ai appris que le Saint-Père, dans un vol de retour (je ne me souviens plus d’où) [dans le vol qui le ramenait de Madagascar, le 10 septembre 2019] a déclaré : « Bien sûr, je ne voudrais pas assister à un schisme.  Mais je n’ai pas peur d’un schisme. »  Et moi je vais lui répondre : « Vous être en train d’encourager un schisme.  Vous êtes en train de légitimer les schismatiques en Chine. »  C’est incroyable.

Sources : Settimo Cielo (Sandro Magister), 6 décembre 2019 ; Diakonos, 6 décembre 2019 (pour la traduction en français)

Film : Irénée de Lyon
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La Fondation Saint-Irénée de l’archidiocèse de Lyon, organise une projection en avant-première du film Irénée de Lyon, artisan de paix et d’unité au cinéma Pathé Bellecour (79 rue de la République), lundi 2 décembre de 12 h 30 à 13 h 30. L’entrée est gratuite sur réservation ici !

Voici la bande annonce de ce film…

 

 

Mexique : une université jésuite honore un promoteur de l’avortement
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Ce 2 décembre, l’Universidad Iberoamericana (IBERO) de la ville de Mexico, dirigée par les Jésuites, accordera, lors d’une cérémonie publique, un doctorat honoris causa à José Alberto Mujico Cordano. Le récipiendaire n’est autre que l’ancien Président de l’Uruguay (du 1er mars 2010 au 1er mars 2015). Dans son communiqué de presse, l’université jésuite reconnaît que Mujica « fut le promoteur de la légalisation de l’avortement, du mariage [sic !] entre personnes de même sexe et de la marihuana ». Gloups ! Décidément, les Jésuites ne cesseront jamais de nous surprendre…

Le Club des Hommes en Noir et le synode sur l’Amazonie
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Après l’interruption estivale, Le Club des Hommes en Noir revient pour une deuxième saison et un nouveau format. Désormais les nouveaux épisodes seront disponibles chaque vendredi. Cette semaine, c’est le synode pour l’Amazonie qui est au programme. Comme toujours, mais avec une note particulière en raison de la confusion qui règne dans et autour de ce synode, c’est un moment d’intelligence dont cette émission nous gratifie avec les contributions du R.P. Jean-François Thomas, S.J., de l’abbé Grégoire Cellier (FSSPXP) et de l’abbé Guillaume de Tanhoüarn (IBP), sous la houlette bienveillante mais attentive de Philippe Maxence.

Cardinal Zen : le Vatican a trahi les croyants chinois
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Le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong, a critiqué le Vatican dans une interview au journal Welt [2 octobre] pour ne pas avoir commenté les émeutes de Hong Kong. «Malheureusement, il existe des forces au Saint-Siège qui, avec toutes les ressources disponibles, plaident pour une telle Ostpolitik, une politique que le pape François aime également. L’accord (signé entre la Chine et le Vatican) était une erreur, il trahissait l’Église souterraine en Chine », a déclaré le cardinal, rappelant un document datant de juin appelant les fidèles à se joindre à l’Eglise officielle. Mais c’est une Église renégate. « Le Saint-Siège a trahi ceux qui croient, qui ont besoin d’aide, et ne reçoivent rien en retour de Pékin.» Selon le cardinal Zen, le Vatican reste silencieux alors que le monde entier regarde Hong Kong. (…) Selon le cardinal, les communistes ont ruiné la Chine, son peuple et ses valeurs. Le pouvoir et l’argent régissent la Chine d’aujourd’hui. Ce n’est pas un progrès.

Source : Belgicatho, 4 octobre 2019.

Toulouse : non à la désacralisation de la crypte de Saint-Aubin !
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Lutte du pot de terre – les fidèles de la paroisse – contre le pot de fer – la puissante mairie du Capitole, dira-t-on. Voire…

Nous avons déjà fait connaître le plus que discutable projet de désacralisation de la crypte de l’église Saint-Aubin, à Toulouse. Ce colossal édifice du XIXe siècle, aux allures de cathédrale, est en effet pourvu d’une majestueuse crypte néo-romane : autour de la grande chapelle qui correspond à la nef de Saint-Aubin, des dizaines de salles et de chapelles secondaires desservies par un déambulatoire ont hébergé cérémonies, scouts, communauté Emmaüs, salles de catéchisme, salles de réunions, retraites de communion.

La crypte avait déjà été entièrement restaurée en 1952, les travaux ayant été alors financés intégralement par les paroissiens. Mais en 2004, la crypte a été fermée pour être remise aux normes de sécurité. La municipalité Moudenc s’est alors chargé des travaux qui ont commencé, mais n’ont jamais été terminés. Aujourd’hui, la mise en sécurité de la crypte et les travaux indispensables permettant sa réouverture ne dépasseraient pas 250 000 €.

Mais la même municipalité (LR) en son deuxième mandat poursuit d’autres desseins. Elle vient de décider, non seulement de ne pas faire les travaux prévus, mais d’enlever purement et simplement la crypte à la paroisse. Elle projette d’en faire un espace dédié « à la création, au numérique et à la vie de quartier », en y installant plusieurs startups ayant pour visée « l’image et la production de contenus comme du cinéma, d’animation, des jeux vidéo ou encore du virtuel », mais aussi quelques entreprises spécialisées dans la crypto-monnaie et dans le e-tourisme.

Il faut pour cela désaffecter la crypte, qui fait partie intégrante d’un édifice cultuel catholique. Tout est donc suspendu à l’accord de l’archevêque de Toulouse. Juridiquement, l’archevêché n’a vraisemblablement pas le droit d’abandonner l’usage religieux d’une partie d’un édifice cultuel affecté au culte. L’abandon partiel de l’affectation d’un lieu de culte ne s’est jamais vu et constituerait un précédent extrêmement fâcheux. Les services de la Conférences des évêques auraient d’ailleurs donné un avis négatif quant à la possibilité de cet abandon.

Mais la pression “amicale” de la mairie de droite sur l’archevêque est à la hauteur de l’enjeu financier considérable que représente la commercialisation d’une telle surface dans ce lieu prestigieux au cœur de la Ville rose. Les 1 800 m2 de la crypte représentent un capital immobilier de 4 à 5 millions d’€.

La levée de boucliers fait cependant hésiter ‎Mgr Robert Le Gall, d’autant que des projets déjà anciens d’utilisation religieuse de la crypte sont ressortis : outre la fonction pastorale qu’elle avait précédemment, il a été proposé d’y installer un musée d’art sacré – il n’en existe pas à Toulouse – qui présenterait les richesses considérables d’ornements, mobilier et vases sacrés des églises de la ville, qui ne sont plus utilisés. Du coup, est organisée une consultation des paroissiens, le 8 octobre. Ils entendront le promoteur (la société Icade, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations), la mairie de Toulouse, les représentants du diocèse. Une protestation des “utilisateurs”, les catholiques de la paroisse, pourrait aider l’archevêché de Toulouse à sortir de ce mauvais pas. De même que la pétition organisée auprès de tous les amis de Saint-Aubin pour sauver la crypte de l’appétit des promoteurs : on peut la signer ici !

Lutte du pot de terre contre le pot de fer, disions-nous. À moins qu’on n’assiste à la fin à la victoire de David contre Goliath.

Rome : « Appel aux anges » des catholiques
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Environ deux cent catholiques laïcs du monde entier se réuniront aujourd’hui devant le château Saint-Ange pour adresser un « Appel aux anges » à la veille du Synode sur l’Amazonie qui s’ouvrira au Vatican le 6 octobre prochain. Les participants à l’événement font partie d’une coalition internationale appelée Acies Ordinata, qui a déjà organisé une manifestation le 19 février dernier sur la Piazza San Silvestro ayant comme thème « En silence pour briser le mur du silence ». Cet événement aura également lieu en silence, entre 15 et 16 heures de l’après-midi, et se terminera par le chant collectif du Credo. Les participants sont membres d’associations, de groupes et blogues parmi les plus connus dans la défense de la foi et de la morale de l’Église.

Voici le texte du communiqué de presse publié par les organisateurs.

Seigneur, congrega nos de nationibus (Ps 105, 47) !

Il s’agit d’un rassemblement de laïcs catholiques, venus de différents pays, avant tout pour demander au Seigneur de réunir tous ceux qui militent pour la bonne cause, afin de former une seule et même armée contre les ennemis de Dieu et de l’Église.

Sur cette place, nous voulons offrir l’expression symbolique mais réelle de notre volonté de résister et de ne pas reculer dans le combat à mener pour la défense de la Foi, mais notre rassemblement va au-delà des limites de ce lieu et de cette journée : il entend réunir tous les fils de l’Église militante qui s’unissent à nous par la pensée et la prière.

Les ennemis ont pénétré au sein de la citadelle et se mettent à vénérer les idoles jusque dans le sanctuaire « ubi sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est » (Exorcisme de Léon XIII). Au pied du château Saint-Ange, la forteresse qui défendit la Papauté en maintes occasions au cours de son histoire, nous invoquons les Anges, et en particulier saint Michel, prince des milices célestes, afin qu’ils protègent les défenseurs de l’Église et de la civilisation chrétienne et mettent en fuite leurs ennemis.

La confusion, qui est la fumée de Satan, a envahi le champ de bataille. Pour vaincre les forces du néant, il nous faut la pureté de la doctrine, la clarté des paroles, la fermeté de l’exemple, l’accord de l’âme et des œuvres, parce que, comme l’enseigne saint Paul « Si la trompette produit des sons confus, qui se préparera au combat ? » (1 Cor 14, 8).

Pour que cela advienne, nous demandons à la Vierge Marie, Reine des Anges, de faire de nous, à son image, aujourd’hui et toujours, une Acies ordinata (Cantique des Cantiques 6, 3; 6, 9), une armée prête à combattre, avec cette sérénité que seule procure la paix du Christ, cette paix qui habite nos cœurs et que nous souhaitons voir s’étendre au monde entier.

Rome, 28 septembre 2019, vigile de la Fête de saint Michel Archange

Des LGBT portent plainte contre l’abbé Pagès…
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Dans un communiqué daté du 25 septembre, Mousse, « association de lutte contre les discriminations liées au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle », et Stop homophobie, « association de lutte contre les discriminations et haine anti-LGBT », annoncent qu’elles « portent plainte avec constitution de partie civile […] contre l’Abbé Guy Pagès pour diffamation, injure et incitation à la haine à raison de l’orientation sexuelle. L’Abbé Pagès avait multiplié sur son compte twitter les propos à l’encontre des personnes LGTBQ ». C’est La énième attaque contre l’abbé Pagès que nous assurons de notre soutien total. On peut (et l’on devrait) exprimer son soutien à l’abbé Pagès en lui laissant un message ici !

Accord Chine-Vatican : un an après, un premier bilan
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Le 22 septembre 2018 était annoncée la signature d’un accord entre la Chine et le Vatican. Aujourd’hui, un an plus tard jour pour jour, il est souhaitable de procéder à une évaluation provisoire de cet accord lui-même qualifié de provisoire… L’année écoulée a été relativement fertile en commentaires sur cet accord dont le texte n’a toujours pas été révélé, sans doute d’un commun accord entre les deux signataires. Pour ses partisans, il ne s’agit pas d’une fin mais d’un début ; ce qui peut se concevoir. Pour ses détracteurs, l’année écoulée n’a pas enregistré une amélioration de la situation des catholiques en Chine mais plutôt d’une aggravation ; ce qu’on ne peut que constater. Massimo Introvigne, sociologue italien spécialiste des religions et directeur du blogue d’information multilingue sur les persécutions religieuses en Chine Bitter Winter, s’est essayé, sur ledit blogue, à faire une synthèse qu’il qualifie de « posée ». C’est une contribution estimable mais qui ne cache pas que bien des questions que soulève l’accord, demeurent sans réponse. Sans partager toutes les analyses de Massimo Introvigne, sa synthèse mérite d’être connue. Voici donc sa contribution en quatre parties.

*

Du texte secret aux recommandations

L’accord Vatican-Chine de 2018 a été signé il y a un an, le 22 septembre 2018. Son texte demeure secret à ce jour. Nous avons parfois fait l’objet de critiques pour les réserves que nous avions émises à l’égard de cet accord. Bitter Winter n’a pas partagé l’enthousiasme de certains médias du Vatican, mais il ne s’est pas non plus joint aux critiques acerbes de ceux qui pensaient que le pape François avait « vendu » les catholiques chinois au PCC.

Je reconnais que c’est lié à mon expérience personnelle. En 2011, j’occupais la fonction de représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) chargé de la lutte contre le racisme, la xénophobie, l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens et des adeptes d’autres religions. Parmi les leçons que j’ai apprises, il y a le fait qu’il ne faut jamais sous-estimer la diplomatie séculaire du Vatican et que c’est une diplomatie particulière qui ne se projette pas sur quelques années ou quelques décennies, mais sur des siècles. Même si j’ai bien conscience que l’accord Vatican-Chine a été en partie négocié via des canaux indépendants de la diplomatie du Vatican, je crois que les diplomates peuvent jouer un rôle positif dans l’interprétation qu’ils en font. Par ailleurs, Bitter Winter a continué de publier des articles circonstanciés sur la persécution en Chine de prêtres et d’évêques qui, après l’accord, ont refusé d’adhérer à l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC), autrefois connue sous le nom d’Église patriotique. Les formulaires qu’il faut soumettre pour s’enregistrer auprès du gouvernement et ainsi rallier l’APCC sont, à tout le moins, ambigus théologiquement, et nombreux sont ceux qui, en conscience, refusent de le signer.

Ensuite, le 28 juin 2019, ont été publiées les recommandations du Vatican pour 2019. Celles-ci confirmaient en grande partie la situation que Bitter Winter décrivait au quotidien et les deux points principaux de notre analyse du “problème” catholique en Chine. D’abord, contrairement à ce que certains opposants à l’accord continuent de défendre, le Vatican ne maintient plus qu’il est défendu d’adhérer à l’APCC. Il affirme que c’est en effet permis et que les évêques et les prêtres sont même autorisés à signer des formulaires théologiquement ambigus, avec une réserve écrite (si possible) ou au moins orale indiquant que, quoi qu’ils signent, ils n’ont pas l’intention d’adhérer à des positions non orthodoxes. Bien sûr, le fait qu’une réserve orale suffise revient à dire que n’importe qui peut signer n’importe quel formulaire n’importe quand. Si on lit entre les lignes, on peut même comprendre que l’adhésion à l’APCC est considérée par le Vatican comme l’option normale à prendre pour les prêtres et les évêques catholiques de Chine. Le Vatican ne croit plus en l’existence d’une église clandestine en Chine et, si tel était le cas, celle-ci n’aurait aucun statut théologique ni canonique aux yeux de Rome.

Il existe toutefois des individus qui sont objecteurs de conscience, c’est-à-dire des prêtres et des évêques qui, pour des motifs de conscience, refusent de s’enregistrer et de rallier l’APCC. À Rome comme en Chine, des commentaires se sont fait entendre sur le peu de sympathie que le Vatican avait pour ces objecteurs de conscience. Nombreux sont ceux qui, au Vatican, considèrent leur position comme résiduelle et pensent qu’elle va progressivement disparaître. Mais en même temps, qu’il ait de la sympathie ou pas, le Vatican, dans ses recommandations, a demandé au PCC de « respecter » les objecteurs de conscience. Leur choix n’est pas celui recommandé par Rome, mais il n’est pas interdit non plus, ce qui signifie qu’il n’est pas obligatoire de rejoindre l’APCC.

Ce n’est pas l’interprétation qu’en fait le PCC qui continue à intimider, harceler, menacer et emprisonner ces objecteurs de conscience. Pour le PCC, l’accord de 2018 implique que tous les catholiques de Chine doivent adhérer à l’APCC. C’est le cœur du problème, plus encore que la nomination des évêques pour laquelle un modus vivendi semble avoir été trouvé, même si c’est peut-être l’avis du PCC qui pèse plus lourd que celui du Vatican pour déterminer qui doit être choisi et, au bout du compte, nommé par le pape. Dans le but de préserver de bonnes relations avec Pékin, Rome pourrait s’abstenir de promouvoir ou de soutenir ouvertement les objecteurs de conscience. Mais le Vatican demande qu’ils soient « respectés » et non emprisonnés, et insiste sur le fait que c’est une interprétation erronée de l’accord que d’affirmer que tous doivent adhérer à l’APCC.

Combien d’objecteurs de conscience ? Nul ne le sait

Bien sûr, l’accord est secret et nous ignorons quelle interprétation est correcte. On nous pardonnera, cependant, d’accorder davantage notre confiance au Vatican qu’au PCC. Que pense Bitter Winter de tout cela ? Même si nous nous sommes spécialisés dans la divulgation et la publication de documents secrets du PCC en lien avec la religion, nous ne connaissons pas non plus le texte de l’accord de 2018. Et nous essayons d’éviter deux postures extrêmes qui découlent l’une et l’autre de positions idéologiques plutôt que d’une évaluation honnête de la situation en Chine. Certains soutiennent que tous ou la plupart des catholiques chinois sont maintenant « contre le pape François » qui les a « trahis » et « vendus » au PCC. Étonnamment, cette position est souvent défendue par des catholiques qui ne connaissent rien ou presque à la Chine, mais qui se trouvent en désaccord avec le pape François sur des sujets sans aucun rapport. D’autres soutiennent que tout est idéal chez les catholiques chinois, que l’accord a suscité un renouveau au sein de l’Église catholique de Chine, et que le fait d’affirmer que les persécutions perdurent revient à être hostile au pape François et aux Chinois, et que c’est peut-être même de la propagande « américaine ». Évidemment, les gens qui soutiennent cette position ignorent que les persécutions dont les prêtres dissidents sont actuellement victimes est une réalité établie.

La vérité se trouve entre les deux. Les objecteurs de conscience sont bel et bien persécutés et ils ne se sentent pas soutenus par le Vatican. Les recommandations et les autres déclarations, croient-ils, ne suffisent pas, et ils les mettent dans la balance face aux déclarations des officiels haut placés du Vatican, des journalistes et des intellectuels considérés comme proches du pape qui saluent l’APCC comme une organisation parfaitement légitime et estiment que tous les catholiques de Chine sont inévitablement destinés à y adhérer (peut-être quand elle aura changé de nom). Après des années de persécution, il n’est pas étonnant qu’ils ne fassent confiance ni à l’APCC ni au PCC. Et le harcèlement permanent dont sont victimes ceux qui refusent de s’enregistrer et de rejoindre l’APCC les conforte dans leurs soupçons.

D’autre part, il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre d’objecteurs de conscience. À Bitter Winter, nous racontons leur histoire car ce sont des gens persécutés pour leurs choix religieux. Leurs droits humains et leur liberté religieuse ne sont pas moins dignes d’être protégés que ceux d’autres minorités persécutées. Cependant, nous ne pouvons pas affirmer que la plupart des prêtres et des évêques de Chine qui ne faisaient pas partie de l’APCC avant l’accord sont des objecteurs de conscience. Ni le nier. Il n’y a simplement pas de données fiables.

Une question de principe

Au-delà des événements qui ont lieu quotidiennement en Chine, il y a une importante question de principe. Avec le concile de Vatican II (et peut-être même avant), l’Église catholique a accepté les déclarations modernes des droits de l’homme comme étant universelles et non contingentes à la religion ou à la croyance. En adoptant la déclaration Dignitatis humanae du Concile, l’Église catholique a solennellement affirmé que la liberté religieuse est un droit essentiel commun à tous les êtres humains basé sur leur dignité et indépendant de la nature de leurs choix religieux. La liberté religieuse, nous enseigne Dignitatis humanae, signifie que toute femme ou tout homme a le droit de choisir sa religion sans être harcelé par l’État. L’Église catholique, tout en croyant évidemment que certains choix ont plus de valeur que d’autres au plan théologique, exige des États qu’ils ne s’immiscent pas dans le processus conduisant à ces choix.

Aujourd’hui, les droits de l’homme et la liberté religieuse sont menacés. Certains théoriciens politiques musulmans, russes et chinois martèlent que les droits de l’homme tels que nous les connaissons ne sont pas vraiment « universels », mais « occidentaux » ou « américains ». En ayant recours à des arguments différents, ils soutiennent qu’ils sont étrangers à leur culture et qu’ils ne conviennent pas aux Arabes, aux Russes ou aux Chinois.

Ces théories sont incompatibles avec la logique de la Déclaration universelle des droits de l’homme de même, je le crois, qu’avec Dignitatis humanae. Pourtant, il y a des catholiques favorables à Poutine (surtout à droite) qui pensent qu’il a raison quand il affirme que l’Occident ne peut imposer la démocratie libérale et les droits de l’homme à la Russie qui a une tradition différente. Et il y a des catholiques favorables au PCC (surtout à gauche) qui soutiennent que c’est Xi Jinping qui a raison et que les droits de l’homme « avec des caractéristiques chinoises » sont différents des droits de l’homme tels qu’on les conçoit en Occident et tels qu’ils ont été consacrés dans la Déclaration universelle. Ils pensent aussi que la liberté religieuse ne peut pas être la même dans l’Union européenne, aux États-Unis et en Chine. Un livre comportant des articles faisant allusion à cette théorie a été publié par une université du Vatican avec la bénédiction du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, qui en a écrit la préface.

Le cardinal a raison quand il dit qu’aucune église locale n’aime à être une église clandestine et que, quelles que soient les circonstances politiques, les catholiques préfèrent ne pas être persécutés et pouvoir agir au plein jour. Cependant, comme cela arrive souvent, derrière le problème politique se cache un problème théorique. Lorsque l’Église catholique a embrassé le système moderne des droits de l’homme universels, était-ce juste ou inique ? Si c’était juste, il est certainement envisageable de garder le silence pendant quelques temps sur certaines questions, dans l’intérêt de la mise en œuvre d’un accord avec le PCC – ce que le Vatican semble désireux de faire – mais il convient de préciser que ce que vivent les objecteurs de conscience et les fidèles de nombre d’autres religions qui sont victimes de persécutions est moralement inacceptable. Si on affirme que le soutien apporté par l’Église catholique à la thèse du caractère universel des droits de l’homme était une erreur, en s’appuyant sur des hypothèses colonialistes et orientalistes, alors l’ensemble de la doctrine sociale catholique postérieure à Vatican II doit être démantelée.

Les non-catholiques ont aussi droit à la liberté religieuse

Le problème est à la fois théorique et politique. Parmi les effets induits par la notion de liberté religieuse telle qu’elle apparaît dans Dignitatis humanae, il y a le fait que le vieux concept de libertas ecclesiae, qui suggère que ce qui est important, c’est que l’Église catholique puisse être libre, la liberté des autres religions n’ayant aucune importance, ne soit plus acceptable en tant que doctrine catholique. L’Église catholique de l’encyclique Dignitatis humanae ne se satisfait pas de sa propre liberté unique et dénonce toute persécution perpétrée contre n’importe quel croyant, non pour défendre ses principes théologiques avec lesquels les catholiques peuvent être en total désaccord, mais pour préserver la dignité humaine de ceux qui sont emprisonnés, torturés ou exécutés en raison de leur foi. Si l’on se fie à cette doctrine, même s’ils étaient épargnés par le PCC (ce qui n’est pas le cas des objecteurs de conscience), les catholiques de Chine ne devraient pas se satisfaire de cette situation tandis que les protestants des églises de maisons, les musulmans ouïghours, les bouddhistes tibétains ou même les adeptes du Falun Gong et de l’Église de Dieu Tout-Puissant continuent de faire l’objet de persécutions. Cela ne règle pas le problème de laisser entendre que, comme le font certains journalistes catholiques complaisants avec le PCC, tous ces groupes sont « extrémistes », « terroristes », « à la solde des Américains », que ce sont des « sectes », ou qu’ils « commettent des crimes ». Tout d’abord, ces affirmations sont erronées dans les faits. Deuxièmement, si on persécute ne serait-ce qu’un de ces groupes dont il a été démontré qu’il n’a pas commis le moindre crime, cela montre que les actes de persécutions ne sont pas motivés par les crimes qu’on leur prête, mais par la volonté du PCC de réprimer toute forme d’indépendance religieuse.

Je conçois que pour certains bureaucrates du Vatican, un accord conclu avec la Chine est crucial d’un point de vue historique et que bien des choses peuvent être sacrifiées pour atteindre cet objectif. Cependant, la question est de savoir si, au nom de cet accord, l’Église catholique est prête à réfuter et à rejeter ses doctrines fondamentales sur le caractère universel de la liberté religieuse et son indépendance par rapport aux principes théologiques et aux croyances, doctrines qu’elle a invariablement préservées après Vatican II et qu’elle a défendues avec vigueur contre ses détracteurs « traditionnalistes » de droite.

Il y a un également un autre aspect du problème. Depuis le grand missionnaire jésuite Matteo Ricci (1552-1610), l’Église catholique pense que, si seulement les missions pouvaient être libres, un nombre considérable de Chinois se convertiraient au catholicismeL’ouvrage que j’ai cité et qui fait l’apologie de l’accord Vatican-Chine de 2018, concède que le catholicisme de Chine ne se porte pas bien. Tandis que les protestants des églises de maison (et j’ajouterais les chrétiens appartenant aux nouveaux mouvements religieux tels que l’Église de Dieu Tout-Puissant) connaissent une croissance phénoménale, l’Église catholique stagne ou perd des fidèles. Selon la théorie sociologique, lorsqu’un régime prive son peuple de sa liberté religieuse, les églises qui soutiennent le gouvernement perdent leurs fidèles car ceux qui dénoncent le statu quo, c’est-à-dire les électeurs qui sont potentiellement les plus intéressés par la religion, les perçoivent comme des opposants à la liberté. Le risque, en Chine, est qu’une Église catholique qui sera perçue comme favorable au PCC trouvera son Saint Graal dans le fait d’obtenir une liberté religieuse (limitée) pour les catholiques, avant de se rendre compte que le Graal est vide et qu’une Église qui se montre complaisante avec un régime athée n’intéresse simplement pas la majorité des Chinois qui recherchent dans la foi religieuse ce que l’État-Parti ne peut pas lui offrir.

Synode sur l’Amazonie : des erreurs et des hérésies dénoncées par le cardinal Burke et Mgr Schneider
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Repris, avec son autorisation, du site de nos amis de L’Homme Nouveau.

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[Présentation de L’Homme Nouveau : Du 6 au 27 octobre, se déroulera le synode des évêques sur l’Amazonie. La publication de l’Instrumentum Laboris, le document préparatoire de ce synode, a suscité des craintes et des réactions chez plusieurs théologiens, clercs et fidèles laïcs. Ce texte avait déjà fait l’objet de vivre critiques par le cardinal Müller et le cardinal Brandmüller. Le cardinal Burke (déjà auteur d’une lettre à destination des cardinaux et pointant du doigt les erreurs de l’Instrumentum Laboris) et Mgr Schneider ont choisi de présenter à l’ensemble des fidèles catholiques, six sujets gravement problématiques ressortant du texte préparatoire. Ils invitent à « une croisade de prière et de jeûne afin d’implorer Dieu pour que l’erreur et l’hérésie ne pervertissent pas la prochaine assemblée extraordinaire du synode des évêques sur l’Amazonie ». Voici une traduction de leur lettre ouverte.]

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Divers prélats et commentateurs fidèles laïcs, ainsi que des institutions laïques, ont mis en garde sur le fait que les auteurs de l’Instrumentum Laboris, publié par le secrétariat du Synode de Évêques pour servir de base pour la discussion durant la prochaine assemblée extraordinaire sur l’Amazonie, ont inséré de graves erreurs théologiques et des hérésies dans le document.

Nous invitons le clergé catholique et les fidèles à participer à une croisade de prière et de jeûne afin d’implorer Notre Seigneur et Sauveur, par l’intercession de la Sainte Vierge sa Mère, pour les intentions suivantes :

  • Que les erreurs théologiques et les hérésies insérées dans l’Instrumentum Laboris ne soient pas approuvées durant l’assemblée synodale.
  • Qu’en particulier le Pape François, dans l’exercice de son ministère pétrinien, puisse confirmer ses frères dans la foi par un rejet sans ambiguïté des erreurs de l‘Instrumentum Laboris, et qu’il ne consente pas à l’abolition du célibat sacerdotal dans l’Église latine en introduisant la pratique de l’ordination d’hommes mariés, les dits « viri probati », pour le sacerdoce sacré.

Nous proposons une croisade de quarante jours de prière et de jeûne à commencer le 17 septembre et à terminer le 26 octobre 2019, le jour précédant la conclusion de l’assemblée extraordinaire du Synode des Évêques sur l’Amazonie. Quiconque serait informé de la croisade après la date officielle de son commencement, pourrait bien sûr s’y joindre à n’importe quel moment.

Durant les quarante jours de la croisade de prière et de jeûne, nous invitons à prier au moins une dizaine du Saint Rosaire et à jeûner une fois par semaine pour les intentions mentionnées plus haut. Selon la tradition de l’Église, jeûner consiste à manger un seul repas complet dans la journée et, en addition, il est possible d’y ajouter deux petites collations. Jeûner au pain et à l’eau est également recommandé pour ceux qui sont capables de faire ainsi.

Il est de notre devoir de faire prendre conscience aux fidèles de quelques-unes des erreurs répandues dans l’Instrumentum Laboris. En guise d’introduction, il faut observer que le document est long et qu’il est marqué par un langage qui n’est pas clair dans sa compréhension, tout spécialement ce qui concerne le dépôt de la foi (depositum fidei). Parmi les principales erreurs, nous notons plus particulièrement les suivantes :

1. Un panthéisme implicite

L’Instrumentum Laboris promeut une socialisation païenne de la « Terre Mère », reposant sur la cosmologie des tribus amazoniennes, implicitement panthéiste.

  • Les peuples aborigènes découvrent comment toutes les parties « sont des dimensions qui existent de façon constitutive en relation, formant un tout vital »(n°21) et ainsi vivent « en communion avec la nature comme un tout » (n°18) et « en dialogue avec les esprits » (n° 75).
  • Leur vie et leur« bonne manière de vivre » sont caractérisées par « l’harmonie des relations » entre « le cosmos total- nature, hommes, l’être suprême » et « les diverses forces spirituelles » (n° 12 et 13), résumé dans le « mantra » du Pape François : « tout est connecté » (n° 25).
  • Les croyances et les rites des « guérisseurs traditionnels »(n° 88 et 89) concernant « la divinité aux noms multiples », agissant avec et en relation avec la nature (n° 25) « créent harmonie et équilibre entre les êtres humains et le cosmos » (n° 87).
  • Ainsi, nous devons écouter les pleurs de la« terre Mère » (n° 146), arrêter son extermination (n° 17) et vivre sainement en harmonie avec elle (n° 85).

Le Magistère de l’Église rejette un tel panthéisme implicite comme incompatible avec la Foi catholique : « La chaleur de la Terre Mère, dont la divinité s’étend à toute la création, comble, dit-on, le fossé entre la création et le Dieu-Père transcendant du judaïsme et du christianisme en écartant la perspective de devoir être jugés par un tel Être. » (Conseil Pontifical pour la Culture et Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, « Jésus Christ, le porteur d’eau vive : une réflexion chrétienne sur le « Nouvel Age », 2.3.1)

Dans l’affirmation suivante, le Magistère de l’Église rejette panthéisme et relativisme en enseignant ceci :

« Ils (NDT : les adeptes du Nouvel Age) tendent à relativiser la doctrine religieuse en faveur d’une vague vision mondialiste exprimée comme un système de mythes et de symboles habillés d’un langage religieux. De plus, ils proposent souvent un concept panthéiste de Dieu qui est incompatible avec les Saintes Ecritures et la Tradition chrétienne. Ils remplacent la responsabilité personnelle envers Dieu pour nos actions par un sens du devoir envers le cosmos, renversant par conséquent le véritable concept de péché et le besoin de rédemption à travers le Christ. » (Jean-Paul II, Adresse aux évêques américains de l’Iowa, du Kansas, du Missouri et du Nebraska, visite« Ad Limina », 28 mai 1993).

2. Les superstitions païennes comme sources de la révélation divine et comme voies alternatives pour le salut

L’Instrumentum Laboris retire, de son implicite conception panthéiste, un concept erroné de la Révélation divine, affirmant dans l’ensemble que Dieu continue de se communiquer Lui-même dans l’histoire à travers la conscience des peuples et les cris de la nature. Selon cette vision, les superstitions païennes des tribus amazoniennes sont une expression de la Révélation divine méritant une attitude de dialogue et d’acceptation de la part de l’Église :

L’Amazonie est une « place théologique » où la foi « ou l’expérience de Dieu dans l’histoire » est vécue ; c’est « une source particulière de la révélation de Dieu : des lieux épiphaniques » où « les caresses de Dieu » deviennent « incarnées dans l’histoire » (n° 19).

L’Église doit « découvrir la présence incarnée et active de Dieu » dans « la spiritualité des peuples d’origine » (n° 33), reconnaissant en eux « d’autres avenues/voies »  (n° 39), puisque l’Esprit Créateur « a nourri la spiritualité de ces peuples pendant des siècles, même avant la proclamation de l’Évangile » (n° 120), leur enseignant « la foi en Dieu Créateur Père-Mère » et « la relation vivante avec la nature et la « Terre Mère » ainsi qu’ “avec les ancêtres” » (n° 121).

À travers le dialogue, l’Église doit éviter d’imposer des « doctrines pétrifiées » (n° 38), « des formulations de la foi exprimées avec d’autres références culturelles »  (n° 120), et une « attitude corporatiste qui réserve le salut uniquement à son propre credo ». (n° 39) ; en faisant ainsi, l’Église marchera «  en cherchant son identité vers l’unité dans le Saint Esprit ». (n° 40)

Le Magistère de l’Église rejette la relativisation du caractère unique de la Révélation de Dieu contenue dans les Saintes Ecritures et la Tradition sacrée, en enseignant ceci :

« L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. Toujours elle eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la sainte Tradition, puisque, inspirées par Dieu et consignées une fois pour toutes par écrit, elles communiquent immuablement la Parole de Dieu lui-même et font résonner dans les paroles des prophètes et des Apôtres la voix de l’Esprit Saint. » (Second Concile du Vatican, Constitution dogmatique Dei Verbum, n° 21)

Le Magistère de l’Église affirme qu’il n’y a qu’un unique Sauveur, Jésus-Christ, et que l’Église est son unique Corps mystique et Épouse :

« Par conséquent, compte tenu de l’unicité et de l’universalité de la médiation salvifique de Jésus-Christ, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l’unicité de l’Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n’a qu’un seul Corps, une seule Épouse : une « seule et unique Église catholique et apostolique ». De plus, les promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt 16,18 ; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn 16, 13) impliquent, selon la foi catholique, que l’unicité et l’unité, comme tout ce qui appartient à l’intégrité de l’Église, ne feront jamais défaut. ». (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Dominus Iesus sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ et de l’Église, n° 16)

3. Dialogue interculturel au lieu d’évangélisation

L’Instrumentum Laboris contient la théorie erronée que les peuples aborigènes ont déjà reçu la révélation divine et que l’Église catholique en Amazonie devrait opérer « une conversion pastorale et missionnaire », au lieu d’introduire la doctrine et la pratique de la vérité et du bien universels. L’Instrumentum Laboris affirme également que l’Église doit s’enrichir des symboles et des rites des peuples aborigènes:

  • Une « Église en chemin » évite le risque de« proposer une solution avec une valeur universelle » ou l’application d’ « un corps monolithe de doctrine regardé par tous » (n° 110), et favorise l’interculturalité, c’est-à-dire « un enrichissement mutuel des cultures dans le dialogue », parce que « les sujets actifs de l’interculturation sont les peuples indigènes eux-mêmes » (n°122).
  • En outre, l’Église reconnaît « la spiritualité indigène comme une source de richesse pour l’expérience chrétienne »et se charge d’ « une catéchèse qui assume le langage et le sens des récits des cultures indigènes et d’ascendance africaine » (n° 123).
  • En partageant mutuellement« leurs expériences de Dieu », les croyants font « de leurs différences un stimulus de croissance et d’approfondissement de leur propre foi » (n° 136).

Le Magistère de l’Église rejette l’idée que l’activité missionnaire soit simplement un enrichissement interculturel, en enseignant ceci :

« Les initiatives particulières par lesquelles les prédicateurs de l’Évangile envoyés par l’Église et allant dans le monde entier s’acquittent de la tâche d’annoncer l’Évangile et d’implanter l’Église parmi les peuples ou les groupes humains qui ne croient pas encore au Christ, sont communément appelées « missions » (…). La fin propre de cette activité missionnaire est l’évangélisation et l’implantation de l’Église dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n’a pas encore été enracinée (…). Mais le moyen principal de cette implantation, est la proclamation de l’Évangile de Jésus Christ . » (Second Concile du Vatican, Décret Ad Gentes, n° 6)

« Par l’inculturation, l’Église incarne l’Evangile dans les diverses cultures et, en même temps, elle introduit les peuples avec leurs cultures dans sa propre communauté; elle leur transmet ses valeurs, en assumant ce qu’il y a de bon dans ces cultures et en les renouvelant de l’intérieur. Pour sa part, l’Eglise, par l’inculturation, devient un signe plus compréhensible de ce qu’elle est et un instrument plus adapté à sa mission. ». (Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris Missio, n° 52)

4. Une conception erronée de l’ordination sacramentelle, postulant des ministres du culte des deux sexes pour accomplir même des rites chamaniques

Au nom de l’inculturation de la foi, et sous le prétexte du manque de prêtres pour célébrer fréquemment l’Eucharistie, l’Instrumentum Laboris est en faveur d’adapter les ministères ordonnés catholiques aux coutumes ancestrales des peuples aborigènes, accordant aux femmes des ministères officiels et ordonnant les dirigeants mariés de la communauté comme prêtres de second rang, privés d’une partie de leur pouvoir ministériel mais autorisés à célébrer des rites chamaniques :

  • Comme « le cléricalisme est inacceptable sous toutes ses formes »(n° 127) « un changement est nécessaire en ce qui regarde le critère de sélection et de préparation des ministres autorisés à célébrer l’Eucharistie » (n° 126), étudiant la possibilité de l’ordination presbytérale « pour des anciens, préférablement indigènes, respectés et acceptés dans leur communauté, même s’ils ont une famille stable et existante » (n° 129), ceci montrant « une autre manière d’être l’Église (…) sans la censure, le dogmatisme ou les disciplines rituelles. » (n° 138).
  • Parce que, dans les cultures de l’Amazonie,« l’autorité est rotative », il serait opportun « de reconsidérer l’idée que l’exercice de la juridiction (pouvoir du gouvernement) doive être lié dans tous les domaines (sacramentel, juridique, administratif) et de façon permanente au sacrement de l’Ordre sacré ». (n° 127)
  • L’Église doit « identifier le type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes » (n° 129).
  • Reconnaissance doit être donnée « aux rites et cérémonies indigènes »qui « créent une harmonie et un équilibre entre les êtres humains et le cosmos » (n° 87), de même qu’ « aux éléments traditionnels qui sont parts des processus de guérison » pratiqués par les « guérisseurs anciens » (n° 88) dont « les rites, les symboles et les styles de célébration » devraient être intégrés dans « les rituels sacramentels et liturgiques ». (n° 126)

Le Magistère de l’Église rejette de telles pratiques, et leurs idées implicites, en enseignant ceci :

« Le sacerdoce ministériel diffère essentiellement du sacerdoce commun des fidèles parce qu’il confère un pouvoir sacré pour le service des fidèles. Les ministres ordonnés exercent leur service auprès du peuple de Dieu par l’enseignement (munus docendi), le culte divin (munus liturgicum) et par le gouvernement pastoral (munus regendi). » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1592)

« Le Christ, Fils unique du Père, du fait même de son incarnation, est constitué Médiateur entre le ciel et la terre, entre le Père et le genre humain. En pleine harmonie avec cette mission, le Christ est resté durant toute sa vie dans l’état de virginité, qui signifie son dévouement total au service de Dieu et des hommes. Ce lien profond qui, dans le Christ, unit la virginité et le sacerdoce, se reflète en ceux à qui il échoit de participer à la dignité et à la mission du Médiateur et Prêtre éternel, et cette participation sera d’autant plus parfaite que le ministre sacré sera affranchi de tout lien de la chair et du sang. » (Paul VI, Encyclique Sacerdotalis Caelibatus, n° 21)

« La volonté de l’Église trouve sa dernière motivation dans le lien du célibat avec l’Ordination sacrée, qui configure le prêtre à Jésus Christ Tête et Époux de l’Église. L’Église, comme Épouse de Jésus Christ veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus Christ Tête et Époux l’a aimée. Le célibat sacerdotal alors, est don de soi dans et avec le Christ à son Église, et il exprime le service rendu par le prêtre à l’Église dans et avec le Seigneur. » (Jean-Paul II, Exhortation apostolique Pastores dabo vobis, n° 29)

« L’ordination sacerdotale, par laquelle est transmise la charge, confiée par le Christ à ses Apôtres, d’enseigner, de sanctifier et de gouverner les fidèles, a toujours été, dans l’Église catholique depuis l’origine, exclusivement réservée à des hommes. (…) D’autre part, le fait que la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église, n’ait reçu ni la mission spécifique des Apôtres ni le sacerdoce ministériel montre clairement que la non admission des femmes à l’ordination sacerdotale ne peut pas signifier qu’elles auraient une dignité moindre ni qu’elles seraient l’objet d’une discrimination. (…) C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc22,32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église. » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis, n° 1, 3 et 4)

5. Une « écologie intégrale » qui dévalorise la dignité humaine

En accord avec ses vues implicitement panthéistes, l’Instrumentum Laboris relativise l’anthropologie chrétienne qui reconnaît la personne humaine comme créée à l’image de Dieu et donc le sommet de la création matérielle (Gen 1, 26-31). À l’opposé, il considère l’humain comme un simple lien dans la chaîne écologique de la nature, regardant le développement socio économique comme une agression envers la « Terre Mère ».

  • « Un aspect fondamental de l’origine du péché humain est de se détacher de la nature et de ne pas la reconnaître comme une part de l’humain en exploitant la nature sans limites.»(n° 99)
  • « Un nouveau paradigme de l’écologie intégrale »(n°56) devrait se fonder sur « la sagesse des peuples indigènes » et sur leur vie quotidienne qui « nous enseigne à nous reconnaître comme part du biome » (n° 102), « part de l’écosystème » (n° 48), « part de la nature ». (n° 17)

Le Magistère de l’Église rejette les opinions suivantes : que les hommes ne possèdent pas une dignité unique au-dessus du reste de la création matérielle, et que le progrès technique est lié au péché, en enseignant ceci :

« Aux hommes, Dieu accorde même de pouvoir participer librement à sa providence en leur confiant la responsabilité de «  soumettre la terre et de la dominer » (cf. Gn 1, 26-28). Dieu donne ainsi aux hommes d’être causes intelligentes et libres pour compléter l’œuvre de la Création, en parfaire l’harmonie pour leur bien et celui de leurs prochains. » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 307)

6. Un collectivisme tribal qui amoindrit le caractère propre de la personne et la liberté

Selon l’Instrumentum Laboris, une « conversion écologique » intégrale inclut l’adoption du modèle social collectif des tribus aborigènes dans lesquelles la personnalité individuelle et la liberté sont amoindries :

  • « Le concept de sumak kawsay [“bonne vie”] a été construit à partir de la sagesse ancestrale des peuples et nations indigènes. Il s’agit d’un mot riche d’expérience, plus ancien et plus réel qui propose un style de vie communautaire où tous SENTENT, PENSENT et AGISSENT de la même façon, comme un fil de laine qui maintient, enveloppe et protège, comme un poncho de différentes couleurs »(Appel « Le Cri du Sumak Kawsay en Amazonie », cité dans la note 5 du n° 12).
  • « La vie en Amazonie est intégrée et unifiée au territoire ; il n’y a pas de séparation ou de division entre les parties. Cette unité inclut toute l’existence : travail, repos, relations humaines, rites et célébrations. Chaque chose est partagée ; les espaces privés, si caractéristiques de la modernité, sont réduits au mininum. La vie avance sur un chemin commun où les tâches et les responsabilités sont distribuées et partagées dans le but du bien commun. Il n’y a pas de place pour l’idée d’un individu détaché de la communauté ou du territoire. » (n° 24)

Le Magistère de l’Église rejette de telles opinions en enseignant ceci :

« La personne humaine doit toujours être comprise dans sa singularité inimitable et inéluctable. De fait, l’homme existe avant tout comme subjectivité, comme centre de conscience et de liberté, dont l’histoire unique et non comparable à aucune autre exprime l’impossibilité de le réduire à quelque tentative que ce soit de l’enfermer dans des schémas de pensée ou dans des systèmes de pouvoir, idéologiques ou non. » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n° 131)

« À juste titre, l’homme apprécie la liberté et la cherche passionnément : à juste titre, il veut et doit former et conduire, de sa libre initiative, sa vie personnelle et sociale, en en assumant personnellement la responsabilité.(Veritatis Splendor, n° 24) De fait, non seulement la liberté permet à l’homme de modifier convenablement l’état de choses qui lui est extérieur, mais elle détermine la croissance de son être en tant que personne, par des choix conformes au vrai bien : (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1733) de la sorte, l’homme s’engendre lui-même, il est le père de son propre être (Saint Grégoire de Nysse, De Vita Moysis), il construit l’ordre social.» (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n° 135)

Conclusion

Les erreurs théologiques et les hérésies, implicites et explicites, dans l’Instrumentum Laboris de l’imminente assemblée extraordinaire du Synode des Évêques sur l’Amazonie, sont une manifestation alarmante de la confusion, de l’erreur et de la division qui affectent l’Église d’aujourd’hui. Personne ne peut s’excuser de ne pas être informé de la gravité et de la situation, et de ne pas prendre les mesures appropriées par amour pour le Christ et pour sa vie avec nous dans l’Église. Par-dessus tout, tous les membres du Corps mystique du Christ, en présence d’une telle menace contre son intégrité, doivent prier et jeûner pour le bien éternel de ses membres qui risquent d’être scandalisés, c’est-à-dire induits dans la confusion, dans l’erreur, dans la division par ce texte pour le Synode des Évêques. De plus, chaque catholique, comme un vrai soldat du Christ, est appelé à protéger et à promouvoir les vérités de la foi et la discipline par lesquelles ces vérités sont honorées dans la pratique, de peur que la solennelle assemblée des évêques au Synode ne trahisse la mission du Synode qui est « d’aider de ses conseils le Pontife Romain pour le maintien et le progrès de la foi et des mœurs, pour conserver et affermir la discipline ecclésiastique (…) » (Droit Canon, n° 342).

Le 13 octobre 2019, lors de la tenue de l’assemblée extraordinaire du Synode des Évêques sur l’Amazonie, aura lieu la canonisation du bienheureux cardinal John Henry Newman. Puissent le Saint Père et tous les membres de l’assemblée extraordinaire du Synode des Evêques sur l’Amazonie, entendent et acceptent l’enseignement lumineux de ce nouveau saint de l’Eglise, par lequel il prévient contre des erreurs théologiques semblables à celles mentionnées plus haut dans l’Instrumentum Laboris :

« Les crédos privés, les religions capricieuses peuvent être très voyants et s’imposer à beaucoup de nos jours; les religions nationales peuvent s’étaler sur une grande échelle de façon inerte, et occuper le terrain pendant des siècles, et distraire l’attention ou semer la confusion dans le jugement des savants ; mais, à la longue, il apparaîtra que, ou bien la Religion catholique est en vérité et vraiment la préfiguration du monde invisible dans celui-ci, ou bien qu’il n’y a rien de positif, rien de dogmatique, rien de réel dans nos idées sur d’où nous venons et où nous allons. » (Discourses to Mixed Congregations, XIII)

« Jamais la Sainte Église n’a eu autant besoin de champions contre [l’esprit de libéralisme dans la religion] qu’actuellement, alors que, hélas, c’est une erreur se répandant comme un piège sur le monde entier ; […] Le libéralisme dans la religion est la doctrine qui affirme qu’il n’existe aucune vérité positive dans la religion, et que toutes les croyances se valent, position dont l’enseignement prend substance et force de jour en jour actuellement. C’est inconsistant avec la reconnaissance de n’importe quelle religion comme vraie. Il enseigne que toutes doivent être tolérées, car toutes sont des questions d’opinions. La religion révélée n’est pas une vérité, mais un sentiment et un goût; pas un fait objectif; pas un fait miraculeux: et donc c’est le droit de chaque individu de lui faire dire ce qui lui plaît le plus. La dévotion n’est pas nécessairement fondée sur la foi. Les hommes peuvent fréquenter les Églises protestantes ou l’Église catholique, peuvent recevoir de la nourriture des deux et n’appartenir à aucune. Ils peuvent fraterniser ensemble dans des pensées spirituelles et des sentiments, sans avoir de doctrines communes et éprouver la nécessité d’en posséder. » (Biglietto Speech, 12 mai 1879)

Que Dieu, par l’intercession de tant de vrais missionnaires catholiques qui évangélisèrent les peuples indigènes des Amériques, parmi lesquels sont saint Turibius de Mongrovejo et saint José de Anchieta, et par l’intercession des saints que les peuples indigènes ont donnés à l’Église, parmi lesquels sont saint Juan Diego et sainte Catherine Tekakwitha, et tout spécialement par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Reine du Saint Rosaire, qui vainc toute hérésie, accorde que les membres de la prochaine assemblée du Synode des Évêques sur l’Amazonie et le Saint Père soient protégés du danger d’approuver des erreurs doctrinales et des ambiguïtés, et de miner la règle apostolique du célibat sacerdotal.

 

Cardinal Raymond L. Burke – Mgr Athanasius Schneider

12 septembre 2019. Fête du Très saint Nom de Marie

Le cardinal Pell va faire appel de sa condamnation
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Des sources proches du cardinal George Pell, ont annoncé hier 26 août que le cardinal allait faire appel de sa condamnation auprès de la Haute cour d’Australie, la plus haute juridiction du pays, dont le siège est à Canberra. Les conseils du cardinal sont, en effet, convaincus que même si l’autorisation d’interjeter appel devant cette Haute cour est très rarement accordée dans des affaires judiciaires, la probabilité d’acceptation est très forte en raison de la controverse déclenchée par la décision non unanime – deux juges sur trois – de la Cour d’appel de Victoria. Le jugement de la Cour d’appel ayant été rendu le 21 août, les avocats du cardinal disposent de trois semaines pour interjeter appel auprès de la Haute cour.

Comment écrire au cardinal Pell ?
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On nous demande où écrire au cardinal George Pell pour lui exprimer notre soutien et l’assurer de nos prières. Voici son adresse et la manière d’écrire selon nos confères de Life Site News :

George Pell
Melbourne Assessment Prison
317-353 Spencer Street
West Melbourne, VIC 3003
Australie

Il est obligatoire que sur l’enveloppe ne figure que « George Pell » en suscription, sans rien d’autre. Mais dans votre courrier, l’administration pénitentiaire acceptera l’appel « Éminence ».

Il est très probable que le cardinal soit transféré prochainement dans une autre prison australienne. Sitôt connue cette nouvelle adresse, nous la communiquerons.

Cardinal Pell : une sentence incompréhensible
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Dans son ensemble, le monde catholique “orthodoxe” aux États-Unis, personnalités et médias confondus, a dénoncé le jugement d’appel rendu par deux juges sur trois contre le cardinal Pell, considéré tantôt comme incompréhensible, tantôt comme tout simplement inique. Dans un court mais ferme communiqué du 21 août dernier, Bill Donohue, président de la Catholic League des États-Unis, offre une synthèse du sentiment dominant chez les catholiques de son pays. En voici la traduction.

Le cardinal George Pell a été aujourd’hui [21 août 2019] reconnu coupable d’abus sexuels sur deux mineurs par la Cour suprême de l’État de Victoria, en Australie. Deux des trois juges de cette cour d’appel ont opiné pour la culpabilité. C’est le plus haut prélat catholique jamais condamné pour un tel crime. Il est aussi le prélat catholique le plus injustement traité dans l’histoire récente.

En 2017, Pell avait été accusé d’abus sexuels sur des mineurs. En septembre 2018, le procès s’était achevé sur un désaccord du jury : son unanimité n’avait pu être obtenue. En décembre, un second procès a reconnu coupable le cardinal. Il vient donc de perdre en appel. Il n’est pas certain qu’il fasse appel auprès de la Cour suprême d’Australie, la plus haute juridiction du pays.

Le procès fait à Pell a dépendu en grande partie du témoignage d’un des deux servants de messe : l’accusateur prétend que lui et son ami furent abusés par le cardinal après une messe célébrée en la cathédrale Saint-Patrick [de Melbourne] en 1996. La police enquêta sur cette accusation mais ne découvrit rien qui puisse l’appuyer.

Un de ces garçons décéda plus tard d’une surdose de drogue. Toutefois, avant de mourir, il dit à sa mère, à deux reprises, qu’il n’avait jamais été abusé par Pell. Pourquoi cela ne fut-il pas suffisant pour disculper Pell ? Ce seul fait n’était-il pas suffisant pour constituer un doute raisonnable ? Dans son opinion dissidente, le juge Mark Weinberg a signalé que « le plaignant avait tendance à enjoliver certains aspects de son histoire ». Visiblement, son observation n’est pas passée auprès des deux autres juges.

Il y a bien d’autres aspects dans cette épreuve subie par le cardinal Pell, qui démontrent combien il a été injustement traité depuis des années et qui rendent incompréhensible la sentence rendue aujourd’hui. Espérons et prions afin que le Vatican ne rajoute pas sa réduction à l’état laïc. Cela ne ferait qu’ajouter à la litanie des injustices qu’il a dû supporter.

Qu’on se s’y trompe pas : le cardinal Pell n’est pas Theodore McCarrick. Il est en vérité un homme bien qui n’a cessé d’être la victime des tribunaux. L’atmosphère dans l’État de Victoria est depuis longtemps toxique pour les catholiques. Le jugement d’aujourd’hui n’en est qu’un exemple de plus.

Cathédrale de Reims : messe aux intentions de l’abbé Chanut
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Françoise Quillent nous informe que la messe de 9 h 30 (messe en grégorien) célébrée le dimanche 18 août en la cathédrale Notre-Dame de Reims, le sera aux intentions de l’abbé Christian-Philippe Chanut.

Messe aux intentions de l’abbé Chanut à Fontainebleau
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Né le 7 août 1948, l’abbé Christian-Philippe Chanut a été rappelé à Dieu le 17 août 2013. À quelques jours du sixième anniversaire de son décès, une messe sera célébrée, dans la forme extraordinaire, par l’abbé Jean-Laurent Lefèvre, FSSP, mercredi 14 août à 18 h 35 en la chapelle du Carmel, 8 rue du Général-Leclerc, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Merci à François Quillent de ce signalement et de veiller à l’entretien de la mémoire de ce vénéré prêtre que tant d’entre nous ont connu et aimé.

Mgr Jean-Marc Aveline nouvel archevêque de Marseille
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L’annonce en a été faite ce midi par la salle de presse du Saint-Siège et par Mgr Georges Pontier, archevêque émérite de Marseille.

Source : diocèse de Marseille, 8 août 2019.

Pérou : le calvaire d’un prêtre amazonien
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On parle beaucoup d’Amazonie ces temps-ci avec le synode qui s’annonce dont tout le monde parle. Mais il est une autre affaire en Amazonie dont personne ne dit rien : le calvaire d’un prêtre…

Le Père Édouard-Marie Gallez est bien connu de nos lecteurs. L’éminent islamologue qui, à bien des égards, a renouvelé en profondeur cette science par ses travaux scientifiques, a bien connu ce prêtre indien péruvien d’un dévouement et d’une charité exemplaires, victime, selon le Père Gallez, d’un incompréhensible complot judiciaire et, pour tout dire, d’un procès bidon. Il nous prie de signaler à nos lecteurs ce cas douloureux. Nous publions très volontiers son communiqué reçu ce matin, qui offre une synthèse de cette affaire. À l’occasion du 160ème anniversaire de la naissance au Ciel de saint Jean-Marie Vianney, le pape François a écrit le 4 août, aux 400 000 prêtres catholiques dans le monde, qui souffrent injustement d’une persécution sèche pour les méfaits d’une infime partie d’entre eux. C’est une occasion providentielle d’évoquer le calvaire de ce prêtre péruvien.

*

Le père Cristián Alejandría Agreda, né en 1969 à Jaén, Pérou, était coresponsable de la paroisse de l’Enfant Jésus et aumônier militaire dans la petite ville de Tarapoto, en Amazonie péruvienne. Il y a mené l’essentiel de sa vie pastorale. L’église de l’Enfant-Jésus a été entièrement construite grâce à ses efforts personnels avec l’aide d’un comité de quartier.

Le 13 septembre 2017, une enseignante l’a accusé d’avoir violé, la nuit précédente, l’une de ses élèves, une adolescente de 13 ans. Cette enseignante de 64 ans avait déjà accusé trois enseignants de viol d’élèves mineures sans qu’aucun de ces cas n’ait été avéré, et elle a prétendu ne pas connaître le père Cristián auparavant, ce qui était un gros mensonge.

Malgré ce mensonge évident et les démentis réitérés de la victime supposée et de ses parents, ce prêtre indien âgé de 59 ans, au casier judiciaire vierge et sans aucun antécédent judiciaire, totalement dévoué à son action pastorale, a été placé en détention préventive en janvier 2018 dans la prison dont il était aumônier – les médias locaux en on parlé un peu puis plus rien. Au Pérou, la détention préventive est de cinq mois au maximum, mais la sienne fut prorogée jusqu’à son jugement en janvier 2019. Et il a été condamné à 30 ans de prison !

Comment être condamné sur un dossier constitué de la seule parole d’une enseignante et d’expertises tronquées ?

Il faut noter que le P. Cristián est de famille amazonienne pauvre et peu lettrée, et que sa défense a été menée de manière incompétente face à l’acharnement judiciaire de la part de la procureure provinciale adjointe, titulaire du deuxième parquet pénal provincial (Tarapoto justement). Cet acharnement a même été dénoncé par le juge des mises en accusation, qui exigea que ses remarques soient transmises à l’organisme de contrôle interne de la magistrature, mais en vain – la procureure est restée en charge du dossier, écartant tous les éléments fournis par la défense. Il semble aussi que, dès les débuts, l’évêque local (Moyobamba), un Espagnol, ait été dépassé par les événements, mais il n’a pas suspendu le Père : il le considère comme innocent de l’accusation.

Après des mois de procédure ralentie de manière très suspecte, le P. Cristián a pu faire appel (avril 2019), mais son dossier judiciaire doit être complètement reconsidéré : reconnu innocent, la procureure sauterait et le silence des médias, qui facilite la corruption, n’est pas bon signe . De plus, personne ne semble être au courant dans la capitale, Lima.

Il faut faire connaître le cas exemplaire de ce prêtre indien dévoué et irréprochable, victime d’un système judiciaire instrumentalisé dans un coin de l’Amazonie. Son procès inique salit les chrétiens de la ville et du monde.

Toulouse : menace sur la crypte de l’église Saint-Aubin
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Dans l’état de faiblesse où se trouve aujourd’hui l’Église de France, qui perd ses fidèles, qui ne trouve plus de prêtres, qui est attaquée de toutes parts, grande est la tentation pour les autorités civiles de lui retirer par bribes aujourd’hui, et peut-être massivement demain, les biens dont elle a la disposition.
Nous avions d’ailleurs lancé une alerte à ce sujet dans un article du 4 février 2019. Un précédent fâcheux dans les rapports Église-État se dessinait à Cahors : le presbytère de la cathédrale, intégré à l’ensemble cathédral, était en passe d’être enlevé à l’affectataire de l’église-mère du diocèse, son recteur, pour être utilisé par l’État à d’autres fins.
Un épisode semblable se déroule aujourd’hui à Toulouse, où la municipalité de Jean-Luc Moudenc, LR, veut enlever à la paroisse Saint-Aubin, qui fait partie de l’ensemble paroissial de Saint-Étienne, une partie de l’édifice sacré, à savoir sa crypte. Celle-ci, d’une surface de 1 800 m2, construite à partir de 1847, avec ses voûtes en briques roses, ses nefs multiples, son couloir de circulation, représente l’une des plus intéressantes réalisations architecturales de style néo-roman qui soit en France.
Sous prétexte que cette partie de l’église est fermée au public depuis 15 ans, la mairie de Toulouse veut en faire, dès 2022, grâce au projet dit Light House, un espace dédié « à la création, au numérique et à la vie de quartier ». L’objectif est d’y implanter plusieurs startups ayant pour visée « l’image et la production de contenus comme du cinéma, d’animation, des jeux vidéo ou encore du virtuel », mais aussi quelques entreprises spécialisées dans la cryptomonnaie et dans le e-tourisme. La conception de cette réhabilitation macronienne d’un lieu sacré, déjà fort avancée, a été confiée à la société Icade, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations.
Sauf que cette partie de l’église Saint-Aubin, certes propriété de la commune depuis la loi spoliatrice de Séparation du 9 décembre 1905, a pour affectataire – c’est-à-dire pour bénéficiaire d’un droit de jouissance qui ne peut cesser qu’en vertu d’une procédure de désaffectation (article 13 de la loi de 1905 et décret du 17 mars 1970) – le curé de la paroisse. Concrètement, il faudrait que la désaffectation de l’édifice soit prononcée par arrêté préfectoral à la demande du conseil municipal, mais à la condition que l’évêque ait donné préalablement son consentement par écrit.
En a-t-il même le droit ? Une crypte fait clairement partie par sa nature d’un entier édifice cultuel et, sous réserve de plus ample information, on ne connaît pas de cas où un édifice du culte ait été sectionné pour qu’une partie en soit désaffectée. La jurisprudence administrative va d’ailleurs dans le sens d’une reconnaissance large de la définition de l’ensemble de l’immeuble cultuel affecté (par exemple, une salle annexe utilisée comme salle de catéchisme, une bande de terrain entourant l’église, ont été considérées par le Conseil d’État comme faisant partie de l’immeuble affecté au culte catholique).
Pour préserver le principe du droit de l’Église sur les édifices du culte et ne pas introduire de précédent, l’archevêque de Bordeaux, Mgr Jean-Pierre Ricard, s’était jadis opposé à la désaffection de l’église Saint-Éloi, pourtant hors-service depuis longtemps, et dont la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X revendiquait l’utilisation (la réintégration canonique officielle du prêtre qui y célébrait, l’abbé Laguérie, avait ensuite permis de régler la question). Pareillement, l’attitude de l’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall sera d’une importance considérable pour l’avenir des biens d’Église en France : s’il avalisait le projet de la mairie de Toulouse, il introduirait une faille, vraisemblablement contraire à la loi et attaquable, mais en toute hypothèse désastreuse en ce qui concerne la protection des édifices du culte, à un moment où elle risque d’être de plus en plus menacée.

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