Victor Scribe
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La vie et les miracles de la bienheureuse Isabelle de France
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Si la figure de saint Louis, roi de France, et notre seul roi canonisé, est bien connue, celle de sa sœur, la bienheureuse Isabelle de France l’est beaucoup moins. Il faut donc saluer la traduction réalisée par Jean-François Kosta-Théfaine d’un texte intitulé « La vie et les miracles de la bienheureuse Isabelle de France, sœur de saint Louis » (Le Cerf, 174 signes, 12€). Ce récit d’Agnés d’Harcourt date de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé dans la perspective de la béatification. Il offre donc un témoignage précieux sur la vie de la bienheureuse.

Isabelle est née en 1225 et ne connaîtra pas son père qui meurt en 1226. Elle reçoit une éducation complète, religieuse mais aussi profane. Elle est d’abord fiancée à Hugues de Lusignan puis promise à Conrad de Hohenstaufen, mariage qu’elle refuse au bénéfice du vœu de perpétuelle virginité que le pape Innocent IV finit par accepter. En 1255, elle fonde une abbaye à Longchamp et s’inspirant de celle de sainte Claire, elle rédige une règle. Elle s’installe elle-même à l’ombre de l’abbaye, dans une maison où elle vit jusqu’à la fin de ses jours, le 23 février 1270. Elle a été béatifiée par le pape Léon X, le 15 janvier 1521. 

Sainte Russie
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Expert des questions russes, soviétologue, Alain Besançon, de l’Académie des sciences morales et politiques, vient de publier un nouvel essai consacré à la Russie. À vrai dire, c’est autant à ce pays qu’aux passions françaises que l’écrivain consacre sa réflexion, appuyée sur des connaissances très précises de ce qui est au fondement de la nation russe.

Passions françaises ? C’est, en effet, une tâche presque impossible que se donne Alain Besançon : nous faire entendre raison en ce qui concerne la Russie, à nous Français, trop prompts selon lui, à être pour ou contre la Russie, le plus souvent sans connaissance de cause. On pourra bien évidemment discuter la ligne générale de l’ouvrage et penser qu’en politique il faut choisir et que sur le plan international il importe d’être pour ou contre la Russie de Poutine qui semble malgré tout visée par ce livre, sans que l’auteur n’en dise un mot.

Mais, quoi qu’il en soit, on lira avec un très grand intérêt la première partie de ce livre, consacrée à l’importance capitale et historique de l’orthodoxie sur le destin russe. Pour nous chrétiens latins, souvent ignares de ce christianisme oriental, Alain Besançon apporte des précisions importantes qui devraient nous conduire à puiser dans notre propre héritage plutôt que de nous laisser entraîner vers cet autre christianisme, aux accents si étranges et parfois tellement orientaux. Rien que pour cela, il faut se procurer et lire ce livre (Éditions de Fallois, 164 pages, 17€).

Correspondance de dom Jean-Baptiste Porion
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Procureur général de l’ordre des chartreux, à Rome, de 1946 à 1981, dom Porion est l’auteur notamment d’Amour et silence, un superbe petit livre de spiritualité. Il fit profession à la chartreuse de La Valsainte, en Suisse, en 1925, à l’âge de 26 ans.

Doyen honoraire de la Faculté de Lettres de l’Institut catholique de Paris, directeur du Centre de recherches et d’études de spiritualité (CRESC), Nathalie Nabert vient de réunir dans un fort volume (Lettres et écrits spirituels, Beauchesne, 608 pages, 59€ jusqu’au 31 décembre prochain) la correspondance de ce chartreux qui eut des responsabilités déterminantes au sein de son ordre juste après la guerre et dans la période si mouvementée du Concile et de l’après-Concile.

La publication de cette correspondance ne suit pas l’ordre chronologique. Elle est rassemblée en fonction du correspondant et un même sujet peut être plus ou moins abordé dans plusieurs textes séparés de plusieurs pages. Celles sur le Concile et l’après-Concile sont très intéressantes tant on y voit un religieux désireux à la fois d’être fidèle au magistère et de sauver la grande spécificité contemplative de son ordre. Les échanges avec le cardinal Journet et Jacques Maritain sont très éclairants ; ceux aux membres de l’ordre ne le sont pas moins. Bien que reclus par vocation, on s’aperçoit que dom Porion bénéficie d’une très haute culture et d’une très forte exigence intellectuelle. Le spirituel habite toujours en lui et modifie les vues de l’intellectuel. Il note la différence d’ailleurs en parlant du cardinal Journet qu’il a en très haute estime mais qui reste un théologien quand il s’occupe de théologie.

Facile à lire, très bien annoté, cet ouvrage est passionnant pour l’histoire de l’Église et de la spiritualité, pour les éclairages qu’il apporte, pour les conseils qu’il transporte, même pour aujourd’hui. Terminons sur un extrait d’une lettre de dom Porion :

 Se féliciter mutuellement de la dernière formule mise au goût du jour est un lieu commun de la rhétorique religieuse post-conciliaire auquel chacun se croit presque obligé de sacrifier (p. 548). 

Jeanne d’Arc, la vérité sur un faux procès
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« Un procès de dupes » ! C’est ainsi qu’Alain Bournazel présente le procès de sainte Jeanne d’Arc qui la conduira en 1431 au bûché, dans un nouveau livre qui vient de paraître sous le titre « Jeanne d’Arc, la vérité sur un faux procès » (Éditions Artena, 256 pages, 24,90€).

À partir d’une abondante documentation, l’auteur décrypte ce procès joué d’avance, fait avancer les protagonistes depuis le duc de Bourgogne qui captura la Pucelle avant de la vendre aux Anglais jusqu’au régent Jean de Bedford en passant par le roi Henri VI d’Angleterre et beaucoup d’autres. Accusée d’hérésies, la jeune fille fut finalement condamnée à mourir par le feu. Il ne faisait pas bon, remarque l’auteur, dans Rouen, siège de cette tragédie, de critiquer alors les responsables de cette forfaiture. Pour s’y être essayé, un religieux, le frère Bosquier sauva sa peau en reconnaissant ses erreurs de jugement et fut condamné le 8 août à s’en aller en prison pour un jeûne de pain et d’eau jusqu’à Pâques. L’étude d’Alain Bournazel s’étend jusqu’aux procès de réhabilitation et plusieurs annexes passionnantes donnent des informations importantes. Il manque peut-être à cet ouvrage un véritable chapitre conclusif par lequel l’auteur aurait synthétisé son approche et son travail qui paraissent dans une collection dirigée par l’historienne Dominique Paoli, par ailleurs responsable d’émission à Radio Courtoisie.

Élus du Seigneur
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Le cardinal Mauro Piacenza est l’un des récents cardinaux créés par le pape Benoît XVI. Dans les affaires de fuite de documents qui touchent aujourd’hui le Vatican, son nom est parfois avancé comme possible remplaçant du cardinal Bertone à la Secrétairerie d’État. C’est un Génois, un fils du cardinal Siri qui aujourd’hui est préfet de la Congrégation pour le clergé.

Dans la suite logique de cette haute fonction, le cardinal Piacenza a publié un livre sur les prêtres dont le titre français est « Élus du Seigneur » (Artège, 142 pages, 15€).

Un tel titre rompt radicalement avec une vision administrative du prêtre ou avec celle qui le réduit au rang d’animateur pastoral ou de président de l’assemblée liturgique. Il n’y a pas d’Église catholique sans sacerdoce catholique affirme-t-il. Il souligne ainsi l’identité du prêtre, son lien vital avec la prière et la « sainte messe », sa communion avec l’évêque avant d’aborder le thème du prêtre et du laïcs et la question de la communication du prêtre. Il conclut en écrivant notamment :

 

« Un prêtre qui aime le Seigneur, l’Église, la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église et reine des Apôtres, un prêtre qui aime sa propre vocation, deviendra un rayon lumineux capable de guider les consciences et de réchauffer les cœurs refroidis de notre époque ».

 

A lire et à offrir à nos prêtres. 

Un hommage au Père Marie-Dominique Philippe
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Il signe tout simplement Benoît-Emmanuel Peltereau-Villeneuve. Mais, en fait, il est aussi frère de la Communauté Saint-Jean, comme il est indiqué en quatrième de couverture. Il a fondé le Festival Agapé et il a développé le forum Amour et Vie. Avec Ariane Schwizgebel, il a réalisé un livre d’entretiens entièrement consacré au père Marie-Dominique Philippe, le fondateur de la Communauté Saint-Jean.

L’ouvrage s’intitule Le Père Marie-Dominique Philippe, ouvrier de la sagesse (Parole et Silence, 216 pages, 20€). Il s’agit d’un acte de piété. On ne trouvera donc presque pas d’évocation des problèmes de la Communauté Saint-Jean, qui n’en manque pourtant pas, mais un ensemble d’informations concernant l’itinéraire très particulier du Père Philippe, religieux dominicain qui en viendra à créer une nouvelle famille religieuse, avec des frères et des sœurs. Il ne s’agit pas seulement de l’évocation de l’itinéraire du Père Philippe, de la Communauté Saint-Jean, des autres communautés nées dans le sillage du Père Marie-Dominique, mais aussi des grands thèmes philosophiques et théologiques du Père Philippe et de l’auteur lui-même.

Témoignage plus que livre d’histoire religieuse, cet ouvrage se lit très facilement, grâce au mode de l’entretien. 

Etre chrétien aujourd’hui en Turquie
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Docteur en Histoire et diplômé de l’Institut national des langues orientales, Jean Moneret, spécialiste par ailleurs de l’Algérie où il est né, était certainement l’un des mieux placés pour écrire sur Le martyre oublié des chrétiens chaldéens. C’est là le titre de son dernier livre paru aux éditions Via Romana (154 pages, 20€).

On oublie trop selon lui le sort des chrétiens de Turquie, ce qu’il appelle le « génocide silencieux ». Il a rencontré ces chrétiens persécutés, et parfois exilés et il retrace dans ce livre attachant cette histoire tragique dont la chronologie s’enracine à l’époque des Apôtres et se déroule jusqu’à aujourd’hui.

C’est un livre fondé sur les rencontres avec Meske, Paoulès, David, Milkiya, Gabriel, Savo, Shamiramis, Jean-Paul, et Mgr Yousif. Un ouvrage fort, direct, sans apprêt qui veut seulement nous ouvrir les yeux sur une réalité trop méconnue parce qu’elle dérange des politiques et conforte des a priori. 

The War of The Vendée en France
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Mon confrère Daniel Hamiche nous a déjà entretenus de ce très émouvant film américain intitulé « The War of The Vendée », écrit et réalisé par Jim Morlino, avec une bande-son signé de Kevin Kaska et un « casting » de plus de 250 jeunes acteurs amateurs (ici et ).

Ce film touchant, unique en son genre, est diffusé aujourd’hui en France en DVD par La Libraire française. Le DVD « The War of The Vendée » comprend le film de 90 mn en anglais, un sous-titrage français ou espagnols et 60 mn de bonus dont une introduction, les scènes coupées, les coulisses, les gaffes, les bandes-annonces. Il est disponible sur Internet ou par correspondance auprès de La Libraire française (ASMA BP 80308 75723 Paris Cedex 15). Un beau cadeau à offrir ou à s’offrir, pour retrouver l’ardeur et la force de nos ancêtres, avec la fraîcheur de l’enfance (16,5 €, port compris). 

 

Présentation du producteur :

« L’histoire peu connue de la lutte vaillante menée durant 6 ans par les habitants de cette région de l’Ouest de la France, pour rétablir leur sainte religion et leur roi, après avoir subi des mois de persécution religieuse dans la foulée de la Révolution française. 
À certains moments armés simplement de fourches, mais imprégnés de l’influence de Saint-Louis de Montfort, portant leurs chapelets et ayant comme emblème le Sacré-Cœur, ils eurent d’innombrables martyrs, et, finalement, leurs sacrifices ont amené le rétablissement de la liberté religieuse pour toute la France. 
Ce film est une lettre d’amour au peuple vendéen, et a été produit pour honorer la mémoirede ces braves hommes et femmes qui ont consenti le sacrifice de leur vie « pour Dieu et le roi ».

Écrit et réalisé par Jim Morlino, avec de solides performances d’un casting de plus de 250jeunes, et une bande-son de Kevin Kaska, ce film unique en son genre inspire des auditoiresde tous âges avec ses thèmes intemporels de courage, d’abnégation, de foi et d’amour. 
Une histoire particulièrement opportune à la lumière des récents événements. Les braves hommes et femmes de la Vendée sont vraiment devenus « soldats du Christ » – et nous lèguent un cadeau de Confirmation parfait ! »

 

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Petit retour d’Edmond Burke
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C’est un peu l’une des surprises, et même l’une des bonnes surprises, de ces derniers temps en matière d’édition. On connaît les Réflexions sur la Révolution française de l’irlandais Edmund Burke qui fut l’un des premiers à analyser le processus révolutionnaire de 1789. Avec sa Lettre à un membre de l’assemblée nationale sur la révolution française et Rousseau (Mille et une nuits, 116 pages, 4,50€), Edmund Burke poursuit sa critique virulente contre l’esprit du nouveau régime établi en France.

Mais cette Lettre n’est pas un genre littéraire qu’aurait adopté l’écrivain afin de faire passer son message. Il s’agit bien d’une missive envoyée à François Louis Thibaut de Ménonville qui lui-même avait adressé un courrier à Burke pour lui faire part d’un certain nombre d’erreurs qu’il avait relevées dans les Réflexions sur la Révolution française.

À son tour, Burke répond en corrigeant certaines erreurs, mais se donne pour tâche également de montrer que la contre-révolution est impossible en France sans une aide extérieure. S’il avoue assez vite le peu d’estime qu’il porte à Rousseau (« il a laissé bien peu de traces dans mon esprit »), il n’en opère pas moins une critique du projet révolutionnaire dans sa totalité qui vise à transformer les rapports sociaux de toute une nation. Il en profite pour dénoncer la « faction jacobine » anglaise, véritable alliée selon lui des révolutionnaires français et dont l’esprit missionnaire est le même, en vue d’une transformation totale du pays.

On a toujours intérêt à lire Burke, et cette nouvelle édition, avec une nouvelle traduction et des notes bien nécessaires pour suivre le texte, permet de découvrir ou de redécouvrir un auteur qui aborde de front les fondamentaux de notre société. L’édition a été placée sous la direction de Patrick Henry, auteur d’un essai sur Burke publié chez Michalon. 

 

Les hommes de l’éternel
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Il y a des saisons pour la sagesse. Socrate, Platon et Aristote ne sont pas nés à n’importe quel moment, ni n’importe où. Saint Thomas d’Aquin, après saint Augustin, n’émerge pas dans n’importe quel siècle. Pascal, aux dons si multiples, au génie si étendu, vient en son temps, qui est celui d’une crise religieuse et de progrès techniques.

Thibon fut l’un des sages du XXe siècle. Nous le savions en le lisant alors ; nous en étions persuadés en l’écoutant. Sa disparition aux yeux des hommes en 2001 nous a laissés un peu plus seuls que d’ordinaire. Et puis le temps a cru gagner la partie, en effaçant de la mémoire des hommes les seules choses véritables qui comptent. Espoir vain !

Il y a de nouveau des fleurs aux arbres en attendant que les fruits naissent. Nous sommes en pleine saison Thibon. Après la publication du Dossier H, si admirablement dirigé par Philippe Barthelet, François Chauvin vient de faire paraître aux éditions Mame des conférences inédites données par Gustave Thibon entre 1940 et 1985 (Les Hommes de l’éternel, Mame, 298 pages, 21 € ).

L’aspect inédit est comme souvent en matière d’édition un peu exagéré. Par exemple, la conférence intitulée « L’information contre la culture », qui fut prononcée notamment au Congrès de Lausanne en 1965, a déjà été publiée dans les actes de ce congrès. Mais ceci, au fond, n’est que de la cuisine éditoriale. Plus important est le fait que nous retrouvons ici vingt conférences de Thibon, lesquelles sont autant de sujets actuels de réflexion et de méditation.

Lire Thibon, en effet, ne consiste pas seulement à se souvenir du passé – il avait en horreur la nostalgie – ou, à cultiver, pour soi, comme un petit jardin égoïste, le contact avec un philosophe particulièrement marquant. Non, lire Thibon, c’est accepter de prendre le risque de penser et de réfléchir, puis de tracer sa propre route, en dehors des sentiers battus, des idées toutes faites, des certitudes médiatiques, des considérations mondaines. François Chauvin a amplement raison de citer ce mot de Thibon : « Je ne veux pas vous amener à penser dans le même sens que moi, mais à penser vous-mêmes, dans votre propre sens. »

C’est, au fond, le pari de ce livre. Qu’il aborde les questions touchant à la « civilisation » moderne, les problèmes de la transmission, l’ambivalence du progrès ou encore la destinée de l’homme, il n’y a pas un seul moment où cette sagesse en acte ne laisse notre propre intelligence et même tout notre être dans le repos tranquille de celui qui est gavé de télévision et de pop-corn. Thibon, aujourd’hui encore, c’est un réveil pour l’intelligence. Il est plus que temps de le faire sonner. Et, fort !

 

Sans le latin…
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On connaît la chanson de Georges Brassens, Tempête dans le bénitier, dans laquelle  il chante la disparition du latin dans la liturgie de l’Église. Reprenant  les premières paroles du refrain de cette chanson (« Sans le latin, la messe nous em… »), Cécilia Suzzoni et Hubert Aupetit, de l’association « Le latin dans les littératures européennes » viennent de faire paraître un livre collectif de défense du latin (Sans le latin, Mille et une nuits, 424 pages, 19€).

Car ce n’est pas seulement dans l’Église que le latin a disparu, c’est aussi à l’école, « au point, écrivent les auteurs, que c’est le sens même de notre langue qui finit par se perdre ». Ils définissent le latin comme « la langue mère du français et la conscience de l’Europe ». Ils dénoncent donc avec vigueur (« on liquide, avec une logique soft de taliban ») la mise à l’écart du latin au moment même où l’on exalte « le patrimoine avec fébrilité ».

Un peu plus de logique serait donc bien utile pour retrouver ce chemin de notre « roman familial » et envisager notre avenir, français et européen, d’une manière plus sereine. Mais, voilà ! On a organisé la disparition des filières d’enseignement qui permettaient de transmettre tout un patrimoine littéraire, historique et philosophique.

C’est dans l’espérance de revoir le latin insérer à l’intérieur même de l’enseignement du français que les directeurs de cet ouvrage ont mobilisé seize auteurs, poètes, professeurs, écrivains, lesquels soulignent, chacun à leur manière et selon leur compétence, que le latin est une langue vivante, en poèsie et en littérature, mais aussi en médecine, en science , en droit et en philosophie. En France, bien sûr, mais aussi dans tous les pays européens.

Ces auteurs, qui sont-ils ? Souvent des personnalités de renom :

 

– Yves Bonnefoy,

– Frédéric Boyer (dont nous sommes loin d’apprécier l’iconoclaste traduction des Confessions d’Augustin),

– Rémi Brague,

– Jean Canavaggio,

– Michel Deguy,

– Vincent Descombes,

– Michael Edward,

– Yves Hersant,

– François Hartog,

– Denis Kambouchner,

– Jacques Le Rider,

– Pierre Manent,

– Jackie Pigeaud,

– John Scheid,

– Romain Vignest

 

À cette liste, Cécilia Suzzoni et Hubert Aupetit ont tenu à ajouter un représentant du Saint-Siège, Mgr Waldemar Turek, docteur en lettres chrétiennes et classiques, qui travaille à la Secrétairerie d’État et enseigne la langue et la littérature latines à la Pontificia Universita Urbaniana à Rome. Soulignons que la majorité des contributions de ce livre est issue des conférences prononcées dans le cadre de l’association « Le latin dans les littératures européennes ». Les avis sont finalement divers, et certains ne semblent pas partager la pensée de l’association. Il suffit de faire son choix. Au fond, il n’est pas si difficile. C’est juste une question de cohérence…

 

Georges Bernanos, une chrétien dans la cité
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Peut-on encore dire quelque chose de Georges Bernanos et de son œuvre immense ? Depuis sa disparition en 1948, le « vieux lion » a suscité des milliers d’articles, des études, monographies et biographies diverses. Considéré par Rober Nimier comme le « Grand d’Espagne » de toute une génération orpheline, Bernanos reste aujourd’hui encore le « capitaine » de jeunes gens avides de certitude, de pureté et de radicalité.

La particularité du travail de Cécile Delorme-Reboul, Georges Bernanos, une chrétien dans la cité (Ad Solem, 206 pages, 23€), est de ne pas offrir un livre de plus sur le chrétien Bernanos, mais de s’interroger à sa suite sur la place du chrétien dans la cité, en situation de non chrétienté.

Le fil rouge de ce livre, en effet, c’est bien l’évangélisation de la cité. Et la réponse, c’est Bernanos qui la donne. Surprise ? Pas vraiment ! Cette réponse rompt à la fois avec la nostalgie et avec le spontanéisme spirituel. Elle se veut enracinée, non dans le fonctionnarisme clérical, même enveloppé des meilleurs intentions, mais plutôt dans la charge, le devoir du laïc, dans une « besogne temporelle » pour reprendre la terminologie ancienne France de Bernanos. Pour celui-ci, il faut, en effet, avant tout être un homme d’honneur, c’est-à-dire « un homme véritable, capable de ne se laisser contraindre par aucune forme d’oppression, qu’elle soit violente ou sournoise, cléricale, militaire ou totalitaire. » Mais, attention ! Ce n’est ni parce qu’on est chrétien que l’on est un homme d’honneur, ni parce qu’on éructe sans cesse au nom de l’honneur que l’on est habité par celle-ci. L’homme chrétien, qui n’est pas non plus l’homme parfait, doit pouvoir s’imposer au monde par sa dignité et sa solidité. C’est du moins l’approche de l’auteur. Mais n’est-ce pas ignorer d’une certaine façon les médiations nécessaires ? À moins que les temps soient effectivement venus d’opposer à la nuit de la barbarie soft d’une société technicienne dénoncée également par Bernanos le profond regard de l’honneur. 

Sur Bernanos, on pourra consulter le site de l’association internationale Georges Bernanos, laquelle a d’ailleurs signalé la parution du livre de Cécile Delorme-Reboul

 

Le Roi-Soleil et Dieu
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C’est un livre passionnant que vient de faire paraître Alexandre Maral, conservateur en chef au château de Versailles, aux éditions Perrin. Dès les premières pages, le constat qu’il fait montre toute l’orientation du livre. De Louis XIV, on a souvent évoqué les maîtresses  au détriment de sa foi et de la vie religieuse du roi. On a préféré le thème secondaire au sujet essentiel, façon révélatrice de diminuer un monarque qui échappe décidément aux mentalités contemporaines.

En sens inverse, l’auteur du Roi-Soleil et Dieu (372 pages, 24€) se propose d’explorer ce thème en abordant trois sphères concentriques :

« Au centre, Louis Dieudonné, baptisé catholique, confirmé, appelé à communier régulièrement, marié susceptible d’un questionnement religieux, soumis aux tentations de la chair, capable de faire retour à Dieu, affrontant avec courage les épreuves jusqu’à la dernière d’entre elles, la mort. »

De l’éducation religieuse reçue pendant l’enfance jusqu’au rôle para-liturgique du roi, évêque du dehors, en passant par l’adultère et le retour à une vie catholique sous l’influence de Madame de Maintenon, Louis XIV apparaît finalement très humain, jusque dans cette gloire qui n’enlève rien à sa condition de pécheur. On se rend compte surtout que la foi, les questions religieuses (pas seulement celles soulevées par l’Édit de Nantes, le jansénisme et la destruction de Port-Royal) habitent et l’homme et le règne. De par sa fonction, Louis XIV était certes le « roi très chrétien, revêtu du saint chrême », mais il était aussi, de par la commune nature humaine, soumis à l’interrogation religieuse même quand il voulut l’enfouir et l’oublier en se laissant emporter à des désordres aux yeux de la foi.

À sa manière, Alexandre Maral réhabilite le grand roi et nous offre de sentir la beauté de la monarchie chrétienne, qui, elle aussi, n’échappe pas à la condition d’ici-bas. 

Le Père de Chivré nous parle de sainte Jeanne d’Arc
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Le dernier numéro de « Carnets spirituels, le bulletin de lassociation du R.P. de Chivré est un numéro spécial entièrement consacré à sainte Jeanne d’Arc. L’éditorial est signé de l’abbé Michel Simoulin qui écrit notamment :

 

« Par naissance, par éducation et par grâce, son amour (celui du Père de Chivré) pour la France était charnel tout autant que spirituel, et tout ce qui touchait à sa patrie faisait vibrer son cœur et son âme. Son frère aîné, Bernard, engagé volontaire à 19 ans, était mort pour la France le 28 mai 1918, et au long de sa longue vie, le Père aimera les cœurs de soldat, qu’il sentait battre comme des cœurs chrétiens ».

 

Celui de Jeanne d’Arc était à la fois un cœur de chrétien et un cœur de soldat, ou, plus simplement,un cœur de soldat chrétien. Ce modeste numéro spécial contient une prière du Père de Chivré à Jeanne d’Arc ainsi que quatre homélies. Il rappelle notamment que la sainte de la Patrie était une paysanne, ce qui lui a donné un sens du réel :

– « Sens de la terre et du ciel ;

– De l’amour et du sacrifice

– De l’intelligence et du sensible ;

– De la création et du créateur. »

 

Il montre également le paradoxe de Dieu en action à travers Jeanne :

 

« Là où il aurait fallu un homme, Dieu envoie une jeune fille. Tous souhaiteraient un génie, Dieu envoie l’ignorance, l’impuissance. Mais cette enfant vaut à elle seule tous les États-Majors car Dieu y a établi son quartier-général. »

 

Il voit encore en Jeanne « la gloire de la femme » et le « sourire de Dieu ». Tout est dit !

 

Le R.P. Michel de Chivré (1902-1984), ancien responsable Scouts de France (totémisé Gazelle tranquille), est entré au noviciat des frères prêcheurs en 1928, ordonné en 1934 et décédé le Jeudi Saint 1984 à Fanjeaux. Mais ce serait trop peu dire que de se limiter à cela. Voici ce qu’écrivait Jean Madiran, à propos du Père de Chivré, dans le numéro 286 d’Itinéraires, en introduction à l’article de dom Marie-Benoît consacré au dominicain :

 

« Le Père Bernard-Marie de Chivré aura été, comme le Père Calmel, l’image exemplaire d’un religieux dominicain ayant subi une continuelle persécution ecclésiastique pour sa fidélité.

Fidèle aux traditions et à la vocation de son Ordre ; fidèle à la théologie du Docteur commun de l’Église, saint Thomas d’Aquin ; fidèle à la dévotion dominicaine à la Vierge Marie, fidèle au chapelet, le P. de Chivré a été persécuté surtout pour son inébranlable fidélité, dans le rite dominicain, à la messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne.

(…)

Avant d’être persécuté pour sa fidélité à la messe, le P. de Chivré était déjà mortellement suspect pour son amitié militante à l’égard d’ITINÉRAIRES.

Cette longue amitié militante a commencé avec la naissance de la revue, et le P. de Chivré l’a maintenue jusqu’à sa mort.

C’était une grande partie de sa pensée, de sa préoccupation, de sa sollicitude ; de sa vie.

Je la mentionne dans un sentiment de gratitude, – et aussi parce qu’il n’aurait point aimé qu’on la passe sous silence. Elle manquerait à son portrait ; et aux motifs de sa persécution. »

 

L’Association du Révèrend Père de Chivré (Le Cammazou, 11270 Fanjeaux) a édité plusieurs livres de textes du Père Michel de Chivré. Un catalogue est disponible. On peut prendre contact avec l’association par courrier électronique ([email protected]) ou par le site Internet : http://rp-de-chivre.asso.fr

 

Le Maître de la Terre
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Épuisé depuis quelques années, Le Maître de la Terre de Robert-Hugh Benson vient enfin d’être réédité aux éditions Pierre Téqui (420 pages, 15€). Publié pour la première fois en 1906, ce roman sur « la crise des derniers temps » n’a jamais cessé d’être lu et c’est un véritable best-seller dans le monde anglo-saxon. Mieux, c’est un livre prophétique qui avait prévu l’affrontement inévitable entre la bien-pensance et le catholicisme, fidèle à ses dogmes, ses rites et sa tradition. Dans une note, l’éditeur avertissait au début du siècle dernier que ce livre :

« une parabole, illustrant la crise religieuse qui, suivant toute vraisemblance, se produira dans un siècle, ou même plus tôt encore, si les lignes de nos controverses d’aujourd’hui se trouvent prolongées indéfiniment ; car celles-ci ne peuvent manquer d’aboutir à la formation de deux camps opposés, le camp du catholicisme et le camp de l’Humanitarisme, et l’opposition de ces deux camps, à son tour, ne peut manquer de prendre la forme d’une lutte égale, avec menace d’effusion de sang pour le parti vaincu ».

Ce roman, qui raconte la fin des temps et qui a été écrit, rappelons-le en 1905, apparaîtra à la fois comme de son époque par quelques images employées et terriblement actuel par les avancées qu’il prévoit. Mais c’est aussi un vrai roman, et même un roman d’aventure, comme le soulignait Benson, et d’anticipation.

J’ai déjà eu l’occasion de présenter cet auteur, fils de l’archevêque de Cantorbery, devenu à son tour pasteur anglican avant de se convertir et de devenir catholique en 1903. Cet itinéraire de foi, Mgr Benson l’a raconté dans un très beau récit spirituel, édité aujourd’hui aux éditions de L’Homme Nouveau sous le titre Les Confessions d’un converti (le même éditeur propose un ouvrage spirituel de Benson : L’Amitié de Jésus-Christ).

La traduction du Maître de la Terre a paru initialement dans La Revue hebdomaire et elle est signée Théodore de Wyzewa, qui signe également l’introduction. Il aurait peut-être été  bien de moderniser cette traduction et de proposer une version recomposée. Mais ces petits détails n’empêchent pas de lire cet ouvrage important. 

Peut-on devenir l’ami de Dieu ?
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C’est à cette perpétuelle question de la vie spirituelle qu’entend répondre un récent ouvrage édité par les éditions Sainte-Madeleine du Barroux sous le titre Découvrir la vie intérieure (188 pages, 14€).

À la mode, bien bénédictine, on ne trouvera pas là un traité, organisé en plusieurs parties et reposant sur une argumentation qui serait censée répondre à la question. Il s’agit de textes de conférences, prononcées à l’origine lors de retraites spirituelles et qui ont été réunies pour l’occasion. Le style oral a été conservé et, autant que possible, toute la proximité qu’offre une prédication a été maintenue.

Malgré tout, les grandes étapes de la vie intérieure se révèle tout logiquement dans le déroulé du livre. Pour ne pas vouloir être didactique, l’ouvrage n’en suit pas moins un ordre qui prend le lecteur comme par la main pour l’amener à désirer les trésors de la vie intérieure puis à en vivre. La table des matière montre bien cette progression :

 

Introduction : qu’est-ce que la vie intérieure et la découverte de la vie intérieure.

 

I– Le but de la vie intérieure : chercher Dieu.

 

II– Le fondement de la vie intérieure : la présence de Dieu

 

III– Le climat de la vie intérieure : le sunaturel

 

IV– Les forces vives de la vie intérieure : les vertus théologales

 

V– l’aliment de la vie intérieure : l’Eucharistie

 

VI– Le souffle de la vie intérieure : la prière

 

VII– Le cœur de la vie intérieure : l’oraison

 

VIII– La persévérance dans la vie intérieure

 

I⁄X– Le rayonnement de la vie intérieure

 

X– La Vierge Marie, mère de la vie intérieure

 

En fin d’ouvrage, on trouvera une petite liste des principaux auteurs spirituels cités.

 

« On peut plus vivre de frigidaire, de politique et de mots croisés, estimait Saint-Exupéry. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour. Il n’y a qu’un problème, un seul, redécouvrir qu’il est une vie de l’Esprit, plus haute encore que la vie de l’intelligence. La seul qui satisfasse l’homme ». Cette vie, c’est la vie avec Dieu dont on trouvera dans ce nouveau livre une belle exposition.

 

 

Les Brigades internationales de Franco
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L’Histoire est souvent une précieuse collaboratrice pour comprendre la complexité du temps et permettre à l’intelligence de tirer des leçons de l’expérience. C’est à ce titre que j’aimerais présenter aujourd’hui un livre consacré à un sujet historique, la guerre d’Espagne. Entre 1936 et 1939, on le sait, un soulèvement des forces armées, soutenus par les militants nationalistes et monarchistes, s’opposa par les armes aux forces républicaines et marxistes, avant de vaincre et d’établir un nouveau régime conduit par le général Franco.

Loin de laisser indifférent le reste du monde, cette guerre civile fut aussi le terrain d’expérimentation militaire pour l’URSS comme pour l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Du côté républicain, des brigades internationales furent constituées pour prêter main forte au camp de la gauche espagnole. On sait moins – et pour ma part, j’ignorais totalement – que des volontaires étrangers se rendirent aussi en Espagne pour soutenir le camp nationaliste.

Je viens de l’apprendre en lisant le passionnant livre que Sylvain Roussillon vient de consacrer à ces volontaires étrangers sous le titre Les Brigades internationales de Franco (Via Romana, 362 pages + cahier photos de 12 pages, 24€). Bien écrit, très clair, cet ouvrage se lit comme un roman tant il dévoile avec adresse l’étendue des forces nationalistes. On connaît évidemment (au moins de nom) la Légion Condor, mais on apprend ici qu’outre les Italiens et les Allemands, des volontaires irlandais, français, anglo-saxons, russes (blancs), nord-africains, marocains et même asiatiques, juifs et musulmans, rejoignirent les troupes de Franco. Pour la première fois, l’histoire de ces hommes est écrite et présentée au grand public. Histoire anecdotique répondra-t-on un peu vite. Non, estime l’auteur, qui écrit dans sa conclusion :

Bien que j’ai tenté de démontrer que les Allemands de la Légion Condor et les Italiens du CTV étaient de vrais volontaires, le lecteur pourra s’amuser à retrancher les 15 000 Allemands et les 75 000 Italiens concernés du résultat global. Il constatera que les 89 000 volontaires restants sont loin d’être négligeables. Et même en poussant cette logique contre-historique jusqu’au bout, c’est-à-dire en soustrayant du total les troupes marocaines au service de l’Espagne (…), le nombre de volontaires pro-nationaux avoisine les 15 000 hommes, ce qui est loin d’être négligeable, compte tenu du caractère inorganisé et souvent individuel de leur venue en Espagne.

 

Ces hommes étaient restés dans l’ombre de l’Histoire (parce qu’ils avaient choisi le mauvais camp ?). Sylvain Roussillion les met en pleine lumière. Un travail remarquable. 

 

Aidez Riposte Catholique, achetez l’Herméneutique de la Tradition
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Depuis quelques jours, vous pouvez trouver sur Riposte Catholique la présentation d’un livre de l’abbé Claude Barthe paru il y a quelques mois sous le titre Herméneutique de la Tradition (Éditions Muller, collection Hora Decima). Il m’a paru intéressant de rappeler la présentation de cet ouvrage (à commander ici) :

 

Après le célèbre discours de Benoît XVI à la Curie romaine du 22 décembre 2005, il est devenu commun d’opposer une “herméneutique de rupture” qui aurait falsifié la bonne compréhension de Vatican II, à une “herméneutique de continuité”, qui en serait la véritable interprétation.

Mais ces deux interprétations représentent en fait les deux segments de la majorité conciliaire, qui ont l’un et l’autre marqué l’élaboration des textes de leurs empreintes respectives, puis qui se sont plus tard affrontés en deux aires théologiques emblématiquement représentées par deux revues, Concilium et Communio.

On ne doit cependant jamais oublier qu’il a existé aussi au sein du Concile, à côté des deux tendances de la majorité, celle “de rupture” et celle “de continuité”, une troisième tendance, laquelle a également laissé son empreinte dans les textes de Vatican II par la voie de nombreux amendements. Cette troisième tandance, que l’on peut qualifier “de tradition”, était celle de la minorité conciliaire, dont les travaux historiques ont montré toute l’importance dans la construction d’un concile unique dans l’histoie des conciles de l’église, dès lors qu’il a voulu enseigner sans pour autant dogmatiser.

Cette “herméneutique de tradition”, critique et constructive, s’avère aujourd’hui plus vivante que jamais. Elle pourrait préparer les voies à un grand retour du dogme, permettant de lever les ambiguïtés contenues dans certains textes conciliaires, en procédant à des avancées nouvelles. Ceci est surtout vrai dans le domaine de l’écclésiologie.

 

Rappelons qu’en achetant ce livre via Riposte Catholique, l’éditeur reverse 25% du prix à Riposte Catholique. Merci de votre aide. 

 

 

Le couple Maritain
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Depuis quelques années, les études et les biographies se multiplient sur Jacques Maritain (1882-1973), philosophe catholique français qui a contribué, avec d’autres, à la redécouverte de la pensée de saint Thomas d’Aquin. Très controversé après la publication de son livre Humanisme intégral et pour son influence indirecte sur Vatican II, Maritain n’en apparaît pas moins aujourd’hui comme l’expression d’une troisième voie entre traditionalisme et progressisme. Les choses ne sont évidemment pas si simples.

Philosophe thomiste, Maritain a joué également un rôle énorme auprès des milieux littéraires de l’entre-deux guerres, aussi bien auprès des catholiques Julien Green que François Mauriac que de non catholiques (dont il espérait la conversion) comme Cocteau. Issu des milieux de gauche, proche de Péguy, avec lequel il se montra maladroit, un temps dans le cercle des intellectuels de la sphère de l’Action Française, Maritain se rapprocha après 1926 et la condamnation papale de l’A.F. des catholiques de gauche (Sept) et de Mounier. Homme de foi, vivant comme un moine dans le monde, il finira ses jours chez les Petits Frères de Jésus.

La particularité de la biographie écrite par Jean-Luc Barré (aujourd’hui directeur de la collection Bouquins) est qu’elle s’attache, non au seul Maritain, mais au couple Maritain, celui que Jacques formait avec son épouse Raïssa (1883-1960). Il s’agit d’un ouvrage grand public, réédité aujourd’hui en format de poche (Tempus, 646 pages, 12€). En s’attachant au couple Maritain, marié mais tenu par un vœu de chasteté, Jean-Luc Barré permet de mieux saisir ce que fut Maritain qui ne s’explique pas et ne se comprend pas sans sa femme, et, dans une moindre mesure, de sa belle-sœur, Véra, qui resta toute sa vie durant auprès du couple Maritain. 

 

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C’est exactement le livre qu’on attendait depuis 50 ans. La longue et interminable campagne lancée contre le Pape Pie XII s’est appuyée sur la fameuse pièce de Rolf Hoschhuth, Le Vicaire qui mettait en scène un Pape dont la responsabilité dans le génocide juif ne faisait guère de doute.

L’Histoire a depuis longtemps répondu à cette tentative de déstabilisation, commanditée par les services secrets roumains, diligentés eux-mêmes par le KGB. Mais, à ma connaissance, aucune pièce de théâtre n’avait répondu sur son terrain à celle d’Hoschhuth. C’est fait désormais, avec la pièce, bien construite et bien documentée, que vient de publier Alain Didier aux éditions Via Romana sous le titre, Eugenio ou les deux Testaments (152 pages, 14€). La figure du Pape est ici rendue dans toute son épaisseur historique et sa sensibilité spirituelle. Mais Pie XII n’est pas le seul personnage qui apparaît dans ce texte où les envoyés Allemands ou Américains, par exemple, sont également très présents.

En parallèle, une belle figure, celle du grand rabbin de Rome, Israël Zolli (alors, Italio Zolli, en raison des lois antisémites de 1938), transparaît également, jouant ici, vis-à-vis de ses coreligionnaires, puis du Pape, un rôle essentiel.

C’est d’ailleurs sur le récit de sa conversion, ou de l’accomplissement de sa foi, que se termine cette belle défense du pape Pie XII. Les notes en fin de volume montrent le sérieux du travail historique effectué au préalable pour restituer au mieux la vérité d’une situation difficile et complexe. L’annexe montre aussi la position de l’Église sur le nazisme. Enfin, la très belle préface de Judith Cabaud, spécialiste de Zolli, est une excellente entrée en matière.

Hommage à Jeanne d’Arc
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C’est un très bel album en l’honneur de la sainte de la Patrie que propose Jérôme Arnauld des Lions. Un hommage en forme de poèmes qui retracent la vie de Jeanne d’Arc, de sa naissance à sa mort. Une mise en page soignée, des illustrations bien choisies, des textes qui veulent magnifier la libératrice d’Orléans, sans jamais dissocier son action temporelle de son intense vie spirituelle. Au total, cinq livres constituent cet album :

 – Une tendre jeunesse en Lorraine
– En route vers le sacre
– De Paris à Compiègne
– Le martyr
– La reconnaissance

 

En fait, l’auteur magnifie la sainte bien au-delà de sa mort puisqu’il évoque également ceux qui l’ont précédé dans cet acte de piété. On saluera également la préface de Mgr Aillet, évêque de Bayonne qui souligne que la célébration du sixième centenaire de saint Jeanne d’Arc constitue « un acte d’espérance ».

Hommage à Jeanne d’Arc, de Domrémy elle est partie, éditions de la Sermaise (104 pages, 28€)) est une œuvre vraiment originale, un hommage poétique comme on n’en fait plus. 

 

 

Petit Traité des grandes questions historiques
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La remise en cause des « mythes » historiques est devenue une pratique courante à une époque qui voit à la fois l’imposition d’une certaine « doxa » historique, au moins concernant certains sujets, et la diffusion, plus ou moins souterraine, d’informations contradictoires. Il y a quelques années la revue La Nef avait ainsi publié sous le titre éloquent de « Grands mythes de l’Histoire », un hors-série qui a connu plusieurs éditions. Ce fut ensuite Jean Sévillia qui chez un grand éditeur de livres d’Histoire destinés au grand public s’était lancé dans la réfutation de l’Historiquement correct, titre même de son livre, lequel vient d’ailleurs d’être renforcé par la publication d’un nouvel ouvrage au titre proche : Historiquement incorrect

Un autre ouvrage récent, s’inscrivant dans cette catégorie de livres sur les « questions disputées » de l’Histoire, mérite également d’être pris en compte. Il s’agit du Petit Traité des grandes questions historiques (Studyrama, 628 pages, 30€), un ouvrage qui renoue avec l’aspect collectif qui était celui de La Nef mais en recourant aux compétences, non de journalistes ou de prêtres, mais d’historiens de profession.

Le livre est dirigé par Guillaume Bernard, maître de conférence, et Jean-Pierre Deschodt, directeur du département Histoire de l’ICES (Institut catholique enseignement supérieur) de La Roche-sur-Yon où ils enseignent d’ailleurs tous les deux.

Après un avant-propos introductif des deux directeurs de l’ouvrage, celui-ci se découpe en quatre parties :

– Mythes et polémiques antiques

– Mythes et polémiques médiévales

– Mythes et polémiques modernes

– Mythes et polémiques contemporains.

 

Il est difficile de donner une idée assez juste des contributeurs. La liste fait deux pages. Parmi les plus connus, citons Stéphane Courtois, François-Georges Dreyfus, Jacques Heers, Reynald Sécher mais aussi Gérard Bedel, Hervé Coutau-Bégarie, Rémi Kauffer, Jean-Marc Joubert, Marc Levatois, Alain Paucard, Philippe Prévost, Christophe Réveillard et Guillaume de Thieulloy.

Les articles de ce livre entendent proposer un point de vue original sur un mythe, une légende ou une énigme de l’Histoire. Associant compétences et originalité, ce Petit Traité mérite de faire chemin jusqu’à votre bibliothèque. 

 

 

Innocent III
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Jeune historien (Professeur agrégé en lycée, docteur en histoire et chercheur-associé à l’Université de Provence), spécialiste de Jeanne d’Arc sur laquelle il vient de publier un livre chez Bernard Giovanangeli Éditeurs, Olivier Hanne fait également paraître une biographie d’Innocent III (Belin, 216 pages, 20€).

En lisant la présentation de ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de faire certains rapprochements avec une situation plus actuelle. Innocent III est élu en 1198. Le nouveau pape est un théologien de renom, auteur également d’écrits spirituels. Il entend réformer le clergé et défend la liberté de l’Église contre les empiétements du pouvoir temporel. Il doit faire face aussi à des résistances importantes, jusqu’à Rome même.

Il y a, bien sûr, des différences importantes avec le pape actuel. Innocent III est un pape jeune. Il est élu à l’âge de 37 ans, un âge impossible aujourd’hui. Il meurt en 1216. S’il réforme l’Église, il lance un nouveau projet de croisade qui conduira malheureusement au sac de Constantinople et reste une fracture importante dans l’Histoire de la Chrétienté. Contrairement à son tempérament, il intervient dans les affaires civiles, aussi bien en France, Allemagne et Angleterre.

On découvre au final un pape d’une réelle stature, dans une situation extrêmement compliquée. Sous son pontificat, la papauté atteint une véritable importance et ce n’est pas sans raison qu’on le considère comme le plus grand pape du moyen âge. 

 

 

Dossier H Gustave Thibon
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Monumental ! C’est le qualificatif qui vient à l’esprit quand on ouvre le Dossier H consacré au philosophe Gustave Thibon et qui vient de paraître aux éditions de L’Age d’Homme. Le maître-d’œuvre, l’artisan de ce travail, est Philippe Barthelet, déjà auteur d’un livre d’entretiens avec celui qui fut un grand ami de la philosophe Simone Weil, qu’il hébergea chez lui, en Ardèche, avant qu’elle rejoigne Londres où elle mourut. Il est impossible de donner ne serait qu’une idée d’un tel livre. Un monument se regarde, se contemple et on se l’approprie tout doucement, autant qu’on est pris par lui. Il faut en faire le tour, changer de point de vue, décentrer son regard, perdre en quelque sorte ses habitudes, pour mieux en trouver la perfection. C’est la même chose ici. Ce Dossier H se feuillette, se découvre, se lit et se relit, pas forcément dans l’ordre des pages, au moins dans celui de l’intérêt. Ce que l’on peut donner ici, c’est au moins un aperçu de son organisation car l’anarchie ne règne pas en maître. On y trouve donc :

 

Avant-propos

Note sur le présent Dossier H

 

I– Commencement

Textes de Gustave Thibon

Echos et correspondances

 

II– Un philosophe dans le siècle

Textes de Gustave Thibon

Echos, documents, correspondances

 

 

III– La voie négative

Textes de Gustave Thibon

Correspondances

Echos et documents

 

IV– Percées

 

 

Repères chronologiques

Bibliographie

Thème astral de Gustave Thibon

Carte du ciel

Analyse graphologique de Gustave Thibon

Auteurs

Remerciements

 

 

Au total, 652 pages (avec un sommaire renvoyant à une mauvaise pagination, hélas). Les auteurs, vivants et morts, sont trop nombreux pour les nommer tous. On y trouve aussi bien Massis que Mounier ; Boutang que Fabrègues ; Chabanis que Cingrias ; Jean Guitton que Louis Salleron. Voilà pour les noms de quelques morts. Parmi les vivants, et en se laissant guider également par le hasard, citons le cardinal Barbarin et Jacques Trémolet de Villers ; Mgr Brincard et Claude-Henri Rocquet ; Fabrice Hadjadj et Philippe Maxence ; Jean-Luc Jeener et Laurent Dandrieu. Et, bien d’autres encore.

 

Un cahier photos illustre ce fort volume et permet de découvrir Thibon (et d’autres) à plusieurs moments de son existence. Ce livre est désormais incontournable sur le sujet qu’il traite en raison de tout ce qu’il apporte. Il faut casser vos tirelires et s’offrir absolument ce monument. 

Le livre sera présenté par l’auteur à la librairie de L’Age d’Homme (5, rue Férou, 75006 Paris) le 25 avril prochain de 18h00 à 20h00. Présentation ouverte à tous. 

 

 

Pour une philosophie de l’éducation
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Dans le contexte général d’une réflexion sur la finalité de l’école, et plus largement, sur le rôle des divers acteurs dans l’éducation des enfants, la réédition de l’ouvrage de Jacques Maritain, Pour une philosophie de l’éducation (Parole et Silence, 220 pages, 20€) fournira des éléments importants de réflexion. Comme philosophe et comme professeur, Jacques Maritain s’était tout naturellement intéressé à l’éducation. Ses séjours aux Etats-Unis,  la découverte du système scolaire et universitaire de ce pays, les contacts entretenus avec des hommes comme Mortimer Adler, avaient naturellement favorisé et amplifié ce regard.

À la demande de son ami le cardinal Journet, il avait publié après la Seconde Guerre mondiale le texte de quatre conférences sur ce sujet sous le titre L’Éducation à la croisée des chemins. Ce premier livre devait connaître des ajouts et des remaniements, lesquels devaient conduire à leur tour à ce livre beaucoup plus poussé dans la construction et la réflexion. Il serait certainement hasardeux de résumer un tel livre qui aborde les conditions et la finalité de l’éducation, et notamment de l’éducation chrétienne, en donnant notamment une large part aux humanités et à la philosophie.

On ne se contentera certainement pas de la quatrième de couverture qui tire le livre dans une perspective démocratique et dans le sens de l’Humanisme intégral du même Maritain. Si on peut difficilement séparer chez un penseur plusieurs aspects de sa réflexion, qui repose sur un tronc commun, Pour une philosophie de l’éducation reste quand même plus riche que ce présupposé humaniste au sens de Maritain. Encore une fois, son chapitre sur l’éducation libérale et les Humanités donne des pistes intéressantes de réflexion. 

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